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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 11:52

   Même si la discipline du trail n'en est qu'à ses prémices timides au Québec, il existe de formidables manifestations de sports en montagne, comme le XC Ultimate Mont Tremblant, proposant des parcours de canoë le vendredi (jusqu'à 67km), du trail le samedi (jusqu'à 58km) et du VTT le dimanche (jusqu'à 100km). Impensable pour moi de ne pas participer à cette grand messe du sport nature, avec l'un des niveaux les plus relevés au Québec dans cette discipline. Bien que le 58km m'ait longtemps nargué et fait envie, j'avais décidé de ne faire que le 35km ce jour là. pour ne pas cumuler trop de longue distance dans l'été, pour faire des distances plus courtes de manière plus intense, ce que je sais assez bien faire, pour me tester un trail de 35km... cela faisait si longtemps... plein de bonnes raisons... Et nous voilà donc avec l'ami Jean-Michel, partant de Montréal à 6h du matin, pour arriver à cette station de ski paradisiaque qu'est le Mont Tremblant.

1-copie-2.jpg7.jpg   Le soleil est au rendez-vous, et le départ est lancé sur le coup de 9h. Bien que je ne suis pas habitué à mettre du rythme sur une distance aussi longue, je me permet de me glisser dans les cinq premiers, je pense avoir acquis assez d'endurance pour tenir sur 35km. En tout cas, ça vaut le coup d'essayer. Deux coureurs, trop rapides, filent dans les bois, et je me dois de donner le ton aux poursuivants, en tant que troisième. Cela durera sur la première montée et la première descente, sous les yeux d'un chevreuil pas tant effarouché que ça, jusqu'au km 10, là où démarre la partie... "originale"...

4 5 6

   A ce point, il y a 4km de rivière à remonter. Je trouve l'idée géniale, moi et le 4ème (le 5ème n'a pas suivi le rythme dans la descente) progressons dans l'eau tantôt jusqu'aux genoux, tantôt jusqu'au nombril, voire... jusqu'aux épaules. Parfois la rivière laisse place à des marécages de boue où je manque de laisser une chaussure, engloutie moins une par le sol humide et collant de la montagne. Mais cette partie de rigolade diminue énormément la vitesse et moyenne, et la progression devient très difficile lorsque la rivière ne devient plus qu'un lit de roches glissantes. Beaucoup de coureurs me dépassent, et je ne sais comment ils arrivent à trouver leurs appuis dans cette rivière où j'avance parfois à quatre pattes. Heureusement, au km 14, un ravitaillement annonce la fin de cette ballade aquatique. je prend quelques minutes pour enlever les tonnes de pierres de mes chaussures, et de mes chaussettes, mange et bois en quantité, pour me préparer aux températures montantes, et m'élance dans les 7km de grosse montée, qui mèneront à un peu plus de 1000m d'altitude, au sommet de la station de ski. Je mets beaucoup de vitesse, du fait de cette frustration de m'être fait si facilement distancé dans la rivière, et rattrape beaucoup de monde. Je fais l'effort de courir là où les autres marches, ce qui m'amène à rejoindre le second de la course au ravitaillement du sommet.

 

   Il quitte ce ravitaillement quand j'arrive, mais je m'autorise de bonnes minutes pour boire et manger. Vu qu'il reste 14km de descente vallonnée dans la chaleur, c'est un bon investissement. En effet, après moins de 15 minutes de descente, je le double facilement. Il me colle de près dans la dernière grosse côte dans les pistes de ski de la station, mais je le sème définitivement dans la descente finale, d'abord sur une piste noire, puis dans les single tracks en sous bois. Je me sens en forme pour finir par une descente intense. Je commence à demander aux touristes croisant ma route si le premier est loin. Il était à trois minutes au dernier ravitaillement au sommet de la station d'après les bénévoles volontaires, et cela ne semble pas diminuer après quelques kilomètres, malgré tous les efforts que j'ai entrepris. Puis des crampes apparaissent, disparaissent, réapparaissent. Je décide alors de changer de stratégie : gérer plutôt ces crampes en buvant beaucoup, en adoptant une foulée rasante dès que possible, de manière à gérer mon avance sur le troisième. Et je ne m'en sors pas trop mal, puisque j'arrive quatre minutes derrière le premier, mais avec un temps de 3h24' , soit cinq minutes d'avance sur le troisième, un résultat intéressant.

3.jpg   Je suis plus que satisfait d'avoir tenu ce rythme du début à la fin, une première pour moi sur cette distance. En plus, après avoir laver cette boue dans le lac Tremblant et après une heure passée allongé dans sur la plage (ce qui est, au passage, fabuleux, de se prélasser sur une plage dans une station de ski), je n'ai strictement aucune courbature, je pourrais déjà repartir courir s'il le faut. Mais je préfère me prendre quelques coups de soleil en attendant les nombreuses connaissances venues en découdre avec le 35 et le 58km. Et puis, surtout, je fais connaissance du vainqueur du 58km, David Le Porho, une star au Québec, depuis qu'il court les marathons sous les 2h30, et depuis qu'il est champion du monde de course en raquettes. Nous avons quelques connaissances en communs (notamment Jean-Philippe Leclerc, avec qui je suis allé au duathlon et triathlon du Mont Habitant la semaine passée), et c'est pourquoi je me suis présenté à lui. Et j'ai eu la chance de découvrir un homme aussi simple que sympathique, qui est d'ailleurs français mais au Québec depuis 7 ans, et qui, comme moi, chasse les courses qualificatives pour aller courir un jour ou l'autre l'UTMB.

   Le monde du trail est définitivement synonyme de convivialité, que ce soit sur ce continent ou sur l'autre.

XC ULTIMATE MONT TREMBLANT - 35KM - 800m+

3h24'19''

10,278km/h, 5'50''/km

3400kcal

2ème sur 108 finishers

1er homme 20/29 ans.

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Published by sacha-cavelier-endurance-run - dans Récits de courses à pied - trail
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