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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 21:14

111

2013-09-06 19.41.15   Je n'étais jamais arrivé autant stressé sur un triathlon. Et ça m'a plutôt bien réussi car j'ai réalisé mon meilleur triathlon depuis que j'ai commencé ce sport. Il faut dire que la plupart de mes amis avaient fini leur saison avec de superbes performances, voire des qualifications pour les mondiaux de Mont Tremblant en 2014. Moi, je voulais la mienne, et je ne m'étais jusqu'à présent qualifié qu'une seule fois au 70.3 Syracuse, et au sprint pour quelques secondes. Bref, il fallait que je sorte LA course.

   Je suis donc allé à Muskoka, ce coin perdu dans le parc Algonquin, à 6h de route de Montréal, avec mon ami Alain. Comme j'ai toujours fait sur mes triathlons depuis 3 ans, j'ai passé deux nuits dans la tente dans la forêt sous la pluie, et j'ai mangé des boîtes de raviolis froids de 1,5kg pendant deux jours. Mais au moins j'ai rencontré Andreas Raelert et Mirinda Carfrae. Pas dans la forêt, dans le hall du village-expo. J'ai aussi rêvé à plusieurs reprises, pas de Mirinda, hélas,  mais de crevaison ou de départ de nage raté. En fait, je me sentais dans une période de grande forme, doublé d'une semaine avec beaucoup de repos très bénéfique, et je me disais que c'était trop beau, il allais se passer quelque chose. J'étais même persuadé de crever à un moment donné, sachant que je n'avais rien pour réparer. 2013-09-07-15.59.41.jpg   Et donc après deux nuits difficiles, le réveil avec 8°C augurait une course 10vu que cette température n'a pas augmenté sur toute la nage. C'est d'ailleurs un élément de plus qui explique ma grande forme ce jour-là. Difficile de comparer cette course avec une autre, car bien que supposée être assez dure (parcours de 94km au lieu de 90 et rempli de côtes, course à pied vallonnée, ...), beaucoup de choses font que finalement c'est une course où l'ont souffre peu (forme de fin de saison, pic de forme de début d'automne, température fraîche tout le long de la course comme cela n'est jamais possible le reste de la saison, ...).

   Après avoir vérifié peut être 20 fois mes affaires, je me suis finalement dirigé vers la plage. En voyant le field dans mon groupe d'âge (Mathieu Plaisance et Julien Biboud, anciens pros, Pierre-Yves Gigou, 9h06 et premier amateur à l'Ironman Tremblant, ...), je me suis mis à trembler pour mon slot pour les championnats du monde... Et je me suis dis que tant pis, l'important était de tout essayer et de ne rien regretter.

   Je suis aainsi parti à fond de cale dans la natation, annoncée à 2000m, à 8h24, dans la 4ème vague, 24 minutes après les pros. Tout est allé très bien et très vite. Je me suis sorti du pack plus vite que d'habitude et j'ai donc pu prendre et surtout tenir mon rythme sans problèmes, sans moment de faiblesse ou de baisse de motivation. Je sors en 28'20'', ce qui me fait penser que c'était plus un 1900m, mais je réalise tout de même ma meilleure nage sur cette distance, qui me propulse 6ème de mon groupe d'âge. La transition consiste en un beau 400m de grosse montée, pieds nus sur le bitume pour traverser un terrain de golf et aller chercher son vélo. Heureusement les pieds étaient anesthésiés par l'eau fraîche, et le resteront d'ailleurs jusqu'au début de la course à pied.

3   Dès le début du vélo, je double la plupart de mes camarades 25/29ans, et me retrouve 2ème derrière Pierre-Yves. En fait, je ne connaissais pas ma place, mais je savais que j'étais dans les premiers au vu des sensations sur le vélo. J'avais déjà fait le meilleur temps vélo de mon groupe d'âge à Syracuse, et aujourdh'ui les jambes tournaient toutes seules, mieux qu'à Syracuse. Sans forcer, je rattrapais tout le monde, sur un début de vélo vallonné mais facile : les côtes, pas immenses, se passaient en force, au-dessus de 30km/h. Je double beaucoup, puis de moins en moins, puis très rarement. J'arrive en 1h11 aux 45km, et ne cesse d'améliorer ma moyenne jusqu'au kilomètre 65 (38,2km/h de moyenne). Là, les choses se corsent : les montées sont plus longues, plus raides, et brisent le rythme comparativement au deux premiers tiers. Mais on se dit que la fin est proche et on prend son mal en patience. Je ne réalise qu'un pauvre 33km/h de moyenne sur les difficiles 29 derniers kilomètres, dû aussi en parti au mauvais bitume. Mais ce qui est encourageant, c'est que je passe en 2h26 le 90km (le même temps qu'à Syracuse, mais sur un parcours un peu plus dur, ce qui valide une petite progression en vélo sur mes trois derniers mois d'entrainement). Cependant, il a fallut compter un gros 8 minutes de plus pour arriver à bout de ces 94km... mais je découvre que je suis 2ème en voyant un seul vélo posé dans le rack de mon groupe d'âge.

   Plein de confiance car ayant posé le vélo avec autant 5d'air dans les pneus qu'au départ, je suis parti assez vite sur ma course à pied. Le parcours était certes vallonné, mais à profil descendant jusqu'au demi-tour. J'ai pu ainsi tenir un 3'54''/km sans problèmes sur les premiers 10,5km, boosté par les encouragements des coureurs que je dépassais. On m'annonce dans le top 20 à la mi-parcours, et je garde le rythme, curieux de savoir si ça va tenir. Bien entendu, au km 12, usé par les deux ou trois petites côtes, je ralentis significativement. J'ai du mal dans le faux plat montant au kilomètre 15, surtout qu'il dure jusqu'à la fin. Mais j'ai des frissons en pensant à ma performance qui se dessine depuis ce matin, ma meilleure course à vie possiblement, et je décide de pousser le plus possible tant que mes jambes me soutiendront. La seule grosse difficulté du parcours surgit au kilomètre 20, une grosse montée jusqu'à l'arrivée. Et en voyant des gros noms parti dans la vague précédente et en face de moi dans la montée (Bernard Alix, Andrew Tanner), je livre mes dernières forces. C'est avec beaucoup d'émotion et d'épuisement que je franchis la banderole de l'arrivée réservée aux meilleurs des groupes d'âge. J'ai couru mon meilleur 21km (1h28) en 70.3, ce qui conclut bien ma course. Jamais je n'aurai imaginé finir 4ème amateur et 16ème overall sur une telle course, et je me dis que j'ai bien mérité mon slot pour les championnats du monde, que je ne refuserai pas cette fois-ci. J'ai l'impression d'être sur la bonne voie dans mes entrainements, surtout depuis que j'ai assez modifié certaines choses au début de l'été, et passer le ruban de l'arrivée d'une course comme celle-là vaut largement les sacrifices nécessaires tout au long de l'année.

0463_27571.jpg   Je saurai enfin quoi répondre maintenant la prochaine fois qu'on me demandera pourquoi je m'inflige cette séance de vélo seul sous la grosse pluie dans le froid.

20IRONMAN 70.3 MUSKOKA - 2KM+94KM+21,1KM

4h35'11''

Swim : 28'20'' (1'25''/100m, 52ème après swim)

Transition 1 : 3'31''

Bike : 2h34'12'' (36,576km/h, 14ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 1'00''

Run : 1h28'08'' (14,365km/h, 4'10''/km, 16ème classement final)

16ème sur 1221 partants

2ème men 25/29 ans.

Les photos ici.


 
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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 15:48

2013-08-25 11.10.49    Le triathlon de Valleyfield est un évènement incontournable au Québec, car c'est l'un des rares, sinon le seul, triathlon proposant des bourses aux premiers. Cette année, les bourses étaient disponibles uniquement sur le sprint car ce dernier était le championnat provincial de triathlon sprint. J'ai longtemps hésité à m'inscrire au sprint, mais j'ai finalement opté pour l'olympique car je voulais coller à mon plan d'entrainement pour arriver en forme à Muskoka le 8 septembre, et aussi car je me disais que les jeunes juniors élites viendraient faire une razzia sur le sprint. Mais finalement, il y en avait autant sur le sprint que sur l'olympique, et si j'avais fait le sprint à la même vitesse que j'ai couru mon olympique, j'aurais gagné ma première bourse de triathlon. Mais je ne regrette pas, car je suis très satisfait de ma course à pied de 10km qui a été bonne pour une fois.

   Valleyfield est clairement une organisation qui pense plus au développement du triathlon qu'à son porte-monnaie comme la plupart des autres organisations. Les bourses, les rues complètement fermées aux voitures, le cadre magnifique, l'enthousiasme de la mairie sont des éléments appréciés qui méritent d'être soulignés. a.jpg   Contrairement à Magog, je n'ai quasiment pas pris de repos, 2013-08-25 11.19.00Valleyfield ne faisant pas parti de mes gros objectifs. Pourtant, quand on arrive le matin avec de bonnes jambes, du gros soleil, on se dit toujours que ce serait agréable de gagner. Le matin de la course, l'eau était à 23°C, à la limite de l'autorisation des wetsuits. Dure décision pour les frileux comme moi, aussi pendant que tout le monde écoutait les consignes du directeur de course, je me suis trempé seul progressivement au bord de l'eau. Sans wetsuit, la nage est plus lente aussi, et change la donne pour les nageurs moyens comme moi, car la combinaisons gomme les défauts de technique.

   Néanmoins, après avoir nagé les 300 premiers mètres dans le pack derrière deux ou trois nageurs, j'ai commencé à bien me sentir. J'ai fait des efforts de concentration sur ma technique ce qui m'a permis de distancer le groupe et de me caler à une centaine de mètres des deux premiers. Je fais deux boucles très égales en temps à 5 secondes près et sort troisième de ma vague (moins de 40 ans). L'un des juniors élites avec qui j'ai eu la chance de discuter après la course m'a annoncé qu'il avait nagé en 23 minutes au lieu de 20 habituellement et estimait à 200m la distance en trop. Je fais donc un bon temps de nage, confirmé par une bonne position en T1. d.jpg1148153 10202018419446215 415603416 n   Sur le vélo, composé de 8 boucles de 5km plates comme des crêpes, je prends un bon rythme et savoure les rues de la ville vides et des encouragements réservés aux premiers sur le parcours. Au bout de deux tours, je suis noyé dans la masse de cyclistes sortis de l'eau plus tard. A un moment donné, j'ai du repasser en deuxième position, puis à nouveau en troisième quand le futur vainqueur m'a doublé. Excellent dans les gros virages où ils ne freinait jamais, il a été bien plus fort que moi sur ce parcours là où je ne suis pas à mon aise, meilleur pilote que moi en tout cas. Sorti de l'eau 30 secondes derrière moi, il arrive une minute avant moi en T2.

   Sur la course à pied, je ne savais pas à quoi m'attendre compte tenu que je n'ai bien couru que sur des 5km cette année. Mais en signant le meilleur chrono de course à pied (à 2 secondes près), j'ai appris que je cours très bien après un vélo plat. C'est encourageant, et ça m'a permis de remonter à la seconde place peu avant la mi-course, et malheureusement de ne reprendre que 20 insuffisantes secondes au leader.

   Une belle deuxième place sur l'avant dernier triathlon de 2013. Prochaine course l'IronMan 70.3 Muskoka à Huntsville, ON le 8 septembre. 998775 10151801669471999 2060339610 nTRIATHLON DE VALLEYFIELD - 1,5KM+40KM+10KM

2h11'06''

Nage : 25'54'' (1'43''/100m, 5ème temps)

Transition 1 + vélo + transition 2 : 1h08'02'' (2ème temps)

Course : 37'12'' (16,129km/h, 3'43''/km, 2ème temps)

2ème sur 180 partants

1er homme 25/29 ans.

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15 août 2013 4 15 /08 /août /2013 12:24

brvgl0gp    Me voilà donc à mon triathlon olympique le plus important de la saison, le championnat provincial de la distance, et donc la promesse d'un plateau relevé, bien mieux relevé que les précédents triathlons courts auxquels j'ai participé. Ceci dit, l'absence d'invitations pour les meilleurs, et l'absence de bourses, problèmes récurrents au Québec, plombent le développement des championnats provinciaux qui sont, je pense, d'un niveau bien en-dessous du réel niveau québecois. Il ya encore de la route à faire afin de développer l'élite au Québec, mais j'allais tout de même pouvoir me frotter à des coureurs de mon niveau, et même beaucoup plus forts.

   La natation s'est faite dans le lac Magog, inhabituellement remué par de belles vagues. Le départ a été extrêmement chaotique, à cause d'un départ de la plage où il a fallut courir quelques dizaines de mètres avec l'eau jusqu'aux genoux, exercice que je n'aime pas trop. Du coup, je me suis retrouvé avec des nageurs moins rapides devant moi, et je n'ai jamais reçu autant de coups pour me sortir de ce pack trop lent pour moi. J'ai du remettre mes lunettes, slalomer, puis finalement au bout de 200m j'ai pu prendre mon rythme. J'ai doucement ratrappé des nageurs, et suis sorti de l'eau avec à ma montre environ 22'30'', ce qui correspond à du 1'30''/100m, un excellent temps pour moi, surtout dans les vagues. Je passe sur le tapis électronique devant le parc à vélo en 23'14'', pour ma T1 habituellement longue, avant de commencer à faire le ménage en vélo. Car je n'ai sorti que le 21ème temps de nage, mais il y a 9 personnes à moins d'une minute devant moi, et 17 à moins de deux minutes.

   Sur le vélo, motivé par le nombre de dépassements que je faisais dès le début,86xyrr5k j'ai sorti le gros régime d'entrée. Le parcours très côteux me favorisait extrêmement, et je voulais en profiter au maximum. A aucun moment je je n'aurais pu gagner une seconde de plus, jusqu'à la transition ou je saute de mon vélo à pleine vitesse pour courir pied nu jusqu'à mon emplacement. A ce moment là, je suis sur la dernière marche du podium grâce au troisième temps de vélo.

   Je démarre la course à pied avec d'excellentes sensations. J'ai l'impression d'aller très vite, surtout que je ne vois personne derrière moi. Pourtant, je fais le premier tour de 5km en 20 minutes. Les bonnes sensations sont trompeuses, je ne suis pas si rapide que ça. Je m'attends à me faire rattraper bientôt. C'est ce qui arrive une première fois au kilomètre 7 et une autre au kilomètre 9. Ces deux fois-là, je me sens incapable de suivre le rythme de mes adversaires, et j'accepte très satisfait ma place de 5ème à l'arrivée. Je brise de justesse le 40min sur mon 10km, j'ai laissé des plumes sur le vélo, mais je suis très content d'avoir bien couru dans les trois disciplines. Je préfère finir 5ème avec une belle bagarre plutôt que de gagner avec 1'30'' d'avance comme la semaine passée. Surtout que je finis en avant de triathlètes qui font des ironmans en catégorie professionnelle, comme Jérôme Bresson, ou Julien Biboud qui a fait les championnats du monde de 70.3 chez les professionnels (à peine 14 secondes derrière moi aujourd'hui).

   Il me reste à présent le triathlon olympique de Valleyfield en guise de préparation pour ce qui va être je sens la course où j'aurai le plus de pression de ma vie, l'IronMan 70.3 Muskoka.

TRIMEMPHRE - 1,5KM+40KM+10KM

2h10'31''

Nage : 23'14'' (1'32''/100m, 21ème temps)

Transition 1 + vélo + transition 2 : 1h07'25'' (3ème temps)

Course : 39'55'' (15,031km/h, 3'59''/km, 13ème temps)

5èmesur 359 partants

4èmehomme 25/29 ans.

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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 15:01

2013-08-04 10.26.41   C'est un peu au dernier moment que je me suis décidé à aller faire ce triathlon, un peu loin de Montréal. En tant que mon dernier triathlon sprint cette année, c'était donc la dernière occasion de faire un travail de vitesse. Etant donné la longueur de l'épreuve, il n'y a aucune gestion de l'effort, on est à bloc pendant une heure et du coup, on travaille la vitesse dans les trois disciplines ce qui est le meilleur entrainement de vitesse qui soit en triathlon.

   Sur ce sprint, la distance de nage était assez originale, de 1000m environ. "Environ", car j'ai trouvé les temps de natation très rapides, dont le mien. En même temps, le wetsuit était autorisé à cause de la température très fraîche de l'eau et de l'air du matin de la course, et j'avais déjà nagé en 13'49'' un 1000m avec wetsuit en piscine en avril, donc en prenant compte une légère progression et l'eau fraîche, après tout, peut être que mon temps de 13'27'' fait du sens. En tout cas, j'ai pu sortir 5ème de l'eau, avec le 3ème et le 4ème, à moins d'une minute des premiers.

   Là où je reste mauvais, c'est dans la première transition. J'ai toujours du mal à me changer rapidement avec les étourdissements liés à la sortie de l'eau. Ainsi, quelques bonhommes me dépassent pendant la transition, ce qui me fait stresser un peu car là il n'y a que 20km de vélo pour rattraper le retard.

   Heureusement le parcours est bien vallonné, comme je les aime, et à la 1mi-chemin du vélo, je me retrouve 2ème. J'ai l'impression qu'il y a un gros écart entre le premier et moi, et ne me vois pas remonter. Pourtant, au kilomètre 14, je croise le cycliste de tête à moitié arrêté dans une côte. Il a peut être fait du surrégime au début, et le paye dans la deuxième moitié plus en montée. C'est un plaisir de finir la portion vélo en secondant la voiture ouvreuse. Je frôle tout juste le 40km/h d'après mon compteur, ce qui m'est très satisfaisant au vu des belles côtes qu'on avait à affronter. Je ne saurais malheureusement pas le temps exact, car le temps vélo officiel englobe les temps des transitions, mais je suis très heureux d'avoir le meilleur bike split malgré ma première transition trop lente.

   Sur la course à pied, j'avais de superbes sensations dans les jambes, j'avais presque l'impression d'être un Browlee (à 5km/h près). J'ai poussé pendant 2,5km, calculé un écart de 1'34'' sur le deuxième au demi-tour, et j'ai donc fini ma course avec beaucoup moins de pression et plus en contrôle du coup. Je suis très content de mon chrono de 18'20'' dans un 5km assez vallonné aussi, et je gagne en prime avec un peu plus de 1'30'' d'avance. Cela me met très en confiance, mais il faut se rendre à l'évidence, le niveau était très peu relevé, et c'est pour ça aussi que j'essaierai de bien faire au triathlon olympique de Magog la semaine prochaine, où le niveau devrait être assez haut.

3TRIATHLON DE STE AGATHE - 1KM+20KM+5KM

1h05'26''

Nage : 13'27'' (1'20''/100m, 5ème temps)

Transition 1 + vélo + transition 2 : 33'40'' (1er temps)

Course : 18'20'' (16,364km/h, 3'40''/km, 3ème temps)

1er sur 151 partants

1er homme 25/29 ans.

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 11:25

   Pour fêter le 14 juillet, la fête nationale française, je suis allé avec mon frère faire le triathlon olympique de Sherbrooke. J'ai en tête de faire plus de triathlons olympiques cette année, et ce sera mon premier distance olympique en 2013 puisque Mont Tremblant avait été transformé en duathlon.

   J'ai un peu joué de malchance la veille lorsque j'ai crevé avec mes boyaux à 19h lorsque tous les magasins sont fermés. J'ai voulu changer le boyau pour me rendre compte que la valve était trop courte. J'ai donc remonté le boyau crevé et comblé le trou avec... Trois couches de superglue. Dans ma tête, j'étais démoralisé, car je me voyais le lendemain regonfler cette crevaison tous les 10km. Du coup j'avais perdu mon esprit compétitif et y aller juste dans le but de finir la course.

Bric-a-brac-4930.jpg   Le départ de la course a été donné à 12h15 ce dimanche. Point important, car la température ressentie était dans les quarante degrés. Bien sûr, le wetsuit était interdit dans l'eau à 25°C. Je pense avoir fait une bonne nage, car même si le temps ne casse pas la baraque, je sors de l'eau dans le top 10. Quand je pense qu'il y a deux ans, j'étais sorti avant-dernier de l'eau ici même... C'est un peu l'objectif que je me suis fixé cette année, si je veux bien me classer, il ne faut pas que je sois largué dès la nage. Mais à ce moment là, la seule chose que j'ai en tête c'est que je vais monter sur mon vélo supersonique certes, mais avec un bricolage à la superglue sur le pneu arrière.

   J'embarque donc dans la première montée, double un ou deux types, puis dans la descente à 60km/h, c'est le moment de vérité. Et le bouchon de glue tient bon. Finalement, j'ai pu faire tout mon parcours vélo sans problème, mais l'envie de tout dégommer n'étais pas là. Avant chaque descente (d'autant plus qu'elles étaient nombreuses, autant que les montées), je jetais un coup d'oeil à l'arrière de ma roue pour estimer si je perdais de l'air, et dans les grosses pentes, j'étais plus sur les freins que sur les aérobars. Je me concentrais plus sur ma roue arrière que sur la course. Et surtout, j'ai finis mon bidon d'eau au bout de 20km de vélo, et j'ai terminé le vélo dans une grande soif qui ma bien coupé l'énergie : je n'ai pas réussi à reprendre un gars devant moi que j'ai chassé sur les 10 derniers kilomètres. Alors que c'était plein de côtes, ma spécialité ! Ce gars là, je lui avait mis 3 minutes à Mont Tremblant, et d'après les résultats, il m'a mis une minute aujourd'hui. Quand on compare les temps sur internet, beaucoup de gens (qui ont fait Sherbrooke et Mont Tremblant) ont fait des temps vélo similaires sur ces deux courses, les parcours devaient être de difficultés égales. Moi, j'ai été 6 minutes plus lent à Sherbrooke. Certes, à Mont Tremblant, j'avais les jambes de Chris Froome, mais aujourd'hui, j'étais pas dans le coup.

   Quand je pose le vélo, je jette un regard rapide dans le parc vélo et vois Bric-a-brac-5372.jpgtrois autres vélos. Je suis donc 4ème. J'ai quand même bien roulé par rapport aux autres, en fait j'ai le 4ème temps vélo, mais dans ma tête je voulais le meilleur split, comme à Mont Tremblant, surtout que le niveau est moins relevé ici. Je me dis que peut être je vais sortir une belle course à pied, mais la grosse soif a eu raison de moi. Je cours sans énergie dans la fournaise. Au premier ravitaillement, je m'arrête pour boire des litres pendant que les autres me doublent. De toute façon, soif ou pas, j'aurais pas pu suivre ces gars là, ça passait vite sur le parcours de course à pied aujourd'hui. Au kilomètre 5, c'est un peu la fin du supplice, car les deux litres de boisson dans l'estomac font effet et les jambes repartent. Je rattrape un type et manque même d'en avoir un autre pour quelques secondes et me classe 6ème.

   J'ai un petit goût de déception dans la bouche, mais je viens d'apprendre que pour sortir un gros temps de vélo comme à Mont Tremblant, il faut que tous les éléments soient réunis : matériel, hydratation, motivation. Je prends donc le positif de cette course, car j'ai appris des choses (bien s'hydrater, et ne plus jamais rouler en boyaux), et je ferai en sorte que les éléments en question soient réunis à la prochaine course Magog. En plus, j'ai quand même fait 6ème sur une coupe du Québec à laquelle 24h auparavant je pensais terminer en regonflant ma roue toutes les dix minutes. Donc, ce n'est pas une contre-performance, mais plus une course où j'ai eu l'impression d'être en dessous de ce que j'ai fait sur mes quatre triathlons de juin. Et ça me remet le couteau entre les dents pour Magog ou l'objectif numéro un sera de faire un temps vélo canon, truc que je sais bien faire normalement.

2-copie-3.jpgCHALLENGE O2 - 1,5KM+40KM+10KM

2h20'07''

Nage : 24'56'' (1'39''/100m, 8ème après swim)

Transition 1 : 0'48''

Vélo : 1h10'57'' (33,827km/h, 4ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 0'47''

Course : 42'43'' (14,046km/h, 4'16''/km, 6ème classement final)

6ème sur 122 partants

3ème homme 25/29 ans.

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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 16:58

Sans titre

   Il s'est passé vraiment beaucoup de choses ce weekend, avec mon pote et training partner JP "the moustache". Déjà, gros évènement du mois, nous avons vu des hamishs sur la route pour aller à Syracuse, NY. On a longtemps hésité à s'installer avec eux, puis finalement on s'était dit que c'était pas si mal d'aller faire un ironman 70.3.

4.jpeg995688_10152943789865693_689370065_n.jpg   En arrivant sur le site du triathlon de la salt city, la température était déjà très chaude, et ça n'allait en rien s'améliorer car c'était 47°C en température ressentie que la météo annonçait. Cela changeait légèrement les plans, car ça ne servait plus à rien d'en garder sous la pédale, car de toute façon tout le monde allait casser sur la course à pied. Bref, il fallait tout donner sur le vélo.

   Nous étions aussi en mode poorfessional. Je l'ai été l'an dernier en dormant dans la voiture à plusieurs reprises, mais cette fois avec JP nous avions réservé dans un camping. Mais en voyant le calme du site, nous avons finalement planté la tente à... 200m du parc à vélo. Oui, nous étions les premiers sur place le dimanche matin. Autre chose aussi, nous avons découvert qu'en camping... Il n'y a rien à faire. Du coup JP s'est couché à 19h, et moi, après plusieurs heures à regarder les canards sans bouger, je l'ai rejoint à 20h30. Certes, on était réveillés à 4h30 du matin, mais avec une grosse nuit qui nous donne au réveil des impressions de jour de forme.

   Puis, il y a quelque chose de qv9jiz0y.jpgdifficilement compréhensible sur les évènements WTC : les groupe d'âge rapides partent en dernier, et passent la course à doubler les autres groupes d'âge lents. donc, moi et JP, en 25/29 ans et 30/34 ans, les deux groupes d'âge les plus compétitifs, nous sommes partis en derniers, une heure après les pros. Nous avons eu tout le loisir d'observer ces messieurs dames faire leur transition, et on s'est dit que finalement on était pas si mal nous autres en transition. Mais ce qui nous a inquiété c'est que les stars comme Joe Gambles ou Lisa Norden (médaillée d'argent aux derniers jeux olympiques, qui d'ailleur au passage a raté la médaille d'or pour 0,9 millième de seconde) ont nagé jusqu'à 2 minutes, 2 minutes 30 plus lentement que d'habitude. C'est clair que la distance n'était pas bonne et en effet, malgré les superbes sensations de glisse dans mon wetsuit Zoot, les conditions parfaites (eau à 20°C), le fait que j'ai pris le draft dans les pied d'un bonhomme assez rapide, je suis sorti en 31 minutes, bien déçu, de l'eau. Pour info, j'avais nagé en 29 minutes il y a trois semaines, avec bien plus mauvaises sensations à cause de la fatigue.

h4i0ed8k.jpg   Bref, je me suis dis que je ne devais pas être mal classé, et je suis parti à la chasse aux places. Les plus grosses montées étant en début de parcours, j'ai forcé modérément en début de course pour utiliser ma force, la grimpe. Je rattrape JP parti 5 minutes avant un peu avant le ravitaillement du 20ème kilomètre. Je m'hydrate énormément car déjà je sue à grosses gouttes sous mon casque aéro. Le vent fait chuter la moyenne si bien que je ne m'attends pas à un grosse moyenne comme prévu, et suis un peufpxwyvqj.jpg découragé à mi-course. Des douleurs apparaissent, et heureusement les ravitaillements et le vent dans le dos dans le chemin du retour me redonnent le moral, car ça roule à présent à 45km/h sur le plat au lieu de 37. En plus, je rattrape deux bonhommes de mon groupe d'âge, ce qui me motive encore plus, j'ai vraiment l'impression de faire un beau vélo, et la moyenne ne cesse de grimper. Je pose le vélo en 2h26, mon meilleur bike split jusqu'à présent, et surtout le meilleur bike split de mon groupe d'âge. Je suis 2ème des 25/29 ans, mais je sais que je vais devoir lutter sur la course à pied.

   Les 21,1km sont un aller-retour à faire deux fois. Sur le premier aller, je suis littéralement terrorisé par les côtes, environ 3, qui semblent tellement plus raides que sur le site internet. Et sur deux aller-retour, ça en fait 12. Surtout que je n'ai plus d'énergie, même pas sur le retour un peu plus en descente. La chaleur me fait même vomir un peu sur le début de la course. Mais le gros point positif, c'est que j'ai réussi à inverser la tendance à grand coup de glaçons sous le tri suit dans le dos et le ventre. Je me suis aspergé sans modération, bu énormément, pris des gels, et les jambes sont reparties. Tous ceux de mon groupe d'âge, et même les autres, qui m'avaient uc3on8uf.jpgdépassé à toute allure dans la première partie, se sont mis à marcher dans la deuxième, et j'ai pu reprendre beaucoup de monde. Un bonhomme du même âge que moi me ratrappe, je suis d'humeur à batailler, nous courrons côte à côtes quelques minutes dans une grosse côte puis soudain il marche et me dis "Ok, good run, man". C'est un gros point positif dans mon cas de pouvoir tenir le crachoir sur la fin de course, et même si sur le papier mon temps de 1h43 est assez lent, on peut dire que je fait parti de ceux qui ont le moins cassé. Chez les pros, seulement 3 brisent le 4h20, alors que d'habitude tout le monde est aux alentours des 4h. D'ailleurs des pros qui trottinaient sur le parcours, j'en ai croisé quelques uns, qui avaient complètement arrêté de s'arracher, mais qui ne voulait peut-être pas de DNF (did not finish).

   Bref, à trois kilomètres de la ligne d'arrivée,l3n0kn29.jpg je ralenti un peu car je commence à être sur les rotules. Mais voilà, à environ 1000m du finish, un bonhomme avec 'Great Britain' sur les fesses et '27' (son âge) inscrit sur le mollet me double vraiment très vite. Je suis écoeuré mais je me dis que je peux pas laisser ce gars là me dépasser maintenant, pas maintenant, même si je n'ai aucune idée de mon classement. Alors je me mets à accélérer avec mes dernières forces, le dépasse et je garde 20m d'avance sur lui. Je suis complètement à bloc, s'il décide d'en remettre une couche, je suis foutu. Je me retourne tous les 50m, et mon avance de 20m a l'air de tenir. Sur la dernière ligne droite, voyant qu'il me laisse tranquillement, je lève un peu les bras en l'air pour célébrer ces 8 secondes d'avance. Sans le savoir, je viens de gagner au sprint le dernier slot pour les championnats du monde à Las Vegas, en me classant 4ème. Je suis extrêmement fier d'avoir réussi cela, même si je n'irai pas pour des raisons financières. Mais qu'il est bon de dire qu'on est capable de se mériter un billet pour les world championships. Bref 4h44 temps final, et une très satisfaisante 31ème place overall sur une course de 1616 athlètes. JP qui n'est guère loin derrirère est lui aussi sur les rotules. Les deux clowns sont bien heureux d'être sortis vivants du four.

3.jpegIRONMAN 70.3 SYRACUSE - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h44'58''

Swim : 31'35'' (1'39''/100m, 66ème après swim)

Transition 1 : 2'45''

Bike : 2h26'14'' (36,927km/h, 26ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 1'27''

Run : 1h43'00'' (12,291km/h, 4'52''/km, 31ème classement final)

31ème sur 1616 partants

4ème men 25/29 ans.

Les photos ici.


 
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 14:27

    Une semaine avant le demi-ironman de Syracuse, je me cherchais un sprint pour travailler le rythme. J'ai été convaincu par le prix très raisonnable du triathlon de St Amable (25$). Surtout que pour ce prix là, on eu droit à un léger repas d'après course, un chandail en coton (pour nettoyer le vélo) et les rues complètement bloquées pour le vélo et la course à pied ! Certaines organisations devraient en prendre de la graine.1016283_464858313605640_1127351699_n.jpg1016222_464858813605590_249044830_n-copie-1.jpg   Je me suis donc rendu à vélo à St Amable avec l'objectif de ne pas du tout gérer ma course : faire la natation à bloc, le vélo à bloc et la course à pied à bloc. La natation s'est faite en piscine, sans wetsuit. J'ai pu sortir deuxième de l'eau, mais surtout j'ai été très content de tenir un 1'30''/100m, et de sortir ainsi en 11'20''. Je passe troisième en transition, derrière mon ami Pat Brisindi, que j'ai vite rattrapé sur le vélo en raison de ses 185km qu'il a roulé la veille. Je fais mon vélo à bloc, rejoins à mi-course l'homme en tête, et j'ai de très bonnes sensations sur ma machine, comme d'habitude en fait. Lorsque je pose le vélo, j'ai une confortable avance, mais je veux courir vite comme prévu. Je me rends compte que c'est assez compliqué, les jambes tournent mal. Au demi tour, je compte 1'20'' d'avance sur mon ami Pat qui, lui, par contre, tourne très bien les jambes. Je finis ma course avec guère plus d'une minute d'avance, ce qui signifie que je n'étais pas le meilleur des coureurs aujourd'hui. J'ai donc intérêt à faire revenir mes jambes de course la semaine de tapper qui suit en vue du gros objectif du 23 juin.

   C'est ma première victoire cette saison avec les couleurs de Zoot, sur un triathlon très convivial, en 1h01'47''. J'espère qu'il y en aura d'autres. Cette année, je voudrais faire plus de courtes distances, surtout en juillet et août, j'ai l'impression de moins aller contre nature, avec ma pauvre endurance. Bref, on va voir ce que ça va donner à Syracuse.994773_464860973605374_1326525225_n.jpgTRIATHLON DE ST AMABLE - 750M+20KM+5KM

1h01'47''

1er sur 41 finishers

1er homme 20-29ans.

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:22

111379758 494255337313432 582150935 n   Une semaine après mon demi ironman en France, j'ai remis le couvert pour un autre aux USA cette fois, dans le Connecticut, un Etat magnifique. Bien que mon demi ironman de la semaine passée était une préparation parfaite pour ce Revolution 3 Quassy qui est extrèmement dur, une seule semaine de repos ce n'était définitivement pas assez pour récupérer correctement, et j'en ai payé les conséquence sur ma course à pied.

   Surtout que des facteurs agravants comme la chaleur extrème était présents. Ceci dit, ils étaient compensés par d'autre facteurs améliorants, comme le fait que j'allais courir pour la première fois avec un vélo time trial et un casque aéro, grâce à la générosité d'un ami. L'eau n'était pas très froide, les conditions de nage étaient excellentes. Ma vague partait quasiment en dernier (hommes de moins de 30 ans), à 7h40, ce qui veut dire que j'allais970316 495672983838334 2039051797 n doubler du monde tout le long. Je me suis positionné en première ligne, confiant de mes capacités. Du coup, en étant un peu devant le pack, je n'ai pas été bousculé. Mais dès les premières centaines de mètres, des petites douleurs, restes de ma grosse nage de la semaine passée, sont ressorties. Je ne pensais pas qu'il fallait autant de temps pour récupérer de la natation. Du coup, même si ça allait assez vite et que je rattrapais les autres vagues, je sentais que je ne poussais pas comme je le voulais et que mon temps serait correct mais pas excellent comme je l'espérais. Je nage donc en 29 minutes, comme quoi un bon wetsuit Zoot ça sauve les meubles, en 5ème position dans mon groupe d'âge et 49ème au total.

   Puis, en embarquant sur le vélo, j'ai été emporté par l'euphorie de conduire un avion à réaction. Je me suis laissé un peu emporter par mes jambes, et fait une belle remontée puisque d'après les résultats détaillés, après 62km de vélo, j'étais 4ème de mon groupe d'âge et 10ème au général ! Le "pic" de ma course en quelque sorte, car j'ai un peu ralenti, involontairement, le rythme dans les grosses côtes de la fin du vélo, à cause de crampes dans les cuisses. Je ne pense pas avoir vu de parcours vélo aussi dur à part sur l'ironman de Nice, ce qui fait que je suis très satisfait de poser le vélo en 2h37', 5ème de mon groupe d'âge et 14ème au général. Satisfait, mais inquiet.

3.jpg   En effet, sur les trois premiers kilomètres, j'ai du m'arrêter à trois reprises 1.jpgpour m'étirer et faire passer les crampes. Malgré la belle descente, je n'allais pas plus vite que 4'15''/km. Je me faisais beaucoup de soucis pour la suite, mais heureusement, en buvant et me ravitaillant bien, toutes mes crampes sont passées. Par contre, les montées ont commencé. Avec la perception biaisée par la fatigue, j'avais l'impression de grimper l'Everest. J'ai complètement cassé, ma seule satisfaction et de ne pas avoir marché. J'ai tout donné, même essayé de m'accrocher à ceux de mon groupe d'âge qui me doublaient, je résistais 3 ou 4km avant de les laisser partir. Le plus dur a été le dernier mile, en grosse montée, j'ai eu l'impression qu'il faisait 5km de long. S'il n'y avait pas eu des coureurs autours de moi, j'aurais fait demi-tour car ne voyant pas la ligne d'arrivée 11 minutes après le panneau du mile 12, j'aurais cru m'être trompé de route. Bref, un beau calvaire sur cette course à pied, 389290 495671800505119 210014920 navec ce combo vélo - course, c'est sûr que ce triathlon est le plus dur que je connaisse, au moins l'ironman de Nice était plat au moins sur la course à pied. Même le vainqueur du jour, Joe Gambles a été du même avis que moi, si ce n'est que lui a couru en 1h13' et moi 1h46'. Avec ce dernier chrono, je me suis ainsi joliment effondré à la 49ème place, 7ème groupe d'âge. Mais je retiendrais que je suis très content de ce que je peux faire en nage et vélo, reste à arriver plus frais pour ne pas casser sur la course. J'ai réussi à le faire au Timberman 70.3 l'an dernier, donc je vais tout mettre en oeuvre pour le faire au Syracuse 70.3 le 23 juin.

Revolution-3-Quassy-2013 5547-L

REVOLUTION 3 QUASSY - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h57'42''

Swim : 29'38'' (1'32''/100m, 49ème après swim)

Transition 1 : 2'29''

Bike : 2h37'25'' (34,304km/h,14ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 1'21''

Run : 1h46'49'' (11,852km/h, 5'03''/km, 49ème classement final)

49ème sur 996 finishers

7ème men 25/29 ans.


 
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 06:19

front.jpgtriathlon du sud 25-26 mai 2013 (59)

   Après trois semaines assez intenses et axées sur le vélo, mon séjour en France se devait de terminer par un beau triathlon. Ainsi, après une semaine de 35h d’entrainement et une montée du Ventoux le mercredi qui concluait 20h d’entrainement sur le début de la semaine, j’ai tout stoppé pour retrouver des jambes en vue de l’half ironman de Villetelle, le triathlon du sud. Le temps de la veille peu clément n’a pas empêché mon frère de gagner son groupe d’âge sur le sprint, et heureusement le soleil était au rendez-vous le dimanche matin. Les mauvaises températures des dernières semaines n’ont pas permis à l’eau de se réchauffer plus que 15°C, ce qui m’inquiétait un peu. Mais finalement après un bon échauffement dans l’eau, le froid était supportable.

   Ce petit half ironman d’une centaine de partants était une belle occasion de tester ma forme avant les courses d’envergure, mais aussi le moment d’essayer de s’illustrer un peu. Je suis donc parti un peu à tombeau ouvert dès les premiers mètres des 1900m natation. Au bout d’un moment, je lève la tête et constate que je suis 4ème. Le 3ème n’est pas loin et j’essaie de revenir sur lui. Mon wetsuit Zoot F4 a joué un rôle primordial. Je le trouvais très serré en dehors de l’eau, mais dès qu’on s’immerge, il devient une seconde peau. Des ajouts de matières au niveau des bras assurent une diminution des remous, mais surtout ce qui est incroyable c’est la glisse qu’il procure. Lors de mon premier essai en piscine, après l’avoir enlevé, j’avais l’impression de nager dans du beurre plutôt que de l’eau. Et ce jour-là, le sub 13 minutes au 1000m en piscine m’avait mis en confiance pour les triathlons à venir.

triathlon du sud 25-26 mai 2013 (82)   Bref, du coup tout allait bien dans l’eau fraîche de la rivière Vidourle, et une fois le 3ème rejoint, je suis sagement resté dans ses pieds jusqu’à la fin. Nous sortons à moins de deux minutes des premiers avec un chrono de 24 minutes. Un temps un peu trop rapide, j’ai donc des doutes sur la distance réelle, toujours est-il que cette sortie 4ème de l’eau me bourre de confiance. Malgré une transition très lente à cause du froid qui m’avait engourdi, je suis toujours 4ème lorsque je me pose sur le vélo, et entame la portion vélo que j’imaginais assez facile.

   Je m’étais fait prêter des roues Zipp pour l’occasion, triathlon du sud 25-26 mai 2013 (98)espérant sortir un beau chrono, mais le vent et les côtes m’ont vite fait changer d’avis. Cependant, le vent de face et le beau col au kilomètre 35 ont joué en ma faveur puisque j’ai pu prendre un temps la 3ème place. Ce pied sur le podium, je ne l’ai pas gardé longtemps, car dès la descente, les roues lenticulaires et les vélos aéros m’ont déposé. Je constate ainsi, le moral dans les chaussettes, vers le kilomètre 70 que je suis 7ème. Un petit coup d’accélérateur me permet de repasser 5ème à la fin du vélo, avec un joli 35km/h de moyenne sur ce parcours côteux et venteux d’environ 95km finalement. Mais j’y laisse un peu des plumes, car je retombe immédiatement 7ème lors de la première boucle de la course à pied.

triathlon du sud 25-26 mai 2013 (103)   Le circuit de course consiste en une boucle à faire 4 fois. A ma grosse surprise, de grosses montées sont présentes, et même des montées de trail.  Du coup, ce triathlon est propulsé comme l’half ironman le plus dur que j’ai eu à faire. Heureusement, je ne craque pas et reste 7ème sur les deux autres boucles. Puisque la forme va assez bien, j’accélère un peu sur la dernière boucle, mais ne rattrape personne. Je suis satisfait de mon temps (1h33) vu les difficultés, et encore plus du temps final, 4h47, à 13 minutes de mon meilleur temps qui avait été établi sur un parcours très facile.

Je suis donc en pleine confiance pour les triathlons à suivre, et en prime je finis premier de mon groupe d’âge. Avec plus de repos et pas de Ventoux le mercredi, je me sens bien d’aller chercher un beau classement sur un triathlon de niveau relevé, même si mes fidèles supporters / photographes, mes parents, ne seront pas là la prochaine fois. La saison est lancée !

triathlon du sud 25-26 mai 2013 (127)TRIATHLON DU SUD - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h47'00''

Swim + transition 1 : 7'01'' (4ème apèrs swim+T)

Bike : 2h46'00'' (34,880km/h,5ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 + run : 1h33'59'' (7ème classement final)

7ème sur 85 finishers

1er homme 25/29 ans.

Les photos ici.

 

 


 
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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 19:20

  8 triathlons de complétés dans mon épopée naissante dans le triathlon et toujours pas de courte distance : 7 demi IronMan et un IronMan. Cette saison aura commencé par un IronMan, puis auront suivi trois demi IronMan, et tant qu'à faire les choses à l'envers, allons jusqu'au bout : finissons par un courte distance. Je me suis donc inscrit sur mon premier triathlon olympique, avec un peu de pression, car j'allais découvrir le distance, et devoir affronter la pluie selon la météo. Mais après tout, j'avais l'avantage d'un parcours parfaitement plat sur le circuit de formule 1 de Montréal, le chrono ne pouvait être que bon.

16748-716-17360083   Finalement, pas une seule goutte n'est tombée pendant la course, mais c'est un vent à décorner les boeufs qui a soufflé sur l'île au milieu du St Laurent. J'ai profité du départ de ma vague tardif (12h30) pour arriver bien en avance. Malgré la petite taille du bassin olympique, de belles vagues avaient le temps de se former et de s'écraser sur la plage artificielle créée pour l'occasion. J'ai donc décidé de bien m'échauffer afin de mesurer l'ampleur de l'agitation aquatique du jour. En pleine prise de confiance dans la discipline de la natation, je me suis posté en toute première ligne. Et je n'ai pas été déçu de mon choix, je me suis bien fait bousculer, j'ai bu la tasse plusieurs fois, et même cru que j'allais me noyer. Il faut dire que le départ a été très rapide, et je n'avais pas l'impression d'avoir ma place ici. Mais lorsqu'il a fallut prendre sa vitesse de croisière, à mon grand étonnement, je suis sorti facilement du pack dans lequel j'étais, et j'ai fait cavalier seul durant les trois quarts de la nage avec en ligne de mire une demi-douzaine de nageurs devant moi. La lutte contre les vagues a été terrible, mais dès le demi tour de passé, elles m'ont rapidement mené jusqu'au rivage, me permettant de sortir 3ème de ma catégorie de l'eau, 24'39'', 22ème temps overall parmi les 548 athlètes, un exploit pour moi à qui la natation est le point faible.

  J'embarque rapidement sur le vélo en me posant plein de questions sur la manière dont le vent va me ralentir. En gros, sur un tour de 4,4km, on a 2,2 face au vent, et autant vent dans le dos. Les premiers 2km face au vent sont difficiles, je ne trouve pas mon rythme, mais lorsque le vent me pousse, je file à 55km/h, ça ne m'étais encore jamais arrivé sur cette 16748-284-17341971piste, et je retrouve le moral. Je parviens ainsi a forcer pour garder un 35km/h face au vent, et reste attentif à ceux que je double ou ceux qui me doublent, au cas où ils feraient partis de ma course, mais les coureurs de toutes les distances sont mélangés et il est dur de savoir qui fait quoi. Progressivement, mon compteur affiche un peu plus de 40km/h de moyenne, je suis plus que satisfait d'atteindre mon objectif malgré ce vent. Je compte les tours en même temps que je joue au yo-yo avec d'autres cyclistes (je les double, ils me doublent, je les double, etc...). Lorsque je sors enfin du circuit pour aller vers la zone de transition, je suis surpris de voir que de bons cyclistes embarquent pour un autre tour, mais je ravale ma fierté en voyant qu'il y a déjà pas mal de vélos de posés dans la transition.

16748-121-17373877   Je repars très vite les chaussures aux pieds, mais je n'ai aucune idée du temps que je peux mettre, disons que j'ai un 38 minutes en tête. J'ai 2,5km face au vent, 2,5 vent dans le dos, 2,5 face au vent, et on finit vent dans le dos. Premier kilomètre en 3'15'', deuxième en 4'15'', "OK, les panneaux ont été placés au pifomètre". J'arrête de regarder ma montre et cours au feeling. Tout va bien, et surtout un coureur me rattrappe, on va pouvoir forcer à deux. Nous courrons côte à côte lorsque le vent est dans le dos, ça va très vite et c'est agréable, et lorsque nous nous retrouvons à nouveau vent de face, nous nous entendons à merveille, et alternons les relais tous les 250m. Dans la partie finale, je suis encore très bien, et je décide d'accélérer et lâche sans mal mon adversaire. Je donne tout dans le dernier kilomètre, j'ai l'impression d'aller très vite grâce au vent. Je double quelques coureurs, mais ne parviens pas à rattrapper un grand bonhomme qui finit à peine 9 dixièmes devant moi. Mais j'ai réussi à sortir le meilleur temps de ma catégorie, et le 7ème temps de course à pied de la course, 37'41'', je suis ravi, et ça m'a permis de me hisser tout juste dans le top 10, et premier de ma catégorie. Je suis ravi d'avoir rempli absolument tous les objectifs que je m'étais fixé, ça ne m'arrive que dans le triathlon et c'est pourquoi j'adore ce sport. J'ai à présent un temps de référence de 2h06', et c'est dommage que la saison soit terminée, car j'ai vraiment hâte d'essayer de l'améliorer, car vu le plaisir que j'ai eu aujourd'hui à courir, c'est sûr que j'intégrerai cette distance au calendrier.

16748-101-17397023TRIATHLON OLYMPIQUE ESPRIT DE MONTREAL - 1,5KM+40KM+10KM

2h06'28''

Nage : 24'39'' (1'38''/100m, 22ème temps)

Transition 1 + Véloroute +  Transition 2 : 1h04'10'' (23ème temps)

Course à pied : 37'41'' (15,929km/h, 3'46''/km, 7ème temps)

10ème sur 548 partants

1er homme 20/24 ans.

Les photos ici.

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:39

Sans-titre.jpg

 

Ironman-70.3-Timberman-2012 0003    Me voilà arrivé au dernier triathlon longue distance de la saison. Le dernier grand rendez-vous, le dernier gros objectif. Cette saison est passée en un éclair, puisqu'elle commencé il y a deux mois à peine avec l'Ironman de Nice. Heureusement il y aura d'autres petits évènements en septembre, mais c'est dur de se dire qu'on ne va pas revivre avant l'année prochaine ces fabuleux moments que l'on trouve dans les triathlons longue distance. Encore une fois, je suis parti en mode 'aventurier solitaire' : 4h30 de voiture d'une traite à l'aller et une nuit dans la voiture au milieu des forêts du New Hampshire. Au passage, ce coin là du New Hampshire que j'ai découvert est une merveille de la nature. Après avoir traversé les immenses falaises des White Mountains, je suis tombé sur un véritable paradis, sur les rives de ce lac, Lake Winnipesaukee, où les plages de sable et les vagues côtoient les animaux sauvages et les paysages montagnards au large des eaux claires. Une beauté dans ces paysages qui donne davantage envie de pousser fort la machine, afin de mériter ce cadre. D'ailleurs, j'avais des ambitions pour ce triathlon. Après deux demi ironman où les résultats n'étaient pas à la hauteur de mes espérances, je ne me voyais pas faire à nouveau en dessous de ma marque de l'an passé, 4h53. Cette fois-ci, j'ai eu quasiment un mois pour récupérer de ma dernière épreuve, j'arrive donc frais, et j'ai énormément travaillé la natation, avec des semaines qui frôlent le 15km de nage. Il faut dire qu'à force de regarder les jeux olympiques, j'ai découvert que mes mouvements n'étaient pas excellents, et j'ai gagné de précieuses secondes à vouloir imiter le geste parfait que l'on aperçoit quelques brêves secondes lors d'une épreuve à la TV depuis les caméras situées dans la piscine. Il fallait que je fasse un temps en natation. En vélo aussi, vu que le parcours allait être le plus roulant que je n'ai jamais fait jusqu'à présent. Et dans la foulée, je veux faire un bon temps en course à pied. Bref, pour résumer, je veux faire un bon temps de partout. 

   Lorsque le grand jour arrive enfin, il fait encore nuit. 11C'est 4h, et le parking vient d'ouvrir. Je voulais être parmi les premiers arrivants, car lorsque le parking sera complet vers 5h, les suivants devront se garer loin et prendre une navette. A 4h15 je suis garé dans le parking et je me rendors jusqu'à 6h. J'ai beaucoup moins de pression à présent lors de mes triathlons. Auparavant, je me disais "dès que tu sors de l'eau, si tu es vivant, tu es sauvé". Maintenant, la nage est loin d'être la partie que j'aime le moins, c'est une discipline où je ne suis plus en train d'essayer de sauver les meubles, mais plutôt où je me mets en première ligne au départ pour être le plus compétitif possible. J'ai progressé techniquement en natation et c'est à présent une discipline que j'aime. Avant je nageais parce qu'en triathlon il y a une partie nage. Maintenant, je peux dire que j'aime et je fais du triathlon en partie parce qu'il y a de la nage dedans. Ce matin,  je suis dans la dernière vague, celle des hommes de moins de 29 ans. Je regarde patiemment les autres vagues partir, et quand vient mon tour, je me mets sur la première ligne. Je suis très content de cette fraicheur matinale qui a permis d'autoriser le port de la combinaison. C'est tellement plus rapide avec. Nous avons de l'eau jusqu'aux genoux, et lorsque le départ est donné, c'est la ruée vers le large. Dès les premiers mouvements j'essaie de m'extirper du peloton. Très vite je rattrappe les autres vagues, et lorsque je lève la tête pour me repérer, contrairement à d'habitude, je n'aperçois que très peu de bonnets blancs, la couleur de ma vague, ce qui m'encourage. Je me concentre énormément à faire le mouvement le plus efficace possible. Il est dur de se concentrer en triathlon, car la majeure partie du temps, on cherche à doubler, éviter des nageurs, où se diriger vers les bouées du parcours. Le temps passe très lentement aussi dans l'eau. j'ai l'impression de nager depuis une heure, mais pourtant, je suis bien en dessous de la demi-heure lorsque je regarde ma montre pour la première fois, sur le chemin du retour vers le rivage. J'ai un objectif secret qui est de casser le 30 minutes, et je donne tout dans mes brassées sur la fin pour y parvenir. Lorsqu'il y assez de fond pour que je me redresse, ma montre indique 30'20''. Peut être qu'une vingtaine de mouvements un peu plus forts aurait suffit... Je cours sur la plage et passe sous l'arche en 30'38''. Il y a très peu de bonnets blancs autours de moi et je suis extrêmement content de voir qu'il ya beaucoup de vélos dans ma rangée dans l'aire de transition. Ceux de ma catégorie sont encore en train de nager. En fait sur la cinquantaine de men 18-24, je suis sorti de l'eau 6ème, une première pour moi. Grâce à deux bénévoles qui m'arrachent litérallement ma combinaison, je fais une transition rapide, et enfourche mon vélo.

1   Il me faut un petit moment pour fixer mes chaussures sur les pédales, puis rentrer mes pieds dedans, car j'ai oublié mes élastiques pour faire tenir mes chaussures et du coup je les ai emportées dans les mains. Ce sont des détails qui importent peu sur de la longue distance, mais je suis rendu à un point où chaque minute gagnée est une petite joie. J'embarque finalement pour 90km de vélo. Ce circuit sensé être très plat commence néanmoins avec de belles bosses en début de parcours. Les montées sont mon point fort, et je ne me fait que très peu doubler, et toujours par des coureurs d'entre 30 et 40 ans (l'âge de chaque triathlète est inscrit au marqueur sur le mollet gauche avant le début de l'épreuve). J'ose lâcher les freins dans quelques descentes vertigineuses, et puis finalement vers le kilomètre 20 ou 25, une portion de faux-plat descendant commence, et ne finira pas avant le demi-tour de la mi-parcours. C'est un régal de rouler à plus de 40km/h sans forcer. A tel point que je m'alimente assez tard, ne ressentant aucun manque d'énergie, et en me forçant, avec une barre de céréales, à la mi-parcours, que je passe en 1h13. Le retour se fera un peu moins rapide, mais tout de même aux alentours de 36, 37km/h grâce à un léger vent dans le dos qui pousse dans le faux-plat montant. J'arrive donc aisément au kilomètre 60 ou 65 en essayant de me rappeler les descentes de l'aller qui seront maintenant des montées. C'est aussi à ce moment qu'un groupe de coureurs de ma catégorie d'âge me rattrappe, armé de time trial. C'est un peu une course poursuite qui s'engage, car ils me doublent sur le plat, mais je les rattrappe aisément sur les montées. Je commence à prendre des gels de temps à autre que j'ai scotché sur mon vélo, et c'est finalement à une dizaine de kilomètres de l'arrivée que je sèmerai mes poursuivants. Je force dans les derniers kilomètres de plat pour aller chercher un chrono sous les 2h30', que je ne raterai que de 19 secondes. Je me souviens alors de ce ravitaillement au kilomètre 70 où je suis allé très lentement sur quelques dizaines de mètres pour prendre le temps de vider ma gourde avant d'en prendre une nouvelle. C'est à peu près le seul moment de la course où j'aurais pu grapiller ces 19 secondes, tout le reste du circuit ayant été fait à plain régime. Je pose mon vélo en zone de transition et en compte quatre autres dans ma rangée. Je suis donc 5ème de  mon age group. C'est une excellente nouvelle, j'arrache le dernier gel du cadre de mon vélo et pars faire mon demi-marathon le gel à la main.

SC 0001   Les premiers kilomètres sont difficiles pour mes jambes et je 3ne parviens pas à trouver le rythme. J'ai peur de payer, encore une fois, les efforts fournis sur le vélo, d'autant plus que mes habituelles crampes d'estomac apparaissent. Mais cette fois-ci, elles passent assez rapidement, peut être parce que le circuit est moins dur que d'habitude. Je trouve alors mon rythme de croisière, et me base sur les miles indiqués le long du parcours, en essayant de les passer toujours en un peu moins de 7 minutes. Je m'alimente et bois beaucoup aussi, car aujourd'hui, tout passe sans problème. Je glisse des éponges un peu de partout sous mes habits, et les encouragements du public amassé le long du parcours me fait doubler du monde à la pelle et me porte jusqu'à la mi-parcours, 10,5km, que je passe en 44 minutes. Je surveille ardemment les mollets des concurrents, mais je n'ai encore vu aucun coureur de ma catégorie. Je m'engage alors sur le deuxième aller-retour, avec une petite baisse d'énergie. Le parcours me semble plus long qu'à l'aller, et je me sens piocher dans mes dernières réserves. Je suis un peu écoeuré par le sucre, et penche plutôt pour des verres d'eau aux ravitaillement. C'est au demi-tour, le deuxième, près du kilomètre 16, donc, que je retrouve de la motivation pour aller me battre sur cette fin de parcours. A ce 4moment je me dis que même un gros coup de fatigue ne m'empèchera pas de garder ce rythme que j'ai réussi à tenir depuis plus d'une heure à présent. Je commence à accélérer progressivement, et les encouragements des autres triathlètes eux-mêmes me donnent du coeur à l'ouvrage. A deux miles de l'arrivée, je me laisse complètement emporter par mes jambes. J'ai des sensations fabuleuses, je cours sûrement à 4'10'' ou 4'05'' au kilomètre mais avec la fatigue et l'euphorie j'ai plutôt l'impression de faire du 3'15'' au kilomètre. C'est d'ailleurs dans ces derniers instants que je double le 4ème de ma catégorie. Cette fois, en abandonnant à mes muscles les derniers milligrammes de sucre de mon sang, je brise la symbolique barre des 1h30' d'une dizaine de secondes et finis en 4h35'07''. J'ai enfin rempli mon objectif de temps, en faisant une course dont l'intensité n'a pas diminué pendant 4h35, ce qui me rempli de bonheur. Dans les trois disciplines, j'ai fait le temps que j'espérais, c'es tellement rare que je finisse une course sans aucun regrets : Il n'y a aucun moment aujourd'hui où je peux dire "j'aurais dû...". Alors je savoure l'instant, surtout que les américains savent les faire apprécier grâce à leur buffets de nourriture d'après course. Sur les évènements IronMan, ici, les podiums vont jusqu'à la cinquième place, et pour la première fois je vais monter sur une marche, sur un IronMan 70.3. Chaque seconde grave le temps mais certaines gravent votre mémoire.

Ironman-70.3-Timberman-2012 0001IRONMAN 70.3 TIMBERMAN - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h35'07''

Swim : 30'38'' (1'36''/100m, 79ème après swim)

Transition 1 : 2'25''

Bike : 2h30'19'' (35,924km/h, 53ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 1'55''

Run : 1h29'50'' (14,093km/h, 4'15''/km, 38ème classement final)

38ème sur 1335 partants

4ème men 18/24 ans.

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 11:31

Sans titre

TM2 1742   Un de plus. Ce qui était l'été dernier une grosse course est devenu cette année la routine. A un tel point, que sans m'en rendre compte je néglige la période de repos d'avant course. Couché tard vendredi soir, levé tôt le samedi matin pour regarder le tour de France, et une nuit de quelques heures dans la voiture de samedi à dimanche. Aussi, avec les combinaisons interdites malgré la fraîcheur matinale, dimanche matin, il était très dur de trouver de la motivation, même pour les championnats canadiens de demi ironman. Heureusement le plaisir est vite revenu dès la fin de la natation, après avoir nagé 1,9km dans le lac Magog en un peu plus de 33', une minute plus rapide qu'il y a deux semaines. Ces derniers temps, j'ai mis l'accent sur la natation, et je me sens progresser de semaine en semaine, tant sur la technicité, sur les appuis, que sur le physique. Peut ête l'effet est-il psychologique, mais je me sens de plus en plus à l'aise sur cette distance de 1,9km.

   Bref, j'étais bien déterminé à faire quelque chose sur le vélo. Comme prévu, le parcours était assez difficile, très valloné. Avec un léger vent de face sur la première moitié, j'ai pu tout de même garder un 33km/h de moyenne, qui s'est transformé en 34,5km/h sur la deuxième moitié avec le vent favorable et plus de descentes. La température n'était pas très chaude, ce qui m'a permis de ne pas perdre de temps à m'arrêter sur les ravitaillements. J'ai réussi à garder un effort constant tout le long, sans baisse de régime comme c'est parfois le cas, et surtout je me suis donné à fond dans chacune des montées, dépassant énormément des vélos de contre-la-montre, qui me rattrappaient ensuite dans lesTM1 1831 descentes et sur le plat. J'ai plutôt apprécié ce jeu du chat et de la souris tout le long du parcours, car pour chaque coureur qui me doublait en descente, je faisais l'effort de le rattrapper dans montée qui suivait, et surtout de l'enrhumer en le doublant, quitte à y laisser de l'énergie pour plus tard. Bref, je me suis bien fait plaisir sur cette partie vélo, ce qui m'a emmené à la terminer en 2h40', mais en comptant les deux transitions, ce qui est là encore une nette amélioration par rapport à il y a deux semaines. Malgré ça, je n'étais pas classé dans le premier 10% de la course, comme sur un ironman classique. Cette fois, j'étais dans les 40ème (après avoir compté les cyclistes au demi tour du parcours vélo), peut être le signe que malgré son faible nombre de participants (200), les championnats canadiens attirent du niveau.

   Je suis donc parti sur mon demi marathon après 3h13' à ma montre, très satisfait et plein d'ambition. En effet, avec une bonne course à pied, ce qui correspond pour moi à 21km en 1h30', je pouvais nettement briser le 4h45', ce qui aurait été un chrono vraiment excellent sur un parcours global assez difficile. La partie de course à pied était constituée d'une boucle de 5,25km à faire quatre fois, avec un belle montée au milieu de chaque tour. Je suis parti sur mon pace visé, pas trop vite cette fois, car l'envie et l'espoir de bien faire étaient là. Des crampes d'estomac sont apparues, mais je ne me suis pas affolé, car il y a deux semaines, j'ai fait une belle partie course à pied avec ces crampes d'estomac. TM2 3488J'ai l'impression que mon corps n'arrive pas encore totalement à encaisser une grosse partie vélo enchaînée d'une grosse course. Cela viendra et en attendant, je me suis efforcé de faire passer doucement ces crampes d'estomac. Le premier tour s'est finalement assez bien déroulé, mais c'est dès le début du deuxième que mes intestins ont lâché, m'obligeant à faire une pause toilette urgente. Du coup, j'avais déjà perdu des minutes dès le deuxième tour. Dans le troisième, un autre problème est apparu, l'hypoglycémie. Sur les ravitaillements de course à pied, les bénévoles ne tendaient que des verres d'eau et de boisson énergétique. Je sentais qu'il me fallait plus que ça, comme des gels, et c'est lorsque j'ai commencé à me sentir mal sur le troisième tour et que j'ai marché à un ravitaillement que j'ai vu des gels tranquillement posés sur les tables, comme cachés dans un coin entre les nombreux verres d'eau et de e-load. J'étais un peu énervé que les bénévoles n'en avait pas donné aux IMG00011-20120722-1047coureurs, aussi j'en ai pris cinq ou six et je suis partis avec. Sur les sept ou huit kilomètres qui restaient, je n'ai carburé plus qu'avec ça et de l'eau, en essayant tant bien que mal de surmonter ma grosse baisse d'énergie. J'ai terminé ma course en 1h39', déçu, mais pas surpris, car j'avais compris dès le deuxième tour que ça serait dur d'atteindre l'objectif fixé. Malgré ça, je fais à trente secondes près le même temps qu'il y a deux semaines, sur un parcours plus difficile, et moins reposé. Je finis donc 38ème de ces championnats canadiens, et 9ème de ma catégorie, une performance pas si pire, d'autant plus qu'elle m'aurait qualifié pour les championnats du monde 2013 de longue distance à Belfort, en France, si j'avais eu la nationalité canadienne !

   Mes sensations sur la nage et le vélo m'ont donné plein d'ambitions pour l'IronMan 70.3 Timberman en août. A condition de moins le prendre à la légère cette fois-ci, et d'arriver frais et motivé, la deuxième chose étant toujours plus facile que la première dans mon cas.

TRIMEMPHRE - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h54'06''

Swim : 33'43'' (1'46''/100m, 41ème temps)

T1 + Bike + T2 : 2h40'44'' (38ème temps)

Run : 1h39'41'' (12,700km/h, 4'43''/km, 49ème temps)

38ème sur 200 partants

9ème homme 20/24 ans.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 10:27

Sans titre

   Après avoir très bien récupéré de l'Ironman de Nice, deux 541456 10150197181544980 1266825462 nsemaines plus tôt, je me suis lancé tête baissé dans mon deuxième objectif de la saison, performer sur le demi ironman, ou 70.3, une distance qui me plaît vraiment : on récupère très vite d'un 70.3, on peut mettre du rythme tout le long de ce type de course sans essayer de se garder de l'énergie pour plus tard comme dans un ironman, l'épreuve est moins exigeante en entraînement. Bref, je suis donc parti à 9h de Montréal samedi matin, et après avoir traversé le Vermont, le New Hampshire, le Massachusetts, après avoir franchi la frontière et les embouteillages de Boston, j'ai débarqué dans cet Etat que je ne connaissais pas, le Rhode Island, quelques minutes avant la fermeture du retrait des dossards à 17h. Puis, la course contre la montre a continué pour aller déposer les affaires de courses puis le vélo à quelques kilomètres de là, à Olney Pond, un petit coin paradisique où je n'ai pas pu résister à la tentation de me baigner dans l'eau chaude avec le soleil couchant. Dans la soirée, ma voiture, en plus de me servir de moyen de transport, m'a aussi servi d'hotel. Après tout, ce n'était que pour quelques heures, puisqu'à 4h du matin, je me levais pour me diriger vers le centre ville de Providence, la ville hôte de l'évènement, pour prendre une navette qui me conduirait jusqu'au départ de la natation. 

IronMan-70.3-Rhode-Island-2012 0002   Arrivé vers 5h30 sur l'ère de départ, je vérifie rapidement mon vélo avant de quitter la zone de transition à 5h45. Le départ des pros se fera à 6h et le départ de ma vaque à 6h45. J'ai donc tout le temps de regarder les vagues partir et même arriver. La mauvaise nouvelle de la matinée est que les combinaisons sont interdites, pas étonnant avec la température de l'eau. Moi qui voulait casser le chronomètre sur la nage aujourd'hui, je dois me résigner à ce que mon temps ne soit pas excellent. Lorsque l'heure du départ s'a0197 00499pproche, les coureurs de mon groupe d'age se rassemblent sur la plage. Je me suis faufilé dans les premières lignes. Puis le départ est lancé. Je cours quelques mètres là où l'eau est au niveau des genoux, et au moment de plonger pour nager, je marche sur une pierre qui me fait contracter bizarrement le pied, et je crampe au niveau de l'arche du pied. Pendant 50m, je ne parviens pas à nager comme je le devrais, et la moitié des triathlètes de ma vague me passe sur le corps. Lorsque la crampe passe enfin, je prends un rythme peu confortable afin de rattrapper du monde. Je me concentre pour garder ce rythme, toujours être à la limite de mes capacités pulmonaires. Je profite aussi de l'instant, car les sensations sont très bonnes, je me sens glisser dans l'eau chaude, sur ce lac magnifique. Je double beaucoup de monde, notamment ceux des autres vagues partis avant. Après 25 minutes et quelques virages, j'aperçois la ligne d'arrivée de la nage, et je me donne encore plus, sentant les muscles des épaules s'échauffer. Lorsque je sors, je suis extrêmement satisfait de m'être défoncé comme jamais, même si le temps n'est pas mon meilleurs, 34'47'', la combinaison aide définitivement à aller plus vite. Je cours jusqu'à l'aire de transition, attrappe mon vélo et pars sur le circuit de 90km.

0197 000070197 02627   Sur les premiers kilomètres de plats, le compteur flirte avec le 40km/h. J'ai regardé le profil du parcours, et il semble que ce sera très plat, plus facile qu'à Nice en tout cas. Mais à ma grande surprise, en plus des faux plats montants ou descendants, je rencontre de nombreuses côtes courtes et raides. Je suis à mon avantage dans ces montées-là, et, debout sur le vélo, je double à la pelle des coureurs. Jamais sur le parcours je ne verrai un seul coureur me doubler en côte. Mais dans les descentes, c'est une autre affaire. Là où je roule à 50km/h, les time trial me doublent à 60km/h. Je me concentre sur ma course, car mon objectif est de me rapprocher des 2h30 sur ce parcours vélo, soit un 36km/h de moyenne. Mais vers la mi-parcours, je me rends compte que ces montées et descentes n'amènent ma vitesse moyenne qu'à 34km/h à0197 03974 peine. Ce parcours n'est pas si plat finalement, et il en sera de même jusqu'à l'arrivée. J'ai beau tout donner sur le vélo, sans aucun calcul d'économie d'énergie, ma vitesse moyenne ne bougera pas. La chaleur commence à tomber aussi, et les boissons énergétiques des ravitaillements sont les bienvenues. Le parcours n'a rien de grandiose, des arbres, et parfois des boulevards avec une voie réservée pour les triathlètes et démarquée par des plots. Ces 90km passent rapidement, j'ai maintenant l'habitude de faire des sorties beaucoup plus longues. A l'approche de Providence, le parcours devient par contre vraiment... dégueulasse. De nombreuses portions de routes sont défoncées, et par quatre fois il faut traverser des rails de chemin de fer. De partout sur la route se trouvent à ces endroits-là des bidons d'eau de cyclistes dont la secousse sur les rails a fait tomber les gourdes. Ces bidons sont des dangers mortels, et je me languis d'en finir avec ce parcours de vélo qui est bien différent des parcours que j'ai pu admirer sur les autres évènements ironman. Je pose donc le vélo après 2h39'57'', assez déçu de ne pas avoir mis en banque plus de temps que ça, et d'avoir été à peine plus rapide qu'à Nice où le parcours vélo était très exigeant, car je sais qu'à présent le parcours de course à pied n'est pas facile, et il va être dur de faire un chrono correct.

0197 09935   La transition est très rapide, juste le temps d'enfiler mes chaussures et une casquette et me voilà parti. Je pars très vite d'entrée, surtout que le parcours commence par une descente. Après un kilomètre, je sens des crampes d'estomac. je décide d'arrêter de manger aux ravitaillements le temps de les laisser passer, et je ne prends que quelques gorgées d'eau, mais surtout me verse des litres d'eau sur la tête, coince des éponges d'eau glacée de partout sous mes habits et ma casquette, façon Craig Aexander. La première difficulté est un longue et raide montée de peut être un ou deux kilomètres, qui n'arrange rien à mes crampes d'estomac. Heureusement, je parviens à garder un bon rythme, ces crampes vont et viennent mais ne me gênent pas tant que ça. Je suis étonné de ne voir que peu de monde sur le circuit, je suis pourtant partis dans les dernières vagues. Passé la grande montée, se trouvent encore quelques bosses, puis un demi tour nous renvoit descendre ce que nous avons monté. S'ensuit alors une grande boucle assez plate cette fois mais avec moins de ravitaillement, où je parviens à retrouver de 0197 09937la vitesse. Je finis alors les 10,5km après une dernière belle montée vers l'aire d'arrivée, et je repars pour le dernier tour. Je suis un peu démoralisé à l'idée de devoir me retaper la grosse montée. Mais cette fois, de nombreux coureurs sont arrivés sur le circuit, et dans cette montée, beaucoup d'entre eux marchent. Je les double en courant, ce qui me redonne le moral. L'estomac va bien mieux, et je prends quelques gels et oranges, à titre préventif, car je ne sens aucune baisse de régime, ni physique, ni mentale. Lorsque s'en viennent les cinq derniers kilomètres de plat, je pousse un peu sur la machine pour essayer de garder un bon rythme. Je double énormément de coureurs, et puis lorsque je finis la dernière montée, la ligne d'arrivée apparait. Je suis satisfait d'avoir poussé autant, mais là encore, les montées réduisent mon temps à 1h34'18''. Je finis tout de même en 4h53', le même chrono qu'au demi ironman de Montréal sur un parcours complètement plat. Je suis très content d'en avoir fini, d'avoir pu mettre tout ce rythme tout le long de la course, sans baisse de régime, une première. Mais à l'annonce des résultats, j'ai un peu de rancoeur à voir que je ne suis que 8ème de ma catégorie. Même pas un top 5. Pour une course faite avec d'aussi bonnes sensations, j'aurais espéré mieux. Mettons ça sur le compte de la fatigue de Nice, et puis la saison est loin d'être finie. Je profite des pizzas de l'arrivée, et après une sieste réparatrice dans l'herbe, je finis mon aventure par 6 heures de route vers Montréal. 

0197 11467IRONMAN 70.3 PROVIDENCE RHODE ISLAND - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h53'36''

Swim : 34'47'' (1'49''/100m, 121ème après swim)

Transition 1 : 2'47''

Bike : 2h39'57'' (33,761km/h, 83ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 1'47''

Run : 1h34'18'' (13,425km/h, 4'28''/km, 69ème classement final)

69ème sur 910 arrivants

8ème men 18/24 ans.

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 08:49

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IronMan-Nice-France-2012 0513   There are really just two types of people, those who say "I can't" and those who say "I can". La voix grave du commentateur résonne encore dans mes oreilles alors que je regarde à travers l'écran les quelques milliers de triathlètes s'élançant dans l'ironman d'Hawaii. Peu à peu, je perds le fil de la course, car une pensée récurrente revient m'obséder. Dans quelle catégorie est-ce que j'appartiens ? La dureté de cette épreuve fait peur rien qu'à en juger la fierté de ses finishers, arborant les couleurs de l'insigne ironman avec plus de satisfaction aujourd'hui que les vétérans de guerres montraient leurs médailles il y a quelques décennies. Il est vrai que finir un marathon est quelque chose de grand. En finir un après 180km et 3,8km de nage est quelque chose d'immense. Mais l'idée a déjà germé dans ma tête et il est trop tard pour reculer. Je découvre sur le net les méthodes d'entrainement pour l'épreuve reine du triathlon, et je comprends toute l'ampleur de la tâche à accomplir. Pourtant, un soir de décembre 2011, mon nom apparait sur la liste des participants de l'ironman de Nice, dans six mois. Je me lance alors tête baissée dans mon objectif, je roule tout l'hiver, pluie, vent ou neige, parfois gants de ski et papier aluminium dans les chaussures, je m'injecte du volume d'entrainement à en faire vomir un boeuf, et je ne pense plus qu'à ça nuit et jour. Quand je mange, quand je m'entraine, et quand je rêve, pendant six mois. En mars, je m'impose une sortie longue chaque week end, au risque de contre-performer sur les autres compétitions, et ce jusqu'à la mi-juin, où je m'inflige pour la première fois une vraie période de repos. Je débarque en avion à Marseille le 21 juin, et en voiture avec mes parents à Nice le 23 juin. Depuis une semaine la pression me donne du mal à m'endormir le soir. Mes parents font office d'équipe d'assistance d'athlète en cette journée passée à déposer des affaires dans les différents stands. Jamais je ne me serais préparé autant pour une course, pour une seule journée, et en ce sens, le 24 juin 2012 serait la journée la plus importante de ma vie. Celle qui séparerait mon existence en deux. L'avant et l'après. Lorsque je voulais devenir, et lorsque je suis devenu un ironman.

IronMan-Nice-France-2012 0324CHAPITRE 1 : L'EAU

   Le réveil sonne à 5h pile. Non, en fait il n'en a pas 0192 00156le temps, car je le désactive à 4h50. J'ai dormi quelques heures par-ci et par-là, et je ne sais pas si ce matin je suis pressé de commencer, ou si je redoute le départ. Je ne sais pas non plus si j'ai hâte de finir cette journée où envie d'en profiter à fond. Dans ce sentiment partagé, j'embarque mes affaires et prends la direction de la plage. Je regonfle mes pneus, enfile ma combinaison, et fait quelques brasses. Les galets et pierres de la plage font souffrir les pieds et il est très difficile d'aller ou de sortir de l'eau. Le temps semble s'écouler à toute vitesse car déjà la quarantaine de pros vient de prendre le départ. Une poignée de minutes plus tard, à 6h30, un son de corne fait vibrer l'air frais du matin. La seconde suivante, les bruits s'étouffent, le temps s'arrête et les 2600 bonhommes noirs à bonnet bleu sautent avec moi dans les eaux calmes qui deviennent une machine à laver, sans plus sentir les galets douloureux tout à l'heure sous les pieds.

IronMan-Nice-France-2012 0372   Pendant une dizaine de minutes, il est impossible de prendre un rythme. Tout le monde distribue des baffes, se rentre dedans. Puis le peloton de nageurs s'étire. Des organisateurs en canoë se chargent de diriger le troupeau car il est compliqué de se repérer sur ce circuit constitué de deux boucles, 2,4km et 1,4km. Au bout de 20 minutes, je sens que je prends un bon rythme, trop bon même, et je préfère diminuer l'intensité pour pouvoir continuer de nager sans problèmes jusqu'au bout. A la fin de cette première boucle, il faut sortir de l'eau, non sans mal, passer sur un tapis qui prendra le temps, et replonger à l'eau. Cette sortie est dite "à l'australienne". Sachant qu'il ne reste qu'un peu plus d'un kilomètre à nager, je choisis d'accélérer. Je sens des irritations venir au cou et aux bras, mais je regarde parfois ma montre sous l'eau, et le temps qu'elle affiche m'encourage à continuer toujours plus vite. Et effectivement, je sors de l'eau en 1h03'30'', 8ème de ma catégorie, 348ème au total. Je suis fou de joie de mesurer mes progrès en natation depuis un an et j'ai hâte d'aller en découdre avec le parcours vélo.

CHAPITRE 2 : LE FEU

   Lorsque le triathlon est né, certains puristes se sont amusés a y retrouver0192 03489 les quatre éléments principaux. L'eau se retrouve dans la nage, l'air dans le vélo, considérant que ce dernier était un sport porté, avec pour seul contact de l'athlète son vélo et l'air, et ayant même une particulière affinité avec cet élément du fait de la constante recherche d'aérodynamisme, et l'épreuve se termine par une discipline se déroulant sur la terre ferme. Aussi, afin de parfaire à la liste d'Aristote, d'autres ont prétendu que les transitions du triathlon seraient le feu : véritable discipline, travaillée à l'entraînement, où règnent maîtrise et vitesse d'exécution.

   Effectivement, en sortant de l'eau rapidement comme si il y avait le feu au lac, je suis le flux de nageurs se dirigeant vers le parc en vélo. Tout en me dépêchant comme si je courrai sur des braises, j'enlève ma combinaison, puis finis de l'arracher après avoir retiré mon sac de vélo. 5 minutes s'écouleront dans cette transition pendant laquelle je me transforme en cycliste, et pourtant à cet instant j'en mettrais ma main au feu qu'elle s'est déroulée en un éclair. Je cours vers le départ du vélo, grimpe sur mon destrier, les deux élastiques tenant mes chaussures cassent comme prévu, je les enfile. Je suis effectivement en feu pour la suite des évènements et file à 40km/h sur la promenade des anglais. Comme le vent.

CHAPITRE 3 : L'AIR

0192 12317   Les premiers 20 kilomètres du parcours vélo sont très plats. Avec mes jambes exceptionnellement reposées depuis plus d'une semaine, il est très facile de rouler à quasiment 40km/h sur cette portion-là. Puis la route continue en faux plat montant ou descendant en contournant des montagnes, montrant un aperçu de ce qui nous attend. Soudainement, au kilomètre 30, un virage serré en angle droit laisse découvrir une belle côte où le pourcentage maximal est aux alentours des 15%. Le parcours commence à se valloner, et au kilomètre 50, commence l'interminable montée du col de l'Ecre. Le public est venu en masse encourager les athlètes le long de ce col, mais cela n'enlève rien à sa difficulté hélas : 20km de montée environ qui nous mènera à plus de 1100m d'altitude. Je cherche du regard les kilomètres restants inscrits sur la route, et même si je suis sur le début du vélo, je prends un sérieux coup au moral et de fatigue, d'autant plus que je vois ma vitesse moyenne chuter. La chaleur commence à se faire sentir. A chaque ravitaillement, tous les 20km, j'attrape des bouteilles à verser sur la tête, et des gourdes. Parfois, à force de consommer des aliments sucrés, l'estomac sature et ne peux plus rien assimiler. Pour prévenir cela, j'ai mis dans mon sac de ravitaillement, porté au sommet du col de l'Ecre, deux sandwiches salés (pâté et fromage). Lorsque j'arrive enfin à ce terrible sommet, je mets mes deux sandwiches sous mon haut et je repars.

   C'est un véritable bonheur de pouvoir enfin repartir à bonne allure. Les côtes se 0192 15736succèdent encore et toujours, mais n'ont plus rien à voir avec le col de l'Ecre. Je trouve parfois le temps long, mais attends patiemment le kilomètre 140, où se dessinera une longue redescente vers Nice. Je sens toutefois les premières crampes arriver dans les cuisses, ce qui n'augure rien de bon pour le marathon. Je double un concurrent de ma catégorie, un autre me double. Je ne cherche pas à faire la course avec eux, je suis bien trop concentré sur ma course. Comme d'habitude, je double énormément de vélos de contre la montre en montée, et tous me reprennent en descente. J'en ai doublé des tonnes dans les montées et m'attends à me faire dépasser en masse dans la descente. Et lorsqu'elle arrive enfin, ma prédiction ne ment pas. Les time trials s'enchaînent et se succèdent. Je ne prends pas de risque et fait une descente prudente, ce n'est pas ma spécialité. C'est un délice de bouger à peine les jambes sur 20km de descente. Puis, nous arrivons quasiment au niveau de la mer, et faisons les 20km de plat du début en sens inverse, mais avec un bon vent de face cette fois-ci. Je me cale dans un rythme bien confortable, en essayant de faire tourner les jambes au maximum et en essayant de penser au marathon qui s'en vient. Il m'était inconcevable de courir un marathon une heure plus tôt, ressentant encore la fatigue des montées, mais il faut croire que j'ai retrouvé de l'énergie, car j'ai hâte d'y être.  Je me surprends à suivre sans mal les vélos de contre la montre, mais ce qui me met en joie, c'est de ne pas avoir eu de soucis mécaniques sur ces 180km, ma hantise. J'ai mangé mes sandwiches il y a quelques heures, ce qui m'a rempli le ventre et fait le plus grand bien. En arrivant sur la promenade des anglais, on peut apercevoir les premiers pros en train de courir. Mais la grande surprise, c'est de découvrir mon temps vélo : 5h31'. La descente a vraiment fait du bien, en tout sur le vélo j'ai rattrapé plus d'une centaine de concurrents, et suis remonté à la 234ème place. J'ai le 6ème temps de ma catégorie, ce qui me fait rentrer tout juste dans le top 5 des males 18-24. J'espère ne pas trop avoir puisé dans mes réserves, mais pour l'instant tout se passe extrêmement bien. Je fais une rapide transition, et commence mon marathon avec un temps de 6h45' pour le moment.

CHAPITRE 4 : LA TERRE

IronMan-Nice-France-2012 0492   Les jambes vont très bien sur ces premiers kilomètres, et je ressens juste une fatigue physique, mais musculairement, je suis encore très bien. Je n'ai aucune idée de mon rythme de course car je sais que mes sensations sont faussées par la fatigue du vélo. Le parcours consiste en un aller-retour sur la promenade des anglais de 10,5km à effectuer quatre fois. C'est à la fin du premier aller de 5,25km que je me rends compte que je suis sur un rythme de 3h au marathon. Même si je me sens bien, c'est clair que je vais casser à ce rythme-là. Mais je ne sais pas si c'est le manque de lucidité ou la prétention qui m'a fait garder ce rythme, en tout cas, tout est bien allé jusqu'au kilomètre 10, puis au kilomètre 15, c'est devenu une torture. Des douleurs terribles dans les cuisses me donnaient l'impression qu'à chaque pas des couteaux se plantaient dans mes muscles. C'est dur de sentir cela et de se dire qu'il reste 27km à courir. Avec le recul, je me demande encore comment j'ai pu trouver la force d'endurer cela. L'IronMan révèle bien des choses sur ses capacités physiques et psychiques. Car je n'ai pas marché. Je me suis fait violence car marcher aurait été synonyme de défaite.IronMan-Nice-France-2012 0509 Et les 27 kilomètres qui restaient sont passés très lentement. Je me suis alimenté à chaque ravitaillement, j'ai bu, je suis passé sous chacune des douches d'eau froide de ces ravitaillements, mais je n'ai pas pu empêcher ce calvaire d'avoir lieu. Parfois, le moral revenait et je passais à un ravitaillement sans m'arrêter et attrapais de l'eau au passage, parfois, je comptais les mètres jusqu'au prochain pour m'offrir 20 secondes de pause. Sur chaque aller-retour, l'aller est le plus terrible, et le retour vers la zone d'arrivée ensevelie sous la foule de spectateur est plus rapide, car je sais que les encouragements me donneront des ailes sur quelques kilomètres. Parfois, je fais passer le temps en calculant sur quelle base je vais finir mon marathon. 3h10'. Puis 3h20', 3h30', je sens que je perds du rythme mais je ne peux rien y faire, c'est déjà très dur, trop dur de s'imposer de courir, je n'ai qu'une envie, c'est d'arriver sur cette ligne, et je me demande sans arrêt comment mon corps peut encaisser cela. J'admire les pros aussi, hommes comme femmes, qui me dépassent. Van Lierde, Chabaud, et les autres me doublent sur des rythmes diaboliques. Je ne suis pas déçu par la difficulté annoncée et tant attendue qui se dresse devant moi, je suis en train de vivre le mythe, la légende, l'IronMan, et je mobilise toute mon énergie pour répondre présent à cet instant que j'attends depuis de longs mois. Ce sont les sacrifices des derniers mois qui font saisir toute l'importance du moment présent, et oblige à aller chercher, coûte que coûte, la molécule de glycogène cachée derrière la fibre musculaire qui va faire fonctionner le moteur une seconde de plus. Molécule après molécule, seconde après seconde, je me donne les moyens de franchir le gouffre. Je fais un deuxième aller-retour, puis un troisième. Le quatrième et dernier aller-retour est finalement le moins terrible de tous, car je sais qu'à la fin, je pourrais me diriger vers cette ligne d'arrivée sur laquelle je lorgne à chaque fin de boucle.

IronMan-Nice-France-2012 0526   Ce sera finalement sur un temps de 3h49' que je bouclerais cet interminable marathon. Dans les cinq derniers kilomètres, le moral va mieux. Petit à petit la foule se fait plus nombreuse en approchant la ligne. Il y a beaucoup de monde qui marche autours de moi, et je suis fier de finir en courant. Dans les deux derniers kilomètres, la ligne d'arrivée me semble si proche que j'ai l'impression que je peux la toucher, que je vais la voir apparaitre soudainement devant moi. Je suis complètement épuisé mentalement et physiquement. J'ai la sensation d'être extrêmement fragile, mais aussi d'être fort, plus fort qu'avant après cette épreuve que j'ai traverséeatta. Je me répète dans ma tête que je vais devenir un IronMan, je me demande encore comment j'ai pu passer au travers des obstacles de la journée d'aujourd'hui. Puis je pénètre dans la grande allée où partout on peut lire le sigle IronMan. Cette fois, je ne prends pas à gauche, mais bien à droite dans cette allée. C'est mon tour. Ce moment, je l'attends depuis 6 mois, un an, et je l'attends encore plus intensément depuis les dernières heures. Jamais je n'ai travaillé aussi dur pour arriver à cet instant précis. Et puis la ligne d'arrivée apparait, à une bonne centaine de mètres. Alors je me rappelle un tas de souvenirs. En hiver, lorsque je mettais du journal dans mes chaussures pour aller braver plusieurs heures les températures négatives, seul, en me disant qu'il fallait souffrir pour être un IronMan. Lorsqu'après 100km avec des amis, tout le monde rentrait chez soi, sauf moi qui repartais pour quelques dizaines de kilomètres. Et puis me viennent à l'esprit les nombreuses fois où je me suis imaginé franchissant cette ligne d'arrivée. A chaque fois que j'ai couru, à chaque fois que j'ai pédalé, à chaque fois que j'ai nagé, je me suis imaginé ce moment, il a été mon moteur pendant des mois. Je rêvais cette émotion que j'allais ressentir. Je la ressentais déjà. Et à cet instant précis, elle me gagne et m'envahit lorsque je lève les bras sous la ligne d'arrivée, mais reste caché derrière mes lunettes de soleil.

0192 37071   Mieux que devenir adulte, grand, vieux ou jeune, je suis devenu un IronMan. J'ai terminé 244ème, 4ème de catégorie à 3 secondes du troisième et 4 minutes du second et donc de la qualification aux championnats du monde à Hawaii. Mais comment ressentir une déception lorsqu'on vient de finir son premier IronMan en 10h34' ? Je n'arrive même plus à marcher lorsque mes parents, les meilleurs cheerleaders du monde, viennent à ma rencontre. Je n'oublierai jamais cette journée, celle où j'ai refermé un véritable chapitre de ma vie, un chapitre qui aurait pu s'intituler How to belong to those who say "I can".

 

IRONMAN FRANCE NICE - 3,8KM+180KM+42,2KM

10h34'35''

Swim : 1h03'30'' (1'40''/100m, 348ème après Swim)

Transition 1 : 5'08''

Bike : 5h31'56'' (32,537km/h, 234ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 4'14''

Run : 3h49'47'' (11,019km/h, 5'27''/km, 244ème classement final)

244ème sur 2600 partants

4ème men 18/24 ans.

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 14:53

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   Déjà trois triathlons dans le corps depuis mon inaugural en juin 2011, mais toujours aucun sur le vieux continent. Il était évident que cet IronMan 70.3 qui allait lancer sa première édition à Aix en Provence, à 50 km de ma ville natale, sonnait comme un signe du destin, comme une provocation, même. Deux semaines après celui de Montréal, me voilà embarqué dans une nouvelle aventure, sur la terre qui m'a vu naître.
240911-1302   Malgré leur prix, les triathlons du label IronMan sont un plaisir à courir tant l'organisation est pensée jusque dans les moindres détails. Je passe ma journée du samedi avec les 1250 autres athlètes à déposer à Aix en Provence mes affaires "run", puis à Peyrolles mes sacs "swim" et "bike" ainsi que ma monture en question. 800 bénévoles se chargeront de faire en sorte que l'on trouve bien nos affaires à chaque transition. Le label IronMan flashe dans tous les sens et met dans l'ambiance des grands jours. Puis, le temps de retrouver l'ami Alexandre DeLayre pour boire un sirop de menthe et c'est l'heure de dormir, ou tout du moins d'essayer, un samedi soir dans une ville aussi agitée qu'Aix.

15
   Puis vers 3h du matin, les bruits de la rue se taisent. Je comprendrais pourquoi au réveil, à 4h55 : il pleut des cordes ! mon moral tombe au plus bas, du soleil avait été prévu jusqu'à hier soir, et voilà que le temps casse l'ambiance. Je n'ai rien prévu pour la pluie et je ne me vois pas me jeter dans l'eau à 20°C ce matin, ni enchainer avec 90km de vélo sous la pluie. Mais je pars tout de même en Tshirt, dans la nuit, sous la pluie, rejoindre le bus qui dois partir à 5h30 pour nous mener à Peyrolles où aura lieu la natation.
   Et heureusement, le pluie cesse à notre arrivée. Les vélos, au chaud sous leur housse de protection, hénnissent de nervosité. Elles sentent les matins des grands jours ces bêtes là. Le temps de faire l'inspection traditionnelle du mien, d'enfiler la combi, et me voilà sur la plage du lac avec les 1250 autres athlètes pour assister au départ des pros, qui partent 5 minutes avant la masse... En parlant de masse... Ce sera mon premier mass start, et je redoute de savoir ce que ça va donner. J'ai toujours fais des triathlons avec des départs par vagues successives par tranche d'age, mais aujourd'hui, je vais devoir me jeter dans la foule des 1250 bonnets bleus. Heureusement, Alexandre est là pour me conseiller. "Distribue des beignes. Moi je fous des baffes à tous ceux que je croise, et au bout d'un moment, je suis seul dans un cercle de 2m de diamètre. Bon je te laisse, je vais en première ligne, c'est là où ça va fighter le plus". Bon, bin merci Alex.
3   Et puis soudainement le départ est lancé. Je pars en arrière du groupe et entends déjà le son des battements de bras lorsque j'avance sur la plage. La dernière chose que je perçois avant de m'enfoncer dans l'eau fraiche est les paroles du speaker : "Regardez cette bataille, cette machine à laver ! C'est ça, le IronMan !". Et puis je sombre dans les cliquetis aquatiques.
   J'en ai pour mon argent. Je reçois souvent une baffe de la gauche, parfois un type me passe carrément sur le corps de la droite. Mais l'époque où je subissais est enfin terminée. j'ai à présent beaucoup plus d'aisance dans l'eau et je ne me laisse pas impressionner, je distribue autant que je reçois, et surtout je double en me faufilant entre les gens, quitte à en bousculer deux ou trois. J'ai l'impression d'exploiter bien plus mes capacités qu'à Montréal, d'aller plus vite. Involontairement, je prends même les virages à la corde. Je prends du plaisir et me retrouve bien vite à la fin de la nage. Je constate avec stupéfaction que j'ai nagé sous les 30 minutes. je déchanterais le soir lorsque je me rendrais compte qu'en réalité il manquait 200m au parcours nage pour atteindre les 1,9km caractéristiques des IronMan 70.3, mais la joie du moment devient un carburant pour parcourir pieds nus les 500m qui nous séparent des vélos. C'est parti pour environ 3h de découverte de la signification du mot "monter".
Slideshow-10080 02129   Je parcours rapidement les 10 premiers kilomètres de plat, à plus de 40km/h, porté par l'ivresse du moment. Puis commence la première difficulté, le premier col. Il y en aura 5 en tout avant d'arriver à Aix en Provence, 5 montées bien raides d'entre 3 et 8km à chaque fois, autours de la montagne de la Sainte Victoire. Les prochains kilomètres de plat seront dans la ville d'Aix. Mais j'aime monter, donc je fais l'effort. En fait, je ne sais pas ce que je n'aime pas. Si c'est dur, j'adore, difficile de me décourager. Et pourtant, j'ai bien eu envie de me taper la tête contre un pin de la pinède lorsqu'au kilomètre 30 mon pneu avant a crevé. Plutôt que de perdre du temps à changer la chambre à air, je préfère balancer une bombe de produit anti crevaison à l'intérieur pour gagner du temps. Mais le trou devient une crevaison lente qui m'oblige à regonfler tous les 20km. Mais je persiste et préfère faire de courtes pauses tous les 20km plutôt qu'une grosse pour changer la chambre à air, qui casserait mon rythme. Lorsque je dépasse dans les côtes au son des "Nice !" encourageants (il n'y a que 500 coureurs français aujourd'hui), c'est pour entendre "Again ?" lorsque je regonfle au sommet avant les descentes.
   Les kilomètres défilent et j'arrive au deuxième ravitaillement. Un homme dans une civière de pompier m'indique de ralentir. J'ai laissé le premier ravitaillement, alors je prends cette fois-ci une gourde. Mais après quelques kilomètres, je ne sais que faire de cette gourde vide, mon vélo étant déjà un garde-manger rempli de gourdes et de barres de céréales.  Je ne veux pas la jeter dans la nature, et je décide plutôt de la donner à un gamin qui serait ravi d'avoir une gourde Powerbar, puisqu'ils sont nombreux dans les villages qu'on traverse. Dans le suivant, j'aperçois un gamin et sa mère sur un trottoir. En passant, je jette ma gourde à deux mètresSlideshow3 d'eux pour éviter de leur faire peur et crie "Tenez, c'est cadeau!". Mais quelques secondes plus tard, j'entends la mère hurler : "Va te faire foutre, connard !". C'est désolant de constater une fois encore qu'en France, contrairement au Québec, la bêtise des gens les pousse à prendre la moindre chose comme une agression. Comme si j'avais rien d'autre foutre pendant mon IronMan 70.3 que d'agresser les spectateurs. Bref, après avoir ri un bon coup, j'ai 0080 06464basculé pour la dernière descente vers Aix. Après quelque virages serrés, l'odeur de la fin se fait sentir. Dommage de quitter ce fantastique milieu naturel. Mais si les mauvaises nouvelles n'arrivent jamais seules, les crevaisons non plus. Et à 500m du finish, c'est au tour de l'arrière de se dégonfler. Je finis donc complètement sur la jante, à 10km/h, jusqu'à l'arche de la fin du vélo, avant de la lancer à un bénévole. J'ai parcouru les 90km en 2h53', 2h45' même d'après mon compteur si on enlève les pauses de regonflage. Je ne suis pas peu fier de la performance, mais troque bien vite ma prétention contre ma paire de chaussures qui m'attend là depuis hier soir. Et je m'élance dans les rues d'Aix, complètement fermées, pour 21,1km...
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   Je fais le tour du rond point de la Rotonde, la célèbre fontaine d'Aix en Provence,0080 09759 immense carrefour de circulation, complètement entourée de barrières aujourd'hui, et à la merci de l'armée de triathlètes. Comme à mon habitude j'imprime du rythme. La boucle de 7km est à faire trois fois, et je passerais donc trois fois à ce rond point. C'est un régal de voir tout ce monde le long du parcours. J'utilise ma technique habituelle, marcher quelques secondes à chaque ravitaillement, pour boire un ou deux verres de boisson énergétique, et emporter un gel que je prendrais petit à petit jusqu'au prochain ravitaillement, pour amener un flux continue de sucre. J'ai posé le vélo après 3h34' de course, et j'ai déjà bien puisé dans les réserves, il faut que j'apporte du sucre dans la machine si je veux finir ces 21,1km. Ma méthode fonctionne bien, je parcours la première boucle en 27'. 0080 11423Un peu rapide même ! En fait, j'apprendrais le soir que la boucle faisait 6,5km au lieu de 7. Ce sera donc 19,5km au lieu de 21,1... Décevant, au prix où on paye l'inscription, il pourrait y avoir les distances exactes ! Lors de ma deuxième boucle, durant le passage dans un parc un peu boueux (ou bouetteux), j'entends des "Allez Alexandra !" du public, et me  fais doubler par Alexandra Louison, une triathlète professionnelle qui en est à son dernier tour. Son physique est impressionnant, la moitié de ma taille, 40kg, des muscles fins et affutés, on a l'impression que ses pieds ne touchent pas le sol lorsqu'elle court, elle semble voler sur le sol. J'effectue ma boucle en 29'. Je suis bien décidé à reprendre un bon rythme pour en finir avec ce dernier passage, surtout que je double énormément de monde qui craque. Je donne tout, et puis même si je n'y croyais en pas en descendant du vélo, l'objectif du sub 5h se dessine peu à peu, à condition de rien lâcher. Je fais un peu la grimace, mais paradoxalement, je trouve la fin moins dure que lorsque je cours un demi marathon classique, peut être grâce à l'effet des endorphines. J'aperçois enfin le rond point de la Rotonde, signe du finish. 28' pour cette dernière boucle, soit 1h24'55'' pour la course à pied (bon, la distaance est un poil courte). Je profite au maximum de ces derniers hectomètres entourés par les barrières IronMan, il n'y a que trop peu de moment comme celui là dans l'année, alors j'essaie de transformer ces dernières secondes en minutes. J'entends mon nom au micro, et regarde sur ma montre, 4h58'. Je passe sous l'arche d'arrivée en criant un bon coup les poings serrés.
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   Il y avait beaucoup de niveau aujourd'hui, je suis 17ème dans ma catégorie, bien loin de la 4ème place que j'avais fait à Montréal. Devant moi, des athlètes de toute l'Europe, tout le monde est venu finir sa saison à Aix. Un peu de déception, mais je suis content de figurer dans le premier 1/5ème des finishers. Et puis si j'arrive à réitérer une performance de ce type sur d'autre demi IronMan, comme le Mooseman que j'avais fait en juin, je peux prétendre à un podium dans ma catégorie. Alors je sais ce qu'il me reste à faire pour 2012. De plus, si je prends autant de plaisir à finir une course comme celle-ci, j'aimerais vraiment savoir ce que ça donnerait sur un IronMan... Mais pour le moment, je prends une bière (tiens, la première de l'année) avec l'ami Alexandre pour fêter l'arrivée, la fin de la  saison, et penser un instant aux milliers de coureurs qui s'élancent à cet instant précis sur le marathon de Montréal, avec beaucoup d'amis parmi eux.
319243 2208157001386 1171260735 32060373 1434702635 nIRONMAN 70.3 FRANCE PAYS D'AIX - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h59'05''

Swim : 30'11'' (1'35''/100m, 404ème après Swim)

Transition 1 : 7'33''

Bike : 2h53'19'' (31,157km/h, 413ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 3'07''

Run : 1h24'55'' (14,909km/h, 4'01''/km, 288ème classement final)

288ème sur 995 arrivants

17ème men 18/24 ans.

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 10:45

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    La nuit n’avait pas encore finit d’inonder la ville de sa fraicheur que mon destrier fendait l’air matinal, avec moi, mes baskets et mon wetsuit à bord. Jean-Philippe me signalait que ça allait être très dur de se jeter à l’eau froide ce matin, et, incapable de dire un mot, j’acquiesçais de la tête en bâillant. Les préparatifs qui étaient avant nouveaux sont à présent une habitude, je connais tout ce dont j’ai besoin, et tout ce qui est inutile, et je dépose avec minutie mon arsenal dans mon espace réservé en zone de transition, sur l'île Notre-Dame, île artificielle créée en vue de l'exposition universelle de 1967. Ce dont j’aurais besoin pour pédaler, pour courir, pour me ravitailler, pour me rincer les pieds après être sorti de l‘eau et avoir couru quelques mètres sur le sol. Le temps de la découverte s’est finit et a à présent laissé place au temps des performances. Du moins je l’espère.            

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   C’est une joie de ressentir les rayons du soleil juste avant de partir pour ces 1,9km de nage, à 7h20. L’eau du bassin olympique semble moins froide, presque tiède, cette même eau qui a accueilli les compétitions d'aviron lors des Jeux Olympiques de 1976. Je reste en arrière du peloton, car je ne me considère pas comme un nageur rapide. Le départ sonne, et je nage dans cette machine à laver où des gens me rentrent dedans autant que je rentre dans des gens. Mais ce n’est pas paniquant comme avant, les kilomètres de nage m’ont fait gagner en confiance. Je n’ai pas un gros rythme, je préfère me contenter de suivre de près la personne devant moi, car si j’essaye de doubler, je perds vite mes repères et nage de travers. Après avoir passé le demi-tour de la mi-parcours, le peloton est plus étiré, et je suis un fil blanc au fond de l’eau, celui qui attache les bouées et qui semble aller dans la bonne direction. Il me mène à bon port, et je sors me mettre en cale sèche en un peu plus de 36’, soit dix minutes de mieux qu’en juin. Je suis dans la course.

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   Je fais une transition la plus rapide possible, mais j’ai des étourdissements en sortant de l’eau aussi vite et en essayant de retirer mon wetsuit. Malgré ça, je pars le moral gonflé à bloc pour les 90km de vélo, ce qui correspond à 20 tours de piste de Formule 1. Je ne doublerais pas Michael Schumacher vu ce vent qui souffle tout de même assez fort sur la moitié du parcours. Mais je file cependant à environ 36km/h car je suis sur les bases d’un temps de 2h30’. Cette partie est toujours stressante, car sur cette discipline, le triathlète est fortement dépendant de la mécanique. Une crevaison, une chute, un bris de chaîne, et c’est foutu. Mais mon oiseau savait qu’il fallait être au top aujourd’hui. A chaque fois que je termine le grand virage qui nous fait ressortir de la partie ventée, le bruit de mon dérailleur pour descendre de deux pignons m’emplit de joie. 'Clang!'. A chaque fois, je n’ai pas encore finit d’appuyer sur les manettes que déjà un bruit sec d’une chaîne parfaitement réglée dansant sur sa cassette brise la monotonie sonore des kilomètres de vélo défilants. Le triathlon, c'est aussi cela : des bruits, des sensations, des signes que tout fonctionne à merveille, parce que tout a été préparé et réfléchi des mois à l'avance. Quel bonheur de pouvoir constater que la mécanique est bien huilée.

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   Et puis je boucle mes 90km en 2h37', certes loin des 2h30', mais compte tenu du vent et de la fatigue arrivant, le temps est convenable. Je suis tout de même sur une bonne voie pour descendre sous les 5 heures, à condition de faire un demi marathon correct.  Et ça, je sais faire. Je ne suis pas dans l'inconnu. Je pars alors à une allure random car il est dur de savoir exactement à combien on avance lorsque la fatigue des épreuves précédentes fausse les sensations. Mais pourtant, sans avoir l'impression de forcer, je clanshe. 3'40'' au kilomètre, puis un peu plus loin 3'50''. J'en viens à me demander si les bornes kilométriques sont placées au bon endroit. Conscient que ce rythme là est bien trop élevé, je m'arrête à tous les ravitaillements pour faire le plein de Gatorade, comme à mon habitude sur les triathlons. Chaque minute perdue à un ravitaillement est un investissement pour les prochains kilomètres.

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   Le parcours consiste en 4 tours du bassin olympique où a eu lieu la natation précédemment, dont un tour un peu plus long, de 7km, que je boucle en 28 minutes, pour faire le compte de 21,1km. Après ces 7km, mon pace passe aux alentours de 4'15''-4'20''/km, une allure de croisière que j'aurais eu du mal à tenir en tant normal, mais dans mon état, drogué aux endorphines grâce au vélo, tout me parait facile. Les pauses aux ravitaillements me sont d'une aide fantastique pour me ressourcer. Les kilomètres, le temps, le paysage, tout défile vite, tellement vite, plus vite que sur un demi marathon classique. Et lors d'un tournant, les cris d'encouragement des amis venus pour l'occasion achèvent de me plonger dans un état de transe euphorique, de mettre mon cerveau en mode off. Marie Caroline devient même mon lapin pour quelques kilomètres, des kilomètres où j'ai l'impression de voler sur le bitume brulant. Je file jusqu'au 18ème kilomètre où je me réveille comme tombé du lit. Parce que je veux maintenant savourer chacun des derniers pas qui vont me rapprocher de cette ligne d'arrivée, et parce que des moments comme cela, il n'y en a que trop peu dans une vie.16

    Un coup d'oeil rapide sur ma montre me confirme que c'est dans la poche. A force de me fixer des objectifs trop prétentieux, je finis toujours mes courses déçu. Mais aujourd'hui, je suis dans ma course, dans mon jour, dans un bon temps. Plus que deux kilomètres, plus qu'un. J'accélère un peu pour lâcher les derniers chevaux qui bouillonnent et hénnissent depuis plusieurs minutes. 'BIP! BIP!'. Un autre bruit familier, celui du tapis qui surveille le passage de la puce de chronométrage, sonne la tristesse de la fin de ma saison québécoise, mais le bonheur de l'objectif atteint : mon demi marathon en 1h33', le meilleur temps de course à pied dans ma catégorie, me permet de passer sous l'arche des finishers en 4h53'. Je suis large dans le temps. J'ai tout donné, je suis épuisé. Je prends ma médaille et m'étends dans l'herbe. Toutes la fatigue me retombe dessus, comme si elle ne s'était pas manifestée pendant 4h53', juste pour attendre sagement ce moment là. Fier d'avoir su la dompter, je savoure d'autant plus ce final après 6 mois au Québec en apprenant que je suis 4ème chez les 18-24 ans. Sur les IronMan 70.3, parfois le troisième est qualifié pour les championnats du monde à Las Végas. Ce demi IronMan est loin d'être mon dernier. Et je n'arrive plus à m'ôter ça de la tête, cette 4ème place. Je me demande : Et si... ? Car celui qui n'essaie pas d'être meilleur cesse déjà d'être bon.

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TRIATHLON DEMI ESPRIT - 1,9KM+90KM+21,1KM

4h53'08''

Swim : 36'46'' (1'56''/100m, 95ème temps)

Transition 1 : 3'28''

Bike : 2h37'01'' (34,391km/h, 65ème temps)

Transition 2 : 2'35''

Run : 1h33'21'' (13,562km/h, 4'25''/km, 25ème temps)

48ème sur 244 arrivants

4ème homme 18/24 ans.

Les photos ici.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 10:19

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   Depuis que ma première expérience de triathlon avait été un calvaire en ce qui concerne la partie natation, il me restait deux options : raccrocher ma combinaison dans le placard, ou m’inscrire sur le triathlon double olympique de Sherbrooke. En effet, avec 3km de natation, soit je me noyais, soit j’allais vaincre mon manque de confiance en eau libre. Il n’y a pas 36 solutions, pour vaincre une peur, on se jette à bras ouverts dedans, dans la gueule du loup. Et comme je ne renonce pas par principe à ce qui parait difficile, comme l’impossible est ce que les gens appellent ce qu’ils ont peur d’affronter, je n’ai pas hésité longtemps.

   J’ai tout de même regretté quelques secondes de m’être inscrit à cette course lorsque le réveil a sonné à 5h15. Il fallut au moins trois secondes avant d'aller mieux. Mais la tension était à son comble dans la voiture de Jean Philippe avec qui j’allais gouter l’eau verdâtre du lac Magog. Lui aussi avait un traumatisme de natation de premier triathlon à surmonter.  Arrivés sur le site, l’eau, qui a eu tout le loisir de monter jusqu’à 28 degrés grâce à la chaleur caniculaire, a rendu interdite le port des combinaisons. Certes, les mouvements seront moins gênés, mais nous flotterons moins bien, et nous irons moins vite. Ni une bonne, ni une mauvaise nouvelle. Les doutes sont plus que jamais là lorsque je me trouve face à ce lac immense et vert, avec une bouée rouge, qui est si loin qu’on en distingue qu’un point à l’horizon. Le pire, c’est que je vais devoir y aller non pas une mais deux fois pour compléter ma distance. J’en ai les jambes qui flanchent rien que d’y penser. Tant mieux, je n’aurais besoin que de mes bras. En tout cas, sur le coup de 8h, le départ est lancé. J’ai 3km de nage à faire, avant de m’élancer pour 80km de vélo et 20km de course à pied.

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Je suis celui avec le casque bleu et les lunettes.

   Au bout de 200m, ma respiration s’accélère anormalement. Je réduis le rythme, et ne me concentre pas sur la distance à faire, sur la profondeur du lac, etc. mais sur rien d’autre que mes mouvements. Et puis, je me persuade d’être en piscine et rentre dans ma course. Je lève parfois la tête pour vérifier la trajectoire, et le premier tour de 1,5km se passe. Si j’en ai fait un, pourquoi pas un deuxième. Ainsi, en 1h18’, je termine le parcours natation. Je suis 26ème sur… 28 en sortant de l’eau. Pas un temps canon, mais je manque d’expérience en triathlon, ce n’est que mon deuxième, et du haut de mes 22 ans, je ne vois pas bien loin, et c’est donc pour moi une excellente chose de faite : j’en ai le sourire qui monte jusqu’aux oreilles, et qui mettra plusieurs kilomètres de vélo face au vent pour redescendre. En sortant de l’eau, mes jambes ont du mal a me porter, elles ne sont pas alimentées correctement en sang, qui a été monopolisé par les bras. Je titube jusqu’à l’aire de transition, enfourche mon destrier et noble compagnon de longues distances… et m’élance à travers les monts de l’Estrie.

   Je file à travers le vent parfois de face et parfois de dos. Je peine à aller chercher le 20km/h lorsque ce dernier est défavorable, mais avec son aide, je frôle le 40. Le temps passe soudainement plus vite, en comparaison de celui passé dans ces eaux troubles. Je double des concurrents, et gère mon eau. Au demi-tour de la mi-parcours, j’avale sans broncher un demi litre de Gatorade et remplis mes deux gourdes. Sur le chemin du retour, je gère encore à merveille mon eau puisque je bois avant la soif, malgré les 37 degrés qui réchauffent l’asphalte, et je terminerais ma deuxième gourde à un kilomètre de la fin du vélo. Comme pour mon premier triathlon, je me gave de gels et de barres dans les 10 derniers kilomètres, pour préparer ma transition vélo-course à pied, la plus difficile. Dans les ultimes côtes, des casques profilés aux vélos en carbone jusqu’au moindre rayon montent en zigzag  pour ne pas prendre la pente raide de face. Je les double joyeusement, drogué au Gatorade. Je pose enfin le vélo après un formidable 30km/h de moyenne dans un parcours venteux et vallonné. Une casquette sur la tête, trois barres dans le cuissard et deux chaussures aux pieds, et je repars aussi vite que je suis arrivé.

   Ces sensations que j’avais alors dans les jambes resteront un mystère. Comme si je n’avais rien fait avant, comme si je sortais d’une longue nuit de repos, mes jambes me portent sans rechigner à plus de 14km/h. Ce pace que j’ai habituellement du mal à tenir sur les 20km, je le tiens sans flancher, sans éprouver la moindre douleur. C’est trop facile, si facile que c’en devient agaçant. C’est bien la dernière chose à laquelle on s’attend, de courir comme un lapin, lorsqu’on participe à un triathlon longue distance. Je dévore le bitume et double encore des coureurs qui se demandent si le missile qu’ils viennent de voir passer était bien l’enclume qui essayait de nager sans boire la tasse il y a quelques heures. Croyant que les gels et le Gatorade sont la cause de cet excès de forme, dès le premier ravitaillement, je en bois trois verres de nouveau, reprends du gel, et surtout m’arrose de la tête aux pieds pour tromper la chaleur. Je remets ça au prochain ravitaillement, encore et encore. Et je tiens le rythme.

   Puis les kilomètres défilent. J’en suis même à me retenir pour garder du jus pour le final. Je double et encourage ceux qui ont plus besoin d’encouragements que moi. Au dernier ravitaillement tenu par de jeunes futurs athlètes très enthousiastes de me voir vider leur table, je demande s’ils n’auraient pas mis quelques grammes de cocaïne dans leurs boissons pour que je sois dans cet état. Leur réponse négative ne me rassure pas. Mais cela ne m’empêche pas de tout donner dans les ultimes hectomètres. Je termine mon 20km en 1h27’. En ce qui concerne les résultats, je suis 8ème overall avec un temps de 5h34’, bien loin de ma position d’avant avant dernier lors de la sortie de l’eau. Je suis sur un nuage, le même qui m’a porté sur ces 20km. Je suis bien content qu'il n'y ait pas de contrôle anti-dopage, car les organisateurs auraient trouvé bizarre que je ne pisse que du Gatorade. Jean Philippe a performé lui aussi dans l’eau et se classe 12ème du triathlon olympique. La journée se finit devant un burger qui aura eu une durée de vie très courte dans mon assiette, avec une bande de triathlètes de Montréal. Une journée dont on ne voudrait plus qu’elle se termine. Une journée dont on ne garde pas seulement quelques coups de soleil comme souvenirs.

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TRIATHLON O2 DE SHERBROOKE - 3+80KM+20KM

5h34'42''

Nage+transition 1 : 1h19'13'' (26ème temps)

Vélo+transition 2 : 2h48'23'' (9ème temps)

Course à pied : 1h27'06'' (13,777km/h, 4'21''/km, 4ème temps)

8ème sur 28 arrivants

5ème homme 20/29 ans.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 12:02

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    Après deux ans déjà passés à patauger en piscine, 5 ans à galoper et 8 ans passés à pédaler, le triathlon se dessinait comme un passage obligé dans ma vie, une étape inévitable. Alors autant faire ça en grande pompe. Ce triathlon que j'avais décidé de faire il y a 9 mois, le Mooseman a le prestige d'une grande course, puisqu'il fait parti des 49 IronMan 70.3 dans le monde qualificatifs pour les championnats du monde d'IronMan 70.3. Pourquoi 70.3 ? Parce qu'un IronMan 70.3 est un half IronMan, la moitié d'un Ironman classique, soit 1,9km de nage (1,2 mile), 90km de vélo (56 miles) et 21,1km en courant (13,1miles), ce qui fait 113km au total, soit... 70.3 miles.

   Ainsi, dès Noël 2010, les économies avaient filé dans l'inscription à cette course et dans la combinaison. Combinaison que j'ai regardé tous les matins pendant 6 mois. Autant dire que ce triathlon, je l'attends comme l'arrivée de la pluie dans le sahel. Et en arrivant à Newfound Lake, dans le New Hampshire, USA ,dans un lieu où les vélos à 10 000 euros sont aussi courants que les melons à Cavaillon, dans ce lieu où la marque IronMan est visible à peu près partout, j'étais comme un gosse qui ouvrait ses cadeaux de Noël. C'était d'ailleurs un peu vrai.

 

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   Et après avoir récupéré mes innombrables dossards (pour le dos, le ventre, le vélo, le casque, le sac de transition), m'être fait marqué par un bracelet avec mon numéro de dossard, bracelet que je vais garder 24h, j'ai pu découvrir toute la magie du lieu accueillant cette course, ce qui est aussi la particularité des courses labellisées IronMan, elles se déroulent dans des lieux fantastiques. Je croise des athlètes typés nord-américain, des joues creuses mais avec des mâchoires carrées et de larges épaules. Ces sosies de Lance Armstrong donnent un synonyme de performance rien qu'à leur faciès.

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   Demain, le départ de la première vague aura lieu à 7h. Je suis dans la troisième sur les neuf, et je partirai donc à 7h04'. Je m'apprête à passer une deuxième nuit dans la voiture, après la première faite pour le trail de Sutton de ce matin, qui m'a d'ailleurs bien mis en jambes, et bien mis l'eau à la bouche, tout comme le marathon d'Ottawa de la semaine passée. Je dors comme une souche jusqu'à 5h du matin, car il me faudra du temps pour vérifier une bonne douzaine de fois le matériel. C'est nouveau pour moi, autant de choses à prévoir, bonnet, lunettes, combi pour la nage, chaussures, chaussettes, casque pour le vélo, autre paire de chaussures et lunettes de soleil pour la course à pied, et puis le cardiomètre, le cuissard et le haut de corps qui m'accompagnent pendant les 6h de course, sans oublier les dizaines de barres de céréales et autres gels énergétiques qui se glissent de partout, sur le vélo, dans les poches du cuissard. Je transporterai aussi deux gourdes d'eau sur le vélo et un camelbak avec le nécessaire anti-crevaison et une poche d'eau. Pour la course à pied, je serai plus léger, sans rien à porter. Je me fait écrire au marqueur mon numéro de dossard sur les deux épaules, et mon age sur le mollet gauche. Je vérifie la pression des pneus, 8 bars, pas un de plus ni un de moins, et enfile la combinaison. Je me dirige vers la plage où les 1121 nageurs se rassemblent déjà. Je me glisse un peu dans l'eau, elle est gelée. Puis la première vague part. Ce sont les pro men. La tension est à son comble. Je suis surexcité. La deuxième vague se met à l'eau, ce sont les pro women. Chaque coup de pistolet s'accompagne de clapotements et d'applaudissement des spectateurs. Puis c'est au tour de ma vague de se mettre à l'eau, les 18-29 men (hommes de la catégorie 18 à 29 ans). C'est parti.

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   Je sens soudainement toute cette eau froide rentrer dans la combi, qui me serre, gêne mes mouvements. J'ai l'impression d'être dans une machine à laver, tout le monde se rentre dedans. Je ne parviens pas à prendre de grande bouffées d'air pour plonger sous l'eau et expirer, ni à trouver un rythme. Mes mains et mes pieds sont tétanisées par le froid, et puis cette combi serre tant ! Je n'arrive à respirer que par petites, courtes et très rapides inspirations, je suis même à la limite de la crise de panique. L'idée d'abandonner pénètre mon esprit puis en ressort aussitôt. Plutôt crever noyé que d'abandonner. Je nage alors la tête complètement hors de l'eau. C'est épuisant pour les bras, mais j'avance, et régulièrement je retente de trouver le rythme habituel que j'ai en piscine, mais rien à faire. Je passe le premier kilomètre et comprend que je vais devoir faire toute la distance comme cela. Le temps s'écoule vite, je parcours deux fois par semaine en piscine ces 1,9km, mais d'une autre manière plus classe qu'aujourd'hui. L'épuisement se fait sentir, et j'attrape quatre crampes à 400m de l'arrivée de la natation, à chaque épaule et chaque mollet. Le froid ayant tout anesthésié, je sens juste le muscle se contracter, une légère douleur, mais rien de plus. Puis, enfin, je sens le sable sous mes pieds, au bout de 46 minutes, j'ai finalement vaincu l'aller-retour sur le Newfound Lake. Mais je ne signe que le 798ème temps sur 1121.

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   Puis tout s'accélère, deux bénévoles se ruent sur moi et m'arrache ma combi. Je me dirige alors vers le vélo. Mes mains transies de froid ont du mal à enfiler les chaussettes, chaussures, etc... Je fait une transition horrible, plus de 5 minutes. Il n'y a pas pire comme début de triathlon. Puis je monte sur le vélo... et pars comme un obus.

1   En attendant que mes jambes dégèlent, je profite de l'absence de sensations pour filer comme le vent. Je file à 36, 37 km/h. J'évite de prendre l'aspiration des autres, ce qui est interdit. Au kilomètre 10, je sens enfin mes jambes. Les premières montées arrivent, le profil est montagneux. Je les avalent comme des bonbons, ma frustration s'est transformée en énergie. Je double les athlètes à la pelle, la moindre montée est synonyme de clignotant à gauche pour moi, car tout le monde reste bien sage sur son vélo, et moi je force en danseuse comme un sprinteur. Une côte à 16% oblige même des triathlètes aux casques profilés à mettre pied à terre et pousser. J'évite de leur faire trop de vent en les dépassant. Puis le parcours devient plat et roulant sur plusieurs dizaines de kilomètres. Je met un point d'honneur à ne pas me faire dépasser. Je prend en chasse le moindre "jambes rasées-casque profilé-vélo à 10 000 euros" qui me double. Cette chasse s'avère parfois bredouille face à ces avions de chasse, mais je ne file pas à moins de 38 km/h.

   Puis la première boucle se termine en 1h27', plus que 45km, on repart sur le même circuit. Je commence à manger, et boire aussi, car la température grimpe. Les montées dans cette deuxième boucle semblent s'être allongées, et je ralenti un peu le rythme mais continue de doubler. A l'arrivée du plat, je m'offre une pause toilette pour fêter tout ça. Et puis je reprend la cadence infernale. A 10km de l'arrivée, je décide de préparer ma transition vélo/course à pied, réputée très difficile. Je mange et bois deux fois plus, et lâche quelques pignons pour faire tourner davantage les jambes. Je finis les 90km en 3h07'. Je suis remonté à la 470ème place. J'ai doublé plus de 300 cyclistes, et je suis dans la première moitié du classement, cependant, il reste la course à pied.

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   Mais lorsque je commence à courir, les jambes avancent toutes seules. J'ai l'impression que je n'ai rien fait auparavant et que je sors du lit. Je suis léger, sans rien sur le dos, et j'ai l'impression que j'ai juste à attendre que mes jambes fassent le travail, elles s'en sortent plutôt bien. Je prends un bon rythme. J'ai quatre portions de 5,25km environ à faire. Je décide de manger et boire à chaque ravitaillement, tous les miles, pour conserver cette fraicheur étonnante et sympathique. Je passe en 25' les 5,25km. Puis à nouveau en 25' les 5,25km suivant, comme un métronome lancé à 12,6km/h. Déjà plus de 10km et je double toujours du monde. Certains marchent , à bout de force. Une ambulance me dépasse, puis plus loin, je vois un coureur entouré de secouristes. Je me sens capable de tenir le rythme sur des dizaines de kilomètres, surement grâce au luxe d'une deuxième pause toilette (je me plis à tous les caprices de mon corps, je lui dois bien ça en ce jour d'efforts nouveaux). Gardant ma vitesse de croisière, je me rapproche de l'arrivée.

"And now, Sacha Cavelier, Robion" with american accent.

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   La foule par centaines encourage les finishers. L'ambiance d'un IronMan 70.3 américain, c'est ça, des applaudissements pour tout le monde, du premier au dernier, et le respect éternel pour tous ceux qui arborent le Tshirt et la casquette de finisher. Je passe la ligne au bout de 5h48' de course, en serrant les poings, mais pas les dents. Depuis que j'ai enlevé la combinaison, ça n'a été que du plaisir. C'en enlève presque son charme à l'half IronMan. J'ai fait mon semi marathon en 1h45', et j'ai encore doublé une centaine de coureurs, pour arriver à la 367ème place.Quel plaisir d'entendre le speaker américain prononcer "Now, Sacha Cavelier, from Robion" (ou plutôt Reubiun avec l'accent américain), peut être la première fois que le nom de cette ville est prononcée dans ce pays.

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   Le temps est ensoleillé, le poulet au maïs est délicieux, et les jambes sont en pleine forme, comme si je venais de faire mon footing du matin. Pas une courbatures. J'ai vécu des moments fantastiques aujourd'hui, et chaque jour je me dis que je suis incroyablement chanceux de les vivre et d'avoir des proches qui ont rendu cela possible. Il y a eu des bonnes surprises sur ce premier triathlon, et puis des mauvaises. Et les unes comme les autres sont un tremplin qui me pousse à récidiver, à me dépasser, à envisager de faire plus long.

Photo-0191Une des bonnes nouvelles, c'est qu'on ne rentre pas les mains vides des IronMan 70.3 : Le sac plein de bricoles, la tête remplie de souvenirs.

IRONMAN 70.3 MOOSEMAN - 1,9KM+90KM+21,1KM

5h48'27''

Swim : 46'46'' (2'27''/100m, 798ème après Swim)

Transition 1 : 5'28''

Bike : 3h07'45'' (28,761km/h, 470ème après swim+T1+Bike)

Transition 2 : 3'01''

Run : 1h45'27'' (12,006km/h, 5'00''/km, 367ème classement final)

4442kcal

367ème sur 1121 arrivants

14ème men 18/24 years.

Les photos ici.

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