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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 20:43

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P1020255        Il existe bien des manières de dire au revoir à une ville que l'on aime. Celle que j'ai choisie est, je pense, la plus appropriée après ces courts quatre mois que j'ai passés sur le nouveau monde. Cette ultime ballade de 42km que je m'offre dans la cité canadienne parachèvera mon séjour et me fera profiter de précieux derniers instants avant de sortir je l'espère par la grande porte.

        Il est 8h40 lorsque plus de 2000 coureurs s'élancent sur le gigantesque pont Jacques Cartier pour un rendez-vous avec leur destin. Les vis ne tremblent pas sous les pas des coureurs. Le début du parcours offre une visite des sites touristiques de Montréal, parc d'attraction, piste de formule 1. Les jambes avancent naturellement, comme si elles savaient ce qui les attendait, comme si elles connaissaient l'épreuve à affronter, comme si elles savaient d'avance qu'il est inutile de lutter contre ma volonté. Les premiers kilomètres se déroulent sans anicroches. Je regarde ma montre et à 9h10 je pense à ma famille qui a du en finir avec le 5km. Ils ne sont pas atteints de la même folie que moi. Inchallah. Au bout de 15km le vieux port marque l'entrée sur l'ile de Montréal. Dès lors, le public s'amasse au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Je passe mon premier semi en 1h45, c'est plus que la semaine passée, et en plus les jambes s'alourdissent. Déjà.

P1020228        Heureusement, lorsque la jonction se fait entre les marathoniens et les semi marathoniens au km 24, l'allégresse contagieuse qui domine les coureurs débutant leur 21km se propage à travers tout le monde et donne un deuxième souffle. Si bien que la course en devient presque facile, j'ai presque envie d'accélérer, mais je me l'interdit rigoureusement pour ne pas faire de mauvaise gestion d'effort. Je prends tous les 5km à titre préventif du gel énergétique, qui me donne des ailes, je parviens presque facilement au km 32.

Marathon mtl       Dès lors, on aperçoit déjà l'arrivée: Le stade olympique et sa tour penchée la plus haute du monde offrent un objectif concret aux coureurs venus en découdre avec la distance ultime. Un ami footballeur qui m'attendait partage mon chemin et m'accompagne sur quelques kilomètres. La sympathie des gens du Québec est telle qu'elle va donc même jusque dans le partage de la souffrance. J'atteins le km 37 étonné de ne pas avoir rencontré de mur. Les 5 derniers kilomètres se durcissent, sous l'effet du faux plat montant, sous l'effet du mental qui sent la fin approcher, et sous l'effet des jambes qui ont de plus en plus de mal à s'opposer à la terrible attraction terrestre. Je dois marcher quelques secondes aux deux derniers ravitaillements pour me donner du courage pour affronter les hectomètres à venir. Mais la foule toujours plus nombreuse et enthousiaste rappelle bien vite que la meilleure façon de terminer est au pas de course. Au kilomètre 41 apparait le stade olympique, en face de moi, de nous, dans toute sa majesté. Alors les jambes se lâchent, se décrispent, s'envolent. Je ne cours plus, je plane, les yeux rivés sur l'imposant bâtiment. Je passe de 12 km/h à peut être 14. J'ai décidément bien récupéré de mon marathon de la semaine dernière. C'est peut être aussi la magie de la ville qui opère. J'atteins très vite l'entrée du stade olympique. Lorsque je pénètre à l'intérieur, j'entends retentir encore les échos des cris des 80 000 spectateurs qui avaient assisté à la victoire de l'allemand Waldemar Cierpinski lors des jeux olympiques de 1976. Ma gorge se noue.

P1020229   5  Septembre 2006. Je pratique le VTT depuis trois ans en club mais mes études m'ont conduit à me déplacer à Lyon, sans mon vélo. Je chausse mes baskets pour le premier jogging de ma vie. Je rentre exténué au bout de 8km. Je ne comprends pas où est le plaisir de courir, le vélo est tellement plus agréable. Cependant une étincelle vient de s'allumer en moi.

     5 septembre 2010. 12h17. Je parcours mes premiers mètres dans l'olympic stadium montréalais. La petite étincelle est devenue un véritable brasier qui me consume de l'intérieur, comme un carburant. Au fur et à mesure que la ligne d'arrivée se rapproche, le moment s'ancre dans ma mémoire. Je sprinte. Je franchis la ligne. 3h38'. Je viens de courir mon huitième marathon. Le septième en moins d'un an.

mar-mtl-1.jpg                                         mar-mtl-3.JPG

MARATHON DE MONTREAL - 42,195KM

Temps officiel : 3h39'19''

Temps réel : 3h38'42''

11,576km/h, 5'11''/km

430ème sur 2114 arrivants

37ème homme 18/24 ans.

 

Les photos ici.

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