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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 14:42

   Je suis devenu cette année un grand fan des blogs de Lionel Sanders et Cody Beals, les deux nouvelles étoiles ontariennes, qui sont aussi deux livres ouverts concernant leur mode de vie et leurs entrainements. Mon côté scientifique me pousse à expérimenter toutes sortes d'affaires dans la nutrition, l'entrainement, les compétitions, des fois ça marche, et des fois non. Aussi, j'ai décidé de moi aussi raconter ce que m'a appris 2015, au risque de faire rire beaucoup de monde, certaines de mes découvertes de cette année pouvant être des principes basiques pour les plus expérimentés.

   Commençons par le début. J'ai voulu commencer mon année par un printemps sage en compétition, avec "seulement" trois courses sur route pour tester mon niveau de forme (New York City half marathon, 10km de LaSalle, Semi-marathon de Cavaillon). J'ai donc commencé à mettre le focus sur la course au mois de Février, et j'ai pour la première fois pu enchainer de grosses semaines sans faire de surentrainement: 110-120km fin Février contre 70-80km l'année précédente, combiné à de solides séances de piste. Cela peut sembler dérisoire pour un bon coureur, cependant j'ai gardé une "base" de 200km/semaine de vélo et 14000m/semaine de nage, ce qui a donné au total de bonnes semaines de 20-25h. Vu que 90% de ma course a été faite à l'extérieur pendant le mois le plus frois de l'histoire au Québec, cela donne un bloc d'entrainement assez exigeant, mais très payant pour toute la saison. Au départ, je me suis dit qu'enfin, mon corps était capable d'absorber du gros volume, surtout de course car j'étais enfin devenu plus endurant. C'est plus tard que j'ai réalisé qu'en réalité cette période a coincidé avec le moment où j'ai divisé ma consommation de viande par deux.

   En effet, cela faisait un moment que je voulais faire le saut vers le végétarisme, mais pour des raisons éthiques et environnementales sur lequelles je ne m'attarderai pas, les 42 publications quotidiennes sur Facebook sur ce sujet suffiront. Mais je butais sur un gros préjugé de carnivore : "Vu le sport que je fais, je dois manger de la viande pour subvenir à mes besoins en fer et protéines". Cette phrase est à demi fausse, puisque effectivement les besoins en protéines et fer sont élevés pour les sportifs, mais beaucoup de légumes apportent plus de protéines et de fer que la viande. Puisqu'Einstein a dit un jour "Ceux qui ont le privilège de savoir ont le devoir d'agir", je me suis donc décidé à me désintoxiquer du poulet et du steak pour devenir un amateur de lentilles grillées et de tofu mariné à la sauce soja. Ma consommation de viande a donc été divisé par deux à l'hiver 2015, puis a diminué jusqu'à devenir nulle récemment. Au moment où j'ai commencé à manger moins de viande, je me suis mis à récupérer beaucoup plus vite de mes entrainements: pour la première fois, je n'avais plus mal aux mollets les lendemains de piste, et pouvais donc faire plus de volume sans surentrainement ou blessure. C'est plus tard que j'ai fait le lien avec la viande : les toxines présentes naturellement dans la viande, en s'ajoutant à celle produites par les muscles durant l'effort, allongent considérablement la récupération. En supprimant ces toxines inutiles, j'ai commencé à mieux récupérer, donc plus m'entrainer, et progresser plus vite par effet boule de neige ! "Désintoxiqué de la viande" est donc une expression bien pesée. Mon meilleurs temps sur 21km est passé de 1h17'38'' à 1h14'37'' (gain de 3'01'' en moins d'un an), et mon meilleurs temps sur 10km vieux de deux ans a été complètement explosé, passant de 35'16'' (2013) à 33'58'' (gain de 1'18''), alors qu'en 2 ans j'avais raté à une dizaine de reprises à l'améliorer. Et le même effet s'est vu sur mes triathlons: j'ai couru 1h21 à Aix et Mt Tremblant en début de saison, puis 1h23 à Muskoka et 1h22 dans la canicule du Maine. Enfin une régularité en course à pied, et comme en témoigne le tableau ci-dessous, 2015 a été un cap en course à pied.

Année Meilleur temps de course à pied en 70.3 Gain
2011 1h33'21'' -
2012 1h29'50'' +3'31''
2013 1h28'08'' +1'42''
2014 1h26'54'' +1'14''
2015 1h21'58'' +4'56''

   Pour 2016, je ne compte pas cahnger grand chose à mon plan qui fonctionne bien : continuer les terribles séances de piste de Dorys Langlois, et me tester à la sortie de l'hiver à New York et LaSalle. Par contre, d'autres éléments me poussent à aller plus loin dans cette nouvelle expérience nutritive prometteuse. De nombreux athlètes d'endurance, comme le nageur québécois olympique Xavier Desharnais (plusieurs fois vainqueur de la traversée du lac St Jean), sont devenus végans pour améliorer leur performances, et affirment que le passage de végétarien à végan est encore plus surprenant que le passage carnivore à végan. En effet, la protéine animale serait l'une des causes de nombreuses maladies de civilisation (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, cancer, ...) et des régimes végans permettent de faire disparaitre ces maladies sans médicament, comme le témoigne de récentes études scientifiques tel que le rapport de l'organisation mondiale de la santé. Il semble donc logique que supprimer la protéine animale de son alimentation ne peut qu'être bénéfique, mais cela veut dire se débarasser des oeufs et des laitages. Je poursuis donc mon expérimentation en apprenant doucement mais sûrement les substituts à ces aliments encore présents dans mon alimentation.

   Suite à mes progrès en course à pied, mes performances sur 70.3 ont été les meilleures depuis que je fais du triathlon. Après une course test au 70.3 Pays d'Aix, j'ai fait la course de ma vie au 70.3 Mt Tremblant. Mon 4h10 a été au-delà de mes espérances, et m'aurait valu un top 5 en 2014, ou même un top 3 en 2012 ! Les plateaux plus relevés cette année sur toutes les courses 70.3 m'ont appri l'humilité, mais j'ai tout de même fait mon premier top 10 deux semaines plus tard au 70.3 Muskoka, et raté la victoire de peu à Challenge Maine à cause d'une crevaison. De plus, le fait de ne pas avoir été battu par des amateurs sur la plupart des courses ne me fait pas regretter mon choix de m'être testé en élite en 2015. Cependant, je me suis éparpillé en voulant faire le Grand Prix élite avec drafting et quelques sprints et olympiques par-ci par-là. Si les courtes distances sont, je pense, bénéfiques pour progresser et faire de gros entrainements, l'excès peut vite inverser la tendance, et j'ai fini le mois d'août bien fatigué, le championnat canadien en septembre a été la course de trop. Un break de 6 semaines a été nécessaire pour retrouver du jus pour le 70.3 Miami, et même si je suis content de mon petit voyage là-bas, il était temps que j'arrive en off-season. J'ai l'impression de ressortir la même chanson chaque année, mais l'année prochaine, il faut vraiment que je me calme sur la fréquence de mes courses. Le fait d'avoir eu des inscriptions gratuites en 2015 suite à mes podiums de 2014, et d'avoir mes généreux commanditaires Zoot ou Pro Circuit qui m'ont donné quelques dossards, n'a pas aidé à me freiner. Je n'ai plus de passes gratuites en stock pour 2016, alors espérons que l'excitement ne l'emporte pas sur la sagesse au printemps, et que je fasse enfin un vrai focus sur le 70.3 en 2016, avec une saison sans grosse fatigue, d'avril à octobre.

   Concernant la nage, je suis vraiment parti de zéro lorsque j'ai commencé la natation en 2010, c'est-à-dire du niveau "pierre qui coule", pour doucement atteindre le niveau "pierre qui flotte". Grâce à des séances d'intervalles bricolées maison, mais surtout un volume de 14000m/semaine à l'année, j'ai pu progresser continuellement au cours des années :

Année Meilleur temps de nage en 70.3 Gain
2011 36'46'' -
2012 30'38'' +6'08''
2013 28'20'' +2'18''
2014 27'10'' +1'20''
2015 26'58'' +12''

Mais à la vue de l'évolution de ma progression, il est clair que c'était le moment ou jamais d'apprendre à nager. Plutôt que d'aller encore chercher du volume, je me suis dit qu'il y avait beaucoup à gagner à améliorer ma technique. C'est pourquoi j'ai décidé de suivre les cours techniques de l'ancienne ITUienne Anastasia Polito. On verra en 2016 si le plan fonctionne.

   Pour finir, le vélo: ayant toujours pratiqué le cyclisme depuis l'âge de 15 ans, lorsque je me suis mis à réellement m'entrainer en 2011, j'ai eu une belle progression sur les triathlons :

Année Meilleur temps de vélo en 70.3 Gain (+) / Perte (-)
2011 2h37'01'' -
2012 2h30'19'' +6'42''
2013 2h26'14'' +4'05''
2014 2h16'45'' +9'29''
2015 2h16'55'' -10''

Malheureusement, cette progression s'est subitement arrêtée cette année, et j'ai refait les mêmes temps sur de nombreuses courses. J'ai été régulièrement déçu après mes courses de ne pas faire de chronos meilleurs qu'en 2014. Mais en faisant mes calculs devant ma feuille Excell, en moyenne sur 2015, mon volume de course à pied est 25% plus élevé qu'en 2014, alors que celui de vélo est 1,4% plus faible. C'était donc trop demandé de progresser autant en course en pied et en même temps en vélo en 2015, sans changer le volume en vélo. Ce qui est dommage, c'est que je sais que peux faire du gros volume en vélo sans affecter les autres sports, comme je le fais lors de mes camps en France au printemps. Mais je n'avais ni le temps, ni la motivation de faire du gros volume de vélo sur l'ile de Montréal. Avec le recul, je me demande même comment il se fait que mes temps de vélo n'aient pas régressé, car sur quasiment toutes mes courses j'ai été régulier, roulant entre 2h16' et 2h19'. La course à pied a dû me faire perdre quelques watts sur le vélo, mais aussi un peu de poids (2kg), et l'un dans l'autre, le niveau est resté constant. Dans mon volume, il y a beaucoup de sorties faciles, et donc de la place à l'amélioration. L'année prochaine, j'essaierai de faire plus de longues sorties de vélo à un wattage plus élevé pour voir si je peux aller chercher quelques minutes, quitte à aller rouler hors de Montréal, car vu que je suis censé faire moins de courses, je devrais avoir le temps d'alelr faire des excursions à Lake Placid ou Mt Tremblant !

Merci d'avoir lu sans bailler. Vivement 2016 !

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