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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 13:33

   Sur son parcours extrêmement exposé au vent, le demi-marathon de Montréal a souvent connu des éditions catastrophiques à cause de la météo. Mais en ce 28 avril 2013, c'est un temps miraculeusement parfait que les coureurs ont découvert sur l'île St Hélène. Du soleil et pas un souffle de vent. De quoi me mettre un peu plus la pression dans mon objectif de 1h19. Et puis le jour de la fête de ma mère, pas question de se rater.

a1.jpg   Le pace allait donc être 3'45''/km. Honnêtement, je m'étais tellement reposé, et m'étais tellement entrainé durant l'hiver, que je m'attendais à trouver un moment dans la course où j'allais être capable d'accélérer pour faire même 1h18. Mais j'ai définitivement beaucoup plus un profil rapide qu'endurant. Après un long échauffement avec Dorys Langlois, le coach, avec les amis du club nous nous sommes glissés tout au devant de la course pour ne pas être gênés par les 2700 coureurs qui allaient partir à un pace plus lent. J'avais décidé de faire la course avec Matthieu, que j'avais brieffé pour partir sur le bon pace. Mais lorsque le départ est donné, je sens que nous sommes un peu rapides, et que je ne tiendrais pas 21km comme cela. Premier kilomètre en 3'40'', deuxième, idem, et au troisième je décide de le laisser partir pour prendre le rythme que je veux avoir, le 3'45''/km. Les sensations vont alors bien mieux, et je passe avec quelques secondes d'avance le 5km. Entre le 5ème et le 10ème kilomètre, je suis souvent seul sur la route, qui n'est autre que le circuit de formule 1, une route très large donc, où il y a peu de repères visuels pour estimer sa vitesse. Il faut dire que je n'ai pas de montre GPS, et mes seuls repères sont les sensations et les bornes kilométriques. Le fait d'être seul et de rattraper les coureurs partis trop vite qui ralentissent me fait perdre un peu de la vitesse. Je fais quelques kilomètres en 4'00'/km, et je réhausse l'allure juste de ce qu'il faut lorsque je m'en rends compte.

   Je passe au kilomètre 10 en 37'49'' avec un léger retard. Nous sommes maintenant au bord du bassin olympique. Vers le kilomètre 13, je commence à douter sérieusement de briser le 1h20, car j'ai du mal à tenir le pace. Un ancien olympien du 800m (lorsqu'il le courait en 1'45''), Achraf Tadili, me double, au même endroit que l'an passé. Je tente de secouer un peu la machine et le colle au train. Ca fait un peu mal, mais c'est ce qu'il faut faire pour ne pas sombrer et laisser le 1h19 s'échapper. Je parviens à suivre mon lapin sur environ trois kilomètres, mais nous voilà à moins de cinq kilomètres de l'arrivée, et peut-être que la dizaine de secondes de marge que j'ai tiendra jusqu'à la fin. Je suis bien loin de mon objectif d'accélérer, mais à ce stade, je suis dans un grand doute pour briser ce 1h20, et il redevient mon objectif numéro un.

   Au kilomètre 17, je prends un véritable bain de foule qui fait 62671_10151658490856654_942650191_n.jpgoublier les jambes un moment. J'entends beaucoup crier mon nom, bien que je n'ai aucune idée des personnes qui m'encourageaient, en tout cas je remercie chaleureusement mes supporters. Je serre les dents jusqu'au kilomètre 19, et j'ai toujours mes 10 secondes en banque, ça a tenu. J'ai une envie de vomir qui se déclanche, signe que je suis à bout. Cependant voilà le kilomètre 20, pas question de baisser l'allure d'une seule seconde. Il faut que je fasse mon 1100m en moins de 4'22' et c'est joué. Ce 1100m est interminable, la ligne d'arrivée semble ne jamais se rapprocher. Lorsque j'aperçois enfin le chrono, je me dis enfin pour la première fois sur les dix derniers kilomètres que je vais avoir mon 1h19. Et je l'aurais pour 10,6 petites secondes. J'aurais couru plus lentement de 5 dixièmes au kilomètre et c'était fichu. Je suis bien satisfait de ma performance, car finalement j'ai tout donné, absolument tout, à un tel point, que j'ai eu mal au ventre et la nausée pour une bonne partie de la journée, et les jambes remplies de toxines.

   Maintenant il va falloir songer à récupérer en vue du marathon de Toronto la semaine prochaine. C'est clair que c'est illogique de vouloir faire un marathon après un demi-marathon, sauf que celui-là je ne le fait pas pour performer, car c'était ma source de motivation afin de faire des longues sorties de qualité en avril, en vue de faire un gros mois d'avril de course à pied. C'est aussi une belle conclusion à un bon mois de mileage. Je partirais donc sur les bases de mon temps de référence de 2h58', si je fais mieux, je réinvente les théories d'entrainement de course à pied, si je casse au kilomètre 32, j'aurais 10km pour réfléchir à combien il faut être attardé pour faire un demi-marathon à bloc une semaine avant un marathon. 

DEMI-MARATHON DE MONTREAL - 21,1KM

1h19'49''

15,861km/h,  3'46''/km

48ème sur 2723 finishers

8ème homme 20-24ans.

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