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15 janvier 2022 6 15 /01 /janvier /2022 23:20
En ce début d'hiver, j'ai attaqué la saison de trail le 8 janvier avec un 50km en Virginie Occidentale.
Alors que les dernières semaines de décembre ont reçu des températures frôlant les 20 degrés, une bordée de neige accompagnée de températures sous les -10 n'ont pas fait mentir le nom de cette course, "Frozen Sasquatch". Le décors blanc a cassé la monotonie des décors gris sans feuilles qui ont pris place depuis Novembre.
Les conditions difficiles dans les sentiers enneigés ont eu raison de la moitié des coureurs cette année sur la première boucle. Je suis resté prudent mais j'ai fini cette boucle en 3h avec beaucoup de douleurs compte tenu des appuis très différents.
Heureusement, la deuxième boucle se faisait évidemment sur de la neige bien tassée, puis même de la boue sur la fin, compte tenu du thermomètre qui avait pris 15 degrés entretemps. Je me suis senti endurant et les douleurs sont parties, probablement que la semaine de 110km 100% poussette entre Noël et le jour de l'an n'y est pas pour rien. Je termine en 6eme place en 6h16.
Le prochain 50km aura lieu le 20 février et concernant la boue ou la neige, ce sera pile ou face.
 
FROZEN SASQUATCH - 50KM - 1400M+
 
6h16'36''
7,97 km/h, 7'55''/km
6ème sur 65 partants.

 

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25 octobre 2021 1 25 /10 /octobre /2021 16:06
Pour mon anniversaire, la petite famille est partie camper dans le State park le plus reculé de l'Ohio, Shawnee. Une expérience immersive dans la ruralité ohienne, puisque nous avions loué une roulotte entre deux cadavres de tracteurs, dans un camping où nos voisins prenaient le pick up pour aller aux toilettes à 200m.
Au programme du samedi, je participais au Shawnee 50 sur le parcours de 50km, l'un des plus durs en Ohio. La préparation a été bien mieux qu'en mai-juin, car je fais à présent 80% du kilométrage en poussette (enfin, je pousse, c'est Nelia qui fait la sieste dedans, l'inverse étant moins efficace). J'ai même réussi à faire un marathon ainsi trois semaines avant.
A 11h du soir la veille, j'ai réalisé que le départ serait dans le noir à 6h du matin. Je me suis dépêché de trouver une lampe qui, par chance, avait été rechargée dans la semaine.

A 4h45 le matin de la course, je me rends compte que j'ai confondu mon cuissard de course avec mon haut de course... Bref je n'ai pas de cuissard. Dans un élan minimaliste, je suis parti avec deux slips, deux paires de chaussettes, deux Tshirts et un short de ville. Après quelques minutes à paniquer, je prends donc la décision de faire mes 50 bornes en short de ville, avec une tonne de vaseline fournie par des coureurs empathiques de ma situation lamentable, 15 minutes avant le départ. J'ai tout de même prévu un plan B au cas où les irritations sont malgré tout trop intenses : j'ai un slip dans mon sac à dos pour finir dans une tenue encore plus minimaliste si nécessaire.

Cependant, ça n'aura pas été utile, car le short de ville se révèlera un outfit parfait. D'abord mal à l'aise sur la ligne de départ, je remarque que deux gars à gauche sont torse nu et le mec à droite est en chemise à carreaux. Bref, le dress code n'étant pas super strict finalement, je me suis dégêné assez vite.
Parti lentement sur la première moitié, je me suis retrouvé 13ème, avant de faire la remontada dans la deuxième moitié grâce à un effort bien géré. Je double notamment deux bonhommes dans les derniers 5km et un autre arrêté à 100m de la ligne, dans la dernière terrible côte, sous le regard de mes deux supportrices que je m'étais mis en tête d'impressionner de par ma vitesse d'ascension (à défaut d'une tenue convenable).
Je termine donc 5ème en 6h25 ce 50km avec 2000m+ et continue de progresser sur cette distance cette année.

SHAWNEE 50 - 50KM - 1700M+

6h25'22''
7,78 km/h, 7'42''/km
5ème sur 65 finishers
3ème 30/39 ans.

 

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15 juin 2021 2 15 /06 /juin /2021 21:33

   Remise du couvert trois semaines après le précédent 50km. La petite équipe s'est rendue sur les rives du Salt Fork Lake, dans un cadre enchanteur. Cette fois-ci, il s'agissait de compléter trois boucles de 16.5km, ce qui permettait de bien gérer sa course et de refaire le plein d'énergie avec les encouragements des filles à chaque tour, même si je n'aime pas trop connaitre le parcours à l'avance et que mon mental est moins bon une fois la boucle connue.

   Le parcours était encore boueux, mais rien à voir avec ce que nous avons eu il y a trois semaines. Cette fois-ci la diffilculté est venue de la vague chaude et humide qui s'est déposée sur la course progressivement. Les deux premières boucles sont passées comme dans du beurre en 1h45 et 2h, et je me situait proche du top 10. Nous avions deux ravitaillements par boucle (milieu et arrivée). J'ai rempli mon Camelback (1.5L) à mi course (une boucle et demi, 25km) et malgré ça, j'ai dû rationner mon eau et me déshydrater un peu entre les kilomètres 37 et 42 pour parvenir au dernier ravitaillement avant l'arrivée. Par la suite, le parcours empruntait des prairies où l'herbe tondue dessinait le chemin, dans une chaleur étouffante. De peine et de misère dans les derniers 8km, j'ai finalement bouclé la course en 6h10, 2h20 pour le dernier tour. Je reprends malgré tout des places dans ces derniers 16km, pour me classer 9ème.

SUMMER SASQUATCH - 50KM - 1200M+
6h10'02''
8,11 km/h, 7'24''/km
9ème sur 69 finishers
1er 30/39 ans.

 

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 20:46

   Cela faisait plus d'un an que je n'avais pas écrit sur ce site. La pandémie étant passée par là, à part un triathlon anecdotique au Québec en septembre 2020, mes derniers dossards dataient de janvier-février 2020 en Australie. Mon dernier billet remontait à mars 2020 et mon défi personnel sur le Yurrebilla trail. Tout ça m'avait manqué.

   Lorsque j'ai commencé ce blog il y a 11 ans, je me lançais dans la folie de la longue distance et enchainais marathons et ultras. Mes derniers ultras datent de 9 ans, en 2012, puisqu'une autre folie a pris la relève, celle du triathlon. Et 9 ans après, je vais raconter comment ces sensations sont revenues à la vie.

   Je n'ai pas encore fait un saut d'une discipline à l'autre. Des évènements majeurs ont changé mon rapport à l'entrainement : Fin des études, nouveaux emplois (oui au pluriel puisque je suis passé de chercheur en greffe de moelle épinière en Australie à agent de maintenance à Mt Tremblant au Québec à enseignant en maths à St Hyacinthe à de nouveau chercheur en greffe osseuse aux USA, en l'espace de moins d'un an).... Mais surtout l'arrivée de Nelia dans nos vie en septembre 2020 et bien sûr une pandémie qui a changé notre routine à tous. Désormais je m'entraine par plaisir, même si j'ai réalisé que j'ai besoin de beaucoup d'activité physique pour équilibrer ma vie. Ce plaisir a modifié mon entrainement depuis la fin 2019 : Beaucoup plus de trail, acquisition d'un gravel bike fin 2020... Et l'envie de courir sur des trails et des triathlons très difficiles, mais plus courts que les ironmans.

   Etant arrivé en Ohio en février, je m'étais inscrit à quelques trails et un triathlon de type pète-fibre musculaire fin mai, le Toughman (parcours vélo difficile et course en trail, sur une distance 70.3). Tout a été annulé un peu dernière minute, le département des ressources naturelles ayant suspendu les permis jusqu'au 31 mai à cause de la pandémie. Sauf que... Un trail de 50km se déroulait dans le camp scoot Tuscazoar, privé, donc non soumis à ce rêglement. Je m'y suis précipité et me suis inscrit à deux autres ultras en juin dans la foulée. Il fallait que je mette quelques dossards.

   Ce fut donc la première expérience familiale de déplacement sur une course. Le cadre naturel et la météo ont contribué à rendre ce weekend parfait. La course en question, "Running with my gnomies", doit son nom aux 50 lutins disposés le long de la boucle de 25km à faire deux fois. Cette boucle était faite à moitié de sentiers hors piste la plupart du temps entre boue et rivières,  et à moitié dans des sentiers plus traditionnels.

   Pour finir la description du contexte qui m'a amené là, je cours en ce moment deux fois par semaine, car je garde trois rides de vélo et deux grosses nages. Mais durant mes sorties de courses, je dépasse le 25km, voire le 30km, dans les routes très vallonnées, montagneuses même, des basses Appalaches. J'intégre beaucoup de trail quand je le peux. C'est un peu juste pour espérer tout éclater sur un petit ultra, mais suffisant pour le finir. Le besoin de me challenger et de retrouver les sensations d'il y a 10 ans l'ont emporté sur la raison.

   Maintenant que le contexte est posé, j'ai presque envie de m'arrêter là car le reste est ennuyeux. Comme disait Laurent Vidal, peu importe le résultat, ce qui compte, c'est le processus. Bref, les coureurs partaient aux 20 secondes, je suis parti dans les derniers pour avoir le plaisir de doubler pendant la première boucle. J'ai eu une excellente allure (2h35 environ sur cette boucle) et me suis retrouvé seul au monde sur la deuxième boucle sans voir un être humain à part aux ravitaillements. Comme pour tous les ultras, la fin est un combat avec soi-même, et j'ai eu du plaisir à le mener, porté par les encouragement de la petite famille reçus mi-parcours.

   Je passe proche de mon objectif de top 10 mais il ne faut pas être trop gourmant sur cette première. J'ai eu assez d'énergie pour passer le reste de la journée à profiter du beau temps avec maman et Nelia, et c'est le principal (certaines courses en Australie m'avaient rappelé que cela n'était jamais forcément acquis). Les USA ont aussi cette faculté de reprendre la vie comme si la pandémie n'existait pas (pas vu un masque du weekend, même dans les batiments. Le départ aux 20 secondes était pour la forme, on était entassés derrière la ligne pendant 10 minutes). Avec nos vaccins prévus fin mai, on sera surement moins mal à l'aise au prochain évènement (4 juin sur la même distance) pour reprendre la vie d'avant.

RUNNING WITH MY GNOMIES - 50KM - 1800M+
5h49'12''
8,59 km/h, 6'59''/km
12ème sur 109 finishers
6ème 30/39 ans.

 

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 20:51

Lors de mes sorties de trail dans les collines d'Adelaide, j'ai remarqué que je courrais souvent sur un sentier appelé le Yurrebilla. J'ai fini par faire quelques recherches sur internet avant de me rendre compte que ce sentier traversait la chaine de montagne du nord au sud sur une distance de 55 km. Même si cela fait maintenant plus de 8 ans que j'ai laissé l'ultratrail, une idée a germé dans ma tête : faire le Yurrebilla au complet juste avant de quitter Adelaide.

C'est donc la veille de notre vol de retour que j'ai entrepris mon projet, avec très peu d'entrainement d'endurance car mes deux plus longues sorties des semaines d'avant étaient de 30 km avec la moitié sur la route. J'avais tablé sur un 6h de course, et j'ai donc pris le premier train, vers 7h, pour me rendre au départ, car par chance ce départ se trouve au terminus de la ligne de Belair. Cette ligne part du centre ville puis grimpe à travers les montagnes jusqu'à 300m d'altitude, à l'entrée du Belair national park.

Depuis le quai de la gare, l'entrée du parc national de Belair, début du Yurrebilla trail.

En ce matin d'automne, l'air est très frais, et je ne me suis pas attardé sur le quai. J'ai démarré ma longue sortie dans le plus grand des silences du parc national. La première curiosité est l'echo tunnel, un tunnel datant d'un siècle et passant sous la voie ferrée. Il faut passer accroupi, dans le noir, avec une petite rivière à droite qui, par chance, est suffisamment basse pour laisser le passage praticable.

L'entrée, discrète, de l'echo tunnel.

Après 6 km, une descente raide me fait quitter Belair pour Brown Creek. Un bref passage sur le goudron m'emmène à la première longue ascension. A travers les patûrages bovins dans un premeir temps, puis ensuite les paysages montagneux de l'Australie méridionale, je grimpe de 130 à 620m d'altitude et traverse la réserve de Cleland, la plus grande des Adelaide Hills. C'est un repère à kangourous et koalas, qui ne m'étonnent à présent plus comme aux premiers jours. Et c'est réciproque, je fais parti de leur décors, que j'ai de nombreuses fois traversé.

Le début de la première ascension, la plus grande, est une succession de patûrages secs en cette période de l'année.

Cette longue ascension laisse des traces, car je prends du retard sur l'horaire, ce qui est normal compte tenu que les descentes sont devant moi. Alors que les jambes se remettent à bien tourner une fois le point culminant passé, au kilomètre 26, le mental revient. Je redescends à bonne vitesse dans Horsnell Gully conversation park, dans des sentiers que je ne connais pas, et je sens la pause de midi approcher : j'avais donné rendez vous à ma belle à 12h30 au kilomètre 31, dans le hameau de Norton Summit, à 400m d'altitude.

J'arrive pile sur l'horaire, mais la belle en question n'y est pas. En fait, elle a confondu ce point de passage là avec le suivant. Après une petite demi-heure à me faire du soucis (nous vivons sans téléphone), elle finit par arriver avec la voiture de location (louée pour nos 5 derniers jours) et le lunch plus que bienvenu.

Morialta ! Des paysages vertigineux dont je ne pourrais jamais me lasser.

Pour les 24 km restants, je remplis mes gourdes (j'en ai bu trois à l'aller malgré la température de 12-14°C, et une au lunch) et on décide de se retrouver dans trois heures à l'arrivée. Je repars avec des jambes presque neuves dans une partie que je connais par coeur, et qui est mon coin favori : Morialta conservation Park, un décors montagneux, fait de roches et de falaises, de plantes grasses et de petits sentiers qui serpentent entre tout ça. Des paysages qui me transportent et qui expliquent pourquoi il ne s'en est pas fallu de beaucoup pour que je délaisse un peu la course sur route, comme il y a une dizaine d'années.

La flore particulière de cette région du sud de l'Australie.

Morialta me réservait une belle ascension après être descendu jusqu'à 250m. Dans ces paysages, elle passe comme dans du beurre, et je l'achève en franchissant la marque du marathon. Il faut alors redescendre pour l'ascension finale de difficulté équivalente. En bas de la descente, je pénètre donc dans Black Hill, une redoutable montagne escarpée, dont j'ai pu observer le sentier qui la franchissait depuis ma descente précédente. Il est large et peu technique mais raide. De toute façon, tout est raide à Black Hill.

La redescente de Morialta donne une impression de forêt verte. Elle n'en reste pas moins terriblement sèche. Au loin, la ville.

Dès les premiers mètres, je sens le coup de fatigue s'installer. Je touche ainsi à ma limite compte tenu de mon entrainement léger. En marche rapide, je passe au travers de mon ravitallement (un gros sac de noix) et de mes trois gourdes. Je prends mon mal en patience, mais ne parviens pas à courir jusqu'au sommet, au kilomètre 52, 480m d'altitude. J'ai pris une bonne demi-heure de retard sur le planning.

La descente qui s'ensuit est à pic et technique, mais l'arrivée est au bout. Je me sens à nouveau pousser des ailes, et mon pas redevient sûr. Je profite de ces derniers instants dans ces terres poussiéreuses, minérales et arides. J'aperçois finalement Marie venue à ma rencontre à la marche. Il ne reste donc plus que 500m. Je ne freine mon élan qu'une fois la fin officielle du sentier atteinte, avant d'aller la retrouver et profiter de cet instant qui marque la fin de ce défi personnel, mais aussi de notre deuxième séjour en Australie. Trois mois éblouissants et formateurs, sur cette terre encore très sauvage.

Le dernier sommet, Black Hill, avant la dernière descente.

Avecle recul, j'ai eu beaucoup de plaisir sur cette distance malgré le manque d'entrainement grâce au fait que je n'étais pas en mode compétition (même pas de courbatures le lendemain). C'est donc un côté très encourageant, car même avec un entrainement minimal, je peux avoir du plaisir sur des défis sportifs lorsque extérieurs aux compétitions. Ce sera donc quelque chose à renouveller, un jour, quelque part.

Détails :

55km

6h47' pour couvrir la distance

7'25''/km - 8,09km/h de moyenne.

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  • : Sacha Cavelier Triathlète
  • : Après une formation d'ingénieur en France, je combine le triathlon élite LD à un doctorat de 2015 à 2020 au Canada et Australie. Installé en Ohio, papa, je poursuis la route sur les ultra trails et triathlons en espérant être encore compétitif.
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