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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:15
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  Lorsque j’ouvre les yeux, il est 3h26. Le réveil va sonner dans 4 minutes, et je me suis endormi il y a 4h environ. Je m’étais couché à 21h30, mais la chaleur étouffante qui plane sur Montréal depuis deux jours ont eu raison de ma somnolence, pendant deux bonnes heures tout du moins. En revanche, ce matin, ou plutôt cette nuit, l’air s’est rafraichi avec les averses ici et là. Je me lève et quitte le Tshirt du Genève marathon que j’avais enfilé pour dormir. Pour me rappeler mon premier marathon. Pour me donner du courage pour mon premier 50K.
    Je traverse la ville à vélo dévisageant les fêtards bourrés attirés par mon habillement de coureur. J’attrape le bus de 4h, qui me dépose non loin de la ligne de départ vers 5h. Cette course est très conviviale, vu son nombre restreint de coureurs. Une poignée de coureur s’est élancée à minuit sur le 100km, une autre sur le 50 miles (80km) à 2h. Nous sommes une trentaine sur le départ du 50km qui devrait fendre l’air à 6h précises. Les Tshirt d’ultramarathons, ironmans se croisent, mon pauvre Tshirt du marathon de Lake Placid de la semaine passée me ridiculise presque. Après les instruction des organisateurs (ayant tous fait au moins les 166km du tour du Mont Blanc ou les 217km de la traversée de la vallée de la mort californienne, on peut leur faire confiance). Mon objectif est de 5h, soit du 10km/h, qui me semble ambitieux car j’ai des doutes sur mon état de forme vu mes quatre marathons, déjà, depuis le 11 avril. En revanche cette course se gagne parfois en moins de 4h parfois en 5h30 selon les années. J’ai mes chances.
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Le départ du 50km à 6h du matin.
    Mais dès le départ, trois coureurs adoptent un rythme d’enfer 12,5/13km/h, mon allure marathon. Autrement dit, je pourrais –mais ce n’est même pas sûr- les suivre sur 42km, mais après ils me lâcheraient surement. Ceux parmi eux qui n’abandonneront pas finiront en 3h48’. Je prends plutôt un rythme 11km/h avec un groupe de 4-5 coureurs.
Les ravitaillements tous les 10km sont importants. J’ai de l’eau sucrée, des barres à profusion, mais l’importance de ces ravitaillements, c’est de se fixer des petits objectifs. On ne peut pas se dire « bon, voilà je cours 50km, c’est parti », c’est trop dur mentalement. Par contre on peut se dire « allez je cours 10km, jusqu’au ravito, après on verra ». Puis on va au deuxième. Puis au troisième. La course longe les rives du fleuves St Laurent, dont les berges sableuses et les phares et ports donnent une impression de Bretagne. Du 20 Au 30eme km, la course longe le canal Lachine. Cela devient plus dur, car des coureurs m’ont doublé, j’en ai doublé, mais au final je suis seul. Je rattrape une coureuse du 50 miles. Quelques douleurs me freinent, déjà. Les 10 minutes d’avance sur mon chrono espéré disparaissent, des minutes de retard apparaissent. Bah. Maintenant, vu les premiers signes de fatigue, l’important est de finir. Je fais le vide dans ma tête. Je me plante de route.
    Au bout de 1,5km un organisateur me rattrape et me faire le même 1,5km en marche arrière. Le chrono, ce ne sera pas aujourd’hui. Je décide alors de baisser le rythme, d’autant plus que les nuages cèdent la place au soleil et à la chaleur. Le ravito des 30km est atteint à 3h16’. Je fait une dizaine de km avec un couple de montréalais, qui préparent l’ironman de Montréal. Nous passons deux ponts sur le fleuve St Laurent, deux parcs. Au km 40, je pars seul, après 4h30’ de course, mes partners étant trop fatigués pour garder le rythme. Mais le plus dur reste à faire, l’ascension du Mont Royal, dominant Montréal du haut de ses 220m. Sur 4,5km, cela semble peu, mais la perception après 41km est autant fourbe qu’un joueur de l’équipe de France. Il restera le tour du sommet de 2,2km avant l’arrivée. Je ne cours pas, je titube, je me hisse au sommet, alternant étirements et pauses barres. Au sommet, une organisatrice me fait un signe de la main. « deux ». Deux quoi ? Deux km ? « Non, il reste deux tours de sommet ». Le moral en prend un coup. Sur le premier tour tout du moins. 2,2km plein de douleurs et de fatigue. Lorsqu’on se dit pendant 40km qu’une fois au sommet il ne restera plus que 2,2km, et que l’on se retrouve face à son terrible destin de 4,4km, la chute est dure. Mais le deuxième tour, celui de la fin, redonne des jambes qui mènent droit à l’arrivée, en 6h01’, résultat final. L’ascension fut longue et pénible.
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Et 6h plus tard, j'arrive au sommet du Mont Royal.
    Puis les applaudissements des organisateurs célèbrent ma première arrivée sur une distance plus longue que le marathon. Mais pas la dernière. Il y en aura d’autre. Peut être pas sur le plat, car comme le souligne les concurrents, le trail, la course en montagne, c’est moins violent musculairement grâce au dénivelé et descentes qui font travailler différents muscles en alternance. Le buffet d’arrivée est digne de la course. Les écureuils gris montréalais iront même se joindre à nous, fouillant les glacières et dégustant les donnuts. Tout en observant le cadavre de mes jambes étendues dans l’herbe, je raye d’un grand trait la distance 50km des choses que je dois faire ou plutôt courir avant de mourir.

MONT ROYAL SUMMIT QUEST - 50KM

6h01'45''

8,293km/h, 7'14''/km

17ème sur 27 partants

2nd homme 20/29 ans.

Les photos ici.

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