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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 18:57

Sans-titre-copie-10.jpg   T.O. est une ville qui semble regorger d’énergie, une ville protégée de la crise. Une ville à la terre fertile où d’énormes buildings poussent un peu partout. Elle s’étend à perte de vue, des centaines et des milliers de rues bien rangées et ordonnées. Je n’y avais jamais mis les pieds, en fait à part Montréal, c’est la première grande ville d’Amérique du nord que je découvre. J’ai jusqu’à présent été bien plus attiré par les trails et triathlons dans les parcs naturels, mais mes deux marathons annuels me permettent de découvrir le milieu urbain occasionnellement.

   Ce marathon-là, bien que je l’aie assez bien préparé, je vais Toronto-marathon---2013-0009.JPGle courir aux sensations, puisque mon objectif était un temps canon sur le demi-marathon de la semaine dernière. C’est Laurent qui m’accompagne depuis Montréal. Lui, a un objectif bien défini : briser le 2h40. Assez incroyable de la part d’un gars qui court 50km par semaine et ne fait jamais d’intervalles, à part les courses de fin de semaine. Assez incroyable aussi  quand on sait qu’il a dormi une heure de vendredi à samedi à cause de son travail, et 5 ou 6 heures de samedi à dimanche, ou lorsqu’onvoit que le samedi il carbure aux burgers, et le dimanche matin, démarre ses marathons au pace 10km, pour ensuite tougher sur les trois quart du parcours. Bref, j’en apprends beaucoup de ce week-end, et je décide de faire tout le contraire de ce que Laurent fait pour être sûr d’être au mieux le dimanche.

   Pour cette course-là, j’ai choisis de courir avec mes Zoot Kalani. Elles sont censées être des light trainers  spécialement conçues pour les longues sorties de courses. La semelle est un peu plus épaisse, avec là aussi une plaque de carbone à l’intérieur pour favoriser une bonne dynamique. Mais elles sont tellement confortables, que pour ce marathon, je les ai préférées à mes chaussures de compétition habituelles. Ce sont de véritables pantoufles, et pour preuve, je finirai ce marathon pour la première sans aucune douleur au niveau des pieds.

Toronto-marathon---2013-0004.JPG   Le dimanche matin, le départ est assez tôt, 7h30, depuis la rue la plus longue du monde, Yonge street, et ses quelques 1000km. Nous en feront dix en ligne droite dans cette rue, globalement descendants. Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, mais plutôt que de partir à un rythme assez lent, je préfère quand même avoir un bon pace, sans pour autant partir avec un temps en tête. Après tout, lorsqu’on aborde un marathon comme un gros objectif, on se doit de partir au pace prévu à la seconde près, il n’y a pas de place pour le risque. Mais lorsqu’on court de façon relaxe, et qu’on se fout du temps final, il n’y a pas de meilleur moment pour tenter des choses. Je vais donc profiter des descentes de la première moitié pour me laisser rouler, laisser les jambes courir toutes seules, sans vraiment essayer de les freiner. De toute façon, je n’ai pas de montre GPS, et les panneaux des kilomètres sont placés aléatoirement (un coup je ferai un kilomètre en 3’50’’, et un autre en 4’30’’). Ainsi, si le panneau des 5km disait vrai, j’y étais en 19’50’’. La suite, moins rapide, me fait passer en 1h29’ à la mi-parcours. Nous entrons alors dans un quartier à gros buildings, j’ai l’impression de courir à New York. Les jambes vont bien et roulent encore assez bien à 4’20’’/km sur le plat. En fait, c’est plutôt vers 28km que j’ai une petite baisse de motivation, car le parcours passe devant la ligne d’arrivée, et on se dit qu’on ne serait pas plus mal assis au bord de l’eau du lac Ontario. Au trentième kilomètre, je commence à chercher le panneau du kilomètre suivant, ce qui est mauvais signe. Je carbure au gel depuis une dizaine de kilomètre et mon estomac en a marre, je suis obligé de me rincer la bouche à l’eau claire à chaque ravitaillement.

   Sur la piste cyclable, au bord du lac et mêlé aux autres coureurs du dimanche 2.jpgvenus se défouler, la ballade torontoise a de l’allure. Mon pace diminue, sans surprise, mais c’est plutôt au kilomètre 36 qu’il s’effondre. Car le parcours n’est plus au bord de l’eau, mais sur un boulevard assez dégueulasse, et je commence à être à bout. D’un côté je me dis que c’était bien abruti de courir ça une semaine après mon demi à bloc, mais d’un autre côté je me dis que j’ai quand même bien couru sur 36km, que je vais finir aux alentours de3h05, que c’est le meilleur entrainement de course à pied du monde, et que je vais avoir une médaille de 6 kilos.

   Ainsi, après avoir sollicité toutes mes ressources mentales, je boucle finalement en 3h07. A Montréal, dans cet état, j’avais tout donné pour garder le pace, mais ça m’avais pris une semaine avant de pouvoir marcher normalement. Là, je n’avais pas le cœur à me faire mal. Du coup, j’ai les jambes beaucoup moins brisées que d’habitude, tout en ayant couru à 9 minutes de mon record, autant dire que je suis très satisfait de cette journée qui se devait d’être le point final du travail en course à pied. Je rejoins Laurent à l’hôtel. Il a fini deuxième de la course en 2h43, et est retourné à l’hôtel faire la sieste sans même attendre la remise des prix. Tout un bonhomme. Du coup, nous « crissons » notre camp assez vite après l’obligatoire bain de glaçons.

Toronto-marathon---2013-0017.JPG   A l’heure où j’écris ces lignes, je suis dans l’avion qui m’emmène pour trois semaines en France avec pour but de faire un mileage dégueulasse en vélo. Ce sera aussi le début de la saison de triathlon, avec deux courses de prévu, un mois avant le début de la saison québécoise. Il faut dire aussi que cet hiver, en ayant reçu sur la gueule dix fois ce qu’il est tombé dans le sud de la France depuis Jésus Christ, j’avais hâte de recommencer à nager à l’air libre.

 

 

 

 

GOODLIFE TORONTO MARATHON- 42,195KM

Temps : 3h07'33''

13,499km/h, 4'26''/km

55ème sur 1694 finishers

6ème homme 18-24 ans.

28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 20:43

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P1020255        Il existe bien des manières de dire au revoir à une ville que l'on aime. Celle que j'ai choisie est, je pense, la plus appropriée après ces courts quatre mois que j'ai passés sur le nouveau monde. Cette ultime ballade de 42km que je m'offre dans la cité canadienne parachèvera mon séjour et me fera profiter de précieux derniers instants avant de sortir je l'espère par la grande porte.

        Il est 8h40 lorsque plus de 2000 coureurs s'élancent sur le gigantesque pont Jacques Cartier pour un rendez-vous avec leur destin. Les vis ne tremblent pas sous les pas des coureurs. Le début du parcours offre une visite des sites touristiques de Montréal, parc d'attraction, piste de formule 1. Les jambes avancent naturellement, comme si elles savaient ce qui les attendait, comme si elles connaissaient l'épreuve à affronter, comme si elles savaient d'avance qu'il est inutile de lutter contre ma volonté. Les premiers kilomètres se déroulent sans anicroches. Je regarde ma montre et à 9h10 je pense à ma famille qui a du en finir avec le 5km. Ils ne sont pas atteints de la même folie que moi. Inchallah. Au bout de 15km le vieux port marque l'entrée sur l'ile de Montréal. Dès lors, le public s'amasse au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Je passe mon premier semi en 1h45, c'est plus que la semaine passée, et en plus les jambes s'alourdissent. Déjà.

P1020228        Heureusement, lorsque la jonction se fait entre les marathoniens et les semi marathoniens au km 24, l'allégresse contagieuse qui domine les coureurs débutant leur 21km se propage à travers tout le monde et donne un deuxième souffle. Si bien que la course en devient presque facile, j'ai presque envie d'accélérer, mais je me l'interdit rigoureusement pour ne pas faire de mauvaise gestion d'effort. Je prends tous les 5km à titre préventif du gel énergétique, qui me donne des ailes, je parviens presque facilement au km 32.

Marathon mtl       Dès lors, on aperçoit déjà l'arrivée: Le stade olympique et sa tour penchée la plus haute du monde offrent un objectif concret aux coureurs venus en découdre avec la distance ultime. Un ami footballeur qui m'attendait partage mon chemin et m'accompagne sur quelques kilomètres. La sympathie des gens du Québec est telle qu'elle va donc même jusque dans le partage de la souffrance. J'atteins le km 37 étonné de ne pas avoir rencontré de mur. Les 5 derniers kilomètres se durcissent, sous l'effet du faux plat montant, sous l'effet du mental qui sent la fin approcher, et sous l'effet des jambes qui ont de plus en plus de mal à s'opposer à la terrible attraction terrestre. Je dois marcher quelques secondes aux deux derniers ravitaillements pour me donner du courage pour affronter les hectomètres à venir. Mais la foule toujours plus nombreuse et enthousiaste rappelle bien vite que la meilleure façon de terminer est au pas de course. Au kilomètre 41 apparait le stade olympique, en face de moi, de nous, dans toute sa majesté. Alors les jambes se lâchent, se décrispent, s'envolent. Je ne cours plus, je plane, les yeux rivés sur l'imposant bâtiment. Je passe de 12 km/h à peut être 14. J'ai décidément bien récupéré de mon marathon de la semaine dernière. C'est peut être aussi la magie de la ville qui opère. J'atteins très vite l'entrée du stade olympique. Lorsque je pénètre à l'intérieur, j'entends retentir encore les échos des cris des 80 000 spectateurs qui avaient assisté à la victoire de l'allemand Waldemar Cierpinski lors des jeux olympiques de 1976. Ma gorge se noue.

P1020229   5  Septembre 2006. Je pratique le VTT depuis trois ans en club mais mes études m'ont conduit à me déplacer à Lyon, sans mon vélo. Je chausse mes baskets pour le premier jogging de ma vie. Je rentre exténué au bout de 8km. Je ne comprends pas où est le plaisir de courir, le vélo est tellement plus agréable. Cependant une étincelle vient de s'allumer en moi.

     5 septembre 2010. 12h17. Je parcours mes premiers mètres dans l'olympic stadium montréalais. La petite étincelle est devenue un véritable brasier qui me consume de l'intérieur, comme un carburant. Au fur et à mesure que la ligne d'arrivée se rapproche, le moment s'ancre dans ma mémoire. Je sprinte. Je franchis la ligne. 3h38'. Je viens de courir mon huitième marathon. Le septième en moins d'un an.

mar-mtl-1.jpg                                         mar-mtl-3.JPG

MARATHON DE MONTREAL - 42,195KM

Temps officiel : 3h39'19''

Temps réel : 3h38'42''

11,576km/h, 5'11''/km

430ème sur 2114 arrivants

37ème homme 18/24 ans.

 

Les photos ici.

23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 17:31

11 299427 10151111391943853 239095177 n   Il fallait être un peu fou pour vouloir améliorer un record de plus de 20 minutes sur marathon, et par la même occasion aller briser le trois heures. Mais voilà, mon amie Marie-Caroline ayant décidé de courir celui-là en 2h56, et étant pour la première fois un coureur invité sur une course, je n'avais pas d'autres choix que de l'accompagner. Mon contrat était clair, je me devais de tout donner pour garder le pace de 4'10''/km sur les 32 premiers kilomètres puis après je déciderais si j'allais accélérer ou bien m'effondrer sur le pavé. En tout cas, pour mettre toutes les chances de mon côté, dès la saison de triathlon finie, j'ai fait quelques sorties longues de marathon. Je les ai même bien faites, ce qui m'a mis en confiance. J'ai même fait des cauchemars ou je me perdais pendant le marathon dans la nuit du samedi au dimanche, ce qui m'a encore plus mis en confiance. Bref, pour la première fois le marathon revêtait une saveur de Rock'n'Roll, et moi pour la première fois je voulais briser le 3h une bonne fois pour toute.

   J'ai dégusté chaque moment de cette course, et même d'avant-course. Mon dossard n°8 me donnait accés aux premières lignes, à quelques dizaines de centimètres des africains. BIen que le temps était idéal, une multitude de doutes m'assaillaient le matin de la course. Est-ce que j'allais encore m'effrondrer comme tous mes autres marathons ? Mais la treizième prise allait être la bonne. Moteur, on tourne.

400889 10151092485187736 924119675 n   A 8h30, le départ est donné. Même si les premières centaines de mètres sont 4en descente, avec Marie-Caroline, nous nous plaçons dans le pace. 4'10''/km. C'est une chasse métronométrique qui s'ensuit alors, passer chaque kilomètre à la seconde près, en 4'10'', pas une seconde de plus, pas une de moins. Mélangés aux coureurs du demi-marathon, nous traversons l'île St Hélène, la piste de formule 1, puis prenons le pont Victoria. Je joue mon rôle de lapin en me plaçant face au vent, mais suis également bien aidé de Martin, de mon club, le club des vainqueurs, apparu comme par magie au kilomètre 12. Il a décidé de courir son entrainement avec nous, et est une aide formidable. Marie-Caroline, elle, a préparé un plan méticuleux, dont elle me fait profiter parfois : elle a rendez-vous sur certains points du parcours pour ses ravitaillements personnels, desquels je profite, et au fur et à mesure que nous progressons, les lapins du club des vainqueurs viennent se scotcher à nous. En arrivant sur l'île de de Montréal, le public commence à s'ammasser, et les encouragements pleuvent. Sans trop de difficultés, nous approchons du kilomètre 21. C'est un train qui s'est formé, composé de moi, Marie-Caroline, trois paceurs du club des vainqueurs (Martin, Steve et Emmanuel), ainsi que d'autres coureurs de la course profitant de la précision de notre allure.

558545 10151251285696514 951997808 n   Au kilomètre 20, je suis obligé de faire une pause toilette, qui me fait perdre exactement 45 secondes. C'est le retard sur la locomotive vainqueurs avec lequel je passe la mi-parcours. 1h30'01'', mais les grosses côtes, comme celle de la rue Berri, sont derrière nous. Je choisis de brûler un alumette pour rattrapper le train, et je fais la jonction trois kilomètres plus loin. Avec le recul, rattrapper 45 secondes en trois kilomètres est suicidaire sur un marathon, mais il fallait que je sois dans un wagon pour ne pas avoir à courir tout seul, ce qui m'aurait fait perdre beaucoup de temps. Le feeling au sein du groupe est incroyable. Le temps passe vite, et les demi-marathoniens ayant terminé, les rues nous appartiennent. We own the town. Je commence à sentir des douleurs dans les cuisses vers le trentième kilomètre, ce qui me décide à ne pas accélérer au kilomètre 32. Il faut dire que nous sommes un peu plus rapide qu'au départ, plus en 4'00'' ou 4'05''/km à présent. Mais je ne veux pas ralentir pour autant, je veux rester dans l'aventure. Malgré la dynamique du groupe, les kilomètres passent de plus en plus lentement, et chaque pas devient un peu plus douloureux. Je commence à compter les kilomètres et j'ai de plus en plus de mal à ne pas me faire décrocher de la locomotive.

376537 10151082127718786 1693712467 n   Au kilomètre 36, le train perd un wagon. Je ne peux rien faire, 11-copie-1je suis à 100% de mes capacités, et je vois mes collègues s'éloigner doucement. J'ai 20 secondes de retard à 5km de l'arrivée, et l'agonie va être longue. Je tombe à 4'20''/km pendant deux kilomètres avec la sensation d'avoir mes deux cuisses explosées, comme si chacune d'elles avait reçu un obus. Au kilomètre 39, je ne sais même pas si je remarcherais un jour après cette épreuve. J'ai des fourmis dans les cuisses et je cours comme un pantin désarticulé. Du kilomètre 40 au 41, chaque mètre est une abomination. Même dans le dernier kilomètre, passer d'un coin de rue au suivant est comme gravir l'Everest. Je suis tombé à 5'00''/km. Je suis dans une bulle que même les cris des spectateurs à l'aire d'arrivée n'arrivent pas à percer. Je suis dans le même état psychique que le canard qui continue à courir sans but après qu'on lui ait coupé la tête.

3   Mais à 200m de l'arrivée, mon but apparait. Affiché de chiffres rouges sur le haut de l'arche, je vois un 2h58. Mon 2h58. Face à la beauté du nombre, je lève les bras en ciel en continuant de courir. Mes cris sont sincères. Il fallait tout donner pour l'atteindre, j'ai eu le la force de ne rien retenir. Je franchis la ligne d'arrivée en 34ème position.

   Quelques mètres plus loin, je suis effondré dans l'herbe. J'ai beau fermer les yeux, il y a ce 2h58 que je vois continuellement. C'est le salaire de ma souffrance, un salaire que l'ont garde jsuqu'à la fin de sa vie. J'ai l'impression que sur mon lit de mort je verrais encore clignoter ce 2h58. Marie-Caroline a franchi la ligne 3 minutes avant moi, et une grande fierté se lit derrière nos joues rouges. Même après treize marathons, ça n'a jamais été aussi vrai :  When you cross the finish line, it will change your life forever.

261994 10151092485662736 766597760 nROCK 'N' ROLL MARATHON DE MONTREAL- 42,195KM

Temps : 2h58'07''

14,214km/h, 4'13''/km

34ème sur 2757 partants

4ème homme 18-24 ans.

Les photos ici.

1


 
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:13

Sans titre2-copie-2

Il y a des jours qui sont parfois tant ensoleillés qu’on se demande si l’astre jaune n’a pas fait exprès de sortir ses meilleurs rayons pour les plus dures épreuves.

 En ce jour du 29 aout 2010, l’ambiance qui règne dans le bateau qui nous mène sur la rive en face de Québec, est un mélange de tension et de bonne humeur. Les conditions météorologiques et ce qui nous attend ce matin n’y sont pas pour rien.P1010597

La nuit que j’ai passé dans le camping car, la tête dans le coffre, les pieds sur le vélo, fut loin d’être la nuit parfaite, mais ce qui compte c’est la nuit d’avant, celle du vendredi au samedi. De toute façon la tension qui se manifeste dès le samedi soir fait que la nuit sera courte, que je sois à l’hôtel quatre étoiles ou dans le camping car de mes parents venus soutenir ma folie.

Mais lorsque le départ est lancé à 8h30 depuis Lévis et que le son du pas de course d’un millier de coureurs couvre la voix du speaker, les petits problèmes de fatigue se font vite oublier. Dès le début, entrainé par les coureurs, je prends le rythme pour courir en 3h15’. J’ai un record,  celui de 3h21’ de Paris en vue, mais je sais très bien que je me suis moins entrainé cet été, alors je ferais ma course au feeling, et de toute façon, je sais que je ne serais pas déçu de mon temps. On n’est jamais déçu lorsqu’on franchi la ligne d’arrivée d’un marathon. Surtout que c’est mon premier au Canada.

                Les gens matinaux sont formidables, tout le long du parcours et c’est presque facile de garder le rythme. Je profite du maximum du paysage magnifique avant que la souffrance ne m’aveugle. Je prends le luxe de m’arrêter aux ravitaillements, et passe la première moitié en 1h39’.

                Il faudra attendre le kilomètre 28 pour que les premières douleurs arrivent, mais sous une formes assez originale : des crampes d’estomacs, qui surviennent généralement les 10km, mais qui passent assez vite. Juste un premier avertissement. C’est au kilomètre 30 que la fatigue générale se fait sentir. Je n’ai mal nulle part, aucun muscle ne me fait souffrir, seulement il y a ce mur, l’éternel, l’immuable mur des 30km. Le lapin des 3h30’ me rattrape comme pour me prévenir que je perds du temps. Je le suis sur quelques kilomètres, jusqu’au 34 exactement. Après cela, la fatigue est vraiment intense. C’est une course mentale qui commence.QMAN0179

Cela fait déjà quelques kilomètres que je carbure à coup de gels énergétiques et de barres de céréales. Les trois jours de pâtes traditionnels d’avant marathon ne suffisent jamais. Le litre et demi d’eau sucrée que je porte depuis le départ est bientôt épuisé. J’en bois tous les kilomètres environ. Il ne faut jamais en boire en grande quantité, car étant très sucrée, cette boisson ferait augmenter trop rapidement le taux de sucre, puis en réponse l’insuline balaierais tout le sucre sur son passage, me laissant une belle hypoglycémie. 

Les ravitaillements présents tous les 2.5km représentent des objectifs cruciaux. Lorsque je m’autorise à marcher quelques secondes pendant un ravitaillement, je rassemble ensuite le reste de mes forces pour courir encore 2.5km jusqu’au prochain. C’est petit à petit que l’oiseau fait son nid. C’est par petits objectifs que l’on réalise les grands. Hélas les crampes, si rares ces derniers temps sont de la partie. Je n’en attraperais pas moins de cinq entre le 40eme et le dernier kilomètre. J’ai heureusement toujours le temps de m’arrêter avant que la crampe ne paralyse mon muscle pour l’étirer brièvement, ou plutôt ce qu’il en reste. A un kilomètre de l’arrivée, je ne cours plus, je boite rapidement, mais l’odeur de la ligne me tire moi et les deux sacs d’acide lactique qui me servent de jambes, tel les chercheurs d’or qui creusaient à mains nues ce continent il y a quelques siècles pour dénicher le précieux métal jaune. Mon métal jaune, ma ligne, je l’aperçois lorsqu’un panneau indique qu’il n’y a plus que 750 m de calvaire à parcourir. C’est alors que les cris des spectateurs se tuent, que les crampes se taisent comme pour me laisser apprécier cet instant. Ce sera la 7ème fois que je franchirais la ligne mythique, jamais de la même manière, jamais avec le même temps, mais toujours avec la même émotion. Ce mélange de colère, de fatigue, de bonheur, de satisfaction, d’enthousiasme, de hargne, toutes ces sensations qui se libèrent en même temps sur ces derniers mètres. Ce mix qui prend à la gorge et qui ne nous fait pas regretter d’être venu. Ce milk-shake qui arrache une petite larme derrière la ligne d’arrivée. C’est peut être rien que pour cette sensation finale que je m’use à courir 42km quelques fois dans l’année, rien que pour ressentir cette ivresse une fois encore, une fois de plus. C’est effectivement ivre de sensations que je franchis la ligne d’arrivée de Québec, comme si c’était la première fois.

QMBD0359.jpgQMAL0288.jpgQMAO1643.jpg 

Les 3h37’ qui s’illuminent sur le haut de cette ligne sont bien loin de gâcher mon bonheur je suis certes loin de mes 3h21’, mais les 16 minutes qui me manquaient aujourd’hui mystifient ma performance parisienne. C’est à présent une barre, 3h20’, que j’ai en tête. 

Je passe le reste de ma journée à dormir, d’habitude l’adrénaline me tient éveillé longtemps. Mais ce marathon n’avait rien d’habituel, de par sa difficulté, la souffrance qu’il m’a infligé pour me rappeler que ce n’est pas facile un marathon, le bonheur qu’il m’a offert. Ce premier marathon canadien est à la hauteur de ses promesses. J’ai déjà envie d’en courir un autre, et je n’aurais pas à attendre longtemps. Il y a Montréal dans une semaine

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Petit souvenir d'une grande distance.                

MARATHON DES DEUX RIVES - 42,195KM

Temps officiel :3h37'36''

Temps réel : 3h37'29''

11,641km/h, 5'09''/km

130ème sur 974 arrivants

19ème homme 18/29 ans.

Les photos ici.

10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:11

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      Après avoir couru des marathons un peu partout, parfois à des milliers de kilomètres de chez moi, il me semblait primordial de clôturer mon "été marathons" en courant la distance reine dans mon département. Le marathon de Provence Luberon est le seul marathon vauclusien, et surtout le plus ancré dans le cadre provençal, je ne pouvais pas me permettre de passer à coté.

      Comme prévu, le soleil, la montagne du Luberon, le parcours sur petites routes et à travers les champs de vignes ont confirmé le cadre exceptionnel promis par le site internet. Les quiches et le vin rouge sur certains ravitaillements n'y sont pas pour rien non plus. Vu le profil du marathon, je savais que ce n'était pas le jour pour un chrono, beaucoup trop de montées sur le final pour espérer taquiner des records. J'ai seulement visé le classement chez les espoirs. Et ce fut chose faite puisqu'en doublant le premier espoir quasiment au sprint à 500m de la ligne d'arrivée, c'est moi qui finis premier dans cette catégorie, et repars à la maison avec une courge, des sacs, des T-shirt, ... et 8 bouteilles de - bon - vin...

      Chrono final : 3h47'02'', et résultat final : 45ème sur 223. Mais le point positif, c'est que je n'ai pas eu de mur, et comme à Montréal il y a un mois, de très bonnes sensations tout le long. Je peux à présent me reposer et passer à autre chose... plus dur...plus long...

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MARATHON DE PROVENCE LUBERON - 42,195KM

3h47'02''

11,151km/h, 5'23''/km

45ème sur 223 arrivants

1er espoir.

10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:11

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    Un départ qui restera gravé dans ma mémoire...

Lorsque le speaker au micro demande "are you reaaaaady?".

Lorsque 40 000 coureurs ayant prit d'assaut les Champs-Elysées crient en réponse.

Lorsqu'on est noyé dans cette foule immense.

Lorsque le départ est lancé et que l'écho de 40 000 pas résonne dans les rues...

73986 174197589272898 174151022610888 553624 8329682 n

      J'étais venu dormir chez mon ami Antoine, qui, lui, allait réaliser son premier marathon. Pour moi, c'était le troisième, mais le plus grand que j'avais jamais fait, et je voulais souligner cela par un beau chrono. Même si se rapprocher de 3h10' comme je l'avais espéré était trop ambitieux, j'avais malgré tout atteint le meilleur temps de mes neuf premiers marathons, 3h21', accompagné du pire mur que je n'ai jamais eu. Dès le 32ème kilomètre, des crampes, et des douleurs dans les cuisses, comme des coups de couteaux.  Peut être un départ un peu rapide (premier semi passé en 1h35'26''). Mais à l'arrivée ce fut une des plus grandes émotions que je n'ai jamais eu. Et ce fut la première fois aussi que j'allais tenter de courir deux marathons en une semaine, puisqu'une semaine plus tard, je terminais celui de Marseille en 3h30'. Cela me semblait assez improbable lorsque le dimanche après midi après le marathon de Paris, il m'était impossible de monter sur un trottoir. Mais n'est impossible que ce que l'on a peur d'affronter.

74506 174197762606214 174151022610888 553631 692074 n

8596399min

148099 174197915939532 174151022610888 553637 8228558 n

MARATHON DE PARIS - 42,195KM

Temps officiel : 3h24'04''

Temps réel : 3h21'21''

12,574km/h, 4'46''/km

3768ème sur 31566 partants, 30976 arrivants

25ème espoir.

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Les photos ici.

10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:05

  Sans titre2

   Cette fois ce sera en voiture de location qu'il faudra aller jusqu'aux States, mon ami de bord, le GPS, m'est bien utile pour sortir du bordel des échangeurs de Montréal. Mais sa conversation est limité, alors je suis contraint de mettre la radio américaine.
    Le maillot de l'équipe de france que j'arbore comme pour glorifier le 0-0 contre l'Uruguay de la veille fera fureur à Lake Placid. On me criera "allez les bleus", on essaiera même de me parler français. Ce même maillot fait fureur aussi à la frontière américaine. On me fait sortir de la voiture, on la passe aux rayons X, et on cherche des bombes dans mes bagages. Bredouilles, ils me laisseront partir.
Photo-0019Photo-0004    Lake placid est très jolie, ville des jeux olympiques d'hiver de 1932 et 1980. Ses tremplins de saut a ski, son parc olympique, son olympic oval (patinage de vitesse).
    Le lac en lui même est placide, pas de crocodile géant en vue, le film avait donc tort.
skijump    La nuit au motel pas cher car situé à 20km de la ville olympique. Une nuit courte puisque le levé eu lieu à 6h. Je chausse alors les baskets, vais vers le départ, écoute l'hymne américain, décoiffé bien sûr, et à 8h tout le monde s'élance. Le paysage, quasi alpin, en plus sauvage, émerveille, le bitume fait souffrir.
59938-079-019f     Les premières douleurs apparaissent au km10. Je commence la prise de sucre (boisson, barres). Je salue une coureuse du marathon de Burlington d'il y a 15 jours qui elle aussi est fière de montrer sa folie d'accro à l'épreuve en ayant revêtit le Tshirt du Burlington marathon. Nous nous encouragerons mutuellement puisque le parcours, outre un tour de lac, consiste à des aller-retours, ce qui fait croiser tous les coureurs à un moment ou un autre. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai pu admirer le courage des derniers marathoniens, obèses, sans vouloir exagérer, qui s'attaquent au marathon en marchant.
59938-074-018f    Au kilomètre 20, je suis rattrapé par un type qui engage la discute. Je le suis à bonne allure, mes douleurs passent. Il en est lui aussi à 6 marathons, je lui parle de trail (le concept du trail de 30km ne connait pas en Amérique le même succès fracassant qu'en France, où cette discipline pullule avec des dénivelés de plus en plus effrayants :  ici, on fait de la route ou alors un 100miles en montagne), de fatigue qui devrait arriver vers 30km vu notre rythme, de beau temps. Il lâche le premier au kilomètre 35. Mon rythme en prend un coup. Je finis à coup de barres énergétiques et de mental.
Arrivée     Les montées du parcours, nombreuses, se ressentent sur le chrono : 3h39'33''. 59eme sur 376. Le tour sur l'olympic oval, où beaucoup de champions ont tourné bien des fois avant moi, restera gravé dans ma mémoire. Comme toutes les autres arrivées de marathon en fait. Je tape la discute avec un type qui a fini avec un drapeau anglais sur les épaules, nous les européens, on est tous frères quand on se rencontre chez l'oncle Sam. En plus, il finit la discussion en me disant que j'ai un bon anglais, j'ai pensé "va dire ça aux zouaves du pôle langue de mon école". La grande surprise, c'est de n'avoir aucune douleur articulaire ou musculaire. Je commence à savoir encaisser cette distance. Je peux passer à plus grand. Peut être le 50km de Montréal la semaine prochaine ? On va déjà faire une bonne sieste à coté d'un sandwich subway et d'une pizza (tous deux à volonté à l'arrivée) et on verra.
Photo-0015
The finish line.
LAKE PLACID MARATHON - 42,195KM
Temps officiel : 3h39'57''
Temps réel : 3h39'33''
11,531km/h, 5'12''/km
59ème sur 376 arrivants
19ème men 20/29 ans.
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 10:50

Genevemarathon.jpg

 

     Mon tout premier. Parce qu'il faut bien commencer un jour. Je me rappelle encore cet hiver 2008 où j'avais décidé de me lancer sur un marathon, pour la première fois, après avoir été piqué par la longue distance en m'essayant sur des trails de 30km. J'avais donc décidé de m'élancer sur celui de... Lyon... Qui avait été annulé une semaine avant l'épreuve pour des histoires de sous. Me rabattant désespérément sur ce que le calendrier offrait, je n'avais pas été déçu par ce marathon de Genève.

   Je me rappelle de bien des choses... Une vue sur les Alpes, un circuit le long du lac Léman, une course magnifique. Une arrivée à Genève à 22h, dans un petit hôtel. La pression de cette nuit là. 

   Ce jour-là, le cerveau noyé dans l'euphorie à l'idée de battre mon record personnel en terme de distance à courir et de pouvoir porter enfin un Tshirt de finisher de marathon, j'avais adopté l'allure pour finir en 3h30' mon marathon. Il est toujours ambitieux de finir son premier marathon dans le temps prévu et, aussi, après avoir passé bien dans les temps la première boucle de 21,1km, j'avais craqué dans la deuxième partie (qui ré-empruntait une deuxième fois la même boucle), sur les quais du lac Léman. Je me rappelle aussi du vainqueur du semi marathon, qui m'avait subjugué en me dépassant à toute allure accompagné par les véhicules de l'organisation.

   Mon premier mur, mon premier chrono de référence, 3h38'.

marathon geneve 4
GMjetdeau.jpgMARATHON DE GENEVE - 42,195KM
3h38'16'' 
11,599km/h, 5'10''/km
288ème sur 684 arrivants
17ème homme 20/29 ans.
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 10:50

Sans-titre2-copie-1.jpg

   Départ 6h du matin dans une nuit noire étoilée et fraiche (4°C), qui teste une dernière fois ma motivation. L'heure de route pour aller à Cabriès se déroule elle aussi dans le noir, mon petit déjeuner à gauche et l'atlas routier à droite. Je fini finalement par trouver le lieu du départ vers 7h20, il fait toujours aussi frais, je courrai avec la veste. Après inscription et autre modalités (mise en route du mp3, remplissage du camelbak, mise en place de la puce électronique, ...), je regarde parmi les 70 coureur si je ne voit pas Jalabert, en vain, il était sur le semi marathon de l'année passée (qui, avec le 10 km, attirent plus de monde, pas loin de 1000 coureurs). 8h00. C'est parti.
    Le soleil se lève et les premiers km se font sur chemins et routes dans un parc privé d'équitation, au milieu des chevaux matinaux, avec le soleil levant, au son d'Offspring et Balavoine. Les premiers dénivelés s'avalent assez bien, il y en aura 360 sur le parcours.
    Le km 15 (1h15 de course) a le mérite de donner un petit coup au moral, on se dit que c'est à peine un peu plus que le tiers, alors on fait le vide et on cours, car on a rien d'autre à faire, on encourage le coureur qu'on double, et ne s'accroche surtout pas à celui qui nous dépasse car ce serait le payer cash en fatigue quelques kilomètres plus loin.
Finalement on arrive assez bien au km 20 (1h40 de course) et encore plus vite au km 30 (2h22 de course), car la musique est bonne et elle ne triche pas comme dirait l'autre, et le fait de croiser les semi-marathoniens (qui commençaient à 9h30 sur un autre parcours peu différent mais plus court) motive un peu plus. Mais c'est en général à partir de 30 km que la donne change...
    A ce moment là, le corps est physiologiquement épuisé, il n'a plus de glucide, et le marathonien souffre, ralenti, réfléchi davantage, déprime,... C'est pourquoi s'est forgée la légende du "mur" des 30km. Et c'est pourquoi cette semaine j'ai fait un régime scandinave dissocié (pas de glucides les lundi, mardi, mercredi pour être en manque, et bouchées doubles de pâtes les jeudi, vendredi, samedi, et le corps stocke 2 à 3 fois plus de glucides lents). Mais je n'ai pas vu de mur. km32, 33, toujours rien. ça marche. Au km 34, j'accélère, j'ai deux minutes à rattraper si je veux finir en 3h30, objectif déjà fixé sur le marathon de Genève 2009, mais non atteint.
    Les jambes font mal, cardiaquement, pulmonairement, tout baigne, musculairement, c'est l'horreur. Je bois assez et je n'ai pas de crampes, mais les muscles me font part de leur calvaire. Cependant voilà à chaque kilomètres je récupère quelques secondes. La musique me lâche, plus de piles. Je souffrirai donc en silence. Je double le premier espoir, lui fait connaissance avec le mur. Le km 40 fait plaisir a voir, ce 4 et ce 0 sur ce bête panneau, c'est un cap. Je doubles les derniers coureurs du 21km et du 10 km partis plus tard, et passe enfin dans le temps, 3h19 au km 40.
    On dit que les derniers mètres sont les plus durs, les derniers milliers aussi. Surtout quand ça monte un peu. Quelques larmes apparaissent sur le dernier kilomètre, parce que ça fait mal aux jambes, parce que ça fait plaisir de remplir l'objectif des 3h30 que je m'était fixé il y a plus d'un an, parce que j'ai bientôt fini, parce qu'après 42,195 km on craque toujours un peu mentalement, ...
    Je passe la ligne en jetant un regard blanc, sans vie, sur le chrono. 3h29'06''. Je suis premier espoir. Je m'assois. Cela ne m'a jamais fait autant de bien.

MARATHON DE LA CABRO D'OR - 42,195KM

3h29'06''

12,108km/h, 4'57''/km

21ème sur 57 arrivants

1er espoir.

21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 08:59

Sans-titre-copie-9.jpg

   Afin de peaufiner ma préparation au grand évènement de ma vie, l'Ironman de Nice, le 24 juin 2012, j'avais prévu de faire un marathon à peu près un mois avant. En mars, lorsque j'ai su que j'allais pouvoir revenir au Québec passer l'été, je me suis donc jeté sur le calendrier des marathons à la recherche d'un 42km de la région que je n'aurais pas déjà fait, ce qui n'est pas tâche aisée à présent. Toronto, Mississauga me tentaient bien , mais hélas ils étaient trop près d'un autre gros évènement, le 50 miles de Bear Mountain. Je suis finalement tombé sur le Sugarloaf marathon, qui se trouvait être parfait : la date rentrait parfaitement dans mon calendrier, je n'avais jamais couru dans l'Etat du Maine, ce n'était pas si loin de Montréal (environ 450km). La deuxième étape consistait à présent à trouver du monde pour m'accompagner, car les meilleurs moments sont ceux qui sont partagés. Et finalement, c'est mon amie de plus longue date au Québec, Marie-Caroline, qui s'est décider à venir et courir le 15km, autre épreuve de l'évènement.
Sugarloaf2012Mai-003.jpgSugarloaf2012Mai-007.jpg   Ainsi, après un départ en fin de matinée de Montréal, nous avons pris la destination du Maine le samedi. Durant ce trajet, beaucoup de choses m'ont frappées. Jamais je n'ai vu autant d'obèses de ma vie que dans le Maine, et jamais je n'aurais imaginé trouver un endroit aussi sauvage, montagneux, verdoyant, à deux pas de villes comme Montréal, Boston ou New York City. Des kilomètres de route traversant des forêts à n'en plus finir, de rares villages ici et là. Les jambes me démangeaient d'aller faire du trail, mais j'ai heureusement su garder ma fougue jusqu'au lendemain matin, 4h15.
   Nous avons rejoint le lieu d'arrivée, où des autobus nous ont menés moi et Marie-Caroline à nos départs respectifs. Déguisé en sac poubelle pour me protéger de la fraicheur matinale, j'ai eu le loisir de contempler l'intégralité du parcours en bus. Tabernacle, c'est long 42,2km ! Et à 7h, les 575 coureurs dont je faisais parti se sont élancés sur le bitume. Pour ce marathon-ci, je n'ai pas pris de jours de repos comme il l'est recommandé. Je me suis entrainé normalement dans la semaine, avec à peu près 14h d'entrainement le vendredi soir au compteur. L'idée était de faire ce marathon davantage en entrainement qu'en compétition. Pour l'Ironman, j'aurais 180km de vélo et 3,8km de nage avant de faire le marathon ! Ceci dit, j'ai pris assez facilement un pace confortable mais tout de même dynamique, 7 minutes au mile, ce qui représente une performance d'un peu plus de trois heures. Mon ancien record étant de 3h19, je me serais bien vu finir en bas de 3h10.
   Mais j'ai dû vite oublier mes objectifs. De terribles maux de ventre sont survenus à plusieurs reprises pendant laSugarloaf2012Mai-009.jpg course. kilomètre 5, 10 et 25. Trois pauses toilettes dans la forêt, 10 minutes de perdues. Ce n'est pas un épisode glorieux, mais c'est l'envers du décors d'un marathon : ce sont les choses dont on n'entend jamais parler, mais cependant elles arrivent. Je n'avais pourtant rien changé à mes habitudes alimentaires d'avant course. Peut être le fait de s'être levé très tôt a bousculé mon rythme biologique, toujours est-il que malgré mon pace satisfaisant que j'ai pu garder tout au long de la course, je savais bien que je ne remplirais pas l'un des objectifs qui était de faire un bon temps. Mais les autres objectifs, s'amuser et s'entrainer allaient de toute manière être remplis, alors j'ai fait en sorte que ce soit du mieux possible. Régulièrement encouragé par Pierre, venu de Montréal faire le cheerleader, et bavardant plusieurs fois avec Bruno, de mon club de course montréalais, venu sur le marathon aussi, je me suis senti pousser des ailes.
photo.JPG   Au kilomètre 21, lorsque les jambes s'alourdissaient, j'ai commencé à carburer au gel, avec ma technique personnelle consistant à prendre des petites bouchées toutes les minutes et faire ainsi durer un gel sur un ou deux miles. Tactique gagnante. Boosté par l'endroit enchanteur et les encouragements du public, j'ai pu rattrapper beaucoup de monde sur la fin, et je n'ai finalement pas connu de gros coups durs, juste de petits coup au moral qui n'ont jamais duré, en tout cas pas autant que sur mes marathons précédents. Lorsque Pierre m'annonça la victoire de Marie Caroline sur le 15km en 59 minutes, j'ai même pu relancer la machine. Je n'ai pas senti la grosse chaleur annoncée, ce qui n'était pas le cas des malheureux en brancard dans les ambulances. En pénétrant dans la ville de Kingfield, synonyme de finish line, j'ai demandé à mes jambes un ultime gros effort, finir fort, courir à environ 15km/h dans les derniers kilomètres, pour me finir. C'est finalement un beau nouveau record de deux minutes que j'ai pu décrocher, 3h17. Certes il y a la petite déception de se dire que, oui, aujourd'hui j'avais les jambes pour briser le 3h10, mais elle vite oubliée par les bonnes sensations dans les jambes malgré la fatigue. Et puis un marathon reste un marathon, et voilà encore un beau dossard, le douzième, à accrocher à mon mur. Quoi qu'il puisse arriver, 42km à traver les forêts épaisses du Maine n'est jamais une mauvaise journée.

7264049296_32192aa13e_k.jpgSUGARLOAF MARATHON - 42,195KM

Temps : 3h17'44''

12,804km/h, 4'41''/km

48ème sur 575 arrivants

9ème men under 29 years.

Les photos ici.

13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 16:15

Sans-titre.jpg

   En signant pour ce marathon avec les copains, Antoine, Eric et Thomas, le but était clair : se faire plaisir et courir dans un des endroits les plus enchanteurs de la côte de l'océan Atlantique. Mais quand j'avais vu le prix des billets de train pour rentrer au bercail le dimanche soir, je m'étais mis en tête une idée un peu folle, celle d'un week end "longue distance", en enchaînant les kilomètres à vélo après avoir couru mon marathon, le plus loin possible, jusqu'au mardi, jour où je devais impérativement rentrer pour aller à Nice pour une autre histoire.

081011-1744081011-1810   Me voilà donc parti samedi matin pour 6h de train jusqu'à Bordeaux, où je devais enchainer à vélo jusqu'à la dite presqu'île du Cap Ferret. Après avoir suivi environ 40km de piste cyclable, mes plans ont du changer, car celle-ci s'est brusquement arrêtée devant une autoroute. N'ayant pas envie de faire demi tour pour rouler encore 10km jusqu'à la précédente intersection, et n'ayant pas non plus envie de me faire écraser par un camion, ce qui aurait encore changé mes plans, j'ai choisi de faire cette portion en stop... Et au bout d'un quart d'heure, un bonhomme a finalement consenti à me ramasser, et m'a même emmené jusqu'au village vacances, je n'en demandais pas tant, où était réservé le chalet. Après avoir fait environ 20km de plus pour aller chercher mon dossard, je me retrouvais avec 57km de vélo la veille d'un marathon, plutôt bon comme réveil musculaire.

   091011-0906Bref, toujours est il que nous nous sommes retrouvés en ce frais et humide matin dominical pour envoyer, encore une fois, la onzième pour moi, ces légendaires 42,195km. Si beaucoup d'excitation et d'émotion ont disparu par rapport à mes premiers marathons à cause de l'habitude, l'envie de guerroyer contre les miles est intacte, toujours la même motivation de ce test ultime. A 9h30, le départ sonne, et je me jette dans la fosse aux lions. J'avais été prévenu la veille par le staff que le parcours était très peu favorable à un chrono, à cause des nombreuses côtes (et même des escaliers au kilomètre 39 !) et des nombreux virages dans les petits villages. Ainsi, l'idée de pour moi était plutôt de prendre un rythme et de le tenir jusqu'à la fin. Le début du circuit se passe dans des quartiers vallonnés, où je parviens tout de même à m'extirper des 13 premiers kilomètres en 1h tout rond. Là, une grosse côte de 500m viens casser la vitesse moyenne, puis quelques passages sur des plages de sable viennent regonfler le moral. On arrive alors à la mi parcours, et de belle lignes droites plus roulantes jusqu'au kilomètre 25 me permettent de me rapprocher un peu plus de ce qui serait mon allure marathon théorique, 4'30'' au kilomètre. Je suis même assez content de tenir cette cadence sans flancher jusqu'au 26ème kilomètre, malgré l'apparition de quelques douleurs dans les mollets, qui s'évanouissent avec le passage devant le phare de la pointe de la presqu'île.

12   Démarrent alors les dédales dans de minuscules rues où il est impossible aux voitures de circuler en temps normal. Ces rues ne sont même pas goudronnées, mais de nombreux ostréiculteurs ont élu domicile. L'un des ravitaillements est même constitué à 100% d'huîtres. Cela me change du coca, banane et orange, cocktail que je prends à chaque ravitaillement depuis le départ, tous les 4 kilomètres. Enfin arrive le 30ème kilomètre, celui où il se passe plein de choses, rompant ainsi la monotonie. Mis à part quelques douleurs musculaires, qui disparaissent rapidement, peut être grâce à  la formidable vue sur la mer, je garde le rythme, et de l'énergie pour la fameuse, voire glorieuse, montée des marches du 39ème kilomètre, dont je suis l'un des rares autours de moi à faire en courant. Au-delà, les 3 kilomètres restant ne sont plus qu'une formalité, le plus dur est fait. Résultat, je franchis la ligne d'arrivée en 3h25', les côtes ayant fait chuter ma vitesse moyenne, mais bien content de ma course. Je n'ai que peu de courbatures, en comparaison des trois autres amis, qui mettent entre 3h45' et 4h11', bien heureux et méritants d'en finir. Le speaker, intrigué par mon haut "IronMan 70.3" me questionne sur le Mooseman et mes marathons précédents.

14   Encore une bonne chose de faite. Je tire un grand trait dans ma checklist, mange un kilo de pâtes et, fidèle à mes engagements, je charge sur mon dos mon sac de 15 kilos (avec ma tente, sac de couchage, bouteille de vin spéciale cru du marathon offerte à l'inscription (j'allais tout de même pas abandonner  un bordelais),...) et m'élance sur mon vélo vers 16h, le moral dans les chaussettes (tout de même) mouillées, car une pluie fine s'est chargée de me rendre la tâche difficile. Direction : plein sud est, qui sait, jusqu'à Béziers peut être ?

La suite ici...

8MARATHON DES VILLAGES DE LA PRESQU'ILE DE LEGE CAP FERRET - 42,195KM

Temps officiel : 3h25'56''

Temps réel : 3h25'56''

12,294km/h, 4'53''/km

46ème sur 572 arrivants

15ème homme 22/40 ans.

Les photos ici.

29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 21:00

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      Le temps que j'avais fait sur 10km une semaine plus tôt, 37'30'', avait laissé s'installer de doux rêves de "ligue majeure", i.e. de marathon sous les trois heures, l'objectif suprême des marathoniens.

Photo-0167   Aussi, en ce doux matin pluvieux et favorable de mai,  je m'étais persuadé de suivre le lapin des trois heures sur ce marathon d'Ottawa, plus gros marathon du Canada avec 5500 coureurs, mon deuxième marathon de capitale. Les lapins sont des bonhommes qui mèneront la cadence pour finir dans un temps fixé (3h, 3h15', 3h30', 3h45', 4h, etc...). J'avais suivi un plan de récupération pré-marathon à la lettre la semaine précédent l'épreuve, et englouti les kilos de pâtes traditionnels.

28

25   Mais les plus belles épreuves sont celles qui vous résistent. Après avoir suivi ce fameux lapin des trois heures - douteux aussi puisqu'il était plutôt sur un rythme de 2h58' - jusqu'au kilomètre 14, passé en moins d'une heure, la route fut dure jusqu'à la mi-parcours (1h34'). Une nouvelle gestion de l'alimentation que j'expérimentais (courir avec une barre de céréale dans les mains, en croquer un petit bout tous les 100m de manière à la faire durer quelques kilomètres, puis en prendre une nouvelle) me permit de retrouver des forces jusqu'au km 30 (2h18').

Photo-0171

1

35   Puis les douloureux souvenirs de Paris 2010 remontèrent à la surface. Les cuisses firent tant mal que j'aurais pu les entendre crier, comme si les cicatrices parisiennes se rouvraient. De nouveaux, les 12 derniers kilomètres furent un calvaire. Alternant marche et course, il fallut que je me violente pour arriver à passer sous les 3h20'. Pas de record sur le sol canadien de mon côté, tant pis pour la voiture. Les marathons deviendraient-ils de plus en plus durs ?

23

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OTTAWA MARATHON - 42,195KM

Temps officiel : 3h19'37''

Temps réel : 3h19'30''

12,690km/h, 4'44''/km

3206kcal

330ème sur 4201 arrivants

14ème men 20/24 years.

Les photos ici.

13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:51

Sans titre-copie-10

   Pour la première fois, je tentais de faire deux marathons en une semaine, puisque la semaine d'avant, je terminais celui de Paris en 3h21'. J'établissais un chrono raisonnable, 3h30'19'', à peine 9 minutes de plus qu'à Paris.

   J'eus beaucoup de plaisir à courir près de chez moi, à courir au milieu de La Canebière sans une voiture, sous les encouragements des gens sur le Vieux Port, sur la corniche, avec vue sur les plages, .... Beaucoup de souvenirs...

8759143

   Après mon marathon de la semaine passée, je ne savais comment gérer mon court temps de récupération de 6 jours mon arriver le plus possible en forme à ce marathon de Marseille. Je voulais doubler un marathon en une semaine et toute cette semaine en question, j’avais eu du mal à marcher, j’avais alors mis l’accent sur le VTT pour faire circuler le sang dans les muscles et y améliorer la récupération.

8769309

   Après une courte nuit à Aix en Provence, près de Marseille, je m’élançais ainsi sur mon quatrième marathon. Je me basais sur le rythme de 3h20’, espérant avec peu d’espoir réitérer la performance parisienne. Le nouveau tracé très roulant de ce jeune marathon, et son superbe parcours sur les plus belles avenues de Marseille et sur les corniches de bords de mer m’avait beaucoup aidé à garder la cadence, cadence que j’ai perdu lors du passage sur le vieux port, au trentième kilomètre, où le marathon s’engage alors dans des zones industrielles peu motivantes, pour une dizaine de kilomètres. Lorsque le lapin des 3h30’ me dépassa, il me fallut trouver de nombreuses ressources, mentales surtout, pour faire abstraction des douleurs dans les cuisses, cicatrices de l’épreuve du week end dernier, et ainsi franchir la ligne, heureux, en 3h30’, accrochant une médaille de marathonien de plus à mon cou.

8755289min

MARATHON DE MARSEILLE - 42,195KM

Temps officiel : 3h30'47''

Temps réel : 3h30'19''

12,038km/h, 4'59''/km

443ème sur 2017 arrivants

4ème espoir.

Les photos ici.

13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 17:34

Sans titre-copie-9

   Mon premier marathon aux Etats Unis, terre de l'ultra, terre de l'extrême.

   La découverte d'une ambiance exceptionnelle, de la folie du sport et de l'endurance,

   Un chrono correct ce jour là, vu les quelques montées (3h36'02'').

Photo-0016

   Depuis que je m’étais lancé sur la distance reine de l’athlétisme que plus d’un million de coureurs terminent chaque année dans le monde, c’était une véritable quête du marathon que j’avais débuté. Après mes quelques marathons européens, mes études montréalaises se présentaient comme la meilleure des occasions de gouter l’ambiance des marathons nord américains. Le KeyBank Vermont City Marathon fut le premier à passer à la casserole. Tout était nouveau pour moi, et mes yeux brillaient d’impatience et d’émerveillement. La route en bus franchissant le frontière américano-canadienne, la découverte de Burlington, capitale du Vermont, son lac, son sirop d’érable, ses montagnes vertes, et de l’Amérique, ses sportifs, ses obèses, ses bus d’écoliers jaunes ou encore ses bibles dans chaque tiroir de table de nuit de chaque chambre de chaque hôtel. Je découvrais l’hymne américain un beau matin de mai, et m’élançais non plus pour 42,195km, mais pour 26,2miles.

Photo-0013

   Le parcours consistait en plusieurs grandes boucles de 8km à travers la campagne verte, qui se terminaient à chaque fois par un passage en ville, dans Burlington. Je découvrais l’American way of life dans les banlieues de la ville, délectais mes yeux sur les berges du lac Champlain, et me remémorais la difficulté de la distance dans la grande côte aux deux tiers du parcours. Le mur fut terrible là encore, au kilomètre 32, et malgré mon habitude de ce genre de chose, je diminuais l’allure pour finir en 3h36’ mon premier marathon de l’autre côté de l’Atlantique, et enchainer avec une sieste sur l’herbe verte du sol américain.

60448-566-005f

"Achieve anything"...

KEYBANK VERMONT CITY MARATHON - 42,195KM

Temps officiel : 3h36'33''

Temps réel : 3h36'02''

11,719km/h de moyenne

468ème sur 2895 arrivants

45ème men 16/24 years.

Les photos ici.

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