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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 17:03

   Cette année, j'ai voulu reproduire le même plan qu'en 2016 : Une belle préparation hivernale, le demi-marathon de New York avec pour objectif de battre le temps de l'an dernier (1h16'18'') et un demi-marathon fin avril (Montréal cette fois), plat et plus dans le pic de forme pour battre mon record personnel (1h14'37'').

   J'étais très confiant à New York puisque le volume hivernal avait été plus élevé qu'en 2015 (build-up hebdomadaire de 90-100-110-120-130km jusqu'à deux semaines de l'épreuve, 130km étant ma plus grosse semaine à vie, tout en gardant une base de nage et de vélo), et en plus j'avais intégré beaucoup de côtes à mes sorties lentes et mes allures demi-marathon.

   Hélas, tout ne s'est pas passé comme prévu ! Grosse contre-performance, que j'ai sentie arriver dès le kilomètre 5, où mes cuisses ont commencé à beaucoup souffrir à cause des côtes (le parcours à New York a une première moitié dans les côtes de Central Park, et une deuxième moitié plate). Au kilomètre 10, mes cuisses faisaient terriblement mal malgré mon temps au 10km identique à celui de 2015, les jambes explosées en plus. J'ai tout de même accéléré à 3'33''/km pour garder un semblant de plan de match, mais au kilomètre 15, j'ai mis le clignotant à droite car je n'ai jamais eu aussi mal aux cuisses depuis mon marathon de 2012. Les 6 derniers kilomètres ont été un chemin de croix, et j'ai failli carrément marcher dans la petite descente sous un pont au kilomètre 20.

   Facture : 1h16'59'' et 41 secondes de plus que l'an dernier. Cependant, je ne suis pas vraiment déçu, car je savais que je ne me présentais pas pour un record, et surtout que d'après le coach Dorys, le problème vient que je n'ai pas complètement récupéré de mon gros kilométrage (les deux dernières séances de piste avant la course avaient été en effet douloureuses musculairement). La bonne nouvelle est donc qu'il me faut récupérer de mon hiver pour voir ma forme décoller, et courir 1h17 avec des jambes ouvertes les 3/4 du parcours est plutôt rassurant, au moins sur mon seuil de résistance à la douleur.

   Si le vent est de mon côté, ce sera plus au 10km de St Laurent, et au demi-marathon de Montréal que les cuisses auront plutôt intérêt à la fermer !

PS : à 180 balles le dossard et pas un ticket de métro offert pour rentrer au départ à 10km de l'arrivée, pas sûr de retourner me faire mal dans les côtes en 2017...

COURSE : NYC 1/2 2016OBJECTIF : Battre le temps de 2015 (1h16'18'')MOYENS : Pleins de côtes à l'entrainement, plus de...

Posted by Sacha Cavelier Triathlete on Monday, March 21, 2016

NEW YORK CITY HALF MARATHON - 21,1KM

1h16'59''

16,445km/h,  3'38''/km

129ème sur 20149 finishers

29ème men 25-29 years.

13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 11:32

   Ma troisième et dernière course à pied du printemps était un semi-marathon sur le territoire français. Je n'y attachais pas beaucoup d'intérêt en terme de performance chronométrique car depuis le demi de New York, j'ai baissé le volume de course à pied pour mettre du volume de vélo. De plus, ayant passé une nuit blanche dans l'avion et étant arrivé le samedi matin, le jetlag était vraiment terrible, je n'avais jamais sommeil ou faim au bon moment.

   Cependant, plusieurs paramètres ont fait que j'ai réussi un temps que je ne referais pas de sitôt. Pour changer des listes d'excuses suite à une mauvaise performance, voilà une liste de raisons à ma bonne performance :

- Le parcours était incroyablement plat, pas une côte, très rapide, même les demi-tours étaient fait de façon à pouvoir être pris de façon large sans ralentir. C'était vraiment Berlin version semi-marathon.

- Le parcours était mesuré car qualificatif pour les championnats de France. C'est d'ailleurs la première fois que je réalise un temps qui me qualifie. On n'avait donc pas à craindre un parcours trop long (ou trop court).

- La météo était la perfection absolue : Pas le moindre souffle de vent, du soleil et une dizaine de degrés au départ. Je n'avais pas froid, et à l'issue de la course, je n'ai pas eu une seule goutte de sueur qui est apparue. L'air était très sec.

- J'avais peur de courir seul au début car le gagnant de l'année dernière avait couru 1h17. Mais cette année, il y a eu des coureurs en 1h14, 1h15, 1h16, ce qui fait que je n'ai jamais été seul.

- Tout mon ancien club était là pour m'encourager, parfois même m'accompagner à vélo. C'était formidable de se sentir autant soutenu, et ça donne des ailes. Merci à eux.

- Mes parents était venus nous soutenir mon frère et moi. Là encore, ça donnait envie de se défoncer pour qu'ils ne se soient pas levés pour rien.

   Bref, c'était les conditions qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie. Dernière condition à remplir : Avoir des jambes en forme. Et ça, je m'en suis rendu compte dès l'échauffement. Et même dès le premier kilomètre, franchi en 3'23'', dopé aux gentils mots de ma chérie trouvés le matin même dans ma valise. Me sentant dans une grande journée, j'ai immédiatement ralenti pour ne pas bousiller ma course, et me suis câlé à l'allure qui était l'objectif initial de New York sur la première moitié : 3'36''/km. A New York, j'avais prévu d'accélérer à mi-course, et à Cavaillon, je me suis dit qu'au kilomètre 11 si je me sentais les jambes encore fraîches, j'accélèrerai.

   Je suis devenu un métronome pour 11km, passant à la seconde près chaque kilomètre en 3'36'', et le 10km en 36'00''. J'avais vraiment les jambes fraiches, et à chaque fois qu'un coureur me dépassait, je faisais mon possible pour rester calme et garder le rythme. A mi-course, j'ai commencé à ressentir de la pression d'avant course, car dans ma tête le kilomètre 11 approchait, et c'était là que la course commençait réellement pour moi. Ainsi, au 11ème panneau, j'ai accéléré. Un peu trop, car au bout de 1000m, j'ai ressenti des crampes d'estomac. Elles étaient assez intenses et m'ont fait peur car je ne me voyais pas finir avec ça. Heureusement, elles étaient aussi soudaines qu'intenses car elles sont passées vers le kilomètre 13 à force de relaxer mon ventre et de ralentir. J'ai donc repris une bonne vitesse et commencé à reprendre du monde. Au kilomètre 15, un rapide calcul me donnait que je roulais sous les 3'30''/km sur les 5 derniers kilomètres malgré mes soucis de crampes. A ce moment là, je suis passé en zone rouge car j'étais 3ème avec les deux premiers en ligne de mire. Je me suis défoncé comme jamais pour reprendre le 2ème au kilomètre 18. J'étais alors complètement vidé, et c'est le mental qui a pris le relais. Je me suis rapproché à 50m du premier, mais je n'ai jamais était capable de le reprendre, j'étais vraiment à bloc, pas possible de rouler plus fort, et ça me convenait très bien, car en passant en 1h10'55'' au kilomètre 20 (34'55'' sur le deuxième 10km, soit 3'29''/km), le chrono que j'allais réaliser était pour moi une très belle récompense ! En effet, j'ai terminé 13 secondes derrière le vainqueur en 1h14'37'', le chrono que j'avais en tête (et même un peu mieux) après mon hiver très sérieux sur la piste.

   J'ai eu droit à mon quart d'heure de gloire avec des gens qui sont venu me féliciter (ou alors ils étaient intrigués par l'entrainement d'hiver par -40°C), et par un passage dans les nouvelles locales le lendemain. Il a fallu que je redescende assez vite sur terre pour me reconcentrer sur le vélo, car à trois semaines du 70.3 Pays d'Aix, je n'ai pas le droit de m'endormir. En après midi, j'ai roulé 85km en 2h56' dans les cols de la chaîne des alpilles, accompagné par mon frère, à qui je tire mon chapeau pour m'avoir accompagné sur 60km après son semi-marthon de ce matin, alors qu'il n'a pas touché au vélo de l'hiver. Lui aussi sera de la partie au 70.3 Pays d'Aix !

SEMI-MARATHON DE CAVAILLON - 21,1KM

1h14'37''

16,967km/h,  3'32''/km

2ème sur 203 finishers

1er sénior.

30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 19:10

   Puisque je visais 1h15' à mon demi-marathon de New York, en théorie je devais être capable de briser le 34 minutes sur 10km. Mais je ne m'accrochais pas trop à ça, car pour New York, j'ai mis un gros focus sur la course à pied, et aussitôt rentré, j'ai repris sérieusement les entrainements de vélos, à cause des courses qui arrivent bientôt. Ainsi, la veille de la course à LaSalle, avec une sortie vélo de 2h30 en extérieur, je m'attendais plus à un 34 minutes, mais cela me convenait très bien vu que je chassais ce chrono depuis 2013.

   Le jour de la course, lors de l'échauffement, j'ai toutefois senti que les jambes n'étaient pas trop dures. C'est étonnant, car j'ai commencé les sorties de vélo extérieures tard cette année (1er mars, contre mi-février l'an dernier), et le premier mois de vélo dehors laisse des traces habituellement. Mais vu la bonne forme, j'ai donc décidé de partir sur du pace costaud !

   Le parcours était exposé au vent, mais nous avions la chance d'avoir d'excellentes conditions, soleil, très frais (-5°C) et une petite brise. Avec ma prise au vent, je roulais à 3'30''/km avec le vent de face, mais je compensais par des kilomètres en 3'14'' - 3'18'' avec le vent de dos. Sur la première boucle, j'ai trouvé un rythme moyen de 3'24''/km, passant 17'01'' à mi-course, ce qui est d'ailleurs mon PB sur 5km. Cependant, je me suis trouvé un peu gourmand, car je ne voyais pas trop comment je pouvais réitérer cette vitesse là sur 5km à nouveau. J'ai tout de même tenté d'accélérer au kilomètre 6, et il a fallu que je me sorte les tripes pour faire mon split négatif. A deux kilomètres de l'arrivée, comme à New York, j'ai commencé mon combat contre l'horloge. Avec un temps de 27'10'' à la huitième borne, il me fallait rouler 3'25''/km jusqu'à la fin, ce qui était amplement faisable, pour briser le 34. Mais avec le vent et un kilomètre à 3'30'', je me retrouve à 1000m de l'arrivée en 30'40'' et l'obligation de sortir un kilomètre en dessous de 3'20''. Je me suis rendu à l'évidence qu'avec les jambes explosées que j'avais à ce moment là, c'était peine perdue, mais j'ai continué à pousser. Dans la dernière ligne droite, impossible de ralentir avec la fameuse horloge qui indique 33' et qui se rapproche doucement du 34'. Le suspense a tenu jusqu'au bout puisque j'ai franchi la ligne en 33'59''5 sous les encouragements de ma chérie (temps de la puce : 33'58'', j’avais de la marge finalement !)... Et vomi pour la première fois de ma vie juste après la ligne. J'ai finalement réussi à faire un autre PB sur 5km dans la deuxième moitié, 16'57''. Vidé (au deux sens du terme) mais satisfait ! J'espère transposer mes progrès de course à pied sur le triathlon à présent, ce qui est une autre histoire.

COURSE POPULAIRE DE LASALLE- 10KM

33'58''

17,664km/h,  3'23''/km

11ème sur 739 finishers

6ème homme 20-29ans.

21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 12:39

   Avec l'hiver vigoureux auquel on a eu droit au Québec, il est clair que ce n'était pas du coté du vélo qu'il allait être bénéfique de passer du temps. J'ai donc mis le focus sur la course et la nage. Après avoir couru 1h16'22'' à Philadelphie en Novembre, je me suis mis comme objectif une minute de mieux à New York en Mars, soit un 1h15 bas. Pour cela, je me suis donné les moyens avec une belle préparation. Comparée à celle de Philadelphie, ce fut le jour et la nuit. Voilà un tableau comparatif de la façon dont je me suis préparé pour Philadephie et New York:

 PhiladelphieNew York
Nombre de semaines de préparation511
Kilométrage hebdomadaire maximal109,5121
Semaines à plus de 100km23
Pace de la séance de piste type : 5x1500m3'25''/km3'20''/km
Pace de la séance de piste type : 2x4600m3'38''/km3'29''/km
Pace 1/2 marathon travaillé en longue sortie3'39''/km3'27''/km

   Autrement dit, j'ai réussi à combiner semaines de gros volume de course avec bonnes sensations à la piste. Compte tenu que je travaillais aussi la nage assez sérieusement, et me gardais une petite base de vélo, je me suis tapé des semaines de 25h en plein février, le mois le plus froid de l'histoire du Québec cette annnée.

   Concernant la stratégie de course, elle était inversée par rapport à Philadelphie, car les côtes (Central Park) étaient en début de course sur les 10 premiers kilomètres. Le pace moyen visé était de 3'34''/km soit trois secondes de mieux qu'à Philadelphie. Vu que j'allais sortir avec du retard de Central Park, et vu que les côtes ne sont pas mon point fort et qu'il faut en plus être frais à mi-course, je pensais sortir du parc avec une moyenne de 3'38''/km, et donc rouler à 3'30''/km sur les 10 derniers kilomètres très rapides en ligne droite le long de la Hudson river, jusqu'au Financial center. Le pace à travailler en entrainement allait donc être du 3'30'' et s'est révélé assez confortable pour tous les 2 ou 3km pace demi effectués en fin de session de piste et pendant les longues.

   Le jour de la course, l'excitation était là, et j'avais hâte de courir et d'essayer mes nouvelles Zoot Kiawe et les dernières Smith Optics Arena. J'ai été surpris par la difficulté de Central Park, il n'y a tous simplement pas de plat, et on alterne entre des kilomètres 20 secondes trop lents ou 20 secondes trop rapide. A l'approche du kilomètre 10, je me suis senti bien taxé par les montées - descentes. Je passe en 36'20'' soit 3'38''/km, pile ce que je visais,mis à part que j'aurais aimé avoir les cuisses plus fraîche. A peine sorti du parc, j'ai tout de même eu de la facilité à accélérer, et à me mettre dans le rouge, et ce, jusqu'à la fin sans ralentir. Mon plan aurait certainement fonctionné si la météo n'avait pas décidé ce jour-là d'envoyer un vent de sud-ouest, autrement dit de 3/4 face du haut de Central Park jusqu'à l'arrivée, donc sur les 15 derniers kilomètres. Nous avons eu droit à un petit répis dans Time Square, vide, au kilomètre 11, instant magique, puis le vent continu n'a pas cessé sur tout le reste de la course sur le bord de la rivière. J'ai eu beau pousser, mais avec ma carcasse, j'avais une belle prise au vent et personne d'assez gros pour me protéger, et de toute façon, je n'ai fait que doubler du mnde sur cette portion de la course, notamment mon ami Marc, même objectif que moi, mais même gabarit aussi, et donc même soucis. Nous avons eu l'impression de pousser aussi fort que dans le 3'27''/km lors des longues sorties, serrant les dents très fort, mais le verdict est tombé au kilomètre 20 : 35'56'' sur les dix derniers kilomètres, soit 3'35''/km, bien trop lent. Même le dernier kilomètre à bloc (en 3'28'' malgré une montée pour sortir d'un tunnel) n'a pas suffit pour casser le 1h16', et je finis en 1h16'18'', 4 secondes de mieux qu'à Philadelphie, avec Marc 9 secondes derrière. Maigre récompense, mais je me dis que l'effort pour le 1h15 était là, et je positive en me disant que ce travail paiera tôt ou tard sur les triathlons de cet été.

NEW YORK CITY HALF MARATHON - 21,1KM

1h16'18''

16,592km/h,  3'36''/km

119ème sur 19455 finishers

34ème men 25-29 years.

22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 22:15

unnamed   Après avoir fini ma saison de triathlon, j'ai rechaussé mes Zoot Kiawe pour embarquer dans la saison de course à pied d'automne. Même si je suis resté plus sage que l'an dernier en sélectionnant seulement quelques courses sur route, mes résultats m'ont déçu (35'24'' au 10km de la coupe Dix30 de Longueuil, 36'13'' au 10km de la classique du parc Lafontaine). La cause ? Après l'avis du spécialiste Dorys Langlois, j'aurais perdu ma VMA de printemps (20,4km/h d'après mon demi-marathon de printemps, contre 19,5km/h d'après mon meilleur 10km d'automne). En effet, le maintien de la VMA l'été se fait par le biais des séances du jeudi, séances auxquelles je n'ai pas été très assidu à cause des triathlons le samedi ou dimanche et du besoin de repos pré-course. C'est clair qu'en 2015, il y aura plus de B-races et d'entrainements le jeudi...

   Du coup, à 5 semaines de la dernière course de la saison, le demi-marathon de Philadelphie, j'ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté en arrêtant les courses, et mettre l'attention sur l'entrainement. J'ai retravaillé ma VMA à la piste, fait de belles semaines d'entrainement jusqu'à 110km, avec des sorties de 30km et plus le dimanche, avec allure demi-marathon.

   D'un côté, 110 est mon kilométrage hebdomadaire maximum à vie, et sachant que j'ai couru 1h17 en avril avec 60km de moyenne hebdomadaire, je me dis que ça peut être bénéfique, surtout que les kilomètres sont assez bien rentrés. Ce n'est pas énorme, car d'autres coureurs sont bien au-delà, mais il faut savoir que j'ai recommencé à nager beaucoup (mi-octobre à mi-avril est la période où j'essaie d'améliorer ma nage), et je me donne aussi un kilométrage minimal à respecter en vélo pour éviter de repartir de zéro au printemps. Du coup, je me suis rentré des semaines à 25h, et avec la fin de session à l'université, ça n'était pas facile à gérer. Malgré ça, toute mes séances de course, piste comprise, ont été avec de bonnes sensations, et c'est une première.

   D'un autre côté, on ne gagne pas 1km/h de VMA en un mois, donc je savais que je ne faisais pas tout cet effort pour un record personnel sur demi-marathon, mais plus pour un temps respectable honorant mon inscription. Cet entrainement serait aussi le début 'un hiver de gros entrainement de course à pied avec des espoirs de meilleurs temps au printemps 2015. Je me suis donc rendu à Philly en m'enlevant de la pression, juste courir du mieux que je pouvais.

5.jpg1.jpg   La nuit s’annonçait déjà courte, et en plus inconfortable, notamment à cause des séances de bras pour regonfler le matelas gonflable qui s’est mis à se dégonfler à 23h. Finalement, après 5h de sommeil recroquevillés avec ma chérie sur le petit divan du salon, nous avons commencé à partager beaucoup de stress d’avant course, moi pour la souffrance du pace de 3’40’’/km visé, elle pour la souffrance à venir dans les derniers kilomètres de son premier demi-marathon.

   Après l’avoir accompagnée dans son corral, je me suis rendu au mien sans gros échauffement, en tenue assez minimale, malgré la fraicheur de 7h. Je me suis senti d’excellentes jambes d’entrée de jeu, chose assez rare et agréable. Dans l’inconnu complet sur mon pace (trop rapide, trop lent ?), c’est au bout de 4,83km que je me rends compte que je suis à la seconde près dans le rythme prévu, en apercevant le premier marqueur de miles, le troisième. Je suis bien confortable, et il y a beaucoup de monde dans les rues, alors je maintiens le rythme sans mal jusqu’au kilomètre 8. Là, j’accélère un peu et passe avec pas mal d’avance sur le tapis du kilomètre 10 en plein cœur de Philadelphie, en 36’15’’ (soit le temps de mon 10km il y a un mois à 2 secondes près). Toujours en plein confort, je maintiens ma poussée, surtout qu’il est bon d’attaquer les côtes de la deuxième partie avec un peu d’avance sur le chrono. Je dépasse beaucoup de monde dans ma quête de negative split, dont les femmes élites parties 20 secondes avant. Vu la souffrance que j’avais subie pour sortir 3’40’’/km en avril, je suis étonné d’être aussi confortable à 3’37’’5/km, et j’espère ne pas avoir de mauvaise surprise plus tard.

   Les choses se corsent entre les kilomètres 12 et 16, où de belles côtes à 9.jpgmonter et descendre me tapent sur les quads. Au mile 10, toujours avec 20 secondes d’avance sur mon plan le plus optimiste, je commence à croire à un sérieux PB. Après la dernière grosse descente, j’aperçois dans un U-turn mon pote Fred qui doit avoir 50m d’avance et ça me pousse à garder mon rythme (3’36’’5/km sur la deuxième moitié malgré les deux belles côtes). Sur les trois derniers kilomètres, le long d’une rivière, donc tous plats, la douleur dans les cuisses se fait sentir, mais l’odeur  de la ligne d’arrivée avec un temps inespéré me pousse à garder le rythme.

   Je passe finalement la ligne devant le Art Museum en 1h16’22’’, un temps sorti de nulle part à voir comment je cours ces derniers mois. L’entrainement des dernières semaines a finalement bien fonctionné. Pour madame aussi, la journée a été belle, avec un premier demi-marathon complété un peu plus tard, le sourire aux lèvres, les douleurs aux jambes. La course à pied est un sport assez mystérieux pour moi encore. Autant je parviens toujours à prédire mes temps de nage et de vélo, autant en course à pied, je dois m’attendre à être loin de mes prédictions, dans le pire comme dans le meilleur, et aujourd’hui il faut bien l’avouer, c’était dans le bien bien meilleur.

   2014 étant tourné, la place est maintenant libre pour de beaux entrainements d'hiver, et pourquoi pas être surpris encore à la prochaine course en mars 2015, au New York City half marathon.

10715895_10205663972428657_201902154_n.jpg

PHILADELPHIA HALF MARATHON - 21,1KM

1h16'22''

16,578km/h,  3'37''/km

62ème sur 12758 finishers

23ème men 25-29 years.

27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 21:06

unamed.png   "The good pace is a suicide pace. Today is a good day to die."

   Même si c'est finalement les conseils de Steve Prefontaine que j'ai décidé 10257789_10203777124896678_5915890464393105600_n.jpgde suivre, j'avais initialement d'autres plans pour le demi-marathon de Montréal, support des championnats canadiens de la distance, surtout pendant une bonne semaine de 21h d'entrainement avec pas loin de 300km de vélo. Il faut dire que je n'étais pas du tout en confiance sur ma progression en course à pied, à cause de deux courses de 10km dans le mauvais temps qui ne m'ont pas permis de vérifier les progrès pendant l'hiver (LaSalle en mars, dans la tempête de neige, et St Laurent en Avril dans le vent). C'était aussi l'occasion de tester ma tenue complête Zoot. Donc le but était de partir sur un rythme de 1h19 et d'accélérer si possible sur la fin. Mais en voyant mes amis Steve et Jean-Philippe, bien décidés à partir sur du 3'40''/km, et avec le vent qui s'annonçait, je n'ai pas eu d'autre choix que de les suivre... Après avoir vidé un bidon de Pro Circuit X1...

Bric-a-brac-5058.jpg   Durant ma course, je n'ai fait que traverser des high et des down. Un premier down sur les premiers kilomètres, où je me questionnais sérieusement si j'allais vraiment tenir cette vitesse jusqu'au bout. Puis un high au kilomètre 7, car avec le vent dans le dos, tout semblait facile. Au kilomètre 9, dans la grosse portion de 2.5km face au vent, il a fallut faire un travail d'équipe: Steve donnait un top toutes les 30 secondes pour indiquer qu'il fallait changer le relayeur de tête. A ce petit jeu, nous avons gardé le pace même dans le vent, en passant en 36'55'' au 10km, on pace. Puis, malgré le vent dans le dos, je n'ai pas pu éviter un petit down sur quelques kilomètres, la fatigue devenant présente.

   En passant au kilomètre 15 en 55'25'', le moral est un peu revenu, et les jambes aussi, sachant que la ligne d'arrivée n'était plus qu'à 6km, et les encouragements de ma belle allaient pleuvoir dans deux kilomètres. J'ai alors un peu accéléré, claquant deux kilomètres en 3'30'', ce que j'ai aussitôt payé au kilomètre 17, les deux jambes complêtement explosées, avec 4 kilomètres à tirer pour rentrer vivant au bercail. Jean-Philippe est revenu sur moi, et j'ai du lutter pour rester avec lui, Steve suivant juste derrière, tous trois pétant le 1h18 largement à la ligne d'arrivée, avec un pace moyen sur la course de... 3'40''/km. Ca a tenu !

   Cette course m'a rendu profondément heureux, car je peux enfin mesurer le fruit de mes efforts de cet hiver, diminuant mon précédent record personnel par deux minutes. Bref, dans 10 jours, la saison de triathlon débute, et je suis enfin confiant.

Bric-a-brac-5063.jpgCrédit photo: https://www.facebook.com/GwendolinePichardPhotography

 

DEMI-MARATHON DE MONTREAL - 21,1KM

1h17'38''

16,307km/h,  3'40''/km

39ème sur 2663 finishers

10ème homme 25-29 ans.

9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 20:15

    La course des pichous est devenu une classique incontournable dans mon calendrier, à cause du très bon niveau des coureurs de cette course, avec plus de 1000 coureurs, mais aussi car c'est l'occasion de découvrir la région du Saguenay, chez mon training partner JP, de bouffer des burgers de la mort, et de courir dans le bois sur les deux mètres de neige accumulées pendant l'hiver.

   Concernant la course, nous avons eu un peu peur en voyant la petite bordée de 10cm de neige le matin. Heureusement, la course se déroulant à midi, la route a eu le temps de se faire dégager, et nous n'avons eu qu'une chaussée humide. Le plan de match était de partir au pace de 3'36''/km, mon pace de l'an dernier, et d'accélérer sur les cinq derniers kilomètres pour améliorer mon temps. En fait, avec un vent pas très favorable sur les premiers kilomètres, nous nous sommes abrités derrière un groupe plus lent, à 3'40''/km environ. Lorsque le vent est passé dans le dos, j'ai accéléré, mais me sentant plutôt bien, suis parti plutôt sur du 3'33''/km. JP a joué la sécurité en collant au plan initial, et du coup j'ai commencé à remonter seul les coureurs partis trop fort.

   Je passe au kilomètre 5 en 17'50'', donc 3'34'' de moyenne, puis le kilomètre 10 en 35'36'', ironiquement, mon temps du 10km du parc Lafontaine de l'an dernier. J'ai donc accéléré à 3'33''/km entre les kilomètres 5 et 10, et me retrouve avec 24 secondes d'avance sur le plan initial. Mais les jambes commence à tirer, et je me sens mal à l'idée de devoir en plus accélérer comme prévu sur les 5 derniers kilomètres. Je pousse quand même pour faire du 3'29''/km sur les deux premiers kilomètres, mais ça ne tient pas et je ralenti inévitablement. J'arrive complêtement à bout, avec deux orteils complètement noirs sur la ligne d'arrivée en 53'15'', soit 41 secondes de mieux que l'an passé. Mon split des 5 derniers kilomètres est 17'39'', donc j'ai tout de même réussi à faire un toute petite accélération à 3'32''/km.

   Je termine 19ème sur 1032 coureurs, ce qui souligne le niveau qui s'améliore, avec un gagnant en 46 minutes. Cela me met très en confiance pour la suite, surtout que maintenant je carbure à la boisson Pro Circuit pour garder le rythme tout le long de la course, et que je vais rouler sur du Zoot tout neuf à la prochaine course dans trois semaines.

 

COURSE DES PICHOUS - 15KM

53'15''

16,901km/h,  3'33''/km

19ème sur 1032 finishers

9ème homme 20-29ans.

5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 12:01

   Cette course n'est pas exceptionnelle par le niveau des coureurs, pourtant c'est un rendez-vous que je ne rate jamais. D'abord parce que c'est la dernière course de l'année. Ensuite, le repas à l'arrivée fait maison par les bénévoles est tout simplement incroyable. D'ailleurs la plupart des organisateurs sont des connaissances que j'ai toujours plaisir à revoir. Enfin parce que je l'ai gagné l'an dernier (je l'ai dit, le niveau des coureurs n'a rien d'exceptionnel).

   Cette fois, je suis venu avec mon ami Jeff, champion du Québec de cross country master en titre. Un gars mieux préparé que moi pour ce genre de course, vu les très belles côtes à affronter. Nous avons été quatre en tête de la course jusqu'au kilomètre 4 environ. J'ai senti à ce moment là que le rythme n'était pas le mien, et j'ai préféré ralentir et assurer une 3ème place, tant pis, car je sentais que Jeff et Alexandre Michel étaient une coche au-dessus, mais je savais que je pouvais battre Olivier L'Hénaf, le 4ème homme du groupe. Nous sommes restés avec Olivier à environ une minute des deux premiers et c'est vers le kilomètre 8 que j'ai pu le décrocher. J'ai une belle forme en ce moment qui me permet de finir en assez bon état ma course, et je vais l'utiliser cet hiver pour faire de gros entrainement à la piste.

   Par contre, j'ai toujours été à l'aise dans les côtes, à cause de mon background en trail lorsque j'étais en France, où je faisais vraiment la différence das les montées (lire mes plus belles expériences à Cadolive, au Ventoux ou à Cheval-Blanc). Mais je me rends compte que j'ai complètement perdu cette aptitude, et suis même devenu un mauvas coureur de côtes. Je suis beaucoup plus à l'aise sur le plat et je pense mettre le cross country de côté l'automne prochain.

   J'ai terminé mon 10km de cross en 36'37'' en marchant les derniers dix mètres, juste pour taquiner Olivier qui arrivait derrière à 4 secondes finalement. On est comme ça nous les français. On ne pourra pas comparer avec mon 35'09'' de l'an passé car cette fois le parcours a été un peu allongé pour faire exactement 10km. Mais le chrono est quand même intéressant.

   Au repas d'après course, il fallait faire les réserves pour l'hiver, entre deux appels sur le podium : Médaille de la troisième place, 1er par groupe d'age, mais surtout notre équipe a finit 2ème. Du coup j'ai eu un peu moins honte que d'habitude de remplir autant mes assiettes.

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 21:29

   Bon, la saison de triathlon est finie, et il faut s'occuper pendant l'automne. Malheureusement, je me suis rendu compte que les jambes ne sont plus là pour faire des personal bests, alors autant garder ça pour mars/avril 2014 et se faire plaisir sur les cross.

   Celui-ci, j'y suis allé avec mon ami David LePorho (2h21 au marathon), qui se prépare pour la grande course des templiers en France dans deux semaines, et un autre ami, Laurent Jugand, 2h40 au marathon de Philadelphie. Bref, on était pas venu pour parler brioche. fv4l04db.jpg   Lorsque le départ est donné, comme d'habitude, des coureurs que je n'avais jamais vu partent en fous. Bon, on va dire que c'est normal car c'est un cross. Mais tout de même je rattrape tout ce beau monde au bout d'un kilomètre et me retrouve derrière Laurent et un autre coureur expérimenté, Michel Cusson. J'ai les jambes qui vont super bien malgré mes 5h de training de la veille, alors je reste avec eux. David est déjà à l'horizon bien qu'il ait déjà fait le parcours avant, alors on l'oublie ! J'ai du mal dans les descentes, mais il semble que je suis plus à l'aise que le les deux comparses dans les parties ensablées et les montées. A la fin de la première boucle, Michel décroche, et avec Laurent, on creuse l'écart. Sur les 2 ou 3 derniers kilomètres, je teste Laurent à chaque montée et lui prends 20 mètres, mais il recolle sur le plat, laissant planer le doute. La 4ème et dernière montée à 300m de la ligne est la bonne, je prends 15 secondes que je garde et finis 2ème (le niveau n'était pas vraiment là, mais je pense tout de même que la puissance du bob Skoda a fonctionné), bien loin évidemment de David... Avant de me transformer en baby-sitter !

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 CROSS DES COULEURS - 11KM

44'06''

14,966km/h,  4'00''/km

2ème sur 164 finishers

1er homme 20-29ans.

6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 18:57

Sans-titre-copie-10.jpg   T.O. est une ville qui semble regorger d’énergie, une ville protégée de la crise. Une ville à la terre fertile où d’énormes buildings poussent un peu partout. Elle s’étend à perte de vue, des centaines et des milliers de rues bien rangées et ordonnées. Je n’y avais jamais mis les pieds, en fait à part Montréal, c’est la première grande ville d’Amérique du nord que je découvre. J’ai jusqu’à présent été bien plus attiré par les trails et triathlons dans les parcs naturels, mais mes deux marathons annuels me permettent de découvrir le milieu urbain occasionnellement.

   Ce marathon-là, bien que je l’aie assez bien préparé, je vais Toronto-marathon---2013-0009.JPGle courir aux sensations, puisque mon objectif était un temps canon sur le demi-marathon de la semaine dernière. C’est Laurent qui m’accompagne depuis Montréal. Lui, a un objectif bien défini : briser le 2h40. Assez incroyable de la part d’un gars qui court 50km par semaine et ne fait jamais d’intervalles, à part les courses de fin de semaine. Assez incroyable aussi  quand on sait qu’il a dormi une heure de vendredi à samedi à cause de son travail, et 5 ou 6 heures de samedi à dimanche, ou lorsqu’onvoit que le samedi il carbure aux burgers, et le dimanche matin, démarre ses marathons au pace 10km, pour ensuite tougher sur les trois quart du parcours. Bref, j’en apprends beaucoup de ce week-end, et je décide de faire tout le contraire de ce que Laurent fait pour être sûr d’être au mieux le dimanche.

   Pour cette course-là, j’ai choisis de courir avec mes Zoot Kalani. Elles sont censées être des light trainers  spécialement conçues pour les longues sorties de courses. La semelle est un peu plus épaisse, avec là aussi une plaque de carbone à l’intérieur pour favoriser une bonne dynamique. Mais elles sont tellement confortables, que pour ce marathon, je les ai préférées à mes chaussures de compétition habituelles. Ce sont de véritables pantoufles, et pour preuve, je finirai ce marathon pour la première sans aucune douleur au niveau des pieds.

Toronto-marathon---2013-0004.JPG   Le dimanche matin, le départ est assez tôt, 7h30, depuis la rue la plus longue du monde, Yonge street, et ses quelques 1000km. Nous en feront dix en ligne droite dans cette rue, globalement descendants. Je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre, mais plutôt que de partir à un rythme assez lent, je préfère quand même avoir un bon pace, sans pour autant partir avec un temps en tête. Après tout, lorsqu’on aborde un marathon comme un gros objectif, on se doit de partir au pace prévu à la seconde près, il n’y a pas de place pour le risque. Mais lorsqu’on court de façon relaxe, et qu’on se fout du temps final, il n’y a pas de meilleur moment pour tenter des choses. Je vais donc profiter des descentes de la première moitié pour me laisser rouler, laisser les jambes courir toutes seules, sans vraiment essayer de les freiner. De toute façon, je n’ai pas de montre GPS, et les panneaux des kilomètres sont placés aléatoirement (un coup je ferai un kilomètre en 3’50’’, et un autre en 4’30’’). Ainsi, si le panneau des 5km disait vrai, j’y étais en 19’50’’. La suite, moins rapide, me fait passer en 1h29’ à la mi-parcours. Nous entrons alors dans un quartier à gros buildings, j’ai l’impression de courir à New York. Les jambes vont bien et roulent encore assez bien à 4’20’’/km sur le plat. En fait, c’est plutôt vers 28km que j’ai une petite baisse de motivation, car le parcours passe devant la ligne d’arrivée, et on se dit qu’on ne serait pas plus mal assis au bord de l’eau du lac Ontario. Au trentième kilomètre, je commence à chercher le panneau du kilomètre suivant, ce qui est mauvais signe. Je carbure au gel depuis une dizaine de kilomètre et mon estomac en a marre, je suis obligé de me rincer la bouche à l’eau claire à chaque ravitaillement.

   Sur la piste cyclable, au bord du lac et mêlé aux autres coureurs du dimanche 2.jpgvenus se défouler, la ballade torontoise a de l’allure. Mon pace diminue, sans surprise, mais c’est plutôt au kilomètre 36 qu’il s’effondre. Car le parcours n’est plus au bord de l’eau, mais sur un boulevard assez dégueulasse, et je commence à être à bout. D’un côté je me dis que c’était bien abruti de courir ça une semaine après mon demi à bloc, mais d’un autre côté je me dis que j’ai quand même bien couru sur 36km, que je vais finir aux alentours de3h05, que c’est le meilleur entrainement de course à pied du monde, et que je vais avoir une médaille de 6 kilos.

   Ainsi, après avoir sollicité toutes mes ressources mentales, je boucle finalement en 3h07. A Montréal, dans cet état, j’avais tout donné pour garder le pace, mais ça m’avais pris une semaine avant de pouvoir marcher normalement. Là, je n’avais pas le cœur à me faire mal. Du coup, j’ai les jambes beaucoup moins brisées que d’habitude, tout en ayant couru à 9 minutes de mon record, autant dire que je suis très satisfait de cette journée qui se devait d’être le point final du travail en course à pied. Je rejoins Laurent à l’hôtel. Il a fini deuxième de la course en 2h43, et est retourné à l’hôtel faire la sieste sans même attendre la remise des prix. Tout un bonhomme. Du coup, nous « crissons » notre camp assez vite après l’obligatoire bain de glaçons.

Toronto-marathon---2013-0017.JPG   A l’heure où j’écris ces lignes, je suis dans l’avion qui m’emmène pour trois semaines en France avec pour but de faire un mileage dégueulasse en vélo. Ce sera aussi le début de la saison de triathlon, avec deux courses de prévu, un mois avant le début de la saison québécoise. Il faut dire aussi que cet hiver, en ayant reçu sur la gueule dix fois ce qu’il est tombé dans le sud de la France depuis Jésus Christ, j’avais hâte de recommencer à nager à l’air libre.

 

 

 

 

GOODLIFE TORONTO MARATHON- 42,195KM

Temps : 3h07'33''

13,499km/h, 4'26''/km

55ème sur 1694 finishers

6ème homme 18-24 ans.

29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 13:33

   Sur son parcours extrêmement exposé au vent, le demi-marathon de Montréal a souvent connu des éditions catastrophiques à cause de la météo. Mais en ce 28 avril 2013, c'est un temps miraculeusement parfait que les coureurs ont découvert sur l'île St Hélène. Du soleil et pas un souffle de vent. De quoi me mettre un peu plus la pression dans mon objectif de 1h19. Et puis le jour de la fête de ma mère, pas question de se rater.

a1.jpg   Le pace allait donc être 3'45''/km. Honnêtement, je m'étais tellement reposé, et m'étais tellement entrainé durant l'hiver, que je m'attendais à trouver un moment dans la course où j'allais être capable d'accélérer pour faire même 1h18. Mais j'ai définitivement beaucoup plus un profil rapide qu'endurant. Après un long échauffement avec Dorys Langlois, le coach, avec les amis du club nous nous sommes glissés tout au devant de la course pour ne pas être gênés par les 2700 coureurs qui allaient partir à un pace plus lent. J'avais décidé de faire la course avec Matthieu, que j'avais brieffé pour partir sur le bon pace. Mais lorsque le départ est donné, je sens que nous sommes un peu rapides, et que je ne tiendrais pas 21km comme cela. Premier kilomètre en 3'40'', deuxième, idem, et au troisième je décide de le laisser partir pour prendre le rythme que je veux avoir, le 3'45''/km. Les sensations vont alors bien mieux, et je passe avec quelques secondes d'avance le 5km. Entre le 5ème et le 10ème kilomètre, je suis souvent seul sur la route, qui n'est autre que le circuit de formule 1, une route très large donc, où il y a peu de repères visuels pour estimer sa vitesse. Il faut dire que je n'ai pas de montre GPS, et mes seuls repères sont les sensations et les bornes kilométriques. Le fait d'être seul et de rattraper les coureurs partis trop vite qui ralentissent me fait perdre un peu de la vitesse. Je fais quelques kilomètres en 4'00'/km, et je réhausse l'allure juste de ce qu'il faut lorsque je m'en rends compte.

   Je passe au kilomètre 10 en 37'49'' avec un léger retard. Nous sommes maintenant au bord du bassin olympique. Vers le kilomètre 13, je commence à douter sérieusement de briser le 1h20, car j'ai du mal à tenir le pace. Un ancien olympien du 800m (lorsqu'il le courait en 1'45''), Achraf Tadili, me double, au même endroit que l'an passé. Je tente de secouer un peu la machine et le colle au train. Ca fait un peu mal, mais c'est ce qu'il faut faire pour ne pas sombrer et laisser le 1h19 s'échapper. Je parviens à suivre mon lapin sur environ trois kilomètres, mais nous voilà à moins de cinq kilomètres de l'arrivée, et peut-être que la dizaine de secondes de marge que j'ai tiendra jusqu'à la fin. Je suis bien loin de mon objectif d'accélérer, mais à ce stade, je suis dans un grand doute pour briser ce 1h20, et il redevient mon objectif numéro un.

   Au kilomètre 17, je prends un véritable bain de foule qui fait 62671_10151658490856654_942650191_n.jpgoublier les jambes un moment. J'entends beaucoup crier mon nom, bien que je n'ai aucune idée des personnes qui m'encourageaient, en tout cas je remercie chaleureusement mes supporters. Je serre les dents jusqu'au kilomètre 19, et j'ai toujours mes 10 secondes en banque, ça a tenu. J'ai une envie de vomir qui se déclanche, signe que je suis à bout. Cependant voilà le kilomètre 20, pas question de baisser l'allure d'une seule seconde. Il faut que je fasse mon 1100m en moins de 4'22' et c'est joué. Ce 1100m est interminable, la ligne d'arrivée semble ne jamais se rapprocher. Lorsque j'aperçois enfin le chrono, je me dis enfin pour la première fois sur les dix derniers kilomètres que je vais avoir mon 1h19. Et je l'aurais pour 10,6 petites secondes. J'aurais couru plus lentement de 5 dixièmes au kilomètre et c'était fichu. Je suis bien satisfait de ma performance, car finalement j'ai tout donné, absolument tout, à un tel point, que j'ai eu mal au ventre et la nausée pour une bonne partie de la journée, et les jambes remplies de toxines.

   Maintenant il va falloir songer à récupérer en vue du marathon de Toronto la semaine prochaine. C'est clair que c'est illogique de vouloir faire un marathon après un demi-marathon, sauf que celui-là je ne le fait pas pour performer, car c'était ma source de motivation afin de faire des longues sorties de qualité en avril, en vue de faire un gros mois d'avril de course à pied. C'est aussi une belle conclusion à un bon mois de mileage. Je partirais donc sur les bases de mon temps de référence de 2h58', si je fais mieux, je réinvente les théories d'entrainement de course à pied, si je casse au kilomètre 32, j'aurais 10km pour réfléchir à combien il faut être attardé pour faire un demi-marathon à bloc une semaine avant un marathon. 

DEMI-MARATHON DE MONTREAL - 21,1KM

1h19'49''

15,861km/h,  3'46''/km

48ème sur 2723 finishers

8ème homme 20-24ans.

14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 16:55

   Durant les mois de mars et d'avril, je suis parti à la chasse aux records sur 10km et demi marathon. Les courses de Lasalle et St Laurent devaient être mes deux chances pour briser mon record personnel de 35'36''. En fait, j'avais un projet plus ambitieux de briser le 35' sur cette distance.

 

LASALLE :

   Il me fallait donc partir à 3'30''/km. C'est le pace que j'ai trouvé rapidement dès les premiers kilomètres. Cependant, j'ai vite compris que ce serait dur à tenir jusqu'au bout,. En général j'aime en garder sous le pied sur la première moitié, et cette fois je sentais que commencer à puiser dans les réserves pour ne serait-ce que garder le rythme. Au passage, c'est ma deuxième course avec mes Zoot Ultra Race, et maintenant que mes pieds se sont fait à elles, c'est un plaisir de pouvoir utiliser la dynamicité de ces chaussures. Elles possèdent une plaque de carbone dans les semelles qui renvoient l'énergie à chaque foulée, et donne une impression de courir sur des ressorts. C'est un régal, et surtout une grosse différence avec mes chaussures précédentes. Elles s'enfilent comme des pantoufles et maintiennent le pied à merveille, j'ai donc hâte d'essayer de les chausser en mode éclair dans la transition d'un triathlon. Elles me portent ainsi jusqu'à la première moitié en 17'45''. J'a à ce moment là une quinzaine de secondes de retard, mais ce qui est encourageant, c'est que malgré la sensation d'avoir fait ce premier 5k à bloc, j'ai trouvé les ressources necessaires pour accélérer et faire un split négatif de 15 secondes. Je suis déçu certes d'être passé si près du but, mais j'ai aussi fait la course entièrement seul, notamment dans les parties venteuses. Ma seule motivation était de récupérer les coureurs que j'avais en ligne de mire et qui était partis trop vite. Je me dis aussi qu'à la course de St Laurent dans une semaine, en formant un pack de coureurs "sub 35", l'objectif est atteignable.

COURSE ET MARCHE POPULAIRES DE LASALLE - 10KM

35'16''

17,013km/h,  3'31''/km

14ème sur 755 finishers

7ème homme 20-29ans.

 

ST LAURENT :

8651198840_bd29b14a25_b.jpgTrois semaines plus tard, me voilà donc avec mon pack de coureurs ayant le potentiel de briser la barre du 35' : Fred (meilleur 10k en 34'37''), Guillaume, Mathieu (meilleur 10k en 35'12''), et JP (meilleur 10k en 35'40''). Cependant le vent risque de nous gêner, car le parcours est assez exposé. Dans la cohue du départ, le pack en question a du mal à se former, et finalement Guillaume, Fred et Mathieu sont 30m devant moi et JP. Il faut dire qu'énormément de coureurs sont partis trop fort et ç'a été trop dur de se trouver. C'est d'ailleurs quelque chose que j'ai du mal à comprendre, car moi, avec ma jeune expérience, j'ai déjà compris qu'il fallait partir sur le pace voire en dessous pour faire de bonnes courses, et je ne comprends pas pourquoi des gens plus expérimentés se retrouvent devant moi au premier kilomètre alors qu'à la fin ils finissent derrière moi de trois minutes. Par exemple, je dois être 40ème au premier kilomètre, et 12ème à l'arrivée. Bref, tous ça pour dire que c'est plutôt avec JP que nous avons pris des relais sur le rythme de 3'30''/km, essayant de nous rapprocher de nos amis en avant, mais sans jamais les atteindre. Le vent nous épuise un brin et nous avons un peu de retard à mi-course, rien d'allarmant, sauf que j'ai moins d'énergie que d'habitude et je sens le contrôle de la course m'échapper. Peu après le kilomètre 7, JP accélère, et me prends quelques mètres, je me dis que c'en est finit de moi, car je vois le retard qui s'accumule, et je sais que je ne retrouverai pas l'énergie nécessaire pour bien finir. Je ne comprends pas trop d'où viens cette fatigue, car je me suis reposé plus que d'habitude avant la course, et le vent n'explique pas entièrement les 50 secondes de trop lorsque je franchis la ligne d'arrivée, 20 secondes derrière JP. Je dois donc me contenter d'un record de 35'16'' d'il y a trois semaines, et je devrai patienter jusqu'en juillet ou octobre pour tenter de briser ce 35 sur un parcours plat. J'ai en tout cas tout donné sur ces deux tentatives, et ne doit pas être déçu d'un record de 20 secondes 5 mois après l'ancien. Il faut juste que je révise un objectif de 1h19' au demi-marathon de Montréal plutôt que 1h17'.

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COURSE DE ST LAURENT - 10 KM

35'49''

16,752km/h,  3'34''/km

12ème sur 594 finishers

6ème homme 20-29ans.

 

CLASSIQUE MEC A LONGUEUIL :

   Ce dernier 10km du printemps était plus un entrainement qu'une course. Le but était de tester ma récupération après une longue sortie d'entrainement marathon la veille de presque 30km avec des allures marathon. Bien que les jambes avaient l'air d'être assez correctes, sans trop de douleurs, je n'ai pas réussi à prendre le pace demi-marathon comme prévu. J'ai même lutté pour courir en bas de 4'00''/km mais au final je suis satisfait d'avoir pu pousser un peu la machine, grâce au dossard et à la linge d'arrivée, chose que je n'aurai pas fait seul en entrainement.

   Cette course était aussi endeuillée par les évènements sanglants de Boston, comme toutes les courses dans le monde ce jour-là, et les couleurs du deuil parmi les couleurs étaient logiquement le jaune et le bleu. Il est clair que les responsables des actes de lundi dernier ont été réalisés par des gens dont des valeurs comme la fraternité, la tolérance, l'accomplissement personnel, la réussite, le partage, la liberté, la solidarité, le respect sont des notions complêtement étrangères, car ce sont ces valeurs là qui étaient représentées à Boston, lundi lorsque des milliers de personnes d'origines différentes, de cultures différentes, de classes sociales différentes, de religions différentes, de nationalité différentes, enfilaient la même panoplie et partageait la même route de 42,195km avec un même but.

   En septembre, j'avais fait le même type de week end sauf que j'étais arrivé à sortir un 38'15'' sur mon 10km le dimanche matin. Mais je ne suis pas tant inquiet que ça car je ressors de ces grosses dernières semaines d'entrainement avec des jambes sans douleur (volume horaire hebdomadaire des quatre dernières semaines : 24h, 24h, 22h, 22h), ce qui n'était pas le cas la semaine de la course de St Laurent où du coup j'étais plus inquiet. Maintenant que le plus dur est fait, j'ai deux semaines que je vais prendre très relax, afin de performer au demi-marathon de Montréal et de m'amuser au marathon de Toronto.

CLASSIQUE MEC A LONGUEUIL - 10KM

39'00''

15,385km/h,  3'54''/km

6ème sur 143 finishers.

16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 22:34

    Il existe tellement peu de courses de 15km que lorsque l'occasion se présente, on saute dessus. La distance est pourtant très intéressante, à mi-chemin entre le 10km et le demi-marathon. La difficulté de la semaine a donc été de trouver le pace 15km, rebaptisé pour l'occasion "pace pichous". Moi et mon sport partner JP avions initialement décidé de partir à 3'40''/km. Cependant la tâche s'est compliqué quand de nombreux coureurs nous ont conseillé de partir au pace 10km, à cause du parcours légèrement descendant. Après de nombreuses hésitations, nous avons finalement décidé de prendre le pace de 3'35''/km. "Ca passe ou ça casse".

   Située tôt dans l'année, et qui plus est dans le nord du Québec, au Saguenay, cette course est soumise au caprices de la météo. Heureusement, nous avons échappé à la tempête de neige, ce qui n'était pas le cas il y a deux ans. Mais le -23°C le jour de la course ne donnait pas envie de partir courir. Le petit vent dans le dos et le parcours rapide furent deux éléments motivateurs importants.

   Lorsque le départ est donné de Jonquières à midi, les 1400 coureurs partent vite, très vite, trop vite. Avec JP, nous nous laissons un peu emporter par le flot et passons le premier kilomètre en 3'19''. Assez vite, nous rectifions le tir et cherchons l'allure de croisière. Le 3'35''/km semble trop rapide, et c'est plutot à 3'39''/km que nous trouvons nos repères. Nous respectons ce pace à la seconde près pendant un bon moment. Nous sommes très faciles et en plus de ça beaucoup de coureurs autours de nous commencent à souffrir à cause de du départ rapide. En un clin d'oeil, nous nous retrouvons au kilomètre 10 en 36'30'', avec l'impression de faire le jogging du dimanche. J'annonce alors à JP que je vais essayer d'accélérer pour finir fort sur les cinq derniers kilomètres. JP veut embarquer, mais se verra contraint à garder le pace initial à cause de crampes d'estomac.

   De mon côté, ce qui devait être au début une simple accélération se transforme en sprint, surmotivé par le fait de rattraper autant de coureurs et par les encouragements du public. Je suis à 3'22''/km sur deux kilomètres, puis diminue un peu le rythme, bien que j'aurais voulu courir jusqu'à la fin comme ça. Le parcours longe la rivière du Saguenay, et malgré le cadre idyllique, j'ai hâte de finir. J'aperçois alors Chicoutimi, mais pas de ligne d'arrivée. J'espère profondément qu'il ne faut pas traverser la ville car je suis à bloc. Heureusement, après un petit virage, la ligne d'arrivée apparait. En voyant le chrono, je me dis que je peux faire un sub 54', mais si j'accélère, je vais vomir, mais si je ne fais pas un sub 54', je vais m'en vouloir toute la semaine, bon, du coup, je sprinte, passe 4'' avant le 54', m'accôte sur une barrière, mais finalement ne vomis pas.

   J'ai donc couru en 3'29''/km sur les cinq derniers kilomètres, ce qui est très encourageant. J'ai même décroché une bourse pour avoir finit 2ème chez les hommes 20/29ans, et un personal best de huit minutes. Mais ce qui me trotte dans la tête avec le recul, c'est que 3'39''/km pourrait bien être mon pace demi-marathon., ce qui fait un 21,1km en 1h16'59''. Avant de me fourvoyer au demi-marathon de Montréal le 28  avril, il reste par chance deux 10km pour huiler la mécanique.

 

COURSE DES PICHOUS - 15KM

53'56''

16,687km/h,  3'35''/km

12ème sur 1121 finishers

2ème homme 20-29ans.

13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 13:32

    Je n'ai jamais eu vraiment l'occasion de participer à des cross. En France, la saison des cross coincide avec celle des trails, et j'ai toujours pris plus de plaisir à courir dans les montagnes. Ce premier hiver au Québec est donc l'occasion de découvrir cette discipline. Mon premier cross a été celui des couleurs, où j'ai découvert avec plaisir un parcours difficile dans le sable la plupart du temps. Cette fois-ci, le cross Boreal a un parcours bien plus facile et roulant à travers le bois de L'Ile Bizard. Les quelques difficultés viennent plus des côtes du parcours.

   Ce matin, malgré la température proche de zéro, le temps ensoleillé donne des conditions idéales de course. A priori, ce sera ma dernière compétition de Novembre, et quasiment de 2012. Alors j'ai bien envie de tout donner. Lorsque le départ est lancé, dans une montée, je me sens d'entrée de jeu en très bonnes jambes. Cette sensation ne disparaitra pas de la course, cela est en partie dû au froid qui doit sûrement anesthésier les muscles, il faut dire que je suis un des rares à courir en cuissard court. Passée la première montée, un groupe de coureur se forme. A ma grande surprise, les jeunes spécialistes de cross ne sont pas agressifs dans les premiers kilomètres, et j'arrive assez bien à suivre le groupe. En fait ma stratégie consiste à toujours être deuxième dans ce groupe de tête, et donc à calquer mon rythme sur le coureur qui décide de prendre la tête. Toutes les cinq minutes, un nouveau coureur prends la tête. Etonné par ce rythme que j'arrive à suivre, je sens dès le deuxième kilomètre que j'ai quelque chose à jouer dans cette course. Les kilomètres sont rapides, en 3'20'', 3'25'', mais c'est principalement dû au faux-plat descendant jusqu'à la mi-parcours. Je reste sagement dans le groupe jusqu'à ce point, où le faux-plat devient montant.

boreal-xcountry-2012a-500x367.jpg   Je me contente de garder un rythme soutenu dans les premières pentes ascendantes, et cela suffit à éclater le peloton. Je fais cavalier seul en tête, mais j'entends que le deuxième n'est jamais très loin. J'ai donc un peu de pression sur la deuxième moitié, espérant que je ne suis pas parti trop fort, car si je casse, le deuxième ne fera qu'une bouchée de moi. Je résiste avec de très bonnes sensation, suivant le vélo ouvreur du parcours. A un kilomètre de l'arrivée, la dernière côte, la plus dure, me fait exploser le coeur dans ma poitrine. Mais à son sommet, je me retourne, et constate que j'ai assez d'avance pour franchir la ligne le premier, surtout qu'il y a devant moi une belle descente dans laquelle on ne pourra pas me rattraper. Je termine ainsi en 35'09'' avec 14 secondes d'avance sur le deuxième, très satisfait de mes sensations, et de ce parcours enchanteur. Mais la cerise sur le gâteau viendra plutôt du banquet gastronomique de l'arrivée trop souvent oublié sur les autres courses au Québec, malgré le faible coût de l'inscription de la course d'aujourd'hui.

COURSE X-COUNTRY DE BOREAL - 10KM

35'09''

17,070km/h,  3'31''/km

1er sur 322 finishers

1er homme 20-29ans.

5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:56

   Habitué aux saisons qui ne s'arrêtent jamais en France, je cherchais à grapiller la moindre course pour mon premier hiver au Québec, histoire de m'ennuyer le moins possible. Après une longue saison de longues distances l'été, je prends beaucoup de plaisir à ne faire plus que du court durant l'hiver. Pas question de laisser passer ce 10km aux portes de la cité Montréalaise, à Brossard, sur la rive sud du fleuve St Laurent. Avec mon ami Jean, nous nous sommes présentés assez tôt en cette fraîche journée, où quelques flocons s'étaient même permis de faire irruption plus tôt dans la matinée. Nous sommes même arrivés les premiers. Il faut dire que nous avions peur qu'il y ait beaucoup de monde à cause de l'annulation du marathon de New York, suite aux dégâts de la tempête Sandy.

   Ce matin, je ne me vois pas souffrir autant que j'ai souffert pour battre mon record à la classique du parc Lafontaine il y a trois semaines. Et puis, il n'y a pas de bornes kilométriques pour courir à la montre, donc aujourd'hui je vais courir au feeling, ou même stratégiquement, en fonction des autres coureurs.

DSC09482.jpg   Lorsque le départ est donné, je suis impressionné par le gros pace que prennent immédiatement la plupart des concurrents. C'est quelque chose que j'ai remarqué récurrent dans les courses où le niveau est peu relevé, comme c'est le cas aujourd'hui à cause de la concurrence d'une autre course, la Oka road race. Peut être que le manque d'expérience de la plupart des coureurs les pousse à faire les mêmes erreurs que je faisais il n'y a pas si longtemps. Aussi, je laisse filer tout ce beau monde, et prends tranquillement mon rythme. Il y a deux mois à peine, j'aurais paniqué et cherché à suivre le train. Mais aujourd'hui, je sais qu'il est plus payant de patienter. Dès le premier kilomètre, je remonte de la dixième à la quatrième place. Puis l'écart se stabilise avec les trois hommes de tête, je cherche juste à conserver cet écart patiemment, attendant qu'ils faiblissent. L'un craque au kilomètre 4, et je le double à la mi-parcours. Cette mi-parcours marque aussi le moment où ce n'est plus la peine de se contenir : il est temps de lâcher les chevaux. Aussi, je ne sais pas si c'est moi qui ai accéléré, où eux qui ont ralenti, mais tout doucement, au fil des kilomètres, l'écart avec les deux coureurs diminuait. Vers le kilomètre 7, je reviens finalement à leur hauteur, et reste sagement abrité derrière eux. Au kilomètre 8, me sentant en jambes, je choisis le moment d'accélérer et de les laisser. A ce moment là, l'un casse, et l'autre relève le défi de me suivre. Pendant un kilomètre j'entends ses pas juste derrière moi. Mais je suis surmotivé par le fait de courir derrière la voiture de police ouvrant le parcours, et trouve encore les ressources de mettre une dernière petite coche dans le dernier kilomètre. J'entends alors de moins en moins les pas de mon poursuivant. A 50m de la ligne d'arrivée, je me retourne et constate qu'il n'est pas si loin, me confirmant qu'il faut bien sprinter pour assurer la victoire.

   Je passe la ligne avec seulement deux secondes d'avance, mais tellement satisfait d'avoir maîtrisé stratégiquement la course. J'ai même une seconde de trop comme dirait Jacques Anquetil, disons que c'est la marge de manoeuvre. Une autre surprise est mon chrono final, 34'05'', 1'30'' de mieux qu'il y a trois semaines. Je sais alors immédiatement que le parcours est plus court, car je ne suis pas dans le même état qu'à la classique du parc Lafontaine, ce qui est confirmé par les coureurs ayant des montres GPS, il manque à peu près 400m. Mais reste la satisfaction d'avoir finit en tête des 219 coureurs d'aujourd'hui, et de fêter ça au milieu de tous les fruits du ravitaillement d'après course.

CLASSIQUE DE LA MEC A BROSSARD - 10KM

34'05''

17,604km/h,  3'25''/km

1er sur 218 finishers

1er homme 20-29ans.

28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 20:43

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P1020255        Il existe bien des manières de dire au revoir à une ville que l'on aime. Celle que j'ai choisie est, je pense, la plus appropriée après ces courts quatre mois que j'ai passés sur le nouveau monde. Cette ultime ballade de 42km que je m'offre dans la cité canadienne parachèvera mon séjour et me fera profiter de précieux derniers instants avant de sortir je l'espère par la grande porte.

        Il est 8h40 lorsque plus de 2000 coureurs s'élancent sur le gigantesque pont Jacques Cartier pour un rendez-vous avec leur destin. Les vis ne tremblent pas sous les pas des coureurs. Le début du parcours offre une visite des sites touristiques de Montréal, parc d'attraction, piste de formule 1. Les jambes avancent naturellement, comme si elles savaient ce qui les attendait, comme si elles connaissaient l'épreuve à affronter, comme si elles savaient d'avance qu'il est inutile de lutter contre ma volonté. Les premiers kilomètres se déroulent sans anicroches. Je regarde ma montre et à 9h10 je pense à ma famille qui a du en finir avec le 5km. Ils ne sont pas atteints de la même folie que moi. Inchallah. Au bout de 15km le vieux port marque l'entrée sur l'ile de Montréal. Dès lors, le public s'amasse au fur et à mesure que les kilomètres défilent. Je passe mon premier semi en 1h45, c'est plus que la semaine passée, et en plus les jambes s'alourdissent. Déjà.

P1020228        Heureusement, lorsque la jonction se fait entre les marathoniens et les semi marathoniens au km 24, l'allégresse contagieuse qui domine les coureurs débutant leur 21km se propage à travers tout le monde et donne un deuxième souffle. Si bien que la course en devient presque facile, j'ai presque envie d'accélérer, mais je me l'interdit rigoureusement pour ne pas faire de mauvaise gestion d'effort. Je prends tous les 5km à titre préventif du gel énergétique, qui me donne des ailes, je parviens presque facilement au km 32.

Marathon mtl       Dès lors, on aperçoit déjà l'arrivée: Le stade olympique et sa tour penchée la plus haute du monde offrent un objectif concret aux coureurs venus en découdre avec la distance ultime. Un ami footballeur qui m'attendait partage mon chemin et m'accompagne sur quelques kilomètres. La sympathie des gens du Québec est telle qu'elle va donc même jusque dans le partage de la souffrance. J'atteins le km 37 étonné de ne pas avoir rencontré de mur. Les 5 derniers kilomètres se durcissent, sous l'effet du faux plat montant, sous l'effet du mental qui sent la fin approcher, et sous l'effet des jambes qui ont de plus en plus de mal à s'opposer à la terrible attraction terrestre. Je dois marcher quelques secondes aux deux derniers ravitaillements pour me donner du courage pour affronter les hectomètres à venir. Mais la foule toujours plus nombreuse et enthousiaste rappelle bien vite que la meilleure façon de terminer est au pas de course. Au kilomètre 41 apparait le stade olympique, en face de moi, de nous, dans toute sa majesté. Alors les jambes se lâchent, se décrispent, s'envolent. Je ne cours plus, je plane, les yeux rivés sur l'imposant bâtiment. Je passe de 12 km/h à peut être 14. J'ai décidément bien récupéré de mon marathon de la semaine dernière. C'est peut être aussi la magie de la ville qui opère. J'atteins très vite l'entrée du stade olympique. Lorsque je pénètre à l'intérieur, j'entends retentir encore les échos des cris des 80 000 spectateurs qui avaient assisté à la victoire de l'allemand Waldemar Cierpinski lors des jeux olympiques de 1976. Ma gorge se noue.

P1020229   5  Septembre 2006. Je pratique le VTT depuis trois ans en club mais mes études m'ont conduit à me déplacer à Lyon, sans mon vélo. Je chausse mes baskets pour le premier jogging de ma vie. Je rentre exténué au bout de 8km. Je ne comprends pas où est le plaisir de courir, le vélo est tellement plus agréable. Cependant une étincelle vient de s'allumer en moi.

     5 septembre 2010. 12h17. Je parcours mes premiers mètres dans l'olympic stadium montréalais. La petite étincelle est devenue un véritable brasier qui me consume de l'intérieur, comme un carburant. Au fur et à mesure que la ligne d'arrivée se rapproche, le moment s'ancre dans ma mémoire. Je sprinte. Je franchis la ligne. 3h38'. Je viens de courir mon huitième marathon. Le septième en moins d'un an.

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MARATHON DE MONTREAL - 42,195KM

Temps officiel : 3h39'19''

Temps réel : 3h38'42''

11,576km/h, 5'11''/km

430ème sur 2114 arrivants

37ème homme 18/24 ans.

 

Les photos ici.

23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 17:31

11 299427 10151111391943853 239095177 n   Il fallait être un peu fou pour vouloir améliorer un record de plus de 20 minutes sur marathon, et par la même occasion aller briser le trois heures. Mais voilà, mon amie Marie-Caroline ayant décidé de courir celui-là en 2h56, et étant pour la première fois un coureur invité sur une course, je n'avais pas d'autres choix que de l'accompagner. Mon contrat était clair, je me devais de tout donner pour garder le pace de 4'10''/km sur les 32 premiers kilomètres puis après je déciderais si j'allais accélérer ou bien m'effondrer sur le pavé. En tout cas, pour mettre toutes les chances de mon côté, dès la saison de triathlon finie, j'ai fait quelques sorties longues de marathon. Je les ai même bien faites, ce qui m'a mis en confiance. J'ai même fait des cauchemars ou je me perdais pendant le marathon dans la nuit du samedi au dimanche, ce qui m'a encore plus mis en confiance. Bref, pour la première fois le marathon revêtait une saveur de Rock'n'Roll, et moi pour la première fois je voulais briser le 3h une bonne fois pour toute.

   J'ai dégusté chaque moment de cette course, et même d'avant-course. Mon dossard n°8 me donnait accés aux premières lignes, à quelques dizaines de centimètres des africains. BIen que le temps était idéal, une multitude de doutes m'assaillaient le matin de la course. Est-ce que j'allais encore m'effrondrer comme tous mes autres marathons ? Mais la treizième prise allait être la bonne. Moteur, on tourne.

400889 10151092485187736 924119675 n   A 8h30, le départ est donné. Même si les premières centaines de mètres sont 4en descente, avec Marie-Caroline, nous nous plaçons dans le pace. 4'10''/km. C'est une chasse métronométrique qui s'ensuit alors, passer chaque kilomètre à la seconde près, en 4'10'', pas une seconde de plus, pas une de moins. Mélangés aux coureurs du demi-marathon, nous traversons l'île St Hélène, la piste de formule 1, puis prenons le pont Victoria. Je joue mon rôle de lapin en me plaçant face au vent, mais suis également bien aidé de Martin, de mon club, le club des vainqueurs, apparu comme par magie au kilomètre 12. Il a décidé de courir son entrainement avec nous, et est une aide formidable. Marie-Caroline, elle, a préparé un plan méticuleux, dont elle me fait profiter parfois : elle a rendez-vous sur certains points du parcours pour ses ravitaillements personnels, desquels je profite, et au fur et à mesure que nous progressons, les lapins du club des vainqueurs viennent se scotcher à nous. En arrivant sur l'île de de Montréal, le public commence à s'ammasser, et les encouragements pleuvent. Sans trop de difficultés, nous approchons du kilomètre 21. C'est un train qui s'est formé, composé de moi, Marie-Caroline, trois paceurs du club des vainqueurs (Martin, Steve et Emmanuel), ainsi que d'autres coureurs de la course profitant de la précision de notre allure.

558545 10151251285696514 951997808 n   Au kilomètre 20, je suis obligé de faire une pause toilette, qui me fait perdre exactement 45 secondes. C'est le retard sur la locomotive vainqueurs avec lequel je passe la mi-parcours. 1h30'01'', mais les grosses côtes, comme celle de la rue Berri, sont derrière nous. Je choisis de brûler un alumette pour rattrapper le train, et je fais la jonction trois kilomètres plus loin. Avec le recul, rattrapper 45 secondes en trois kilomètres est suicidaire sur un marathon, mais il fallait que je sois dans un wagon pour ne pas avoir à courir tout seul, ce qui m'aurait fait perdre beaucoup de temps. Le feeling au sein du groupe est incroyable. Le temps passe vite, et les demi-marathoniens ayant terminé, les rues nous appartiennent. We own the town. Je commence à sentir des douleurs dans les cuisses vers le trentième kilomètre, ce qui me décide à ne pas accélérer au kilomètre 32. Il faut dire que nous sommes un peu plus rapide qu'au départ, plus en 4'00'' ou 4'05''/km à présent. Mais je ne veux pas ralentir pour autant, je veux rester dans l'aventure. Malgré la dynamique du groupe, les kilomètres passent de plus en plus lentement, et chaque pas devient un peu plus douloureux. Je commence à compter les kilomètres et j'ai de plus en plus de mal à ne pas me faire décrocher de la locomotive.

376537 10151082127718786 1693712467 n   Au kilomètre 36, le train perd un wagon. Je ne peux rien faire, 11-copie-1je suis à 100% de mes capacités, et je vois mes collègues s'éloigner doucement. J'ai 20 secondes de retard à 5km de l'arrivée, et l'agonie va être longue. Je tombe à 4'20''/km pendant deux kilomètres avec la sensation d'avoir mes deux cuisses explosées, comme si chacune d'elles avait reçu un obus. Au kilomètre 39, je ne sais même pas si je remarcherais un jour après cette épreuve. J'ai des fourmis dans les cuisses et je cours comme un pantin désarticulé. Du kilomètre 40 au 41, chaque mètre est une abomination. Même dans le dernier kilomètre, passer d'un coin de rue au suivant est comme gravir l'Everest. Je suis tombé à 5'00''/km. Je suis dans une bulle que même les cris des spectateurs à l'aire d'arrivée n'arrivent pas à percer. Je suis dans le même état psychique que le canard qui continue à courir sans but après qu'on lui ait coupé la tête.

3   Mais à 200m de l'arrivée, mon but apparait. Affiché de chiffres rouges sur le haut de l'arche, je vois un 2h58. Mon 2h58. Face à la beauté du nombre, je lève les bras en ciel en continuant de courir. Mes cris sont sincères. Il fallait tout donner pour l'atteindre, j'ai eu le la force de ne rien retenir. Je franchis la ligne d'arrivée en 34ème position.

   Quelques mètres plus loin, je suis effondré dans l'herbe. J'ai beau fermer les yeux, il y a ce 2h58 que je vois continuellement. C'est le salaire de ma souffrance, un salaire que l'ont garde jsuqu'à la fin de sa vie. J'ai l'impression que sur mon lit de mort je verrais encore clignoter ce 2h58. Marie-Caroline a franchi la ligne 3 minutes avant moi, et une grande fierté se lit derrière nos joues rouges. Même après treize marathons, ça n'a jamais été aussi vrai :  When you cross the finish line, it will change your life forever.

261994 10151092485662736 766597760 nROCK 'N' ROLL MARATHON DE MONTREAL- 42,195KM

Temps : 2h58'07''

14,214km/h, 4'13''/km

34ème sur 2757 partants

4ème homme 18-24 ans.

Les photos ici.

1


 
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:13

Sans titre2-copie-2

Il y a des jours qui sont parfois tant ensoleillés qu’on se demande si l’astre jaune n’a pas fait exprès de sortir ses meilleurs rayons pour les plus dures épreuves.

 En ce jour du 29 aout 2010, l’ambiance qui règne dans le bateau qui nous mène sur la rive en face de Québec, est un mélange de tension et de bonne humeur. Les conditions météorologiques et ce qui nous attend ce matin n’y sont pas pour rien.P1010597

La nuit que j’ai passé dans le camping car, la tête dans le coffre, les pieds sur le vélo, fut loin d’être la nuit parfaite, mais ce qui compte c’est la nuit d’avant, celle du vendredi au samedi. De toute façon la tension qui se manifeste dès le samedi soir fait que la nuit sera courte, que je sois à l’hôtel quatre étoiles ou dans le camping car de mes parents venus soutenir ma folie.

Mais lorsque le départ est lancé à 8h30 depuis Lévis et que le son du pas de course d’un millier de coureurs couvre la voix du speaker, les petits problèmes de fatigue se font vite oublier. Dès le début, entrainé par les coureurs, je prends le rythme pour courir en 3h15’. J’ai un record,  celui de 3h21’ de Paris en vue, mais je sais très bien que je me suis moins entrainé cet été, alors je ferais ma course au feeling, et de toute façon, je sais que je ne serais pas déçu de mon temps. On n’est jamais déçu lorsqu’on franchi la ligne d’arrivée d’un marathon. Surtout que c’est mon premier au Canada.

                Les gens matinaux sont formidables, tout le long du parcours et c’est presque facile de garder le rythme. Je profite du maximum du paysage magnifique avant que la souffrance ne m’aveugle. Je prends le luxe de m’arrêter aux ravitaillements, et passe la première moitié en 1h39’.

                Il faudra attendre le kilomètre 28 pour que les premières douleurs arrivent, mais sous une formes assez originale : des crampes d’estomacs, qui surviennent généralement les 10km, mais qui passent assez vite. Juste un premier avertissement. C’est au kilomètre 30 que la fatigue générale se fait sentir. Je n’ai mal nulle part, aucun muscle ne me fait souffrir, seulement il y a ce mur, l’éternel, l’immuable mur des 30km. Le lapin des 3h30’ me rattrape comme pour me prévenir que je perds du temps. Je le suis sur quelques kilomètres, jusqu’au 34 exactement. Après cela, la fatigue est vraiment intense. C’est une course mentale qui commence.QMAN0179

Cela fait déjà quelques kilomètres que je carbure à coup de gels énergétiques et de barres de céréales. Les trois jours de pâtes traditionnels d’avant marathon ne suffisent jamais. Le litre et demi d’eau sucrée que je porte depuis le départ est bientôt épuisé. J’en bois tous les kilomètres environ. Il ne faut jamais en boire en grande quantité, car étant très sucrée, cette boisson ferait augmenter trop rapidement le taux de sucre, puis en réponse l’insuline balaierais tout le sucre sur son passage, me laissant une belle hypoglycémie. 

Les ravitaillements présents tous les 2.5km représentent des objectifs cruciaux. Lorsque je m’autorise à marcher quelques secondes pendant un ravitaillement, je rassemble ensuite le reste de mes forces pour courir encore 2.5km jusqu’au prochain. C’est petit à petit que l’oiseau fait son nid. C’est par petits objectifs que l’on réalise les grands. Hélas les crampes, si rares ces derniers temps sont de la partie. Je n’en attraperais pas moins de cinq entre le 40eme et le dernier kilomètre. J’ai heureusement toujours le temps de m’arrêter avant que la crampe ne paralyse mon muscle pour l’étirer brièvement, ou plutôt ce qu’il en reste. A un kilomètre de l’arrivée, je ne cours plus, je boite rapidement, mais l’odeur de la ligne me tire moi et les deux sacs d’acide lactique qui me servent de jambes, tel les chercheurs d’or qui creusaient à mains nues ce continent il y a quelques siècles pour dénicher le précieux métal jaune. Mon métal jaune, ma ligne, je l’aperçois lorsqu’un panneau indique qu’il n’y a plus que 750 m de calvaire à parcourir. C’est alors que les cris des spectateurs se tuent, que les crampes se taisent comme pour me laisser apprécier cet instant. Ce sera la 7ème fois que je franchirais la ligne mythique, jamais de la même manière, jamais avec le même temps, mais toujours avec la même émotion. Ce mélange de colère, de fatigue, de bonheur, de satisfaction, d’enthousiasme, de hargne, toutes ces sensations qui se libèrent en même temps sur ces derniers mètres. Ce mix qui prend à la gorge et qui ne nous fait pas regretter d’être venu. Ce milk-shake qui arrache une petite larme derrière la ligne d’arrivée. C’est peut être rien que pour cette sensation finale que je m’use à courir 42km quelques fois dans l’année, rien que pour ressentir cette ivresse une fois encore, une fois de plus. C’est effectivement ivre de sensations que je franchis la ligne d’arrivée de Québec, comme si c’était la première fois.

QMBD0359.jpgQMAL0288.jpgQMAO1643.jpg 

Les 3h37’ qui s’illuminent sur le haut de cette ligne sont bien loin de gâcher mon bonheur je suis certes loin de mes 3h21’, mais les 16 minutes qui me manquaient aujourd’hui mystifient ma performance parisienne. C’est à présent une barre, 3h20’, que j’ai en tête. 

Je passe le reste de ma journée à dormir, d’habitude l’adrénaline me tient éveillé longtemps. Mais ce marathon n’avait rien d’habituel, de par sa difficulté, la souffrance qu’il m’a infligé pour me rappeler que ce n’est pas facile un marathon, le bonheur qu’il m’a offert. Ce premier marathon canadien est à la hauteur de ses promesses. J’ai déjà envie d’en courir un autre, et je n’aurais pas à attendre longtemps. Il y a Montréal dans une semaine

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Petit souvenir d'une grande distance.                

MARATHON DES DEUX RIVES - 42,195KM

Temps officiel :3h37'36''

Temps réel : 3h37'29''

11,641km/h, 5'09''/km

130ème sur 974 arrivants

19ème homme 18/29 ans.

Les photos ici.

10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:11

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      Après avoir couru des marathons un peu partout, parfois à des milliers de kilomètres de chez moi, il me semblait primordial de clôturer mon "été marathons" en courant la distance reine dans mon département. Le marathon de Provence Luberon est le seul marathon vauclusien, et surtout le plus ancré dans le cadre provençal, je ne pouvais pas me permettre de passer à coté.

      Comme prévu, le soleil, la montagne du Luberon, le parcours sur petites routes et à travers les champs de vignes ont confirmé le cadre exceptionnel promis par le site internet. Les quiches et le vin rouge sur certains ravitaillements n'y sont pas pour rien non plus. Vu le profil du marathon, je savais que ce n'était pas le jour pour un chrono, beaucoup trop de montées sur le final pour espérer taquiner des records. J'ai seulement visé le classement chez les espoirs. Et ce fut chose faite puisqu'en doublant le premier espoir quasiment au sprint à 500m de la ligne d'arrivée, c'est moi qui finis premier dans cette catégorie, et repars à la maison avec une courge, des sacs, des T-shirt, ... et 8 bouteilles de - bon - vin...

      Chrono final : 3h47'02'', et résultat final : 45ème sur 223. Mais le point positif, c'est que je n'ai pas eu de mur, et comme à Montréal il y a un mois, de très bonnes sensations tout le long. Je peux à présent me reposer et passer à autre chose... plus dur...plus long...

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MARATHON DE PROVENCE LUBERON - 42,195KM

3h47'02''

11,151km/h, 5'23''/km

45ème sur 223 arrivants

1er espoir.

10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:11

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    Un départ qui restera gravé dans ma mémoire...

Lorsque le speaker au micro demande "are you reaaaaady?".

Lorsque 40 000 coureurs ayant prit d'assaut les Champs-Elysées crient en réponse.

Lorsqu'on est noyé dans cette foule immense.

Lorsque le départ est lancé et que l'écho de 40 000 pas résonne dans les rues...

73986 174197589272898 174151022610888 553624 8329682 n

      J'étais venu dormir chez mon ami Antoine, qui, lui, allait réaliser son premier marathon. Pour moi, c'était le troisième, mais le plus grand que j'avais jamais fait, et je voulais souligner cela par un beau chrono. Même si se rapprocher de 3h10' comme je l'avais espéré était trop ambitieux, j'avais malgré tout atteint le meilleur temps de mes neuf premiers marathons, 3h21', accompagné du pire mur que je n'ai jamais eu. Dès le 32ème kilomètre, des crampes, et des douleurs dans les cuisses, comme des coups de couteaux.  Peut être un départ un peu rapide (premier semi passé en 1h35'26''). Mais à l'arrivée ce fut une des plus grandes émotions que je n'ai jamais eu. Et ce fut la première fois aussi que j'allais tenter de courir deux marathons en une semaine, puisqu'une semaine plus tard, je terminais celui de Marseille en 3h30'. Cela me semblait assez improbable lorsque le dimanche après midi après le marathon de Paris, il m'était impossible de monter sur un trottoir. Mais n'est impossible que ce que l'on a peur d'affronter.

74506 174197762606214 174151022610888 553631 692074 n

8596399min

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MARATHON DE PARIS - 42,195KM

Temps officiel : 3h24'04''

Temps réel : 3h21'21''

12,574km/h, 4'46''/km

3768ème sur 31566 partants, 30976 arrivants

25ème espoir.

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Les photos ici.

10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 11:05

  Sans titre2

   Cette fois ce sera en voiture de location qu'il faudra aller jusqu'aux States, mon ami de bord, le GPS, m'est bien utile pour sortir du bordel des échangeurs de Montréal. Mais sa conversation est limité, alors je suis contraint de mettre la radio américaine.
    Le maillot de l'équipe de france que j'arbore comme pour glorifier le 0-0 contre l'Uruguay de la veille fera fureur à Lake Placid. On me criera "allez les bleus", on essaiera même de me parler français. Ce même maillot fait fureur aussi à la frontière américaine. On me fait sortir de la voiture, on la passe aux rayons X, et on cherche des bombes dans mes bagages. Bredouilles, ils me laisseront partir.
Photo-0019Photo-0004    Lake placid est très jolie, ville des jeux olympiques d'hiver de 1932 et 1980. Ses tremplins de saut a ski, son parc olympique, son olympic oval (patinage de vitesse).
    Le lac en lui même est placide, pas de crocodile géant en vue, le film avait donc tort.
skijump    La nuit au motel pas cher car situé à 20km de la ville olympique. Une nuit courte puisque le levé eu lieu à 6h. Je chausse alors les baskets, vais vers le départ, écoute l'hymne américain, décoiffé bien sûr, et à 8h tout le monde s'élance. Le paysage, quasi alpin, en plus sauvage, émerveille, le bitume fait souffrir.
59938-079-019f     Les premières douleurs apparaissent au km10. Je commence la prise de sucre (boisson, barres). Je salue une coureuse du marathon de Burlington d'il y a 15 jours qui elle aussi est fière de montrer sa folie d'accro à l'épreuve en ayant revêtit le Tshirt du Burlington marathon. Nous nous encouragerons mutuellement puisque le parcours, outre un tour de lac, consiste à des aller-retours, ce qui fait croiser tous les coureurs à un moment ou un autre. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai pu admirer le courage des derniers marathoniens, obèses, sans vouloir exagérer, qui s'attaquent au marathon en marchant.
59938-074-018f    Au kilomètre 20, je suis rattrapé par un type qui engage la discute. Je le suis à bonne allure, mes douleurs passent. Il en est lui aussi à 6 marathons, je lui parle de trail (le concept du trail de 30km ne connait pas en Amérique le même succès fracassant qu'en France, où cette discipline pullule avec des dénivelés de plus en plus effrayants :  ici, on fait de la route ou alors un 100miles en montagne), de fatigue qui devrait arriver vers 30km vu notre rythme, de beau temps. Il lâche le premier au kilomètre 35. Mon rythme en prend un coup. Je finis à coup de barres énergétiques et de mental.
Arrivée     Les montées du parcours, nombreuses, se ressentent sur le chrono : 3h39'33''. 59eme sur 376. Le tour sur l'olympic oval, où beaucoup de champions ont tourné bien des fois avant moi, restera gravé dans ma mémoire. Comme toutes les autres arrivées de marathon en fait. Je tape la discute avec un type qui a fini avec un drapeau anglais sur les épaules, nous les européens, on est tous frères quand on se rencontre chez l'oncle Sam. En plus, il finit la discussion en me disant que j'ai un bon anglais, j'ai pensé "va dire ça aux zouaves du pôle langue de mon école". La grande surprise, c'est de n'avoir aucune douleur articulaire ou musculaire. Je commence à savoir encaisser cette distance. Je peux passer à plus grand. Peut être le 50km de Montréal la semaine prochaine ? On va déjà faire une bonne sieste à coté d'un sandwich subway et d'une pizza (tous deux à volonté à l'arrivée) et on verra.
Photo-0015
The finish line.
LAKE PLACID MARATHON - 42,195KM
Temps officiel : 3h39'57''
Temps réel : 3h39'33''
11,531km/h, 5'12''/km
59ème sur 376 arrivants
19ème men 20/29 ans.
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 10:50

Genevemarathon.jpg

 

     Mon tout premier. Parce qu'il faut bien commencer un jour. Je me rappelle encore cet hiver 2008 où j'avais décidé de me lancer sur un marathon, pour la première fois, après avoir été piqué par la longue distance en m'essayant sur des trails de 30km. J'avais donc décidé de m'élancer sur celui de... Lyon... Qui avait été annulé une semaine avant l'épreuve pour des histoires de sous. Me rabattant désespérément sur ce que le calendrier offrait, je n'avais pas été déçu par ce marathon de Genève.

   Je me rappelle de bien des choses... Une vue sur les Alpes, un circuit le long du lac Léman, une course magnifique. Une arrivée à Genève à 22h, dans un petit hôtel. La pression de cette nuit là. 

   Ce jour-là, le cerveau noyé dans l'euphorie à l'idée de battre mon record personnel en terme de distance à courir et de pouvoir porter enfin un Tshirt de finisher de marathon, j'avais adopté l'allure pour finir en 3h30' mon marathon. Il est toujours ambitieux de finir son premier marathon dans le temps prévu et, aussi, après avoir passé bien dans les temps la première boucle de 21,1km, j'avais craqué dans la deuxième partie (qui ré-empruntait une deuxième fois la même boucle), sur les quais du lac Léman. Je me rappelle aussi du vainqueur du semi marathon, qui m'avait subjugué en me dépassant à toute allure accompagné par les véhicules de l'organisation.

   Mon premier mur, mon premier chrono de référence, 3h38'.

marathon geneve 4
GMjetdeau.jpgMARATHON DE GENEVE - 42,195KM
3h38'16'' 
11,599km/h, 5'10''/km
288ème sur 684 arrivants
17ème homme 20/29 ans.
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 10:50

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   Départ 6h du matin dans une nuit noire étoilée et fraiche (4°C), qui teste une dernière fois ma motivation. L'heure de route pour aller à Cabriès se déroule elle aussi dans le noir, mon petit déjeuner à gauche et l'atlas routier à droite. Je fini finalement par trouver le lieu du départ vers 7h20, il fait toujours aussi frais, je courrai avec la veste. Après inscription et autre modalités (mise en route du mp3, remplissage du camelbak, mise en place de la puce électronique, ...), je regarde parmi les 70 coureur si je ne voit pas Jalabert, en vain, il était sur le semi marathon de l'année passée (qui, avec le 10 km, attirent plus de monde, pas loin de 1000 coureurs). 8h00. C'est parti.
    Le soleil se lève et les premiers km se font sur chemins et routes dans un parc privé d'équitation, au milieu des chevaux matinaux, avec le soleil levant, au son d'Offspring et Balavoine. Les premiers dénivelés s'avalent assez bien, il y en aura 360 sur le parcours.
    Le km 15 (1h15 de course) a le mérite de donner un petit coup au moral, on se dit que c'est à peine un peu plus que le tiers, alors on fait le vide et on cours, car on a rien d'autre à faire, on encourage le coureur qu'on double, et ne s'accroche surtout pas à celui qui nous dépasse car ce serait le payer cash en fatigue quelques kilomètres plus loin.
Finalement on arrive assez bien au km 20 (1h40 de course) et encore plus vite au km 30 (2h22 de course), car la musique est bonne et elle ne triche pas comme dirait l'autre, et le fait de croiser les semi-marathoniens (qui commençaient à 9h30 sur un autre parcours peu différent mais plus court) motive un peu plus. Mais c'est en général à partir de 30 km que la donne change...
    A ce moment là, le corps est physiologiquement épuisé, il n'a plus de glucide, et le marathonien souffre, ralenti, réfléchi davantage, déprime,... C'est pourquoi s'est forgée la légende du "mur" des 30km. Et c'est pourquoi cette semaine j'ai fait un régime scandinave dissocié (pas de glucides les lundi, mardi, mercredi pour être en manque, et bouchées doubles de pâtes les jeudi, vendredi, samedi, et le corps stocke 2 à 3 fois plus de glucides lents). Mais je n'ai pas vu de mur. km32, 33, toujours rien. ça marche. Au km 34, j'accélère, j'ai deux minutes à rattraper si je veux finir en 3h30, objectif déjà fixé sur le marathon de Genève 2009, mais non atteint.
    Les jambes font mal, cardiaquement, pulmonairement, tout baigne, musculairement, c'est l'horreur. Je bois assez et je n'ai pas de crampes, mais les muscles me font part de leur calvaire. Cependant voilà à chaque kilomètres je récupère quelques secondes. La musique me lâche, plus de piles. Je souffrirai donc en silence. Je double le premier espoir, lui fait connaissance avec le mur. Le km 40 fait plaisir a voir, ce 4 et ce 0 sur ce bête panneau, c'est un cap. Je doubles les derniers coureurs du 21km et du 10 km partis plus tard, et passe enfin dans le temps, 3h19 au km 40.
    On dit que les derniers mètres sont les plus durs, les derniers milliers aussi. Surtout quand ça monte un peu. Quelques larmes apparaissent sur le dernier kilomètre, parce que ça fait mal aux jambes, parce que ça fait plaisir de remplir l'objectif des 3h30 que je m'était fixé il y a plus d'un an, parce que j'ai bientôt fini, parce qu'après 42,195 km on craque toujours un peu mentalement, ...
    Je passe la ligne en jetant un regard blanc, sans vie, sur le chrono. 3h29'06''. Je suis premier espoir. Je m'assois. Cela ne m'a jamais fait autant de bien.

MARATHON DE LA CABRO D'OR - 42,195KM

3h29'06''

12,108km/h, 4'57''/km

21ème sur 57 arrivants

1er espoir.

6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:16

   L'an dernier déjà, la forte humidité avait fait s'effondrer les temps au défi de Sainte-Anne de Bellevue, où j'avais fini loin au classement en 1h25'. Le parcours n'aidait en rien non plus : deux ponts d'autoroute, une grosse montée, d'autres plus petites dans les sous bois sur la boucle de 10km à effectuer deux fois. Malgré ça, cette année, je suis venu avec l'ambitieux objectif de courir cette course avec le même pace que lors du demi marathon de Montréal, très plat celui-ci, soit 3'53''/km, espérant que ma progression depuis avril compense les quelques côtes. Je préfère me fixer des objectifs solides, quitte à ne pas les atteindre, plutôt que d'en fixer des raisonnables, souvent atteints. Mais encore une fois la vague de chaleur et l'humidité ont du me les faire revoir à la baisse.

3-copie-2.jpg   Partis de Montréal avec l'ami Jean du club du MAA, nous arrivons une heure avant le départ. Plutôt que de m'échauffer, je préfère regarder Fred gagner le 2km qui a lieu un peu plus tôt. Après tout il fait chaud, le risque de blessure est minime, surtout lorsqu'on démarre à une allure confortable sur un 20km. Plus tard, positionné sur la première ligne au départ, je salue les spécialistes de la course sur route, Luis Lopez Villagran ou Louis-Philippe Garnier, vainqueur du marathon de Québec en 2010. Je ne doute pas une seconde qu'ils finiront loin devant moi. Le 10km par en même temps mais 300m en avant de nous. Du coup, lorsque le départ est donné, j'ai à peine le temps de me rendre compte que je suis dans les dix premiers que nous nous mélangeons dans la masse de coureurs du 10km. En me faufilant sur les bords de la route, je garde un pace raisonnable de 4'/km. Je parviens à garder ce rythme malgré les premières montées grâce à l'avantage psychologique qu'il y a à doubler les coureurs : je remonte en effet toute la course du 10km jusqu'à me positionner avec les coureurs courant à la même vitesse que moi. Je n'ai aucune idée de ma position dans le 20km, mais je décide de rester avec ces coureurs-là, trouvant ce rythme correct. En sortant des sous bois, les quelques montées m'ont fait suer de la tête aux pieds, je suis complêtement trempé, j'ai déjà soif et nous ne sommes qu'au kilomètre 7, mais je ne m'arrête pas aux ravitaillements, attrappant à la volée des verres de boissons pour le sport. Après avoir franchi le deuxième pont d'autoroute, arrive le kilomètre 10, et un rapide calcul me donne un pace de 4'04''/km sur cette première moitié. Je suis en 40'40'' à la borne de mi-parcours, mais je sens que je n'ai plus d'énergie, et d'ailleurs à ce moment là deux ou trois coureurs en profitent pour me doubler. Un kilomètre plus loin, c'est à nouveau un pont d'autoroute qu'il faut franchir. Je peine encore plus dans la montée, mais dans la descente, je sens l'énergie me revenir miraculeusement.

   Et ça va même beaucoup mieux. Alors qu'il y a un kilomètre je me demandais comment j'allais faire pour finir la course à cette allure, là soudainement, je me sens voler sur le bitume, d'autant plus que je croise les autres coureurs du 10km qui vont en finir et qui m'encouragent. L'un d'entre eux me lance "number 8", et je regarde devant moi et aperçois sur une ligne droite de 300m quatre coureurs, soit les 7ème, 6ème, 5ème et 4ème. Je me sens d'attaque pour aller les chercher un à un. Je prends un pace qui est à présent aux alentours de 3'50''/km, et le fait d'avoir ces coureurs en ligne de mire me donne énormément d'entrain. Je rattrappe le premier au bout d'un kilomètre, dans une grosse montée. Le deuxième, au kilomètre 14, me donne plus de mal, alors que le troisième se laisse dépasser, dans les sous bois, entre les kilomètres 14 et 15. Je sens que j'y ai laissé des plumes, mais je sais aussi que je suis 5ème à présent, et le 4ème n'est pas loin. Je le reconnais, il m'a dépassé à toute allure à la mi-parcours, et je décide de la jouer stratégique pour assurer la 4ème place, car je n'ai pas aperçu les trois premiers, ils doivent être loin, je ne les rattrapperai pas. J'ai beaucoup donné dans les kilomètres précédents, et peut être que le coureur que je veux rattrapper a du jus. Je diminue légèrement le rythme pour arriver à ses côtés tout doucement, sans qu'il sache quoi que ce soit sur mon état de fatigue. Au kilomètre 15, nous sommes côte à côte. 2-copie-1.jpgJe choisis volontairement de courir à son rythme pour récupérer. Je calcule que ce rythme serait très confortable pour moi jusqu'à l'arrivée, où je pourrais partir en sprint quelques centaines de mètres avant la fin, mais, même fatigué, ce coureur est peut être meilleur sprinteur que moi. C'est un risque que je ne peux pas prendre vu la forme plutôt bonne dans laquelle je suis. Je me donne donc jusqu'au kilomètre 17 avant d'attaquer. Si j'ai bien récupéré, 3km devraient être suffisants pour prendre assez d'avance pour finir devant lui. Nous courrons donc ensembles dans les sous bois, passons le raivtaillement à la sortie du sous bois, et j'attends patiemment mon heure. Les jambes commencent à fatiguer un peu malgré ce rythme plus confortable, mais je reste fidèle à mon plan, et donne un grand coup d'accélérateur à la borne du kilomètre 17. Il ne suit pas et je prends rapidement 50m d'avance. Je donne tout ce qui me reste, mais je sens que j'ai été gourmand, et je parviens à peine à maintenir l'écart. Très loin d'être sûr de mon coup, je me retourne déjà alors qu'il reste deux kilomètres à parcourir. La dernière montée arrive, je me mets dans la zone rouge, et accélère encore un coup dans la descente qui s'ensuit pour être sûr de ne pas perdre de temps. C'est alors le dernier kilomètre, et je rentre dans la zone d'habitations qui signale que l'arrivée est bientôt là. Je me retourne une dernière fois, je dois avoir plus de 100m d'avance, ce qui sera suffisant pour rallier la ligne d'arrivée. Lorsque je l'aperçois, j'accélère encore, mais pour briser le 1h21 cette fois, de trois secondes. C'est un beau split négatif que je viens de réaliser, 40 minutes et des poussières sur le deuxième tour, ça ne m'est arrivé que quelques fois dans ma vie. Je suis extrêmement content de mon temps, vu les conditions, mais surtout de mon classement, et encore plus de la façon dont j'ai géré mon effort. D'habitude, lorsque je sens la fatigue arriver, je m'effondre, alors que cette fois un regain d'énergie m'a permis de remonter des coureurs et même de mettre une stratégie en place pour assurer un classement. Cette course m'a mis en confiance pour les deux gros évènements à suivre, le demi marathon de Mont tremblant el 12  août, et l'IronMan 70.3 Timberman le 19 août.

 

DEFI SAINTE-ANNE DE BELLEVUE - 20KM

1h20'57''

14,824km/h,  4'02''/km

4ème sur 234 finishers

2ème homme 20-29ans.

21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 08:59

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   Afin de peaufiner ma préparation au grand évènement de ma vie, l'Ironman de Nice, le 24 juin 2012, j'avais prévu de faire un marathon à peu près un mois avant. En mars, lorsque j'ai su que j'allais pouvoir revenir au Québec passer l'été, je me suis donc jeté sur le calendrier des marathons à la recherche d'un 42km de la région que je n'aurais pas déjà fait, ce qui n'est pas tâche aisée à présent. Toronto, Mississauga me tentaient bien , mais hélas ils étaient trop près d'un autre gros évènement, le 50 miles de Bear Mountain. Je suis finalement tombé sur le Sugarloaf marathon, qui se trouvait être parfait : la date rentrait parfaitement dans mon calendrier, je n'avais jamais couru dans l'Etat du Maine, ce n'était pas si loin de Montréal (environ 450km). La deuxième étape consistait à présent à trouver du monde pour m'accompagner, car les meilleurs moments sont ceux qui sont partagés. Et finalement, c'est mon amie de plus longue date au Québec, Marie-Caroline, qui s'est décider à venir et courir le 15km, autre épreuve de l'évènement.
Sugarloaf2012Mai-003.jpgSugarloaf2012Mai-007.jpg   Ainsi, après un départ en fin de matinée de Montréal, nous avons pris la destination du Maine le samedi. Durant ce trajet, beaucoup de choses m'ont frappées. Jamais je n'ai vu autant d'obèses de ma vie que dans le Maine, et jamais je n'aurais imaginé trouver un endroit aussi sauvage, montagneux, verdoyant, à deux pas de villes comme Montréal, Boston ou New York City. Des kilomètres de route traversant des forêts à n'en plus finir, de rares villages ici et là. Les jambes me démangeaient d'aller faire du trail, mais j'ai heureusement su garder ma fougue jusqu'au lendemain matin, 4h15.
   Nous avons rejoint le lieu d'arrivée, où des autobus nous ont menés moi et Marie-Caroline à nos départs respectifs. Déguisé en sac poubelle pour me protéger de la fraicheur matinale, j'ai eu le loisir de contempler l'intégralité du parcours en bus. Tabernacle, c'est long 42,2km ! Et à 7h, les 575 coureurs dont je faisais parti se sont élancés sur le bitume. Pour ce marathon-ci, je n'ai pas pris de jours de repos comme il l'est recommandé. Je me suis entrainé normalement dans la semaine, avec à peu près 14h d'entrainement le vendredi soir au compteur. L'idée était de faire ce marathon davantage en entrainement qu'en compétition. Pour l'Ironman, j'aurais 180km de vélo et 3,8km de nage avant de faire le marathon ! Ceci dit, j'ai pris assez facilement un pace confortable mais tout de même dynamique, 7 minutes au mile, ce qui représente une performance d'un peu plus de trois heures. Mon ancien record étant de 3h19, je me serais bien vu finir en bas de 3h10.
   Mais j'ai dû vite oublier mes objectifs. De terribles maux de ventre sont survenus à plusieurs reprises pendant laSugarloaf2012Mai-009.jpg course. kilomètre 5, 10 et 25. Trois pauses toilettes dans la forêt, 10 minutes de perdues. Ce n'est pas un épisode glorieux, mais c'est l'envers du décors d'un marathon : ce sont les choses dont on n'entend jamais parler, mais cependant elles arrivent. Je n'avais pourtant rien changé à mes habitudes alimentaires d'avant course. Peut être le fait de s'être levé très tôt a bousculé mon rythme biologique, toujours est-il que malgré mon pace satisfaisant que j'ai pu garder tout au long de la course, je savais bien que je ne remplirais pas l'un des objectifs qui était de faire un bon temps. Mais les autres objectifs, s'amuser et s'entrainer allaient de toute manière être remplis, alors j'ai fait en sorte que ce soit du mieux possible. Régulièrement encouragé par Pierre, venu de Montréal faire le cheerleader, et bavardant plusieurs fois avec Bruno, de mon club de course montréalais, venu sur le marathon aussi, je me suis senti pousser des ailes.
photo.JPG   Au kilomètre 21, lorsque les jambes s'alourdissaient, j'ai commencé à carburer au gel, avec ma technique personnelle consistant à prendre des petites bouchées toutes les minutes et faire ainsi durer un gel sur un ou deux miles. Tactique gagnante. Boosté par l'endroit enchanteur et les encouragements du public, j'ai pu rattrapper beaucoup de monde sur la fin, et je n'ai finalement pas connu de gros coups durs, juste de petits coup au moral qui n'ont jamais duré, en tout cas pas autant que sur mes marathons précédents. Lorsque Pierre m'annonça la victoire de Marie Caroline sur le 15km en 59 minutes, j'ai même pu relancer la machine. Je n'ai pas senti la grosse chaleur annoncée, ce qui n'était pas le cas des malheureux en brancard dans les ambulances. En pénétrant dans la ville de Kingfield, synonyme de finish line, j'ai demandé à mes jambes un ultime gros effort, finir fort, courir à environ 15km/h dans les derniers kilomètres, pour me finir. C'est finalement un beau nouveau record de deux minutes que j'ai pu décrocher, 3h17. Certes il y a la petite déception de se dire que, oui, aujourd'hui j'avais les jambes pour briser le 3h10, mais elle vite oubliée par les bonnes sensations dans les jambes malgré la fatigue. Et puis un marathon reste un marathon, et voilà encore un beau dossard, le douzième, à accrocher à mon mur. Quoi qu'il puisse arriver, 42km à traver les forêts épaisses du Maine n'est jamais une mauvaise journée.

7264049296_32192aa13e_k.jpgSUGARLOAF MARATHON - 42,195KM

Temps : 3h17'44''

12,804km/h, 4'41''/km

48ème sur 575 arrivants

9ème men under 29 years.

Les photos ici.

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