Je m'appelle Sacha Cavelier, je suis né le 10 octobre 1988.
Depuis mes 18 ans, je suis rongé par une passion qui me dévore chaque jour un peu plus.
When you cross the finish line, it will change your life forever.
L'épreuve d'endurance, qu'elle soit courue, nagée, ou pédalée, présente cette caractéristique particulière de la lutte contre soi-même. Dans tous les sports, vous luttez contre un adversaire. Mais contre qui lutter en endurance ? Contre soi-même. Contre l'envie d'arrêter et de faire marche arrière. Elle demeure une épreuve mentale tout autant que physique. Elle est tant dure physiquement que mentalement. Tout aussi sublime.
J’entends par course d'endurance tout ce qui est un effort inscrit dans la durée, dans le but de parcourir une distance donnée, un objectif. Bien que nageur et cycliste régulier, je pratique avant tout la course à pied, sur des distance plus grande que 10km, parfois bien plus grandes, sur du plat ou dans la montagne. Je ne sais pas d'où vient mon envie de relever les défis. Ni celle d'écrire. Mais lorsque je chausse mes basket pour la première fois en septembre 2006, je n'aurais jamais cru me dévouer tant à cette passion. J'ai toujours voulu défier les préjugés, les apriori, les idées fausses. Lorsque l'on m'a dit qu'un marathon ne devait pas être couru avant 25 ans, j'ai pris mes baskets, et je suis allé faire celui de Genève. J'avais 20 ans. Lorsqu'on m'as dit qu'il fallait six mois pour récupérer d'un marathon, j'ai couru celui de Paris le 11 avril 2010, et celui de Marseille une semaine après, le 18 avril 2010. Et puis j'ai remis ça encore et encore. Tout ce qui était dur m'attirait comme un aimant. J'ai découvert le trail, où je suis même tombé malade d'épuisement à mon premier, mais ça n'était que pour mieux me relever. J'ai découvert le triathlon, en commençant par un half IronMan, qui fut tellement dur que j'en suis littéralement tombé amoureux.
Parce que j'en avais envie.
Parce qu'un défi n'existe que pour être relevé.
Parce que les gens appellent impossible ce qu'ils ont peur d'affronter.
Depuis, comme un drogué, je m'injecte dans les jambes des marathons, des triathlons longues distances, des ultratrails, sans apercevoir le moindre signe d'une désintoxication salvatrice. Toujours pas d'overdose en vue non plus.
Beaucoup trop de gens ont des idées fausses dans le sport, comme si tout le monde était constitué de la même façon. Ils oublient la dimension psychologique qui agit pour 60% dans une épreuve. C'est là toute la richesse et la complexité de ce sport.
Depuis que je cours, j'ai vécu des moments fabuleux durant mes compétitions. Aujourd'hui je ressens le besoin de partager ces émotions, de mettre des mots dessus. Je raconte ici mes plus grands et intenses souvenirs, ce qui nous pousse toujours à aller plus loin. Beaucoup de gens ne comprendront pas l'intérêt de souffrir toujours plus. Ils ne savent pas qu'il s'agit là de souffrir de bonheur. Et ils ne connaitront pas non plus la satisfaction et le bien-être que l'on en tire. J'espère leur donner envie de courir lorsqu'ils liront ce blog. Après avoir couru dix marathons en deux ans, dont sept en 2010, j'ai ressenti le besoin d'aller voir ce qu'il y avait après, ce qu'il se cachait derrière ces 42,195km. Mais au-delà de l'épreuve physique, au-delà de la reconnaissance, au-delà du défi, c'est autre chose que j'ai compris.
Kilomètres après kilomètres, mon destin se dessinait. Courses après courses, le but se fixait. Je me rendais compte que lorsque j'arrivais à la grande porte, celle de de mes propres limites, lorsque je faisais ressortir tout ce qu'il y a en moi, que j'explorais toute la profondeur de mon âme, que je franchissais la barrière, je percevais toute la richesse de l'expression "dépassement de soi". Mieux que des centaines de séances chez le psy, mieux que des milliers de confessions avec un curé, cette rencontre avec soi-même nous change à jamais, nous rend plus fort. Régulièrement, tous les quelques mois, lorsque je vais à cette rencontre, je ne parle plus d'épreuve, de longue distance, de course, de compétition. C'est un véritable pèlerinage. Lorsque le coureur court seul avec ses pensées, il s'isole enfin du monde. Il est seul avec son esprit. Il fait le point, il médite. Il se rend compte de beaucoup de choses. Au départ, il ne me fallait que quelques heures pour arriver à ce point. Puis, il fallut que je coure un 50km en juin 2010. Et 68km en décembre 2010, 80km en mai 2011. Mais où cela va-t-il s'arrêter ? Quel nombre suffira ? Il est peut être déjà trop tard. Pire qu'une maladie, qu'un virus, c'est une addiction. Celui qui ne court pas ne peut comprendre la folie dont est atteint le coureur.
C'est la sagesse qui incite le coureur débutant à un jour chausser ses baskets. C'est la folie qui le poussera un jour dans le trou sans fin du dépassement de soi. Et si le bonheur était finalement au bout du tunnel, sur cette ligne d'arrivée, si loin et si proche à la fois ?
Et n'oubliez pas que lorsque vous souffrez, vous ne vous rendrez jamais plus aussi bien compte que vous êtes vivant.
Sacha
Lâche un p'tit commentaire - Jette un oeil sur les 7 commentaires



































