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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 19:58

   6 mois se sont écoulés depuis mon dernier compte-rendu et de l'eau a coulé sous les ponts. Voilà un résumé de ces derniers mois.

   Comme l'an passé, j'ai fait une grosse préparation hivernale en course à pied. L'an dernier, c'était la première fois que j'augmentais autant le kilométrage, et le résultat avait été un pic de forme en avril avec de très beaux chronos (33'58'' sur 10km et 1h14'37'' sur 21km), pic de forme qui avait duré jusqu'en juin, d'où de très bonnes sensations sur mes triathlons aussi.

   Cette année, je me suis entrainé encore un peu plus fort, mais je n'ai pas trouvé ce pic de forme, très loin de cette sensation de l'an dernier où j'avais l'impression d'être indestructible en course à pied. Cette année, c'était plutôt l'inverse, j'avais l'impression que je n'arrivais jamais à trouver mon rythme, malgré tous les bons entrainements que j'ai pu faire. En ont découlé trois courses moyennes (34'53'', 1h16 au demi-marathon de New York, et 1h17 à celui de Montréal). Mais j'ai appris avec le temps que la course à pied est un sport de hauts et de bas, et j'espère que le volume à vélo me fera entrer dans un pic pour les courses importantes de juin. En effet, j'essaie de m'entrainer un peu plus intelligeament que l'an dernier en vélo.

 

   En natation, par contre, les résultats sont là : Après 16 séances de technique cet hiver auprès de l'ancienne ITUienne Anastasia Polito, j'ai réglé pas mal de problèmes, et je nage maintenant dans la swim squad de Bart Rolet, ce qui me permet de me taper une très solide séance par semaine proche des 5000m, mais surtout très structurée, et dans un groupe fort. C'est un gros changement avec mes habituelles séances seul dans les piscines publiques, avec une structure de séance faite à l'arrache. Le but est de nager 25' sur les 70.3.

   Voilà pour l'hiver. Maintenant, concernant ma course dans le Tennessee : Je voulais bien nager et bien courir, le vélo étant toujours délicat avec l'hiver québécois qui se termine en avril. Malheureusement, une chute trois semaine avant l'épreuve a déclenché 3 tendinites dans mon genou gauche qui ont coupé court mes entrainements. C'est trois jours avant l'épreuve qu'un ostéopathe découvre que mon bassin est déplacé et trois verterbres comprimées. Bref, je n'ai commencé à guérir de mes tendinites qu'à partir du jeudi avant la course. Trop tard pour y performer, mais assez tôt pour aller y faire un bon entrainement.

   Pour le vélo et la course à pied, j'ai été llimité par mon genou à une vitesse de 36km/h et une allure de 4'20''/km, ce qui constitue un solide entrainement donc ! Pour la nage, j'ai nagé du mieux que j'ai pu, et j'ai sorti un très beau 26'58'' sans combinaison, ce qui est extrèmement encourageant, compte tenu que l'an dernier je nageait 29'30'' sans combinaison. Je ne pense pas cependant avoir gagné 2'30'' à cause du courant favorable la plupart du temps dur le parcours de nage, mais plutôt une belle minute. Donc ça sent bon pour le 25' sur une nage sans combinaison. Bref, j'avais besoin d'un peu de confiance, et cette course m'en a donné.

   C'était aussi une belle expérience de faire la course relax, de ne pas être dans sa bulle, et de faire le touriste. J'ai écris un compte-rendu de la course depuis le point de vue du touriste plutôt que de l'athlète pour le site trimes.org, voilà donc de la lecture supplémentaire :

http://www.trimes.org/2016/05/ironman-70-3-chattanooga-resume-de-course-de-linterieur/

   Maintenant que mon genou est presque à 100%, je suis dans une belle semaine d'entrainement avec dimanche un petit sprint pour voir la forme actuelle. Et dans 10 jours, je serais au 70.3 Eagleman, l'objectif sera de battre mon temps de 4h10 du 70.3 Mont Tremblant 2015.

Les photos ici.

IRONMAN 70.3 CHATTANOOGA - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h38'52''

Nage : 26'58'' (1'25''/100m)

Transition 1 : 3'34''

Vélo : 2h34'31'' (34,948km/h)

Transition 2 : 1'44''

Course : 1h32'05'' (13,748km/h, 4'21''/km)

82ème sur 2296 partants

25ème pro.

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 16:55

   En 2014, j'avais calculé que j'aurais pu gagner 2750$ si j'avais fait mes courses longue distance en élite plutôt qu'en amateur. Cependant en 2015, signe d'un niveau qui s'élève très vite en longue distance, je n'ai gagné que 500$ en prime de course, et uniquement sur des courtes distances au Québec. Cependant, je savais dès le printemps que ma situation financière allait changer en septembre, puisque j'allais changer de grade, passant d'étudiant au master à étudiant au doctorat. Ainsi, pendant l'été je décidais de dépenser mes économies dans un beau triathlon de fin de saison exotique. Initialement, j'avais choisi de faire IronMan Arizona afin de me lancer dans la grande aventure. Mais cela impliquait une préparation dès le mois d'août, chose risquée sachant que mon nouvel emploi du temps de septembre allait peut être géner mes entrainements. Avant de se lancer dans l'IronMan, il est important d'avoir trouvé un équilibre dans sa vie, j'ai donc remis l'idée à plus tard, pour plutôt prendre le départ d'un dernier 70.3. J'avais 4 possibilités : Los Cabos (Mexique), Las Vegas, Austin ou Miami (USA). Las Vegas n'était pas commode car la course était loin de l'aéroport, Los Cabos trop compliqué pour faire l'aller-retour sur le weekend avec les changements de vols. Austin et Miami présentaient des courses accessibles en transport en commun depuis l'aéroport, avec des AirBnB pas cher aux alentours. En regardant les plateaux d'athlètes des années précédentes, j'ai finalement choisi Miami, car j'étais certain d'y voir des stars, et je n'ai pas été déçu (Raelert, Starykowicz, Dye, Reid, Dreitz, Albert, Costes, ...). J'ai donc pris un vol pour Miami (aller-retour sur le weekend) et un AirBnB devant la course pas cher (une sorte de dortoir à 4 par chambre, heureusement avec des partenaires de chambre respectueux et silencieux).

   Bien que ce voyage était un gros investissement financier, je n'ai eu aucune pression particulière avant ma course vis-à-vis d'une éventuelle contre-performance ou bris mécanique. C'était mon premier gros voyage pour une course, et j'éprouvais une fierté de m'y être rendu : J'avais obtenu seul, sans avoir jamais eu d'entraineur, par mes entrainements de ces dernières années, le niveau pour obtenir ma licence élite afin de prendre part à cette course en tant que pro, et j'avais financé complètement seul ce voyage. Une chose que je n'aurais jamais pensé pouvoir faire il y a 4 ans quand j'ai commencé le triathlon. Arriver à cette course représentait udéjà une petite victoire, et tout ce qui pouvait arriver le dimanche, c'était du bonus. Pour paraphraser Lionel Sanders à Kona, peu importe ce que la journée de dimanche allait m'offrir, je l'accepterai volontier.

   6 semaines s'étaient écoulées depuis ma mauvaise performance au championnat canadien. J'avais raisonnablement pris une dizaine de jours de repos avant de commencer une augmentation progressive du volume. La météo ayant été de mon côté (100% du vélo fait à l'extérieur), j'avais pu faire deux très grosses semaines, où je me sentais en grande forme. J'avais poussé mon corps à la limite de la blessure, et la semaine de repos pré-course avait tout réparé : J'étais 100% entrainé, 100% reposé. Du côté du matériel, j'ai appris que même la part de hasard peut être relativement maitrisée en ne négligeant pas le matériel : Sur deux 70.3 au mois d'août, j'avais eu deux crevaisons, et en effet, j'étais devenu feignant quant à l'entretien du vélo et le transport du nécessaire pour réparer. Cette fois, j'avais rajouté un porte guidon sur mon vélo pour y glisser chambre à air, cartouche de CO2, produit réparant, boyau. J'avais réglé les petits problèmes de mon vélo (remplacement du boitier de pédalier, recentrage de la roue arrière et des freins,...). J'avais vraiment eu l'impression d'avoir approché cette course comme un vrai professionel, restait toutefois la livraison de la performance. J'avais calculé pouvoir me rapprocher du 4h sur le parcours facile de Miami si je réitérais ma performance de Mont Tremblant (nage sans wetsuit en 28', vélo en 2h12', course en 1h20' + les transitions).

   Cependant, dans mon apprentissage, j'ai eu une nouvelle leçon. Je me suis toujours cru résistant à la chaleur, car j'ai toujours été capable de courir vite cette année dans la très grosse chaleur (comme le 1h22 à Challenge Maine). En fait, j'ai découvert que je suis résistant à la chaleur lorsque je suis acclimaté. Rien que le fait de gonfler mes pneus la veille m'a fait tremper mon T-shirt. Marcher me faisait terriblement suer, alors que les policiers n'avait aucun problème à rester en plein soleil avec leur veste en cuir. Si 30 secondes d'effort pour gonfler mon vélo était à ce point incommodant, je me demandais ce qu'il adviendrait d'un 70.3 dans cette température, mais je m'imaginais tenir le rythme tout en suant des litres, comme je l'avais fait cet été. Ne pas arriver 30h avant le départ mais plus tôt est la seule chose que j'aurais vraiment pu améliorer, si j'en avait eu la possibilité, je n'ai donc au final aucun regret sur ce plan là. Je saurais dorénavant qu'il faut adapter ses objectifs lorsqu'on fait une course chaude en début/fin de saison, quitte à courser pour le plaisir plutôt que la performance.

   Le matin de la course, le luxe bien trop rare de séjourner proche du départ, m'a permis de prendre un bon petit déjeuner après une nuit complète. La veille, les organisateurs nous avaient prévenus d'un risque d'annulation de la nage à cause de courant, mais la nage aura finalement bien lieu avec un problème tout autre. Le départ s'est fait dans le port de Miami, dans une soupe de déchets plastiques qui ne donnait pas envie de boire la tasse. Une fois le départ donné, je pose la main sur une masse gluante qui me laisse une sorte de bave sur les doigts pendant quelques mètres. L'incident se répète et bien que les bénévoles nous avaient assurer qu'ils n'avaient jamais vu de méduses à cet endroit dans l'histoire de la course, il va falloir se faire à l'idée d'un slalom. Je me rends compte que parfois elles piquent, parfois non. Je touche parfois des grosses comme des ballons de foot, parfois des petites, mais l'eau trouble empèche d'anticiper, et je les sens assez souvent me froler le visage ou le corps. Au final, je me ferais piquer 6 fois, dont une dernière très douloureuse à l'avant bras qui me fera hurler dans l'eau et me laissera une belle plaque rouge en cadeau. Mais au final les plus à plaindre seront ces petites bestioles transparentes qui ont dû se demander pourquoi 3000 types avaient décidé cette journée-là de leur passer sur le corps, surtout qu'elles ne nous auront pas vraiment ralenti. J'ai nagé la première moitié confortablement dans les pieds d'un athlète, pour ensuite accélérer sur la deuxième moitié. A la sortie, j'ai été très étonné de voir un 26 minutes à ma montre sur une nage sans wetsuit (j'avais tout de même enfilé le speedsuit Zoot pour maximiser mes chances de faire un bon temps), mais c'était mon 4ème triathlon en eau salée, et mon 4ème temps de nage canon, je commence donc à croire que l'eau salée a une influence flagrante sur la flottaison et la vitesse. Une fois sorti, je perds malheureusement quelques secondes à me faire passer du vinaigre blanc sur mes piqûres, et passe sur le tapis en 27 minutes, avec le recul, je m'en serais bien passé.

   Le parcours vélo a été un véritable régal; Une longue ligne droite traversant Miami suivi de deux autres sur l'autoroute jonchée de palmiers, jusqu'aux frontières du parc des Everglades, plat comme un billard. Pour l'occasion, j'avais adapté les roues avec une Falcon Rampage à l'avant (88mm), et la "grosse Bertha" à l'arrière (disque). Une fois sorti de Miami, j'ai commencé à rouler à 44-46km/h sans forcer, faisant monter la moyenne à 42km/h au demi-tour (1h04 sur le premier 45km) et j'ai eu la courte illusion d'une journée de forme incroyable. En effet, une fois le demi-tour effectué, un gros vent de face m'a ramené à la réalité et m'a fait payer cher ma naïveté, et j'ai vraiment poussé de toutes mes forces sur le retour pour ne faire que du 36km/h de moyenne. J'ai brisé de justesse le 2h20, déçu d'être aussi loin que ce que j'espérais, mais avec le recul, je n'ai pas tant progressé que ça sur le vélo cette année, et 2h19 c'est juste ce que je valais, peut-être proche de 2h15 une journée sans vent, mais pas mieux, puisque les autres pros ont sorti des temps comparables aux années précédentes malgré le vent. Ceci dit, il se pourrait qu'ils se soient fourvoyés à vouloir suivre le rythme infernal de Starykowicz à vélo (1h56), le payant par la suite à pied, les temps de course à pied n'ayant rien d'incroyable.

   Pour ma part, je croyais en la possibilité d'un temps rapide sur le parcours plat le bord de l'eau. J'avais couru 1h21 dans des conditions correctes (Mont Tremblant et Pays d'Aix) et 1h22-23 dans la canicule (Muskoka et Challenge Maine), ou même 1h25 en état de grosse fatigue (Championnat canadien). Mais comme énoncé plus haut, j'étais acclimaté. A Miami, dès le premier kilomètre, j'ai été pris de vertiges tant le soleil combiné à la chaleur reflétée par le goudron était inconfortable. Je n'ai eu aucun mal à oublier le chrono pour passer en mode survie et trouver une stratégie pour finir la course coûte que coûte. Elle a d'abord été de se tremper intégralement à chaque ravitaillement, puis une autre méthode plus efficace a été de se remplir les vêtements de glaçons. Ma non-résistance à la chaleur était flagrante, car ce n'étaient ni les verres d'eau (j'avais bu quatre gourdes sur le vélo et était très bien hydraté), ni les gels qui me faisaient courir vite, mais uniquement la présence de glaçons dans les vêtements. J'avais deux vitesses, la "vitesse glaçon", un peu en dessous de 4'/km, et celle "sans glaçon" qui était surement vers 5'/km. Cette stratégie a été assez payante puisque que j'ai maintenu une allure moyenne d'environ 4'10''/km avant de bien ralentir sur les derniers kilomètres, pour d'autres raisons comme la déshydratation où le manque d'énergie. Ca ne m'a pas vraiment dérangé, car le chrono espéré s'étant envolé, je n'était plus vraiment dans la course. j'ai même fait quelques kilomètres pieds nus car j'avais un échauffement très douloureux sur le bord du pied droit, jusqu'à ce que je me rende compte que verser un verre d'eau rendait finalement la douleur supportable et était plus pratique que de courir avec ses godasses dans les mains. Bref, peut être à cause de la chaleur qui a grillé les quelques neurones encore opérationels à ce moment de la course, c'était un peu le cirque sur la fin. Mais en franchissant la ligne, j'ai été loin d'être déçu, et même très heureux, car je m'imaginais que tout le monde avaient été incommodé par les conditions de vent et de chaleur, et que cela se verrait sur les résultats. ce n'est que plus tard, lorsque j'ai vu que les temps globaux des meilleurs pros étaient très similaires aux autres années que j'ai réalisé que cette chaleur n'avait rien d'incroyable, ça venait juste de moi. Ca a donc été un peu les montagnes russes : J'ai été très content d'avoir fini vivant la course, puis assez déçu d'être si loin au classement (battu par 9 pros féminines et groupe d'âge, chose dont je m'étais arrangé que ça n'arrive pas sur mes derniers 70.3), puis à nouveau très content car après analyse, mes temps de nage et de vélo sont représentatifs de mon niveau actuel, et concernant la course, je me demande comment j'ai pu ne courir qu'en 1h31 (mon temps le plus lent depuis 2 ans et demi) en ayant l'impression de m'arrêter presque un quart d'heure à chaque ravitailement pour se remplir le slip de glaçons.

   Finalement, très dur donc de repartir de Miami avec des mauvais souvenirs, mais facile de retenir la leçon : Adapter ses objectifs à la météo !

 

IRONMAN 70.3 MIAMI - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h21'17''

Nage : 27'12'' (1'25''/100m, 101ème temps)

Transition 1 : 2'20''

Vélo : 2h19'27'' (38,724km/h, 32ème temps)

Transition 2 : 0'53''

Course : 1h31'25'' (13,849km/h, 4'19''/km, 34ème temps)

29ème sur 2505 partants

20ème pro.

Les photos ici.

 

Tellement satisfait d'avoir franchi cette ligne d'arrivée au 70.3 Miami ! Comment ne pas l'être ? Je me suis entrainé à...

Posted by Sacha Cavelier Triathlete on Sunday, October 25, 2015

 

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 23:18

   Je m'étais inscrit au triathlon Esprit longtemps à l'avance, mais je me gardais une réserve quant à ma participation. En effet, ces dernières années, à cause de mes saisons chargées, je remarque que septembre est souvent le mois annonciateur des défaillances physiques. Il faut savoir s'arrêter, ou en faire moins pour durer. Aussi, je me gardais le droit de sauter sur la distance olympique, ou même de ne pas participer. Cependant, la petite amertume laissée par mes crevaisons à 70.3 Timberman et Challenge Maine a essayé de me convaincre d'aller faire un record personel à Esprit. De plus, le fait que cette course était le support des championnats canadiens longue distance, avec un superbe plateau québécois, a mis fin à mes hésitations.

   Cela a fait du bien de faire un 70.3 tout en dormant dans son lit et en allant au départ à vélo. J'aurais trouvé lourd un gros voyage de plus. Contre toute attente, une modification des rêgles de triathlon Canada de dernière minute a autorisé le port du wetsuit dans l'eau très chaude. Au départ, j'ai trouvé la nouvelle bonne afin de faire un bon temps de nage, mais une fois dans l'eau, j'ai vite surchauffé dans mon wetsuit. A la sortie, je nage 1'30'' plus lent que d'habitude, mais en voyant que je sors avec les mêmes personnes que d'habitude (Pierre Heynemand et patrice Brisindi), je me dis que tout va bien. Certains ont avancé un parcours trop long, pour ma part je pense que l'eau trop chaude a ralenti les organismes.

   Sur le vélo, 91km, soit 21 tours du circuit de formule 1 nous attendais. Si ce parcours devait sur le papier être très rapide, il ne sera finalement que rapide, puisque le vent a décidé de souffler dans le sens opposé à d'habitude, et nous avions vent dans le dos dans la moitié abritée, et un gros de vent de face dans l'autre moitié qui consistait en une longue ligne droite de 2000m environ. Pour l'occasion, j'ai testé une roue pleine Falcon Composite dont l'inertie m'a été plus que précieuse sur ce parcours plat. Sur le début, seul, un peu en manque de repères (et de motivation ?), je pense m'être un peu endormi sur les premiers 30km. Mais, en me faisant prendre un tour (soit 6 minutes) par les deux premiers (Antoine Jolicoeur et Pierre Marc Doyon), et du même coup rattraper par Jérôme Bresson, je me suis subitement réveillé, et même si je ne les ai pas suivi très longtemps, les 61km suivant ont été nettement plus rapide, et la vitesse moyenne est remontée à 40km/h tout juste, malgré la pluie qui s'était invitée.

   En T2, je suis alors 7ème, mais en très bonne compagnie puisque j'ai en ligne de mire Frédéric Bouchard et Victor Laroque, et le pace sur lequel nous partons est très bon : 3'40''/km sur les 5 premiers kilomètres, et je me dis que c'est aujourd'hui que ça va tenir jusqu'au bout car il n'y a aucune montée autours du bassin olympique. Mais petit à petit, je sens toutes mes courses de la saison qui me descendent dans les jambes, et il n'y a rien à faire, la vitesse diminue, les autres s'éloignent et je perds même une place au classement à cause du retour de l'excellent coureur Derek Lantz.

   Finalement 8ème avec un demi-marathon en 1h25, soit le plus mauvais de ma saison, je relativise en me disant que cela reste tout de même plus rapide que tous mes 21km de 2014, le fait que ma chérie soit venue m'encourager à vélo seule sous la pluie n'y est surement pas étranger, et surtout j'avais besoin d'une course comme celle-ci pour me faire comprendre que l'entrainement va bien, mais c'est du repos dont j'ai besoin pour faire une santé, avant de reprendre l'entrainement pour les objectifs de fin de saison.

Crédits photos : 10 21 42km et Rob photographe.

 

TRIATHLON ESPRIT - 1,9KM+94KM+21,1KM

4h13'44''

Nage : 28'21'' (1'29''/100m, 7ème temps)

Transition 1 : 1'31''

Vélo : 2h16'55'' (39,440km/h, 6ème temps)

Transition 2 : 1'48''

Course : 1h25'13'' (14,856km/h, 4'02''/km, 9ème temps)

8ème sur 464 partants.

Les photos ici.

 

TOASTEDPendant 4h13 ce matin, j'ai senti toutes les courses de ma saison me descendre dans les jambes ! J'ai sauvé les...

Posted by Sacha Cavelier Triathlete on Saturday, September 12, 2015

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 18:40

 

   Challenge avait décidé de retirer les bourses de ses courses, faute de moyens financiers, durant le printemps. Le plateau d'athlètes s'avérait donc beaucoup moins relevé, même si les pros avaient droit à l'entrée gratuite. Challenge Maine figurait à mon calendrier, et vu le parcours assez rapide, je voulais tout de même y aller pour aller chercher un 4h05 et améliorer ma marque établie à Mont Tremblant. Le parcours en bord de mer, en plus d'être rapide, était aussi somptueux. La veille de la course, j'ai eu beaucoup de mal à m'endormir, repensant à mon désagréable DNF à Timberman, et, bien qu'improbable, redoutait terriblement un problème mécanique.

   Après avoir vu les rouleaux de l'océan Atlantique s'échouer sur la plage, je me demandais si la difficulté à les traverser allait autant nous ralentir que l'eau salée (améliorant la flottaison) allait nous faire accélérer. En d'autres termes, je me demandais si j'allais nager plus ou moins vite que mon temps classique de 26'55'' sur un 1900m avec wetsuit.La marée basse a vite réglé le problème, puisque nous avions 150m à courir (au lieu de nager) jusqu'à la mer, et autant à faire en sortant de l'eau. Du coup, 3 à 4 minutes étaient sauvées. Je suis donc sorti de l'eau en 23'03'', 4ème, et je ne saurais jamais si ma nage a été bonne, en tout cas, j'avais de bonnes sensations.

   Une longue et belle transition de 3 minutes à travers les rues d'Old Orchard beach nous attendait. Une fois sur le vélo, j'ai pu rattraper assez vite le 3ème et me suis retrouvé très seul pendant 40km, où j'ai pu constater que le parcours plat qu'on m'avait vendu était en fait plutôt "rolling". La première moitié consistait majoritairement de faux plats montants, et je stressais un peu de voir la moyenne à peine à 38km/h, mais je me disais que tout ce qui est monté doit être descendu, alors je patientais.

   Au kilomètre 40, bis repetita. Je crêve à l'avant. Je prends 10 secondes pour laisser sortir ma colère, puis me resaisi pour changer ma chambre à air. Cela me prendra exactement 7 minutes, 7 longues minutes pendant lesquelles j'ai pu voir défiler une douzaine d'athlètes. Mais cette fois, ayant pu réparer ma roue, le moral va mieux qu'à Timberman, et dans ma tête s'en est fini du classement général, mais je peux toujours aller chercher mon chrono de 4h05, ou plutôt 4h12 considérant le temps perdu. En repartant, je constate que ma mini-pompe fixée à mon cadre n'a pu gonfler qu'une pression limitée dans mon pneu avant. Je suis condamné à jouer l'équilibriste et freiner dans tous les virages jusqu'à la fin, mais comme prévu, le retour est en faux plat descendant, et très rapide : Après avoir passé les premiers 45km en 1h11 (hors temps de réparation), j'avale la deuxième moitié en 1h04. Je remonte aussi quelques places, mais la fin du parcours se mélangeant à l'épreuve de distance olympique, je suis dans le flou. Mon temps de 2h15 passé sur le vélo me déçoit un peu compte tenu de la rapidité du circuit, mais les 50km avec un pneu sous gonflé font que je m'en contenterais. Officiellement, mon temps est de 2h22, et je suis sur de bonnes bases pour faire le nouvel objectif de 4h12. Mon ambition est de m'essayer pour 1h20 sur la partie course à pied.

   Les sensations sont vraiment mauvaises sur les premiers kilomètres et j'ai l'impression de ne pas avancer. les jambes font mal pour tenir le pace, et les marqueurs sont en mile, ce qui fait que je n'ai aucune idée de ma vitesse, si ce n'est que je suis à 5'30''/mile sur les deux premiers miles (3,2km). Avec le recul, il s'avère que 5'30''/mile correspond à 3'26''/km et je comprends mieux pourquoi les jambes souffraient ! D'habitude, je suis un expert pour trouver mon pace, mais aujourd'hui, je suis à côté de la plaque. Je me rendrais compte de mon départ trop rapide au demi-tour de la course à pied du triathlon olympique, qui correspond à 5km, que je passe en 18 minutes, soit 3'36''/km. Je freine alors immédiatement et me retrove sur un rythme plus approprié. Vu qu'à présent il n'y a que des participants du 70.3, j'en profite pour demander mon classement aux bénévoles qui me répondent "third" ! J'en suis le premier surpris, surtout que le 2ème est en ligne de mire. A ce moment là, au passage, nous traversons des marais magnifiques qui en font oublier la souffrance naissante dans les muscles. Je passe en 40 minutes la mi-course, pile sur du 1h20, très proche du second, mais très loin (10 minutes) du premier. Une fois la 2ème place acquise, je me concentre à garder le pace, mais je paie mon départ rapide, puisque les miles que je franchissait en 5'30'', sont courrus à présent dans l'autre sens en 7'00''. Je finis mes 21km en 1h22', 6' derrière le gagnant, ce qui est tout à fait correct, car cela me permet de finir 4h12 comme prévu ! Ainsi, sans crevaison, j'aurais rempli mon objectif de 4h05. la frustation de la crevaison en est presque oubliée, si ce n'est qu'une belle bagarre avec le premier a malheureusement été évitée !

   J'ai été particulièrement enchanté par cette course, et j'ai hâte de revenir l'an prochain avec, qui sait, une marée haute, un pneu gonflé et peut être même un plateau élite digne de Challenge !

Crédits photos : GP Pictures.

CHALLENGE MAINE - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h12'49''

Nage : 23'03'' (1'12''/100m, 4ème temps)

Transition 1 : 3'12''

Vélo : 2h22'54'' (37,789km/h, 29ème temps)

Transition 2 : 1'15''

Course : 1h22'23'' (15,367km/h, 3'54''/km, 2ème temps)

2ème sur 443 finishers

1er pro.

Les photos ici.

 

De retour de Challenge Maine, où l'objectif était de terminer en 4h05 et, accessoirement, en l'absence de prize money et...

Posted by Sacha Cavelier Triathlete on Sunday, August 30, 2015
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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 00:20

  Je n'aime pas parler de mes objectifs avant une course car je sais qu'il y a un tas de paramètres qu'on ne peut contrôler : Météo, mauvaise journée, quadruple bris mécanique sur le vélo. Aussi, je suis toujours silencieux tant que je n'ai pas livré la performance. Mais bien entendu, j'ai des objectifs dans le cas où les planêtes sont alignées.

   Pour Le 70.3 TImberman, l'entrainement du mois de juillet avait été excellent, ainsi que la récupération avant la course. Sur ce parcours que je juge un peu plus facile que le 70.3 Mt Tremblant, 4h05 me semblait réaliste, ainsi qu'un top 8 afin d'accéder aux bourses. En effet, l'an dernier avec 4h16, j'aurais été 7ème pro, et avec 4h05, 5ème. Cependant, la WTC a fait quelques réformes, en créant en 2015 des courses sans pros, afin de concentrer le spectacle sur certaines courses. Le résultat est que chaque course est extrèmement intéressante, avec des start list impressionnantes. Par contre, il faut oublier les top 10. (Mal)heureusement cela devrait changer en 2016 vu que les courses sans pros n'attirent aucun intérêt médiatique. En voyant la start list de Timberman (Potts, Griffin, Reid, Wurtele, Cunningham, O'Donnell etc...), j'ai oublié le classement général et me suis concentré sur le 4h05. J'avais 11 minutes à gagner par rapport à l'an dernier: 1 sur la nage (27'50'' en 2014, et j'ai nagé deux fois dans les 26'50'' cette année), 8 sur la course à pied (1h28' en 2014, et ayant couru 1h21' à Mt Tremblant, je me sentais confiant pour un 1h20'), et donc finalement restaient 2 minutes à gagner sur le vélo pour un split de 2h14.

   La veille de la course, en revissant un prolongateur de valve, celui-ci s'est fendu. Le matin de la course, j'ai donc utilisé celui de la roue arrière pour gonfler mes deux roues. Petit détail qui aura une grosse incidence plus tard. Cette année, la température de l'eau a fait que les pros seulement n'avaient pas droit au wetsuit. Dès le départ j'ai fait une croix sur le 4h05, même si le speedsuit Zoot a fait des miracle en me faisant sortir de l'eau en 29'30''.

   Sur le vélo, les sensations étaient plus que bonnes, et je devais me freiner pour ne pas rouler à 45km/h sur le plat. Ma roue bougeait excessivement à l'arrière, mais ne touchant ni les freins, ni le cadre, je ne me suis pas inquiété. J'étais sorti bien en arrière de l'eau (28ème sur 33) à cause du fait que le wetsuit n'a pas gommé mes défauts techniques. Au bout de 25km de vélo, j'avais 4 athlètes devant moi et la course commençait. Au kilomètre 30, je sens la jante arrière qui touche le sol. Le cauchemard que je fais 10 fois avant chaque course devient réalité. Je m'arrête, retourne le vélo, enlève la roue arrière pour réparer la crevaison, mais le dérailleur vient avec. En fait, je remarque que depuis le début de la course, j'ai la patte de dérailleur brisée net. Cette pièce en aluminium relie le cadre en carbone au dérailleur arrière et à l'axe de la roue. Je ne saurais expliquer physiquement comment ma roue tenait dans les descentes à 70km/h, qui composent les 20 premiers kilomètres du circuit vélo. Dans mon esprit, si ça a tenu aussi longtemps, ça tiendra encore, et je ne songe qu'à réparer et repartir. Je demande du support technique au policier à 100m qui appelle une voiture chargée de cela. J'enlève le pneu et la chambre et air, et le fond de jante se brise. Cette bande de plastique protège la chambre à air de l'intérieur de la roue. Sans ça, je crèverai au bout d'un kilomètre. Les gars du race support arrivent et fond un travail remarquable en découpant la chambre à air crevée et en me fabriquant un fond de jante maison. Entretemps, tous les pros m'ont passé, et même des amateurs. Les premiers pros reviennent même du demi tour 15 km plus loin. Nous remontons la roue avec une chambre à air neuve, et en revissant le prolongateur de valve, le seul encore entier, celui-ci se brise. Il devient impossible de gonfler ma roue, puisque la valve ne sort pas des roues profilée. Tous les efforts pour rétablir l'étanchéité entre la valve et le prolongateur, avec du ruban adhésif ne donnent rien, et après 40 minutes passées à bricoler, la seule option sage qu'il reste à prendre, c'est l'abandon, le DNF, did not finish.

   C'est assez incroyable comment des heures, des journées, des semaines passées à se concentrer sur une course, la concentration extrème dans laquelle j'étais juste avant de crever, comment tout ça peut s'écrouler en un éclair. La frustration est très grande dans la voiture qui me ramène au départ, qui humidifie un peu mes yeux. Comme pour remuer le couteau dans la plaie, la voiture double tous les pros, et j'assiste à la bataille en direct, en spectateur iimpuissant.

   Je ne manquerais pas d'idées pour me essayer de me faire avaler la pillule:

- Statistiquement, un pépin mécanique à mon 18ème 70.3 seulement, c'est logique.

- J'ai échappé de bien pire si j'avais perdu ma roue dans une descente rapide.

- Le temps très chaud (30°C) ne m'aurait de toute façon pas permis de remplir mes objectifs. Reste qu'on ne l'avale pas complètement jusqu'à la prochaine course, Challenge Maine, qui devient du coup prioritaire pour moi, vu que TImberman vient de s'envoler par la fenêtre.

   Pour ne pas perdre la journée, j'ai remis ma puce aux organisateurs et suis parti courir le 21km en 1h20' comme prévu, même si c'était beaucoup plus facile avec 60km de vélo en moins. J'ai pu courir aux côtés de Taylor Reed, pour son dernier 10km (je lui avais expliqué que j'étais hors course, pour ne pas l'inquiéter), j'ai même eu droit à une poignée de main dans son dernier kilomètre pour les quelques encouragements. Bref, j'ai essayé d'avoir le plus de fun possible. La leçon est passée. On ne néglige pas le matériel.

Crédits photos : GP Pictures.

Les photos ici.

 

Les courses les plus dures sont celles qu'on ne finit pas.La journée était bien partie avec une nage sans wetsuit en...

Posted by Sacha Cavelier on Sunday, August 16, 2015

 

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  • : Sacha Cavelier Triathlète
  • : Après une formation d'ingénieur en France, je combine le triathlon élite LD à un doctorat de 2015 à 2020 au Canada et Australie. Installé en Ohio, papa, je poursuis la route sur les ultra trails et triathlons en espérant être encore compétitif.
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