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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 20:26

Dans un article précédent, je racontais ma saison de trail pendant l'été austral, du fait de mon séjour à Adélaide pour trois mois dans le cadre d'un projet de recherche. Je n'ai pas pour autant mis de côté le triathlon, et j'ai fait l'expérience d'une saison de triathlon un peu spéciale en Australie méridionale.

Côté entrainements, avec mon nouvel horaire de travail, je me suis accoutumé à ne faire qu'un seul sport par jour: 2 séances de nage (au lieu de 5), 2 de courses (au lieu de 5) et 3 de vélo par semaine (au lieu de 5). J'ai donc grimpé mes séances de nage à 5000m, les courses à 20 à 30 km, et les sorties de vélo de 80 à 100 km (en deux fois entre le matin et le soir). Au final, j'ai eu beaucoup de plaisir à effectuer ces changements, même si certaines journées étaient longues (de 6:00 à 19:00).

En Australie méridionale, il n'y a pas de triathlon longue distance, surement à cause de la météo capricieuse (il peut faire très froid ou très chaud). Je n'ai donc pas fait de planification particulière, je suis juste parti à la chasse aux sommets des Adelaide Hills, et faisais des intervalles en course à pied, ou en côte en trail.

Cependant, les sud-australiens ne manquent pas de créativité dans l'organisation de leurs compétitions. Pour commencer, toutes leurs courses ont une catégorie "open" qui serait équivalent à "pro" sur ironman. Cette catégorie permet de partir dans la première vague et de se battre pour les bourses. Il faut savoir que les pros Australiens en longue distance sont très actifs sur les courses locales, et j'ai donc pu prendre des départs aux côté de Luke Bell, Sarah Short, Steve McKenna ou Sarah Crowley.

Cette mini-saison a consisté en :

- Triathlon de Sémaphore en 2 manches (changé en duathlon à cause de la météo) - 1 décembre 2019

- Triathlon sprint de Moana - 15 décembre 2019

- Aquathlon de Glénelg - 18 janvier 2020

- Australia day triathlon (format olympique) - 27 janvier 2020.

Le premier triathlon devait avoir lieu trois jours après mon arrivée, le 1er décembre, à Sémaphore. Le format était très intéressant, avec un trois-quart de sprint à 7h30 puis un demi-sprint à 9h. Deux départs donc, pour faire partie du classement du Rushfest. Cependant, la météo froide et surtout venteuse, a rendu la mer trop agitée pour une nage. J'ai donc fait ma première expérience de "double duathlon".

Comme d'habitude, les Australiens ne s'embarassent pas de simagrées. L'aire de transition n'était pas fermée, nous n'avions pas de marquage, seulement un dossard et une puce. Les distances ajustées suite à l'annulation de la nage étaient ainsi de 2.5/15/5 km suivi d'un 1.25/9/2.5 km.

Je n'avais pas encore repris les intervalles après une pause hivernale de deux mois, et ma course à pied le long de la mer a été lente (8ème en T1). Sur le vélo, j'ai pu profiter de bons restes pour faire le deuxième temps (ce qui est inespéré dans ce pays avec ce niveau si relevé) malgré une sortie du parcours un peu hâtive qui m'a fait perdre du temps (oui c'était 5 tours, pas 4, mais j'avais du mal avec l'accent australien à ce moment là). Pour ce séjour en Australie, j'ai fait le choix de venir avec mes roues Falcon III avec un profil de 88 mm, ce qui est juste parfait. Je me place finalement 3ème en T2, et finis 5ème sur la première manche.

Sur la deuxième, j'ai vite compris que le duathlon est très différent du triathlon vu les courbatures apparues suite au premier effort. Je fais tout de même une course très similaire et me reclasse 5ème. L'un dans l'autre, je termine 3ème de ce Rushfest, très content de cette reprise dans le froid et le vent.

SPRINTFEST - 2,5KM+15KM+5KM

55'28''

Course 1 : 9'19'' (16,10km/h, 3'43''/km, 8ème temps)

T1 : 27''

Vélo : 25'07'' (35,83km/h, 2ème temps)

T2 : 22''

Course 2 : 20'12'' (14,85km/h, 4'02''/km, 7ème temps)

5ème sur 70 partants.

ENTICERFEST - 1,25KM+9KM+2,5KM

29'54''

Course 1 : 4'34'' (16,42km/h, 3'39''/km, 11ème temps)

T1 : 16''

Vélo : 14'50'' (36,40km/h, 3ème temps)

T2 : 21''

Course 2 : 9'53'' (15,18km/h, 3'57''/km, 10ème temps)

5ème sur 58 partants.

RUSHFEST

3ème sur 22 finishers

 

Deux semaines plus tard, nous partons très tôt à la frontale le matin à vélo avec ma chérie pour parcourir une quarantaine de kilomètres et prendre le départ du triathlon de Moana Beach à 8h, qui se déroule dans l'un des endroits les plus beaux du coin.

Cette fois-ci, la température est idéale pour ce sprint, et je vais enfin pouvoir enfiler mon wetsuit Huub Agilis. Je nage avec ce wetsuit depuis plus d'un an et je sais que c'est une vraie arme. Malgré la réduction de mon volume de nage et les vagues (j'ai toujours du mal à trouver mon rythme dans la houle), je fais une nage satisfaisante.

Le vélo était très valloné, et je voulais y faire la différence. De manière très surprenante, j'ai totalement manqué de watts, et suis passé à côté de ma course. Peut être que les 40km très tôt ont laissé des traces, peut être qu'il était temps de reprendre quelques intervalles à l'entrainement ! Je me suis consolé avec la deuxième option. J'ai rallié la T2 juste pour finir tranquillement, un peu déçu des jambes complètement endormies, qui n'allaient pas mieux sur la course.

MOANA TRIATHLON - 0,75KM+20KM+5KM

1h07'46''

Nage : 13'16'' (1'46''/100m, 18ème temps)

T1 : 39''

Vélo : 33'07'' (36,24km/h, 24ème temps)

T2 : 36''

Course : 20'06'' (14,93km/h, 4'01''/km, 31ème temps)

16ème sur 249 partants.

 

En janvier, nouveau type de course : j'ai participé à mon premier aquathlon, sur un format "long" (bien que je trouvais ça court) : 2000m de nage et 5km de course, à Glenelg, une ville de bord de mer.

La nage s'est merveilleusement bien passée encore dans mon Agilis, même si finalement la distance était plus courte (1560 m). Je nage à mon meilleur, signe que les séances en eau libre commencent à faire leurs effets sur ma nage dans les vagues.

En course à pied, je m'attendais à avoir beaucoup de mal à partir dans cet effort bizarre qui enchaine une position couchée puis une position debout, mais c'est plutôt l'inverse, les cannes allaient très bien et j'ai filé surprenamment vite vers une 9ème place.

GLENELG SWIMRUN - 1,5KM+5KM

42'48''

Nage : 22'49'' (1'27''/100m)

T1 : 46''

Course : 19'14'' (15,60km/h, 3'50''/km)

9ème sur 58 partants.

 

Pour finir cette mini-saison en territoire austral, j'ai pris part à l'Australia Day triathlon, qui avait lieu comme son nom l'indique le jour de la fête nationale, un lundi. C'était -enfin- une distance olympique, que j'aime beaucoup. La nage avait lieu dans un lac proche du bord de mer, puis le parcours était urbain avec des boucles en vélo autours du lac, puis des aller-retours de course à pied au bord du lac.

Là encore, la nage s'est très bien passée dans des eaux calmes. Le parcours vélo de 42 km était plat sans relances, un peu exposé au vent, bon pour environ 40 km/h de moyenne, bien que pas suffisant pour gagner des places en Australie.

 

Mais cette fois-ci, c'est en course à pied que j'ai explosé, sans vraiment pouvoir trouver de raisons. Il n'a fallu que 2 km avant que mon allure ne tombe à 4:15/km, et que je ne me traîne jusqu'à la ligne d'arrivée sans éclat en 24ème place. J'ai du mal à expliquer pourquoi de telles défaillances m'arrivent en course, mais je les accepte mieux cette année, compte tenu que mon cerveau est davantage occupé sur d'autres sphères de la vie que celui du triathlon. Pour donner une idée du niveau sur cette course, le gagnant a nagé à 1:08/100m, roulé à 44km/h et couru son 10 km en 33 min pour un temps final de 1h50. Luke Bell finit 4ème en 1h54. Bienvenue sur un triathlon local en Australie.

AUSTRALIA DAY TRIATHLON - 1,5KM+42KM+10KM

2h11'34''

Nage : 22'56'' (1'31''/100m, 18ème temps)

T1 : 49''

Vélo : 1h04'12'' (39,25km/h, 25ème temps)

T2 : 52''

Course : 42'43'' (14,05km/h, 4'16''/km, 31ème temps)

24ème sur 187 partants.

 

Au final, j'ai eu l'impression d'avoir maximisé mes découvertes triathlétiques de ce coin du monde durant mon séjour, ce qui constitue la cerise sur le gâteau quand on a déjà la chance de faire une saison complète de mai-juin à septembre-octobre. Pour ce qui est du reste de l'année 2020, lorsque les microbes nous le permettront, j'espère planifier un été similaire, basé sur l'envie, et donc sur des petits évènements et des courses de trail, avec espérons un peu moins de défaillances.

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 20:10

 

Ayant fait ma coupure hivernale à Sherbrooke, où j'ai profité du terrain pour m'amuser dans les trails, en arrivant à Adélaïde le 28 novembre, j'ai été étonné de la proximité de la ville avec une longue ceinture montagneuse d'une cinquantaine de kilomètres culminant à environ 700m.
J'ai effectué un travail de recherche de trois mois sur les greffes de moelle épinière à la faculté de médecine de l'Université d'Adélaïde, ce qui m'a donné la possibilité de participer à la série de trails locale, composée de 4 courses de 20-22 km (8 décembre, 12 janvier, 16 février et 15 mars. Je ne pouvais pas participer à la dernière étape, mais les trois meilleurs résultats comptaient pour la série).

Le relief était tout simplement incroyable en terme de paysage, et facile d'acces : train, bus, vélo ou même à la course, j'ai multiplié les sorties en montagne sur des terrains complètement différents : sableux, rocheux, végétalisés... Avec des rencontres avec la faune locale quasiment à chaque fois.

La première étape a eu lieu 10 jours après mon arrivée. Le circuit consistait en plusieurs boucles dans la réserve d'Anstey Hill, sur un terrain assez facile et sableux. L'organisation est toutjours très minimaliste en Australie : un dossard, une ligne d'arrivée, de l'eau et des bonbons aux ravitaillements. Pas de gobelet en plastique, chaque coureur transporte son eau ou sa tasse. Juste parfait.

Je manquais un peu d'entrainement, n'ayant fait que des sorties faciles en montagne, et surtout, dans la neige dans le dernier mois. Je suis parti trop vite, embarqué par l'adrénaline. Alors que les coureurs des distances plus courtes quittaient progressivement le circuit long, je me suis retrouvé, à l'issue d'une longue côte où j'avais été généreux dans l'effort, côte à côte avec le 3ème. Nous étions à mi-course, et dans la longue descente suivante, le manque d'entrainement spécifique s'est fait ressentir dans les cuisses qui ont lâché musculairement. Le retour à l'arrivée a été un chemin de croix, surtout avec la température qui a monté jusqu'à 36°C, la première journée chaude de l'été austral. Je me suis accroché pour finir 6ème.

 
STAGE 1 ANSTEY HILL - 21,7KM - 690M+
1h49'27''
11,90 km/h, 5'02''/km
6ème sur 110 finishers
3ème 30/39 ans.
 
Durant le mois qui a suivi, j'ai évidemment enchainé quelques entrainements spécifiques pour améliorer mon sort à la deuxième étape. Celle-ci a eu lieu dans la réserve de Cleland, la plus grande des Adelaide Hills (oui pour eux, 700 m, c'est pas une montagne, c'est une colline). Le parcours était particulier avec 6 km de plat, 10 de descente progressive, et une montée de 6 km à la fin. Je me suis rendu compte que les longues montées était mon point fort, et ma stratégie était d'arriver bien frais en bas de cette longue côte.
La météo dans le sud de l'Australie est très particulière : très sèche, en alternance entre des périodes de froid et de chaleur extrème. Parfois, la température change de 30°C entre le matin et le soir. Pour cette course, dont le départ se donnait à 600m d'altitude, il faisait 12°C, et Marie et moi avons été un peu surpris. Cela m'a toutefois permis de faire la course sans perdre du temps à boire aux ravitaillements.

Comme prévu, j'ai fait un début de course très prudent. Dans la longue descente, j'ai perdu beaucoup de places, surtout que le terrain était très rocailleux, pour me retrouver environ 12ème. Arrivé au kilomètre 15, le chemin a commencé à s'élever, et j'ai pu sortir de ma zone de confort pour aller chercher la 4ème place, dans une course très bien gérée comparativement à la précédente.

 

STAGE 2 CLELAND - 22KM - 660M+
1h46'17''
12,42 km/h, 4'49''/km
4ème sur 202 finishers
2ème 30/39 ans.
 
Je suis arrivé très confiant à la troisième étape en février, avec le désir de monter sur le podium. La course avait lieu à O'Halloran Hill, qui est une réserve moins haute, et le parcours consistait en un enchainement de petites côtes. La température était idéale, environ 23°C.
Je suis parti fort pour cette dernière, confiant en mes capacités après deux mois et demi à crapahuter dans les collines. Je suis resté très bien placé jusqu'à la mi-course et compte tenu de la température agréable, j'ai décidé de ne pas m'arrêter aux ravitaillements comme pour la course précédente.
Progressivement, j'ai senti une fatigue plus grosse que d'habitude, un terrible manque d'énergie. Les coureurs que j'avais distancé dans la première moitié m'ont repris et j'ai été incapable de les suivre. Déçu, j'ai rejois la ligne d'arrivée sans étincelles comme je l'aurais souhaité, en 7ème position.

Aussitôt arrivé, je me suis longuement hydraté, mais un mal de tête puis des nausées sont apparus. Je me suis allongé dans l'herbe, mais la situation a empiré, jusqu'à ce que je vomisse à répétition et que l'équipe médicale ne vienne me voir. Diagnostic : déshydratation (bravo champion).

Peu importe la température, mon taux de sudation est toujours dans le tapis à partir de 15-16°C, ce qui implique que mon hydratation doit être la même à 16 ou à 40°C. La leçon aura été péniblement apprise car il aura fallu trois bonnes heures avant que je ne sois capable de boire et manger, que les maux de tête et d'estomac ne s'estompent, et que l'équipe médicale ne me donne le feu vert pour que je puisse rentrer en vélo.
 
STAGE 3 O'HALLORAN HILL - 21KM - 570M+
1h35'53''
13,14 km/h, 4'33''/km
7ème sur 129 finishers
2ème 30/39 ans.
 
A l'issue de cette troisième étape, j'étais 3ème au classement général de la série. Je n'ai pas pu participer à la dernière étape dans le parc national de Belair, qui m'aurait permis d'améliorer mon plus mauvais résultat (7ème) puisque les trois meilleurs résultats comptaient. A l'issue de cette dernière étape, j'ai perdu une place pour me retrouver 4ème, ce qui reste tout de même un bilan très positif pour mon retour sur les sentiers 8 ans après les avoir quittés. Le plaisir que j'ai retrouvé en montagne devrait me pousser à faire d'autres courses de trail en 2020 aussitôt que les problèmes de types pandémiques seront résolus.

 

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17 juin 2019 1 17 /06 /juin /2019 21:19

   Je tenais à clore la saga sur l'Australie par un dernier chapitre sur les dépenses que nous avons eu là-bas pendant 137 jours. Dans le premier chapitre, j'évoquais comment en étant étudiant j'avais mis de côté 15 000$ en trois ans pour m'offrir ce périple inoubliable, et il me semble que cela boucle la boucle de préciser ce qu'il reste finalement sur ces 15 000$. Je suis de ceux qui pensent que la sobriété matérielle est le remède à l'asservissement de l'homme par la société actuelle, et qu'elle nous permet d'être libre et de vivre des grandes choses, comme de ne pas travailler uniquement par obligation, ou de voyager la durée qu'on souhaite. Ça fait très philosophique dit comme ça, mais le but de cet article est plus concret, il est d'inspirer les gens en leur montrant que lorsqu'on parvient à vivre sans voiture, sans télé ou sans téléphone par exemple, on ouvre des portes vraiment très grandes.

   Si après avoir lu cet article, vous vous dites que "vous n'avez pas le choix", ou "que vous êtes obligé de faire cet achat", j'aurais raté mon objectif. 100% des gens pensent que 100% de leurs achats sont nécessaires. 100% des gens qui possèdent une auto ou une télé pensent qu'ils n'ont pas le choix. En revanche, j'espère juste qu'après avoir détaillé ici toutes mes dépenses du 24 décembre au 8 mai, j'aurais instillé une petite graine de réflexion chez mon lecteur. L'un de mes écrivains préférés, Aymeric Carron, a écrit "celui qui ne possède rien est le plus libre des hommes. On peut tout craindre de lui".

Par la suite, les dépenses sont pour une seule personne. Partir à deux a évidemment permis des économies, notamment sur le logement. Petite plongée dans notre vision simple et sobre du voyage longue durée.

Dépenses totales : 11 522$.

Transport 4 455.1$
Nourriture 1 554.3$
Logement 4 120 $
Reste 1 392.7$
Total 11 522$

Je rentre donc au Canada avec 3500$ d'excédent dans les poches. Fait intéressant, un québécois dépense en moyenne annuellement 11 000$ pour sa voiture, lorsqu'il en possède une. Le plus gros des dépenses vient sans surprise du transport, puisqu'y sont inclus les vols en avions. Nous nous sommes logés pour 30$/jour ou 900$/mois, deuxième grosse dépense du voyage, et nourris pour 11$/jour ou 340$/mois. Cela inclu les sorties au restaurant. Dans le reste, on retrouve toutes les dépenses "non essentielles", c'est-à-dire autres que se loger ou manger: Achat de matériel de sport, activité touristique, achat de souvenir, mais surtout, entrées à la piscine et compétitions ! Ce budget a été de 10$/jour environ, mais le buget de nos achats matériels n'a été que de 263.9$ sur ces 137 jours de voyages.

Transports : 4 455.1$.

Avion 3 137$
Voiture 639.7$
Bagages vélo 250 $
Taxi 234.8 $
Bus, train, ferry 193.5$

Comme mentionné, l'avion représente une grosse partie du budget (c'est même 27% du budget total du voyage). Nous avons eu un vol intercontinental A/R (Montréal-Australie), un vol international A/R (pour la Nouvelle-Zélande) et 3 vols intérieurs aller simple (un peu déçu de ne pas prendre le train, mais nos bagages de vélo n'étaient pas acceptés).

Nous avons loué des voitures 11 jours au total (et 3 jours un camping-car). Les trois derniers jours du mois, nous louions en effet une voiture pour faciliter le transport vers le prochain logement ou l'aéroport et en même temps découvrir les endroits où nos vélos ne nous menaient pas (comme Great Ocean Road qui fait plusieurs centaines de kilomètres). Le reste du temps, nous faisions tout en vélo ou en train, qui ne coute quasiment rien (genre 1.50$ pour une heure de train). Notre journée favorite consistait à aller en vélo sur 70-80km pour aller voir un parc national par exemple, puis revenir en train, avec un pique nique. Coût de la journée : Même pas 10$. Les déplacements se sont aussi fait en bus et en Ferry du côté de Brisbane. Ainsi, même louées, les voitures utilisées 10% du séjour ont eu ce coût exorbitant d'être plus du triple des transports collectifs que nous avons pris 90% du séjour.

Pour ce qui est de l'épicerie, tout a été fait  100% à vélo même lorsqu'elle était à 15km aller-retour. C'est le mode de déplacement que j'ai à l'année longue à Montréal, et que ma chérie a découvert et immédiatement adopté à cause de l'absence d'embouteillage, et qui redonne donc sa liberté au conducteur.

Une dépense totalement non-nécessaire (surtout avec le réseau impressionant de transport collectif quasiment gratuit): Le taxi. Mais avec nos bagages de vélo plus nos bagages normaux, on a décidé qu'on intégrait du taxi dans le budget à chaque arrivée dans un aéroport. 8 courses en taxi ont coûté plus cher qu'une centaine de courses en train ou bus. Voilà clairement une zone d'amélioration.

Pour finir, on a calculé combien nous ont coûté nos vélo en terme de frais de bagages : 250$ pour les 7 vols au total. Une broutille car nous avons passé des heures à éplucher les frais de transport des différentes compagnies aériennes. Nous avons aussi choisi à deux reprises de voyager avec une seule valise (le vélo, évidemment) au lieu de deux pour éviter de payer 490$ par valise et par vol (les frais de Quantas pour la Nouvelle-Zélande, pour une 2ème valise), et la 2ème valise partait par frêt routier. Car un constat que nous avons fait, c'est que nous avions pris deux fois trop de bagages. Notre vie tient en fait très largement dans une seule caisse de vélo. Si c'était à refaire, on partirait plus léger, plus pour la commodité que pour l'aspect financier que nous avons très bien géré.

Nourriture : 1 554.3$.

Epicerie 1 188$
Restaurant 366.3$

Cette partie-là pourrait être un livre à part entière si je me mettais à détailler comment deux personnes ont pu manger avec 8.7$ par jour (si on ne compte la dizaine de repas au restaurant), sachant que je m'entrainais jusqu'à 30h/semaine (et que je mangeais des portions pour 4), et que des pâtes chaque jour n'étaient pas une option.

Tout d'abord, nous sommes très exigents sur les restaurants, car si nous voulons être sûr de manger quelque chose de nouveau et qu'on ne sait pas cuisiner pour y trouver du plaisir. Nous avons donc essayer une ou deux fois les restaurants alentours à chaque AirBnB (donc environ deux fois par mois), mais nous adorons avant tout cuisiner, accumuler les restes au frigo, et toujours avoir un lunch de prêt au cas où pour planifier au dernier moment une journée à l'extérieur.

Mais l'économie vient surtout d'une activité peu connu que je pratique depuis 2017 : le dumpster diving. Litérallement : Plonger dans les poubelles de supermarchés. Il faut savoir que les supermarchés jettent la nourriture quelques jours avant la date de péremption (date qui, au passage, est choisie de manière complètement arbitraire par les industriels, puisque par exemple des yaourts importés ont une date de péremption prolongées de deux mois par rapport à des yaourts fabriqués le même jour mais destinés à être vendus localement). Il faut donc sortir de son esprit l'image de la poubelle répugnante comparable à celle des ménages, et imaginer plutot une immense benne remplie de pains frais, de fruits et légumes comestibles, de dizaines de boites d'oeufs, de yaourts... et de cartons. Car c'est exactement ce à quoi ressemble une poubelle de supermarché dans une société qui gaspille 40% de ce qu'elle produit avant même que l'aliment ne soit périmé.

La glace étant maintenant brisée, voilà à quoi a ressemblé notre manière de faire l"épicerie en Australie :

- En janvier, nous avons trouvé un dumpster qui était rempli quotidiennement de centaines de pots de yaourts, de toutes les saveurs, marques, quantités, et même des végans. On y a souvent trouvé aussi des jus de fruits, cafés glacés, pizzas, biscuits, cérales. Nous avons juste eu à acheter des fruits, dans une fruiterie qui pratiquait de gros rabais sur les fruits abimés (une aubaine, car les fruits et légumes coûtent environ 4 à 5 fois le prix qu'on rencontre au Canada ou en France).

- En février, ce fut l'inverse : Une caisse en bois à l'arrière d'une fruiterie nous fournissait gratuitement un sac à dos de fruits et légumes par jour : Bananes, pommes, poires, mangues, ananas, kiwis, oranges, patates, carottes, salades, tomates, champignons, poivrons, courgettes, courges... On aurait pu remplir 5 sac à dos, mais on avait déjà du mal à manger tout ce qu'on ramenait. On a juste eu à compléter avec du pain et des pâtes.

- En mars, on avait trouvé une poubelle remplie exclusivement avec du pain et des patisseries. Une autre poubelle fournissait fruits et légumes.

- En avril, ce fut clairement le jackpot. Deux poubelles se remplissaient par magie le soir de dizaines de boites d'oeufs, de pain (pains turcs, tranchés, muffins anglais, brioches au chocolat ou cannelle, au choix), de pizza, et de toutes sortes de fruits et légumes, et parfois même de pack de 24 cannettes de soda variés.

Bref, non seulement cette pratique nous permet de manger extrèmement varié (j'ai toujours 15 fruits et légumes différents au frigo, versus 5 quand je fais une épicerie payante), mais en plus gratuitement, à condition bien sûr d'arriver de passer par-dessus le malaise étourdissant qui nous prend lorsqu'on rencontre une benne remplie de nourriture comestible, avec des gens qui mendient à 200m de là, et qu'on se demande qui est le plus malade, la société, ou celui qui fouille la poubelle. Je ne vous parle pas de mon sentiment lorsque moi, végétarien pour raisons environnementales et éthiques, je trouve 100 côtes de porc en soulevant le couvercle. Bref, ce paragraphe décrivait l'acte le le plus poussé dans ma tentative de vivre une vie alternative dans cette société, et la suite est bien moins pire heureusement.

Logement: 4 120$.

Longue durée 3 628$
Weekends 492$

Notre vision de ce voyage, qui consistait à changer de place toutes les 4 semaines environ, nous a permis de négocier des rabais sur AirBnB jusqu'à 50%. On a donc pu se loger pour 800$/mois/personne et on s'est offert 7 nuits en tout pour passer des weekends dans des endroits différents. Nous avons toujours passé par AirBnB, puisque notre mode de vie nécessite la présence d'une cuisine.

Reste: 1 392.7$.

Divers 263.9$
Piscine 415$
Activités 253.8$
Compétitions 460$

Comme expliqué plus haut, on entre ici dans les dépenses complètement inutiles, donc qui ont été remises en question souvent. Comme on peut le voir, ce qui a passé le test de la remise en question a été la piscine et les triathlons (mais ce budget là n'a pas existé pour ma chérie). Note : J'ai économisé 2000$ d'inscription aux ironmans grâce à ma license pro, une dépense qui, je le reconnais, n'est pas forcément évitable pour tout le monde. Mais d'un autre côté, c'est ce qui a permis de me faire plaisir en rajoutant trois autres triathlons, un trail, un 10km et une traversée de nage. La piscine a couté cher à cause du mois de février, où nous étions dans la pampa, et la seule piscine du coin était celle d'un resort à 430$ l'abonnement mensuel (j'ai quand même négocié et obtenu moitié prix!). Dans les activités, on trouve la journée sur la grande barrière de corail, qui est la seule activité payante que nous avons fait. Ainsi, ce sont bien les dépenses matérielles qui sont passées à la trappe. Nous avons acheté grosso-modo une pompe à vélo (offerte le dernier jour à notre hôte AirBnB), quelques souvenirs , et du matériel de vélo (chambres à air, pneu, guidoline, ...) pour un total de 263.9$, soit 60$/mois.

Conclusion

Le mot d'ordre pour le logement : AirBnB, pour avoir une cuisine (source de nombreuses économies) et négocier les prix pour les séjours longue durée.

Pour le transport : Les transports en commun 90% des trajets longs, et le vélo pour 100% des trajets courts.

Pour la nourriture : Pas beaucoup de resto, plus par manque d'intérêt que soucis d'économie, et surtout, cette pratique merveilleuse du dumpster diving qui a le mérite de traiter une partie de cette gangrène de notre système de production alimentaire, le gaspillage, de manger très varié, et gratuitement.

Et pour le reste, ne rien dépenser dans le matériel, mais plutôt dans expériences inoubliables, comme un trail sur une île déserte, une traversée à la nage en mer, une journée sur la grande barrière de corail, ou des compétitions de triathlons !

Notre mode de vie australien peut sembler très loin de celui de touristes traditionnels, compte tenu du fait que nous ne sommes pas allés visiter les monuments, les villes, les musées, les attractions (même pas l'opéra de Sydney. On a quand même craqué pour la grande barrière de corail). Notre vision consistait à faire du vélo, de la randonnée ou prendre le train dans ce qui nous semblaient être les plus beaux coins, lunch dans le sac à dos. La longueur du voyage nous permettait d'avoir une routine australienne, de ne pas être pressé, et nous voulions seulement découvrir un nouveau coin de nature par jour. Et tout ça, c'est gratuit, mais c'est effectivement un mode vie simple et très personnel.

Nous nous efforçons de tendre vers un mode de vie le plus respectueux de l'environnement et de la sobriété matérielle, et il est très loin d'être parfait. Mais nous cherchons à nous améliorer. Toutes les choses auxquelles nous renonçons, surtout celles matérielles, provoquent des gains financiers qui nous permettent de réaliser des choses comme ce voyage incroyable alors que je n'ai jamais rien fait d'autre qu'étudier avec ma bourse d'étudiant. Dans un monde où personne n'a le choix, nous avons l'impression de nous offrir de plus en plus de choix. C'est certain que ce qui est décrit dans cet article est hors de la zone de confort de bien des personnes, mais si ces lignes peuvent donner des pistes d'amélioration à mes lecteurs, j'aurais gagné un beau défi. Comme par exemple, le fait de remettre en cause l'utilité d'une télé, d'une voiture ou d'un téléphone dans sa vie, et de réfléchir qui de la voiture ou de cinq mois en Australie contribue le plus à son bonheur personnel.

Le seul mauvais choix et de se dire qu'on a pas le choix.

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 22:30

   J'ai eu la chance de découvrir la région sauvage de Mégantic lors d'un camp d'entrainement avec une dizaine de malades dont la plupart participait au Canada Man, l'épreuve de triathlon extrème en sol canadien, deux mois plus tard. Le camps avait lieu de 24 au 26 mai. La région correspond bien à la représentation que l'ont peut se faire du Canada, avec des minuscules villages espacés de plusieurs dizaines de kilomètres, et des routes en ligne droite au milieu des montagnes Appalaches qui les relient. Assez logiquement, nous nous sommes entrainés sur le parcours du Canada Man.

JOUR 1

Le jour 1 aura été sûrement le plus relax. Tôt le matin, nous sommes partis pour une boucle de 120km sur le début du Canada Man, avec 1600m+, suivi d'une petite course de 6km.

JOUR 2

Le jour 2 était le gros noyau. Un autre 120km mais avec 2000m+, avec la fameuse côte magnétique qui a laissé des traces de par sa difficulté (un 90km/h en la descendant pour moi, 100km/h pour d'autres), ainsi qu'un 11km à la pause de midi.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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JOUR 3

La journée la plus épique. Seulement de la course à cause de la pluie, sur les 15 derniers kilomètres du marathon du Canada Man : Le sentier technique du Canada sauvage, puis la montée vers le Sommet Mégantic à 1100m d'altitude. Surprise, la neige était omniprésente, parfois jusqu'aux hanches, ce qui a rendu la fin du trail très difficile et douloureuse en short et Tshirt. Je ferai partie des deux chanceux à avoir réussi à atteindre le sommet.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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12 mai 2019 7 12 /05 /mai /2019 22:31

   Après 260km de nage, 1370km de vélo et 1300km de course le long de la côte est de l'Australie pendant presque cinq mois, j'ai eu le temps de découvrir le pire et le meilleur qu'avait à offrir ce pays. Voilà un petit guide pour le triathlète désireux de passer l'hiver down under.

 

VICTORIA

L'Etat du Victoria est situé tout au sud de l'Australie. Le climat y est très sec, avec des températures proches de zéro en juillet-août, et au-dessus de 30°C en janvier, voire même au-dessus de 40. Il faut savoir cependant que dans un air très sec, on peut s'entrainer confortablement jusqu'aux températures de 40°C du moment qu'on s'hydrate.

J'ai passé le mois de Janvier sur la péninsule de Mornington, donc au sud-est de Melbourne, et le mois de Février au sud-ouest de la même ville, à Torquay dans le Surf Coast shire, qui est plus isolé. Les piscines sont assez rares dans ce coin dès qu'on s'éloigne de Melbourne. Il faut donc bien calculer son coup lors du choix du logement. J'avais la chance d'avoir la piscine de Frankston à côté de chez moi en janvier (pas mal la seule du coin), et en février, j'ai négocié un accès illimité à la piscine d'un resort à 3.5km de chez moi moyennant 200$. Mon mois de nage le plus cher que j'ai eu à payer, mais je n'avais pas trop le choix compte tenu de l'océan agité, certes tout le long de la côte australienne, mais en particulier à Torquay qui est le paradis des surfeurs (la plage mondialement connue Bells Beach était à un jet de pierre). La nage en eau libre est donc très peu possible, sauf lorsqu'on a la chance d'avoir une baie protégée des vagues. C'était le cas à Frankston, où j'ai fait mes seules séances en eau libre dans une mer la plupart du temps calme et crystalline.

L'eau transparente de la baie de Melbourne (Port Phillip bay)
Une ligne droite "pour intervalles" sur la péninsule de Mornington

Mais l'intérêt de ce coin de pays se trouve plutôt du côté du vélo. De nombreuses infrastructures sont présentes, et il n'est pas rare d'avoir une piste cyclable (pour les poussettes, les coureurs, les skateurs) doublée d'un bande cyclable (pour les cyclistes qui roulent à plus de 30km/h) sur la même route. Les automobilistes sont extrèmement respectueux, grâce à un climat serein qui plane jusque dans le centre ville de Melbourne. En effet, les transports en commun y sont multipliés (tranway, métro, bus, train, trotinettes électriques) et gratuit en centre ville, les ronds-points ont remplacé les feux rouges, ce qui fait que je n'y ai jamais vu d'embouteillage en deux mois, et évidemment, celà se ressent sur la conduite. Au-delà de la sécurité sur la route, le Victoria a un côté très sauvage, et il suffit de quelques kilomètres pour s'extraire du milieu urbain et se retrouver sur des routes au milieu du bush. Il faut cependant vérifier à l'avance sur Google Street que les petites routes que l'on prévoit de prendre ne sont pas des pistes de sable, car ce n'est pas une situation rare. La péninsule de Mornington (sud-est) possède une diversité incroyable de routes, allant du plat, à la montagne, en passant par la moyenne montagne, le bord de mer sinueux, les lignes droites. Torquay était moins varié, car toutes les routes possédaient un dénivelé effrayant, réparti en petite côtes raides, à moins de se rapprocher de Melbourne et de Geelong (donc pour des sorties de 60km minimum). De Torquay partait aussi la Great Ocean Road, l'une des routes emblématiques de l'Australie. Très difficile, mais époustouflante de beauté, entre les montagnes du Great Otways National Park, et l'océan. Bref, le Victoria est ma destination numéro 1 pour le vélo.

Le bord de mer entre Torquay et Geelong
Changement de décors dans les montagnes de Great Otways National Park.
Great Ocean Road.
Bells Beach : Plus caractérisque de la côte australienne, une route sinueuse et cassante.

La course a pied n'y est pas désagréable non plus, avec la possibilité de faire beaucoup de trail en bord de mer, ou des courses dans les "réserves", qui sont des zones de bush en milieu urbain qui abritent une faune assez dense, notamment les wallabies. Pour l'anecdote, mon heure préférée pour rouler / courir à Torquay était le coucher du soleil, car c'est le moment où la route se partageait avec des dizaines de kangourous gris, parfois assez imposants. A Frankston se trouvait un piste d'athlétisme en accès libre, ce qui permet de ne pas faire que des hills repeat (car il ya des zones où le plat n'existe pas). Loin des grandes villes, les pistes deviennent le lieu idéal pour faire sa longue course du dimanche. Vu leur longueur de parfois km, mieux vaut partir avec son eau.

Une piste australienne.
Partage de la route
Le Surf Coast trail s'étend sur des dizaines de kilomètres le long de la côte, un paradis du trailer du dimanche.

 

NEW SOUTH WALES

L'ocean pool de 50m de Cronulla.

Le New South Wales est situé juste au-dessus du Victoria. J'ai passé 17 jours au sud de Sydney, dans la ville de Cronulla qui se situe à une heure de train du centre ville mais qui fait quand même partie de la zone urbaine immense de Sydney. Ma deuxième expérience dans cet Etat a été la semaine à Port Macquarie dans le cadre de l'Ironman. La culture du New South Wales semble être clairement du côté de la natation tant les piscines sont nombreuses, et qui sont majoritairement des 50m extérieures et chauffées. Mais l'originalité vient surtout des "Ocean pools", qui sont des bassins de béton de 25, 30 ou 50m (parfois avec des lignes) en bord de mer et qui se remplissent à marée haute pour permettre de nager par la suite 24h/24. Cronulla en posséde trois, mais la plus populaire est celle de Bondi beach à l'est de Sydney. Lors d'un court passage à New Castle (entre Sydney et Port Macquarie), j'ai pu aussi y découvrir une ocean pool magnifique bien qu'assez fraiche en mai (18°C). L'hiver dans le New South Wales consiste à des températures de 10°C environ de juin à août, et à des températures chaudes accompagnées d'humidité le reste du temps.

Une autre ocean pool, à New Castle.

Si cet Etat présente le meilleur en termes de natation, il présente aussi le pire pour ce qui est du vélo. A l'opposé complet de Melbourne, la densité de population et la forte urbanisation font que l'ensemble de la métropole est bloquée dans le traffic du matin au soir. Les gens sont stressés, et donc dangereux en voiture. Les routes ne sont pas pensées pour les vélos, avec une quasi-absence de pistes cyclables. Même dans le Royal National Park, qui est la seule zone de nature au sud, le partage de la route avec les voitures est problématique. En traversant ce parc jusqu'à Wollongong, la route devient cependant plus tranquille et magnifique. C'est la fameuse Grand Pacific Drive. Mais l'aller-retour fait 170km. Vers l'ouest, j'ai aussi fait une sortie de 170km, sans jamais voir une forêt, mais seulement des routes à deux voies. Il faut savoir aussi que le relief est accidenté de manière impressionante. Une ride standard de 50km comporte en moyenne un bon 800m de dénivelé. Pour finir, dans cet Etat, certaines autoroutes sont ouvertes aux cyclistes. C'est une bonne et une mauvaise nouvelle, car les autoroutes en question peuvent être assez tranquilles et sécuritaires, comme très sollicitées, peu entretenues et désagréables, pour ne pas dire dangereuses lors de la traversées des embranchements pour sortir. Là encore, Google Street permet de vérifier qu'on a pas prévu une itinéraire vers l'hopital. Port Macquarie est une ville isolée, mais celà n'a pas rendu mon expérience cycliste plus agréable. Les deux routes qui partent de cette ville sont justement une autoroute, et une route classique mais dégradée (le parcours de l'ironman) sur laquelle j'ai crevé deux fois, dont une lors de la course avec un pneu neuf.

Grand Pacific Drive, menant à Wollongong. Quelques côtes à 17%...

En course à pied, j'ai pu cependant trouver mon bonheur, avec une piste d'athlétisme  à 4km du logement, et des circuits en bord de mer qui, contre un peu de passages de trail,  m'ont amené à des paysages spectaculaires de falaises surplombant la mer, et d'où on peut observer les baleines à partir de mai.

Les falaises de Kamay Botany Bay National Park, le théâtre parfait pour les longues courses à pied.
Un autre cadre idéal pour courir, le coastal walk de Port Macquarie.

 

QUEENSLAND

Palm Cove beach à Cairns. Baignade interdite pour cause de faune marine.

Le Queensland s'étend du milieu de la côte est jusqu'au nord tropical. J'ai passé 4 semaines tout au sud de cet Etat, à Brisbane, où la température était parfaite (mois d'avril). L'été y est par contre très chaud humide, et l'hiver frais, ce qui fait fermer les piscines extérieures de mai à août car la température de l'eau passe sous les 20°C. On peut y faire des triathlons jusqu'à fin mai puisque la mer reste chaude, et il semble y avoir aussi une saison de duathlon pendant l'hiver en juillet-août. J'ai aussi passé une semaine à Cairns, dans l'extrème nord tropical, où les piscines extérieurese restent ouvertes à l'année (c'est juste qu'elles ferment une heure plus tôt l'hiver, pour faire semblant qu'il y a une saison d'hiver, 25°C ou lieu de 32°C). Les piscines sont toutes de 50m. Passé un certain niveau de lattitude, il est déconseillé de nager en eau douce à cause des crocodiles, mais de toute façon, le terrain est très marécageux et pas du tout invitant. La plupart des plages à Cairns sont aussi très encadrées à cause de la présence de crocodiles marins et de méduses. Bref, ce n'est pas le paradis de l'eau libre, et on restera cantonné au installations aquatiques qui restent de haute qualité partout en Australie.

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Une route en Australie (Glass House Mountains National Park).

A Brisbane, j'ai été déçu de l'étalement urbain qui s'étendait jusqu'à mon logement à Brighton, à une heure du centre ville. Bien que j'avais 15km de béton à traverser pour aller en nature, la présence de beaucoup de pistes cyclables (notamment une magnifique qui traverse les marais Boondall) permettent d'accéder assez vite aux parc nationaux. Dans ces parcs, on peut monter assez vite en dénivelé grâce à des montées assez challengeantes. Il n'est pas rare de tomber sur du 17-20%. Ma ride la plus épique a été un 200km dans D'Aguilar National Park, avec 3600m+, dont une montée de 4km à 17% de moyenne qui m'a tout simplement assommé. J'avais la chance d'être dans des grosses semaines d'entrainement avec beaucoup de vélo, ce qui m'a fait découvrir toutes les montagnes alentours, mais avec des rides de 40-50km, on se retrouve très limité en terme de nature, avec des rides plutôt urbaines. Cairns, en revanche, à cause de sa petitesse, est très agréable pour la pratique du vélo. La présence de ceintures montagnes permet de monter des cols dans la forêt tropicale humide de 5 à 10km avec des vues impressionantes (cette forêt est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO). Une route plus plate longeant le bord de mer permet des sorties plus calmes. Par contre, la météo de janvier à mars (extrème chaleur et saison des pluie) rend la région désagréable pour le sport en général. C'est un paradis les 9 autres mois. Un élément qui vaut la peine d'être mentionné est la présence de pistes extérieures de critérium dans toutes les grandes villes. Ces pistes de 1 à 2km sont réservées à l'entrainement exclusif (pas de voitures ni de coureurs) des cyclistes en dehors des compétitions. C'est un vrai bonheur pour y faire des intervalles. J'ai eu la chance d'essayer plusieurs fois la Nundah track proche de Brisbane.

Un entrainement sur la Nundah track.
Les pistes cyclables des marais Boondall.
Les surprises de D'Aguilar National Park.
Le sommet d'un col très escarpé de 11km (Lake Morris road).

Le trail est plus difficile à Brisbane, mais les parcours de route le long de la côte, ou sur les pistes cyclables dans les marécages sont fantastiques pour les longues sorties, ou même pour des intervalles. A Cairns, s'ajoute la possibilité de faire du trail de haut niveau grâce aux sentiers techniques aux forts dénivelés qui traversent les chaines montagneuses (attention aux araignées litéralement géantes "golden silk orb weaver spider", qui tissent parfois leurs toiles immenses au milieu du sentier).

Les voies cyclables de bord de mer.
Les circuits techniques de la forêt tropicale.
Parfois, elles attrapent des oiseaux parait-il.

 

NOUVELLE-ZELANDE

Coucher de soleil sur le Lake Taupo.

Mon passage en Nouvelle-Zélande a été anecdotique : 10 jours sur le territoire, dont 7 dans le sud d'Auckland et 3 à Lake Taupo. Le bilan est assez mitigé car Auckland est un enfer pour s'entrainer, Lake Taupo un paradis. Taupo accueille d'ailleurs un ironman, un 70.3, un marathon, un ultratrail et une flopée d'autres courses et on comprends pourquoi. La Nouvelle-Zélande ressemble à des paysages montagneux de la France ou même du Canada, très verts, mais avec des palmiers. Le climat se compare avec celui du sud de la France en plus humide. Les plages sont très rares mais permettent la nage en eau libre. Du côté d'Auckland, les installations aquatiques sont vétustes mais extérieures et chauffées à l'année. L'immense Lake Taupo permet de faire des nages mémorables dans une eau crystalline.

Le Lake Taupo est le poumon de la Nouvelle-Zélande pour les activités de plein air.

Le vélo est très compliqué du côté d'Auckland à cause de l'urbanisation et de l'absence d'infrastructure pour les cyclistes qui côtoient des camions rarement respectueux. Il faut s'éloigner dans les montagnes pour trouver son bonheur. Lake Taupo est un paradis du vélo. C'est comme un "Mont Tremblant" fois 1000 en termes de taille.

En s'éloignant très loin d'Auckland, on trouve finalement son bonheur entre mer et montagnes.

La course à pied est désagréable à Auckland : pas de pistes cyclables, pas de chemins de trail. Mais à Taupo, c'est l'opposé complet, avec des circuits goudronnés autours du lac et des sentiers de trail à n'en plus finir.

 

LES COMPETITIONS

Le dernier point intéressant est la comparaison de l'approche des organisateurs de courses indépendantes par rapport à ce que j'ai connu en Europe et en Amérique du Nord. L'Australie et la Nouvelle-Zélande n'aiment pas s'encombrer de rêgles (il faut voir les techniques assez impressionnantes de parking des voitures), ce qui fait que personne ne joue au policier et ne cherche à savoir si la voiture a le droit de se garer ici, si le cycliste a bien fait son stop là, et tout le monde cohabite de manière très relax (sauf à Sydney). Ce relâchement agréable se ressent dans les triathlons. Ma première expérience a été à Melbourne où tout le monde était sur le parcours vélo en même temps (groupe d'âge sans drafting ET élite avec drafting), et tout le monde dans le même classement (avec ou sans drafting, même les juniors qui avaient des distances différentes). Bref, pourquoi pas. Mais la courrone de la décontraction revient à la Nouvelle-Zélande où j'ai fait un triathlon olympique: Sans dossard ou sticker sur le vélo, sans ravitaillement, avec drafting (j'ai découvert celà au milieu de la course) même avec un vélo de triathlon. A l'inscription, on ne recevait qu'un bonnet de bain et une puce. Et cette pratique décomplexée du triathlon fait beaucoup de bien lorsqu'on compare à la France où il faut trois points d'attache sur le dossard pour pouvoir participer. La Nouvelle-Zélande a le mérite de nous rappeler que le triathlon est un hobby pour 99,99% d'entre nous et qu'il grand temps de nous prendre un peu moins au sérieux.

Pour finir, ces pays offrent des compétitions autres que le triathlon qui n'existent nulle part ailleurs dans le monde. J'ai par exemple participé à un trail sur une île volcanique déserte en Nouvelle-Zélande, et à une traversée à la nage de cette même île jusqu'au continent, et j'aurais bien du mal à trouver une expérience équivalente dans les courses que j'ai faites en France ou au Canada.

L'incroyable ile volcanique de Rangitoto, théâtre d'un trail et d'une traversée de nage.

 

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  • : Sacha Cavelier Triathlète
  • : Après une formation d'ingénieur en France, je combine le triathlon élite LD à un doctorat de 2015 à 2020 au Canada et Australie. Installé en Ohio, papa, je poursuis la route sur les ultra trails et triathlons en espérant être encore compétitif.
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