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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 13:40

   En ce moment, je participe à une étude à l'université de Montréal sur les effets des produits sucrés de l'érable sur la performance sportive. En préliminaire de cette étude, il me fallait passer un test de VO2max avec eux. C'est aussi pour cette raison que j'ai voulu participer à l'étude: je n'avais encore jamais passé un tel test.

   Tout le monde a entendu parlé de la VO2max, mais peu de gens savent réellement ce que c'est. J'en profite donc pour faire une mise au point. Lorsqu'on court, nage ou pédale, la quantité d'oxygène consommée par les muscles augmente en fonction de l'effort. Le facteur limitant étant la capacité de nos poumons à absorber de l'oxygène, il arrive un moment où quelle que soit l'intensité de l'effort, la quantité d'oxygène ne change plus car elle a atteint son maximum. C'est la VO2max. Elle s'exprime en mL par minute et par kilogramme. Ainsi, on peut comparer les qualités athlétiques de deux individus de poids différents avec cette donnée.

   Pourquoi cette donnée est très importante ? Parce que c'est une mesure du potentiel athlétique d'un individu. Lorsqu'on est rendu à VO2max, on court à la vitesse maximale aérobie (VMA) ou pédale à la puissance maximale aérobie (PMA). De la VMA et PMA découlent les vitesses pour toutes les autres distances, jusqu'à l'Ironman et le marathon. C'est aussi une valeur qui bouge très peu lorsqu'on s'entraine. Elle est en grande partie fixée par la génétique. Pour la mesurer directement, un test d'effort par palier (vélo stationnaire ou course sur tapis) où la consommation d'oxygène est mésurée est nécessaire.

   Cependant, les temps sur les longues distances extrapolés à partir de la VO2max sont à prendre avec des pincettes pour plusieurs raisons :

- Ces temps font l'hypothèse d'une endurance optimisée. Autrement dit, après des (dizaines d') années de pratique sérieuse et optimisé du sport. Par exemple un cycliste du tour de France avec 84 de VO2max ne courra jamais un marathon en 2h02 avec les kenyans. Ni un kenyan de 84 de VO2max ne fera le tour de France. Dans les deux cas, il leur faudrait 15 ans de pratique du sport pour atteindre ce niveau (15 ans de course pour le cycliste, 15 ans de vélo pour le kenyan).

- Même après tout ce temps, un athlète peut ne jamais atteindre les valeurs théoriques indiquées par sa VO2max. La raison pour cela est l'économie de course qui n'est jamais parfaite. Pour mesurer son économie de course, le mieux est de réaliser un test de VMA en plus de son test de VO2max et de regarder l'écart entre sa VMA théorique et sa VMA réelle. Economie de course = (VMA théorique - VMA réelle)/VMA théorique. Par exmple, si le test de VO2max donne 66.5 (VMA estimée de 19) mais le test de VMA réelle donne 18, (19-18)/19=5.3%. L'athlète perds 5.3% de son énergie à cause de son économie de course pas parfaite. Les facteurs impactant l'économie de course sont :

  • Adaptations métaboliques à l’intérieur du muscle, comme l’augmentation du nombre de mitochondries et d’enzymes oxydatives.
  • Habileté à emmagasiner, puis à relâcher de l’énergie élastiques dans les muscles et les tendons.
  • Technique de course efficace.

Dans les faits, 13 à 20% de notre VO2 est "gaspillée" par notre mauvaise économie de course. De quoi bien relativiser les temps donnés par le tableau au-dessus.

 

Pour finir, voilà mon expérience personnelle avec mon premier test de VO2max. Les test a été réalisé sur vélo, par paliers de 3 minutes qui augmentaient de 35 watts. J'ai démarré le test à 125 watts pour finir à 440 watts (ma PMA donc). J'avais des doutes de réaliser un bon test 10 jours après mon Ironman, mais finalement, je suis tombé proche de la valeur que j'avais estimé pour mes entrainements hivernaux (450 watts). Dans les dernières minutes, l'effort était tellement dur à soutenir que mon coeur brulait, et je bavais et respirais si fort dans le tuyau que j'avais dans la bouche que je projettais de la bave partout devant moi. Bref, autant de signes que j'avais atteint mon VO2max. Le tuyau mesurait ma consommation d'oxygène qui a plafonné à 77 mL/kg/min. Je ne ferais certainement jamais les temps du tableau au-dessus pour toutes les raisons que j'ai expliqué, mais cette valeur assez élevée de ma VO2max me place pas mal au-dessus de la moyenne, ce qui est très encourageant lorsqu'on a décidé de pratiquer le triathlon. Disons que je ne me suis pas trompé de sport.

 

Sources :

- http://www.u-run.fr/29351-economiser-sa-foulee-en-course-a-pied

- https://courseapied.ca/2014/01/22/les-trois-facteurs-principaux-qui-determinent-leconomie-de-course/

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 20:52

   Je n'ai pas l'habitude de parler de mes entrainements, pour la simple raison que je les trouve inintéressants. En vélo et en natation, je m'entraine la plupart du temps seul et je fais ce que mon humeur me dicte. Pour la course à pied, j'ai la chance d'être dans un groupe très solide supervisé par Dorys Langlois, et c'est la seule discipline planifiée sur l'année.

   Mais pour la première de ma vie j'ai eu l'occasion de monter sur un vélo avec un powermètre, et donc de voir mes watts ! Alors l'épisode se devait d'être raconté. En fait, j'ai été invité à une course de contre la montre de 15 minutes sur vélo stationnaire chez PowerWatts, par le biais de mon ami Simon Lambert-Lemay, un acien cycliste professionnel qui se reconverti en course à pied. L'idée, c'est qu'une dizaine d'équipes de 10 cyclistes effectue chacun son tour un parcours avec du dénivelé, le but étant de se rendre le plus loin possible en 15 minutes. Il y a donc 10 vélos alignés en face d'un écran géant qui indique où chacun se trouve sur le parcours, les watts instantanés et moyens, et la cadence de chaque coureur et les équipes passent à la salle de torture chacun leur tour.

   Car en effet, ç'a été une torture de faire un effort aussi violent pendant 15 minutes. Au bout de 10, j'ai eu le coeur au bord de la rupture. Mais j'ai été très content de voir une moyenne de 389 watts, ce qui m'a fait gagner la course, et du coup notre équipe a fini sur la plus haute marche du podium.

   On pourrait extrapoler cette moyenne pour calculer un functional threshold power (FTP, la valeur magique qui donne la puissance brute du cycliste) de 379 watts, ce qui est assez conservateur, vu que le parcours accidenté a tendance à offrir un moins bon wattage moyen à cause des descentes où il est très dur de garder 400 watts (en pédalant à bloc dans les descentes, je devait être aux alentours de 250 watts). Il faut savoir que le FTP se mesure sur 20 minutes et sur du plat, et d'après Simon, la moyenne du 15 minutes accidenté moins 10 watts serait assez juste. Ce chiffre peut paraitre élevé car proche voire égale de ceux des vrais professionnels du triathlon, mais ramené à mon poids de 83 kg, on tombe à 4,56 watts/kg, une valeur loin des pros qui ont le même FTP, mais pèsent 20 kg de moins.

   De plus, je pense que le FTP n'est pas représentatif de la valeur d'un athlète sur longue distance, car il indique une puissance brute, mais n'indique rien sur l'endurance de l'athlète. Atteindre le FTP des meilleurs est réalisable, ce qui l'est moins, c'est de tenir un pourcentage élevé de ce FTP pendant 90km ou 180km, comme le font les meilleurs en question.

   Alors la conclusion, c'est qu'il me reste beaucoup de watts/kg, et beaucoup de pourcentage à acquérir, mais cette première expérience sur un powermètre a été vraiment intéressante. Merci à Simon et l'équipe de PowerWatts pour cette soirée !

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