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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 21:14

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2013-09-06 19.41.15   Je n'étais jamais arrivé autant stressé sur un triathlon. Et ça m'a plutôt bien réussi car j'ai réalisé mon meilleur triathlon depuis que j'ai commencé ce sport. Il faut dire que la plupart de mes amis avaient fini leur saison avec de superbes performances, voire des qualifications pour les mondiaux de Mont Tremblant en 2014. Moi, je voulais la mienne, et je ne m'étais jusqu'à présent qualifié qu'une seule fois au 70.3 Syracuse, et au sprint pour quelques secondes. Bref, il fallait que je sorte LA course.

   Je suis donc allé à Muskoka, ce coin perdu dans le parc Algonquin, à 6h de route de Montréal, avec mon ami Alain. Comme j'ai toujours fait sur mes triathlons depuis 3 ans, j'ai passé deux nuits dans la tente dans la forêt sous la pluie, et j'ai mangé des boîtes de raviolis froids de 1,5kg pendant deux jours. Mais au moins j'ai rencontré Andreas Raelert et Mirinda Carfrae. Pas dans la forêt, dans le hall du village-expo. J'ai aussi rêvé à plusieurs reprises, pas de Mirinda, hélas,  mais de crevaison ou de départ de nage raté. En fait, je me sentais dans une période de grande forme, doublé d'une semaine avec beaucoup de repos très bénéfique, et je me disais que c'était trop beau, il allais se passer quelque chose. J'étais même persuadé de crever à un moment donné, sachant que je n'avais rien pour réparer. 2013-09-07-15.59.41.jpg   Et donc après deux nuits difficiles, le réveil avec 8°C augurait une course 10vu que cette température n'a pas augmenté sur toute la nage. C'est d'ailleurs un élément de plus qui explique ma grande forme ce jour-là. Difficile de comparer cette course avec une autre, car bien que supposée être assez dure (parcours de 94km au lieu de 90 et rempli de côtes, course à pied vallonnée, ...), beaucoup de choses font que finalement c'est une course où l'ont souffre peu (forme de fin de saison, pic de forme de début d'automne, température fraîche tout le long de la course comme cela n'est jamais possible le reste de la saison, ...).

   Après avoir vérifié peut être 20 fois mes affaires, je me suis finalement dirigé vers la plage. En voyant le field dans mon groupe d'âge (Mathieu Plaisance et Julien Biboud, anciens pros, Pierre-Yves Gigou, 9h06 et premier amateur à l'Ironman Tremblant, ...), je me suis mis à trembler pour mon slot pour les championnats du monde... Et je me suis dis que tant pis, l'important était de tout essayer et de ne rien regretter.

   Je suis aainsi parti à fond de cale dans la natation, annoncée à 2000m, à 8h24, dans la 4ème vague, 24 minutes après les pros. Tout est allé très bien et très vite. Je me suis sorti du pack plus vite que d'habitude et j'ai donc pu prendre et surtout tenir mon rythme sans problèmes, sans moment de faiblesse ou de baisse de motivation. Je sors en 28'20'', ce qui me fait penser que c'était plus un 1900m, mais je réalise tout de même ma meilleure nage sur cette distance, qui me propulse 6ème de mon groupe d'âge. La transition consiste en un beau 400m de grosse montée, pieds nus sur le bitume pour traverser un terrain de golf et aller chercher son vélo. Heureusement les pieds étaient anesthésiés par l'eau fraîche, et le resteront d'ailleurs jusqu'au début de la course à pied.

3   Dès le début du vélo, je double la plupart de mes camarades 25/29ans, et me retrouve 2ème derrière Pierre-Yves. En fait, je ne connaissais pas ma place, mais je savais que j'étais dans les premiers au vu des sensations sur le vélo. J'avais déjà fait le meilleur temps vélo de mon groupe d'âge à Syracuse, et aujourdh'ui les jambes tournaient toutes seules, mieux qu'à Syracuse. Sans forcer, je rattrapais tout le monde, sur un début de vélo vallonné mais facile : les côtes, pas immenses, se passaient en force, au-dessus de 30km/h. Je double beaucoup, puis de moins en moins, puis très rarement. J'arrive en 1h11 aux 45km, et ne cesse d'améliorer ma moyenne jusqu'au kilomètre 65 (38,2km/h de moyenne). Là, les choses se corsent : les montées sont plus longues, plus raides, et brisent le rythme comparativement au deux premiers tiers. Mais on se dit que la fin est proche et on prend son mal en patience. Je ne réalise qu'un pauvre 33km/h de moyenne sur les difficiles 29 derniers kilomètres, dû aussi en parti au mauvais bitume. Mais ce qui est encourageant, c'est que je passe en 2h26 le 90km (le même temps qu'à Syracuse, mais sur un parcours un peu plus dur, ce qui valide une petite progression en vélo sur mes trois derniers mois d'entrainement). Cependant, il a fallut compter un gros 8 minutes de plus pour arriver à bout de ces 94km... mais je découvre que je suis 2ème en voyant un seul vélo posé dans le rack de mon groupe d'âge.

   Plein de confiance car ayant posé le vélo avec autant 5d'air dans les pneus qu'au départ, je suis parti assez vite sur ma course à pied. Le parcours était certes vallonné, mais à profil descendant jusqu'au demi-tour. J'ai pu ainsi tenir un 3'54''/km sans problèmes sur les premiers 10,5km, boosté par les encouragements des coureurs que je dépassais. On m'annonce dans le top 20 à la mi-parcours, et je garde le rythme, curieux de savoir si ça va tenir. Bien entendu, au km 12, usé par les deux ou trois petites côtes, je ralentis significativement. J'ai du mal dans le faux plat montant au kilomètre 15, surtout qu'il dure jusqu'à la fin. Mais j'ai des frissons en pensant à ma performance qui se dessine depuis ce matin, ma meilleure course à vie possiblement, et je décide de pousser le plus possible tant que mes jambes me soutiendront. La seule grosse difficulté du parcours surgit au kilomètre 20, une grosse montée jusqu'à l'arrivée. Et en voyant des gros noms parti dans la vague précédente et en face de moi dans la montée (Bernard Alix, Andrew Tanner), je livre mes dernières forces. C'est avec beaucoup d'émotion et d'épuisement que je franchis la banderole de l'arrivée réservée aux meilleurs des groupes d'âge. J'ai couru mon meilleur 21km (1h28) en 70.3, ce qui conclut bien ma course. Jamais je n'aurai imaginé finir 4ème amateur et 16ème overall sur une telle course, et je me dis que j'ai bien mérité mon slot pour les championnats du monde, que je ne refuserai pas cette fois-ci. J'ai l'impression d'être sur la bonne voie dans mes entrainements, surtout depuis que j'ai assez modifié certaines choses au début de l'été, et passer le ruban de l'arrivée d'une course comme celle-là vaut largement les sacrifices nécessaires tout au long de l'année.

0463_27571.jpg   Je saurai enfin quoi répondre maintenant la prochaine fois qu'on me demandera pourquoi je m'inflige cette séance de vélo seul sous la grosse pluie dans le froid.

20IRONMAN 70.3 MUSKOKA - 2KM+94KM+21,1KM

4h35'11''

Swim : 28'20'' (1'25''/100m, 52ème après swim)

Transition 1 : 3'31''

Bike : 2h34'12'' (36,576km/h, 14ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 1'00''

Run : 1h28'08'' (14,365km/h, 4'10''/km, 16ème classement final)

16ème sur 1221 partants

2ème men 25/29 ans.

Les photos ici.


 

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Published by sacha-cavelier-endurance-run - dans Récits de triathlons 70.3
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commentaires

Philippe 14/09/2013 19:48


Salut Sacha. Bravo pour ces performances. Je n'ai que ton ancienne adresse mail. Peux-tu me donner une adresse valide ? Philippe

sacha-cavelier-endurance-run 14/09/2013 19:56



Salut Phil ! Ouaip la voilà : sacha.cavelier@gmail.com



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