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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 05:16

bando templiers blog 2012

221011-1749(001)    La grande course des templiers est un évènement de l'ultra en France. 6000 coureurs se répartissent sur les différents parcours de 8 à 110km qui commencent dès le vendredi 4h, et le dimanche matin, 2850 coureurs s'élancent sur l'épreuve reine, la grande course des templiers, longue de 72km pour 3200m d'ascension positive. Nous avions donc décidé avec Philippe d'aller terminer la saison d'ultra par cette petite folie. De mon côté, cela terminait mon automne 2011, dans lequel je m'étais fixé de faire un triathlon, un marathon et un ultra. Bref, la saison de longue distance 2011 allait se conclure, et avant de se jeter sur les trails courte distance et les trails blancs de l'hiver, il fallait se faire plaisir au maximum, car la prochaine 'longue' ne serait pas avant le printemps 2012. 

!cid SAM 1161   Nous avions donc réservé un emplacement dans un camping à un kilomètre du départ. Après quelques heures de voiture et avoir monté la tente, nous faisions un saut au salon du trail pour retirer les dossards et regarder les courses du samedi, histoire de se mettre dans l'ambiance. Puis, après un léger repas, tout le monde, y compris les autres innombrables trailers du camping, est allé se coucher tôt.

   Dimanche 23 octobre, 4h55. Le réveil sonne. La nuit n'a pas été bonne à cause de l'excitation qui commence à monter. Pas de stress, juste de l'excitation et des questions. "Est ce que je n'ai pas manqué de sorties longues ? Est ce que je vais avoir un mur ? Jusqu'à quel kilomètre je vais être bien ? Jusqu'au quel je courrai ?". Les réponses dans une heure.

Parcours-et-profil-copie-1.jpgarton69124-9645d   6h15. L'heure du départ. Il y a trois sas, le premier étant réservé aux 250 élites, le deuxième comprenant 750 coureurs qui ont déjà fini cette course par le passé. Je suis dans le premier quart du troisième sas, serré dans la foule. Dans la nuit noire, il est impossible de distinguer les montagnes que l'on voyait hier de jour. Puis soudain le brouhaha des 2850 coureurs est coupé par la musique d'Era, Ameno, qui vient résonner jusqu'à l'intérieur de nos entrailles. Le décompte commence, et à quelques secondes du départ, une multitude de torches rouges s'allument et éclairent la route que nous allons prendre. Puis des sons de cloches annoncent que le départ est lancé. On peut apercevoir les élites partant à toute allure devant. La masse commence à avancer et je passe la ligne de départ. C'est parti.

!cid SAM 1165COR 0022   Sur les premiers kilomètres, de bitume, et à la lueur de la lampe frontale, il est impossible de doubler tant le nombre de coureurs est grand. Mais je préfère partir très lentement et suis le groupe. Puis la première montée arrive, très raide, en même temps que les chemins caillouteux. Il est impossible de courir à cause du monde, mais ça ne me dérange pas de faire cette montée en marche rapide afin de garder du jus pour plus tard. Puis, on arrive sur un plateau, sur un Causse. Le sentier deviens roulant sur une quinzaine de kilomètres, et je me risque à doubler du monde, à mettre un peu de rythme. Le chemin est un peu monotone mais au bout d'1h30 de course, le jour se lève tout doucement et je peux enfin éteindre la frontale. Le sentier se vallonne un peu, puis redescend fortement. Nous arrivons dans un petit village où les gens se sont levés pour nous encourager. C'est le premier ravitaillement  de Peyreleau du kilomètre 26, et je pointe à cet endroit après 2h55' de course. Je suis alors 841ème. J'évolue donc à plus de 8 de moyenne sans avoir l'impression de trop forcer, et suis donc sur les bases de 9h.

!cid SAM 1194!cid SAM 1170   Après un copieux ravitaillement, surtout en boisson, la course emprunte un chemin très technique et escarpé qui remonte très abruptement. C'est encore les embouteillages, et je monte donc à une allure pas très rapide, mais une fois arrivé sur le plateau, le sentier vallonné permet de prendre un rythme convenable. C'est un peu moins roulant cette fois, avec davantage de montées et descentes, mais heureusement le ravitaillement de St André de Vézines est moins loin, au kilomètre 36, où je pointe en 619ème en un peu moins de 4h30'. Il m'a fallut 1h30' pour faire ces dix kilomètres, à cause de cette grande montée où il était impossible de doubler, mais j'ai malgré tout remonté des places. Cette fois, je re-remplis mon Camelbak qui est déjà vide, et ne m'attarde pas trop à cause du vent froid du sommet des Causses. Nous sommes à mi-parcours, en tout cas en théorie, et je suis content de constater ma fraîcheur.

!cid SAM 1185   Cette fois il n'y a presque plus de parties roulantes sur cette deuxième moitié. Sans arrêt, nous montons et redescendons, franchissant la distance du marathon, jusqu'à une grande descente technique qui nous emmène tout en bas dans la vallée. Nous y traversons un village plein de bonne ambiance, avant de remonter sur le flanc de la montagne d'en face. C'est la montée la plus dure et longue de la course, et chacun prend son mal en patience. Une fois en haut, j'arrive assez bien à reprendre le rythme de course sur des parties moins raides, et essaie de me rappeler le profil de la course que j'ai longtemps étudier la veille, pour savoir ce qu'il reste à faire. Je double alors Christian, un ami du club de course de Cavaillon, qui est moins frais que moi. Puis, enfin, c'est le ravitaillement du 51ème kilomètre, à Pierrefiche. J'y passe en 6h48', j'ai laissé des plumes sur ces 15 kilomètres, il m'a fallut plus de deux heures pour en venir en bout, mais j'ai encore une fois remonté des places, donc je suis content de moi sur cette partie là. Et puis le moral est là, car il ne reste plus qu'un peu plus de 20 km à présent. Je me fixe l'objectif d'arriver au dernier ravitaillement, celui du 66ème kilomètre, après, tout ira comme sur des roulettes.

!cid SAM 1193!cid SAM 1205   Mais en attendant, le sentier se compose en majeure partie de single tracks techniques, même sur le plat. Heureusement, pour passer le temps, nous avons les plus beaux paysages du circuit à admirer, et puis je me sens encore de courir sans rechigner. Ces kilomètres passent assez rapidement, puis nous amorçons, encore une fois, la troisième, un grande descente pour rejoindre le bas de la vallée. En bas, un pont de kayaks a été mis en place pour traverser une rivière. Je demande le kilométrage à un trailer qui a un GPS, il me répond 63km. Il en reste moins de 10, le prochain ravitaillement est près, tout va bien. Mais après avoir traversé la vallée, la quatrième et dernière grosse montée devient une horreur. Elle n'est surement pas plus dure que les autres, mais reprendre encore une fois 500m de dénivellation dans ces chemins techniques achève mes jambes. Elle n'en finit plus, je m'attends à la voir mourir à chaque virage, mais elle ne s'essouffle jamais, continue toujours inlassablement. Je finis toute l'eau de mon Camelbak, et je désespère de voir ce ravitaillement. Puis, au kilomètre 66, la pente diminue enfin et je recommence à courir. Je vois avec joie des bénévoles, mais ceux-ci m'annoncent que le ravitaillement est deux kilomètres plus loin. C'est dur au moral, à ce point là, la moindre rallonge, aussi petite soit-elle, est un  calvaire. Nous arrivons donc au dernier ravitaillement de la ferme Le Cade avec deux kilomètres en plus au compteur, 68 au lieu de 66. J'y suis arrivé en 9h08', suis 464ème, et espère sincèrement qu'il ne reste presque plus rien, vu qu'en théorie, on ne serait qu'à trois kilomètres de l'arrivée. Mais on m'y annonce qu'il en reste encore huit, et pas des plus faciles. En fait, on se dirige vers la partie la plus dure de la course, le moral bas, car ça fait toujours râler de se prendre cinq kilomètres de plus, mais je suis venu pour ça, pour manger des kilomètres. Des coureurs font une pause au ravitaillement, s'assoient. Je me dis que si je m'assois, je ne me relèverais pas , alors je repars assez vite dans les sentiers après avoir rempli une deuxième fois le  Camelbak.

!cid SAM 11992   Cette partie est la plus dure de la course car la montée restante, certes plus courte que les quatre grosses précédentes, et les deux descentes restantes sont très pentues et techniques. Les cuisses dégustent dans les descentes, et c'est le tour des mollets en montée. Je ne suis plus très frais en cette fin de course, et m'accroche à mon mental pour venir au bout de cette ultime ascension, si épuisante, d'autant plus qu'un passage est tellement raide qu'une corde a été fixée à la paroies pour s'aider. Je me réjouis de faire cette partie de jour, car bientôt la nuit va tomber, et les coureurs derrière moi auront encore plus de mal. En fait une déviation sera mise en place pour éviter les accidents à la tombée de la nuit. Enfin, j'admire une dernière fois le sommet des Causses, passe dans une petite galerie de grottes où des bénévoles éclairent le sol, et aperçois enfin la ville de Millau lors de la redescente. Nous ne verrons pas le célèbre viaduc à cause des nuages, mais je suis déjà bien heureux de ne pas avoir reçu de pluie. La descente est dure, mais je suis tellement content d'en avoir fini que les kilomètres se déroulent mieux.. Je profite des derniers hectomètres vers la ligne d'arrivée, que je franchis le poing serré, après 10h43' d'effort.

!cid SAM 1175   En ce qui concerne les résultats, je suis resté 464ème, je n'ai pas concédé ni perdu de places dans cette partie finale. Je me ravitaille rapidement , uniquement en Coca Cola, car je ne rêve que d'une chose, une bonne douche, en attendant Philippe qui finira de nuit en 14h. D'ailleurs en sortant de celle-ci, l'odeur des frites du camping, ainsi que la faim, me feront craquer, à un tel point que j'aurais droit à une petite crise d'hypoglycémie durant les trois minutes d'attente pour faire réchauffer ces frites. En fait, je découvrirais plus tard que cela était en partie dû au fait que le Coca était ... sans sucre... Dingue de trouver ça sur un ultra ! Mais c'était aussi dû aux kilomètres de la journée dans les jambes. Tous ces kilomètres. Il y en aura eu 77 finalement au lieu de 71,8. On en aura eu pour notre argent.

6

LA GRANDE COURSE DES TEMPLIERS- 77KM - 3200M+
10h43'05''

7,184km/h, 8'21''/km

464ème sur 2850 partants, 1995 finishers

258ème sénior.

Les photos ici.

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Published by sacha-cavelier-endurance-run - dans Récits de courses à pied - ultra
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