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22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 13:22

   Le 18 novembre dernier j'ai réalisé mon premier Ironman sans marcher pendant le marathon, pas même à un ravitaillement. Evidemment cela a complètement changé mon résultat final avec une amélioration de plus de 40 minutes de mon meilleur temps, mais surtout la confiance que je suis enfin sur le chemin du progrès sur cette distance.

   Je suis donc un peu plus conscient de l'entrainement et de la nutrition que performer sur cette distance demande. Lorsque j'ai décidé de faire cette course, j'ai pris le pari d'un automne chaud et agréable car je n'ai pas les capacité mentales de m'entrainer pour un ironman sur un home trainer. On a malheureusement eu au Québec l'automne le plus froid depuis 40 ans, et beaucoup de pluie. J'ai malgré tout réussi à m'entrainer 100% dehors en vélo et course à pied. J'ai eu donc quelques rides de 4-5h par 3°C, et même ma toute dernière sous la neige. J'ai dû adapter mon entrainement habituel avec des sorties vélo beaucoup plus courtes (pas de 8h comme en août) mais beaucoup de course à pied : 35, 38 et même un 42km, avec souvent la moitié allure ironman. Il m'est même arrivé de faire trois sorties de plus de 30km dans la semaine et des intervalles au milieu. Cela a été dur pour le corps et le mental mais j'en suis sorti avec une confiance et une résistance à son max. Je n'ai pas du tout souffert pendant la course à pied en Arizona (un peu plus sur le vélo par contre, logiquement).

   Concernant la nutrition, le facteur météo a été très avantageux pour moi avec des températures de 24°C au maximum de la journée. Je me suis bien hydraté et j'ai du me pisser dessus deux fois pendant le vélo, signe que j'étais loin de toute déshydratation. La nouveauté que j'ai instauré était la prise de capsules de sel chaque demi-heure, et des collations salées préparées par ma chérie chaque heure de vélo. Sur le vélo le seul sucre a été les boissons énergétiques Pro Circuit. Une fois sur la course à pied, mon estomac se portait à merveille et était prêt à avaler n'importe quel truc que j'attrapais sur les ravitaillements.

La température en Arizona est la même que dans le désert : élevée (en fait, en novembre, juste confortable) et froide la nuit. Le matin de la course, il faisait donc très frais. Pour cette raison, la température de l’eau était la même que celle qu’on peut avoir dans un lac au Québec en juin. J’étais équipé d’un tout nouveau wetsuit, l’Agilis de chez Huub.  J’avais fait une excellente nage en septembre au triathlon esprit et j’étais convaincu de faire un record personnel. Malheureusement, il faut croire que courir et faire du vélo dans le froid n’implique pas que l’on soit acclimaté à nager dans l’eau froide. J’ai été saisi par la fraicheur de l’eau dès les premiers 100m. Au bout de 500m, je ne sentais ni mes mains, ni mes pieds. Je n’ai donc eu aucune technique sur cette portion de nage qui m’a semblée très longue, avec un temps pas à la hauteur de mes espérances. C’était cependant loin d’être une préoccupation compte tenu de la longueur de la journée.

   J’ai ensuite appliqué mon plan nutritionnel à la lettre sur le vélo. C’était la première fois que n’avais pas besoin de me forcer à manger. Le parcours consistait à trois allers-retours : 30km en côte vent de face, puis l’inverse. La gestion de ses watts en montée était la clé. Je visais 4h45 mais le manque de qualité et de volume ont donné un 4h53 qui est tout de même bien correct, avec un wattage à peine en dessous (de 5 watts) de celui de mon 180km du mois d’août.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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En transition, je me sentais frais et plein de confiance. J’ai pris le temps de me changer de la tête aux pieds et suis parti sur un rythme de 4’30’’/km qui est devenu au fil des premiers 21km une moyenne de 4’40’’/km. J’étais sur une base de moins de 3h20, mais très nerveux et un peu plus lent sur la deuxième boucle car la moindre baisse d’énergie me laisser supposer à tort que j’allais m’effondrer assez vite. Mais le corps a tenu bon tout le long. Je n’ai pas marché une seule fois et dans les derniers 5km, un encouragement final de ma chérie m’a fait comprendre qu’il ne pouvait plus rien m’arriver, et j’ai même trouver la force de revenir sur un rythme de 4’40’’/km. J’ai bouclé la boucle en 3h27 pour un temps total de 9h35.

   J’ai donc compris les exigences de l’ironman, et me suis trouvé de bons outils pour me préparer adéquatement au prochain (qui sera, au passage, celui de Nouvelle Zélande en mars). J’ai aussi mis le niveau de confiance à 100% car au bout de 6 tentatives, j’ai enfin eu une expérience agréable sur cette distance avec de très bons espoirs de progrès encore pour la 7ème.

Ha oui puis trois heures de hiking la veille d’un ironman c’est pas si grave finalement.

 

IRONMAN ARIZONA - 3,8KM+180KM+42,2KM

9h35'30''

Nage : 1h03'25'' (1'40''/100m)

Transition 1 : 5'51''

Vélo : 4h53'48'' (36,760km/h)

Transition 2 : 4'50''

Course : 3h27'36" (12,197km/h, 4'55''/km)

54ème sur 3275 finishers

24ème pro.

 

 

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  • : Sacha Cavelier Triathlète
  • : Après une formation d'ingénieur en France, je combine le triathlon élite LD à un doctorat de 2015 à 2020 au Canada et Australie. Installé en Ohio, papa, je poursuis la route sur les ultra trails et triathlons en espérant être encore compétitif.
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