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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:39

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Ironman-70.3-Timberman-2012 0003    Me voilà arrivé au dernier triathlon longue distance de la saison. Le dernier grand rendez-vous, le dernier gros objectif. Cette saison est passée en un éclair, puisqu'elle commencé il y a deux mois à peine avec l'Ironman de Nice. Heureusement il y aura d'autres petits évènements en septembre, mais c'est dur de se dire qu'on ne va pas revivre avant l'année prochaine ces fabuleux moments que l'on trouve dans les triathlons longue distance. Encore une fois, je suis parti en mode 'aventurier solitaire' : 4h30 de voiture d'une traite à l'aller et une nuit dans la voiture au milieu des forêts du New Hampshire. Au passage, ce coin là du New Hampshire que j'ai découvert est une merveille de la nature. Après avoir traversé les immenses falaises des White Mountains, je suis tombé sur un véritable paradis, sur les rives de ce lac, Lake Winnipesaukee, où les plages de sable et les vagues côtoient les animaux sauvages et les paysages montagnards au large des eaux claires. Une beauté dans ces paysages qui donne davantage envie de pousser fort la machine, afin de mériter ce cadre. D'ailleurs, j'avais des ambitions pour ce triathlon. Après deux demi ironman où les résultats n'étaient pas à la hauteur de mes espérances, je ne me voyais pas faire à nouveau en dessous de ma marque de l'an passé, 4h53. Cette fois-ci, j'ai eu quasiment un mois pour récupérer de ma dernière épreuve, j'arrive donc frais, et j'ai énormément travaillé la natation, avec des semaines qui frôlent le 15km de nage. Il faut dire qu'à force de regarder les jeux olympiques, j'ai découvert que mes mouvements n'étaient pas excellents, et j'ai gagné de précieuses secondes à vouloir imiter le geste parfait que l'on aperçoit quelques brêves secondes lors d'une épreuve à la TV depuis les caméras situées dans la piscine. Il fallait que je fasse un temps en natation. En vélo aussi, vu que le parcours allait être le plus roulant que je n'ai jamais fait jusqu'à présent. Et dans la foulée, je veux faire un bon temps en course à pied. Bref, pour résumer, je veux faire un bon temps de partout. 

   Lorsque le grand jour arrive enfin, il fait encore nuit. 11C'est 4h, et le parking vient d'ouvrir. Je voulais être parmi les premiers arrivants, car lorsque le parking sera complet vers 5h, les suivants devront se garer loin et prendre une navette. A 4h15 je suis garé dans le parking et je me rendors jusqu'à 6h. J'ai beaucoup moins de pression à présent lors de mes triathlons. Auparavant, je me disais "dès que tu sors de l'eau, si tu es vivant, tu es sauvé". Maintenant, la nage est loin d'être la partie que j'aime le moins, c'est une discipline où je ne suis plus en train d'essayer de sauver les meubles, mais plutôt où je me mets en première ligne au départ pour être le plus compétitif possible. J'ai progressé techniquement en natation et c'est à présent une discipline que j'aime. Avant je nageais parce qu'en triathlon il y a une partie nage. Maintenant, je peux dire que j'aime et je fais du triathlon en partie parce qu'il y a de la nage dedans. Ce matin,  je suis dans la dernière vague, celle des hommes de moins de 29 ans. Je regarde patiemment les autres vagues partir, et quand vient mon tour, je me mets sur la première ligne. Je suis très content de cette fraicheur matinale qui a permis d'autoriser le port de la combinaison. C'est tellement plus rapide avec. Nous avons de l'eau jusqu'aux genoux, et lorsque le départ est donné, c'est la ruée vers le large. Dès les premiers mouvements j'essaie de m'extirper du peloton. Très vite je rattrappe les autres vagues, et lorsque je lève la tête pour me repérer, contrairement à d'habitude, je n'aperçois que très peu de bonnets blancs, la couleur de ma vague, ce qui m'encourage. Je me concentre énormément à faire le mouvement le plus efficace possible. Il est dur de se concentrer en triathlon, car la majeure partie du temps, on cherche à doubler, éviter des nageurs, où se diriger vers les bouées du parcours. Le temps passe très lentement aussi dans l'eau. j'ai l'impression de nager depuis une heure, mais pourtant, je suis bien en dessous de la demi-heure lorsque je regarde ma montre pour la première fois, sur le chemin du retour vers le rivage. J'ai un objectif secret qui est de casser le 30 minutes, et je donne tout dans mes brassées sur la fin pour y parvenir. Lorsqu'il y assez de fond pour que je me redresse, ma montre indique 30'20''. Peut être qu'une vingtaine de mouvements un peu plus forts aurait suffit... Je cours sur la plage et passe sous l'arche en 30'38''. Il y a très peu de bonnets blancs autours de moi et je suis extrêmement content de voir qu'il ya beaucoup de vélos dans ma rangée dans l'aire de transition. Ceux de ma catégorie sont encore en train de nager. En fait sur la cinquantaine de men 18-24, je suis sorti de l'eau 6ème, une première pour moi. Grâce à deux bénévoles qui m'arrachent litérallement ma combinaison, je fais une transition rapide, et enfourche mon vélo.

1   Il me faut un petit moment pour fixer mes chaussures sur les pédales, puis rentrer mes pieds dedans, car j'ai oublié mes élastiques pour faire tenir mes chaussures et du coup je les ai emportées dans les mains. Ce sont des détails qui importent peu sur de la longue distance, mais je suis rendu à un point où chaque minute gagnée est une petite joie. J'embarque finalement pour 90km de vélo. Ce circuit sensé être très plat commence néanmoins avec de belles bosses en début de parcours. Les montées sont mon point fort, et je ne me fait que très peu doubler, et toujours par des coureurs d'entre 30 et 40 ans (l'âge de chaque triathlète est inscrit au marqueur sur le mollet gauche avant le début de l'épreuve). J'ose lâcher les freins dans quelques descentes vertigineuses, et puis finalement vers le kilomètre 20 ou 25, une portion de faux-plat descendant commence, et ne finira pas avant le demi-tour de la mi-parcours. C'est un régal de rouler à plus de 40km/h sans forcer. A tel point que je m'alimente assez tard, ne ressentant aucun manque d'énergie, et en me forçant, avec une barre de céréales, à la mi-parcours, que je passe en 1h13. Le retour se fera un peu moins rapide, mais tout de même aux alentours de 36, 37km/h grâce à un léger vent dans le dos qui pousse dans le faux-plat montant. J'arrive donc aisément au kilomètre 60 ou 65 en essayant de me rappeler les descentes de l'aller qui seront maintenant des montées. C'est aussi à ce moment qu'un groupe de coureurs de ma catégorie d'âge me rattrappe, armé de time trial. C'est un peu une course poursuite qui s'engage, car ils me doublent sur le plat, mais je les rattrappe aisément sur les montées. Je commence à prendre des gels de temps à autre que j'ai scotché sur mon vélo, et c'est finalement à une dizaine de kilomètres de l'arrivée que je sèmerai mes poursuivants. Je force dans les derniers kilomètres de plat pour aller chercher un chrono sous les 2h30', que je ne raterai que de 19 secondes. Je me souviens alors de ce ravitaillement au kilomètre 70 où je suis allé très lentement sur quelques dizaines de mètres pour prendre le temps de vider ma gourde avant d'en prendre une nouvelle. C'est à peu près le seul moment de la course où j'aurais pu grapiller ces 19 secondes, tout le reste du circuit ayant été fait à plain régime. Je pose mon vélo en zone de transition et en compte quatre autres dans ma rangée. Je suis donc 5ème de  mon age group. C'est une excellente nouvelle, j'arrache le dernier gel du cadre de mon vélo et pars faire mon demi-marathon le gel à la main.

SC 0001   Les premiers kilomètres sont difficiles pour mes jambes et je 3ne parviens pas à trouver le rythme. J'ai peur de payer, encore une fois, les efforts fournis sur le vélo, d'autant plus que mes habituelles crampes d'estomac apparaissent. Mais cette fois-ci, elles passent assez rapidement, peut être parce que le circuit est moins dur que d'habitude. Je trouve alors mon rythme de croisière, et me base sur les miles indiqués le long du parcours, en essayant de les passer toujours en un peu moins de 7 minutes. Je m'alimente et bois beaucoup aussi, car aujourd'hui, tout passe sans problème. Je glisse des éponges un peu de partout sous mes habits, et les encouragements du public amassé le long du parcours me fait doubler du monde à la pelle et me porte jusqu'à la mi-parcours, 10,5km, que je passe en 44 minutes. Je surveille ardemment les mollets des concurrents, mais je n'ai encore vu aucun coureur de ma catégorie. Je m'engage alors sur le deuxième aller-retour, avec une petite baisse d'énergie. Le parcours me semble plus long qu'à l'aller, et je me sens piocher dans mes dernières réserves. Je suis un peu écoeuré par le sucre, et penche plutôt pour des verres d'eau aux ravitaillement. C'est au demi-tour, le deuxième, près du kilomètre 16, donc, que je retrouve de la motivation pour aller me battre sur cette fin de parcours. A ce 4moment je me dis que même un gros coup de fatigue ne m'empèchera pas de garder ce rythme que j'ai réussi à tenir depuis plus d'une heure à présent. Je commence à accélérer progressivement, et les encouragements des autres triathlètes eux-mêmes me donnent du coeur à l'ouvrage. A deux miles de l'arrivée, je me laisse complètement emporter par mes jambes. J'ai des sensations fabuleuses, je cours sûrement à 4'10'' ou 4'05'' au kilomètre mais avec la fatigue et l'euphorie j'ai plutôt l'impression de faire du 3'15'' au kilomètre. C'est d'ailleurs dans ces derniers instants que je double le 4ème de ma catégorie. Cette fois, en abandonnant à mes muscles les derniers milligrammes de sucre de mon sang, je brise la symbolique barre des 1h30' d'une dizaine de secondes et finis en 4h35'07''. J'ai enfin rempli mon objectif de temps, en faisant une course dont l'intensité n'a pas diminué pendant 4h35, ce qui me rempli de bonheur. Dans les trois disciplines, j'ai fait le temps que j'espérais, c'es tellement rare que je finisse une course sans aucun regrets : Il n'y a aucun moment aujourd'hui où je peux dire "j'aurais dû...". Alors je savoure l'instant, surtout que les américains savent les faire apprécier grâce à leur buffets de nourriture d'après course. Sur les évènements IronMan, ici, les podiums vont jusqu'à la cinquième place, et pour la première fois je vais monter sur une marche, sur un IronMan 70.3. Chaque seconde grave le temps mais certaines gravent votre mémoire.

Ironman-70.3-Timberman-2012 0001IRONMAN 70.3 TIMBERMAN - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h35'07''

Swim : 30'38'' (1'36''/100m, 79ème après swim)

Transition 1 : 2'25''

Bike : 2h30'19'' (35,924km/h, 53ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 1'55''

Run : 1h29'50'' (14,093km/h, 4'15''/km, 38ème classement final)

38ème sur 1335 partants

4ème men 18/24 ans.

 

Les photos ici.

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Published by sacha-cavelier-endurance-run - dans Récits de triathlons 70.3
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